La question à laquelle les électeurs doivent répondre par oui ou non est la suivante : Á Ísland að hefja á ný aðildarviðræður við Evrópusambandið ? (L’Islande devrait-elle reprendre les négociations d’adhésion avec l’Union européenne ?).
- Il s’agit d’un référendum consultatif, mais le gouvernement s’est engagé à suivre le résultat. Si le « oui » l’emporte, le pays pourrait potentiellement rejoindre l’Union dès 2028, aux côtés du Monténégro.
- L’Islande avait formulé une demande officielle d’adhésion en 2009.
- Si le « oui » l’emporte, l’adhésion n’est pas automatique, des négociations seront engagées, et un nouveau référendum serait organisé pour voter l’accord final. Mais le pays est déjà aligné sur une grande partie de l’acquis communautaire en tant que membre de l’espace Schengen et de l’Espace économique européen.
- Les enquêtes d’opinion laissent entrevoir un vote très serré, allant de 46 % en faveur et 46 % contre et 8 % indécis chez Gallup, à 53 % pour le oui et 47 % pour le non chez Maskina.
- Selon le journal islandais DV, le camp du « non » serait bien mieux financé et aurait acheté des espaces publicitaires sur un grand nombre de panneaux d’affichage dans la région de la capitale. L’un de ces panneaux indiquerait que l’adhésion coûterait 50 milliards de couronnes par an à l’Islande (contre 7 à 8 milliards estimés par le Premier ministre).
La population de l’Islande est à peine plus grande que celle de Nice et la même que celle de Bologne. En revanche, en termes de superficie, le pays serait plus grand que 17 des 27 États membres actuels.
- L’Islande deviendrait aussi la première puissance halieutique du bloc en volume, avec une zone économique exclusive de 758 000 km2, ce qui permettrait de compenser presque exactement la surface maritime perdue suite au Brexit.
- D’un point de vue institutionnel, l’Islande obtiendrait, comme Malte, le Luxembourg et Chypre, 6 sièges au Parlement européen, mais vu la population du pays, il s’agirait d’un député européen pour environ 65 000 habitants (contre un pour 870 000 en Allemagne).
Pour l’Union, le signal d’un pays à revenu élevé qui veut rejoindre le bloc serait toutefois essentiel pour relancer l’élargissement.
- Suite aux menaces de Donald Trump concernant le Groenland, l’Islande, membre de l’OTAN depuis 1949 mais ne disposant pas d’une armée propre, a besoin de clarifier davantage sa position stratégique.
- Dans un entretien avec le Grand Continent en 2025, la Première ministre déclarait : « L’histoire que je veux raconter est la suivante : voulez-vous faire partie de quelque chose de grand, d’un projet qui partage vos valeurs, dont vous pouvez être fier, qui fait partie d’une Union européenne forte ? L’identité dont l’Europe a besoin aujourd’hui – et ce sont les conversations que j’ai avec d’autres dirigeants – est une identité dans laquelle l’Europe ne se remet pas en question. Nous sortons d’une période très difficile, avec la crise de la dette souveraine, le Brexit, l’Ukraine… Le message qui doit être porté est celui d’une Union européenne fière et forte qui joue un rôle central dans le monde. »