Avec plus de 16 mètres de long et 25 mètres d’envergure, le « Jiutian » (« Neuf cieux »), un nouveau drone de l’Armée populaire de libération (APL) dont l’existence avait été révélée en novembre 2024 au salon de Zhuhai, se classe parmi les plus grands aéronefs sans pilote du monde.

Au-delà de ses proportions, c’est toutefois ses capacités qui font la spécificité de l’engin.

  • Selon les médias d’État chinois, le Jiutian dispose d’une autonomie de 7 000 kilomètres — soit la distance séparant Ürümqi, dans le nord-ouest de la Chine, et Madrid — et peut voler durant 12 heures 1.
  • Ses huit points d’emport externes peuvent quant à eux transporter des bombes guidées de 1 000 kilogrammes, des missiles air-air, missiles air-sol, missiles antinavires et des munitions vagabondes.
  • L’engin est également capable de transporter jusqu’à 100 drones miniatures, potentiellement kamikazes, à l’intérieur du fuselage — un nombre a priori suffisant pour submerger des défenses anti-aériennes.

La structure alvéolaire du « Jiutian » en fait, pour l’heure, un appareil unique au monde dans son gabarit. Malgré des capacités militaires évidentes, le communiqué de l’agence de presse chinoise Xinhua publié hier, jeudi 11 décembre, à l’occasion de l’annonce de son vol inaugural ne mentionnait qu’un usage civil : livraison de marchandises lourdes, secours en cas de catastrophe, cartographie 2

  • La capacité d’avoir recours à plusieurs dizaines voire centaines de drones au cours d’une même attaque suscite de plus en plus l’intérêt de la part des armées. 
  • Comme le souligne le PDG de l’entreprise ukrainienne de défense Ark Robotics, Achi Takagama : « On peut augmenter la production de drones bien plus facilement que le nombre de pilotes […] Ce n’est tout simplement pas viable » 3.

Pour l’heure, peu de détails sont disponibles quant aux capacités de l’armée chinoise à opérer simultanément plusieurs dizaines de drones largués à partir du Jiutian. Si des essaims de drones synchronisés sont désormais régulièrement utilisés dans un cadre civil, notamment en remplacement de feux d’artifice, leur déploiement dans le cadre d’opérations militaires n’en est qu’au stade de prototype.

  • En Ukraine, plusieurs start-ups et entreprises de la défense — financées notamment par des acteurs américains — s’intéressent à cette technologie.
  • Swarmer, une entreprise ukrainienne spécialisée dans l’application de l’IA aux combats, vise à développer des technologies permettant de faire travailler jusqu’à 100 drones volants, terrestres et navals « comme une seule unité ».
  • L’entreprise a annoncé en septembre une levée de fonds de série A de 15 millions de dollars. Il s’agit de l’investissement dans une entreprise ukrainienne de technologie de défense le plus important depuis 2022 4.