La Base idéologique du général Vannacci (texte intégral)
Nous avons traduit et annoté le programme de Futuro Nazionale, la force d’extrême droite qui fait trembler Meloni.
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- Le Grand Continent
Le 13 juillet 2025, le général Roberto Vannacci — déjà connu pour son best-seller polémique Il mondo al contrario et pour son entrée au Parlement européen sous la Ligue de Matteo Salvini, dont il est devenu vice-secrétaire — a fondé son propre mouvement, Futuro Nazionale. Un an plus tard, le parti a présenté son programme politique pour les élections de 2027 : un texte qui essaye de structurer une identité politique hégémonique par neuf chapitres thématiques, et qui, dans le style qui le caractérise suscite un effet polémique destiné à faire du bruit médiatique — citations empruntées à Mussolini, propositions de « remigration » visant ceux jugés étrangers à la civilisation italienne. De l’autre, le document revendique à plusieurs reprises une posture « pragmatique », qui correspond en réalité à une tentative de dépasser la droite de Giorgia Meloni précisément sur les terrains où son action de gouvernement a déçu ou ses promesses sont restées lettre morte : l’immigration, l’abolition de la catégorie pénale de féminicide, l’opposition à l’Union européenne et le rapprochement avec la Russie.
Le logo de Futuro Nazionale contient une triple citation visuelle. La flamme tricolore stylisée renvoie directement à l’iconographie de Fratelli d’Italia et à sa matrice historique, la Fiamma Tricolore du MSI. Le jaune réservé au patronyme « Vannacci », lui, reprend presque à l’identique le code chromatique que la Lega utilisait pour « Salvini » sur fond bleu. Enfin, la forme circulaire, lisse, au bleu profond presque corporate, doit davantage à l’ancien logo du Popolo della Libertà de Berlusconi qu’à l’esthétique plus dure de la droite radicale : un choix qui trahit une ambition de parti attrape-tout, capable de dépasser la seule niche identitaire.
Cette référence graphique — FdI, Lega, PdL — trouve son pendant lexical dans le bandeau que le site de Futuro Nazionale consacre à l’acronyme du Manifeste, V.I.T.A.L.E., qui mélange ainsi deux répertoires distincts. D’un côté, Virtù, Identità, Tradizioni relèvent du lexique national-conservateur et « patriote » que partagent aujourd’hui avec FdI. De l’autre, Amore, Libertà, Eccellenza/Entusiasmo appartiennent à un registre plus chaleureux et publicitaire, hérité du storytelling berlusconien, de l’optimisme et du « printemps italien », étranger au vocabulaire habituellement défensif de l’extrême droite identitaire. L’acronyme reproduit donc, au niveau du langage, l’hybridation déjà lisible dans le logo : Futuro Nazionale se positionne dans un espace délibérément compétitif avec les trois grandes matrices de la droite italienne post-1994.
B.I.P. – Base idéologique et programmatique de Futuro Nazionale pour l’Italie de demain (2027-2037)
Par amour pour l’Italie d’aujourd’hui et par espoir pour l’Italie de demain
Ce texte présente un premier recueil substantiel d’idées issues de la base, issues d’échanges avec les adhérents, s’inscrivant dans le cadre des valeurs fondamentales de Futuro Nazionale et soumises à l’attention du président et de l’exécutif national en vue de l’élaboration des prochains programmes pour le gouvernement du pays. Le délai prévu pour la pleine réalisation des objectifs indiqués ici est celui de deux législatures, soit 10 ans, tandis que les valeurs identifiées sont intemporelles.
Ce document ne prétend pas aborder chaque thème et chaque segment du système italien, mais fournir les principes fondamentaux et les stratégies gouvernementales pour les domaines les plus importants de l’urgence nationale. Les directions et les départements auront pour tâche de développer davantage, dans les domaines les plus divers, ces principes et stratégies visant à préserver et à relancer l’Italie au cours de la décennie à venir.
Le texte original du programme présente plusieurs traits rhétoriques qu’il a semblé préférable de signaler. On y reconnaît d’abord un registre typique de l’oralité, fait de constructions proches du discours plutôt que de l’écrit, comme « quel corpo che è Roma antica, quell’anima che è la Roma cristiana » (« ce corps qui est la Rome ancienne, cette âme qui est la Rome chretienne »). Ce registre oral -et oratoire- coexiste pourtant avec une imprécision linguistique récurrente : c’est le cas de formules comme « Amministrazione US e organismi internazionali », sans article, ou encore de ce point de programme réduit à une simple liste d’objectifs bruts — « Potenziamento rete / riduzione tempi di connessione a meno di 18 mesi / Accumuli : +15 GW entro 2035 / Capacità programmabile : +20 GW entro 2040 » — dépourvue de toute phrase introductive et de tout contexte au sein du point du programme qui la porte et sans aucune mise en page. Une irrégularité similaire se retrouve dans l’architecture d’ensemble du texte, dont les sections sont loin d’être proportionnées : une longue section sur les baby gangs, une ample digression théorique sur le féminicide, contre deux mots seulement sur l’euro et une absence de tout plan relatif, par exemple, à la dette publique ou à l’éducation nationale. L’auteur lui-même est conscient de cette caractéristique du texte et présente ce programme comme incomplet. Cette imprécision contraste avec la rhétorique excessivement soignée de certains passages, qu’atteste par exemple le maintien du d euphonique (un ajout pas toujours pertinent, obligatoire seulement devant une voyelle identique, mais employé ici de façon systématique pour conférer au texte un ton plus officiel et martial), ou encore le traitement des majuscules de déférence : abandonnées par rapport à Il mondo al contrario dans l’ensemble du texte, elles sont parfois conservées dans le cas de Tradizione ou du mot Patria, y compris dans des expressions idiomatiques comme « tornare in Patria » (traduisible par « retourner au pays » ). Le texte oscille ainsi entre un souci de solennité, marqué par ces quelques survivances stylistiques, et un abandon, ailleurs, de toute rigueur syntaxique, c’est-à-dire entre deux régimes d’écriture. La traduction s’efforce de les rendre perceptibles plutôt que de les harmoniser.
« Bénis, ô grand Dieu, l’Italie ! »
Pape Pie IX
« Divine droite qui est en nous, dans le sommeil »
Pier Paolo Pasolini, Salut et vœux
Deux citations en exergue du programme. Pie IX ancre Futuro Nazionale dans la généalogie qu’il revendique : la fusion entre catholicisme et nation italienne, scellée en 1848. Le mouvement se présente ainsi comme l’héritier direct de ce moment fondateur — sans mentionner que ce même pape rompra plus tard avec l’unité italienne.
Pasolini est apparemment plus inattendu : un poète marxiste, écrivant en frioulan, pas en italien. En citant ce vers de 1975, le programme veut s’appuyer sur un constat : même à gauche, on admet que cette pulsion identitaire sommeille en chacun.
Introduction : qui sommes-nous et que ferons-nous ?
Futuro Nazionale« Futuro Nazionale avec Roberto Vannacci » est un projet politique italien ancré dans la Tradition romaine et chrétienne, les pieds fermement posés sur terre, ancré dans le présent, et le regard tourné vers l’avenir de la Nation : un avenir à la hauteur de notre histoire et de notre aspiration à relever avec ardeur, vertu et esprit de sacrifice les défis que nous pose le moment présent. C’est l’instant où le passé – ce qui n’est plus – et l’avenir – ce qui n’est pas encore – se rencontrent, nous lançant le défi de la liberté : choisir dès maintenant pour quoi vivre et mourir. Dans le domaine de l’action politique – domaine propre à un projet comme le nôtre –, être encore, toujours et fièrement italiens est et restera le critère d’orientation de ceux – nous ! – qui font de la Nation leur espace d’existence, de rêve et d’action. Le moment est venu pour que la « Droite divine qui est en nous, dans le sommeil », dont parlait Pier Paolo Pasolini, intellectuel certainement pas de droite mais capable de grandes intuitions sur la situation historique de la Nation après la Seconde Guerre mondiale, soit enfin réveillée. Que le sommeil – et le rêve – deviennent enfin l’aube d’une nouvelle aventure : celle d’une Droite identitaire, pure et vitale. Futuro Nazionale naît donc de la volonté de ramener l’Italie à ses racines, en la remettant sur la voie de sa grande histoire.
Le Général Roberto Vannacci, fondateur et président du mouvement, a indiqué le cœur de la mission : emprunter la voie, rapidement et sans modération, du retour vers un pays identitaire, souverain, sûr, libre et prospère. Le parti se présente comme une force de droite patriotique et identitaire, capable d’accueillir les Italiens de bonne volonté, fière de ses racines nationales, fondées sur le droit romain, la philosophie grecque, l’héroïsme de la chrétienté romano-germanique et, surtout, sur la synthèse de ces éléments opérée par la civilisation catholique. Une force déterminée à poursuivre avant tout l’intérêt des Italiens, à défendre leurs valeurs, leur histoire, leur inclination à développer leur propre culture et leur propre existence au plus haut degré possible. La vision de Futuro Nazionale se fonde sur des valeurs cardinales — identité nationale, famille naturelle, sécurité, liberté, mérite et tradition — jugées indispensables à un nouveau printemps italien.
La mission déclarée est de se détacher des divisions artificielles et de certaines catégories idéologiques factices visant à maintenir les Italiens dans une guerre civile permanente, plutôt que de leur permettre de s’engager dans un effort réaliste pour le bien de la Nation à la lumière des valeurs fondamentales de notre civilisation. Il nous importe de ne pas nous laisser submerger par les bouleversements d’un monde qui, en peu d’années, a subi d’incroyables transformations, et d’en prendre sagement la direction, en nous proposant comme une force véritablement nouvelle, capable d’écouter le citoyen et de rester proche de lui, de croître, d’améliorer le système et la qualité de vie de la nation, afin de construire et de laisser à nos enfants une Italie meilleure que celle que nous avons reçue, à travers un projet politique intégral, décisif et constructif ; un projet capable, donc, de dialogue avec d’autres réalités de la société civile et de la politique italienne, mais sans compromis sur les idéaux et avec une claire conscience des valeurs non négociables (à commencer par la défense de la vie de la conception à la mort naturelle, de la famille naturelle, de l’identité chrétienne, de la conception romaine du droit : des lignes rouges qui ne peuvent être franchies, quoi qu’il en coûte)
Par le présent programme politique, articulé par domaines thématiques, Futuro Nazionale présente la vision, les valeurs fondatrices, les propositions concrètes et les objectifs stratégiques qui caractérisent son action politique. Chaque chapitre expose les orientations et les initiatives que le parti entend promouvoir dans les différents secteurs, de l’économie à la justice, de la défense à l’instruction, de la « remigration » à la subsidiarité, à la politique étrangère, à la santé, à l’environnement, au travail, à la culture, à la relance de l’identité nationale comme identité romaine et chrétienne. Ce programme restera vivant, il va se nourrir par la confrontation interne, l’analyse de l’évolution des scénarios, le dialogue avec les réalités de la société civile. Par conséquent, il sera périodiquement mis à jour, tout en continuant d’affirmer sans céder les mêmes valeurs face aux nouveaux défis.
Autour de nous, le monde est traversé par des risques qu’aucune société ne peut ignorer. La compétition entre grandes puissances est redevenue un facteur structurel ; la « fin de l’histoire » prophétisée par Fukuyama s’est révélée une grande illusion ; la guerre en Ukraine, avec le positionnement calamiteux de l’Europe, a ouvert des scénarios que beaucoup n’avaient pas imaginés ; le Moyen-Orient demeure un épicentre d’instabilité ; les cybermenaces peuvent paralyser des systèmes entiers ; les chaînes d’approvisionnement mondiales sont fragiles ; la crise démographique et les flux migratoires génèrent des tensions et définissent un état de crise grave pour l’existence de notre société dans la durée.
Face à cette réalité complexe, la classe politique s’est révélée ces dernières années plutôt inadéquate. En conséquence, une partie croissante du pays a perdu confiance dans la politique italienne. Il y a des citoyens qui ont cessé de voter parce qu’ils ne croient plus que la politique puisse sensiblement influer sur leur vie ; d’autres qui s’étaient sentis représentés par des forces politiques désormais de plus en plus semblables les unes aux autres ; d’autres encore qui ont cherché des réponses dans des mouvements nés comme forme de protestation puis retombés dans les habituelles recettes technocratiques, idéologiques ou dépourvues de courage, sans conclusion. Il est donc temps de changer le jeu de cartes et de remettre en question tous les paramètres servilement acceptés par ceux qui se sont adonnés à une politique dont les règles étaient déjà décidées à huis clos par ceux qui pensent à tout sauf à l’intérêt national.
La politique du présent ne peut être lue avec les catégories du passé : elle doit être interprétée à travers les besoins réels du présent et les défis internes et mondiaux auxquels le pays est confronté aujourd’hui et dans l’avenir. Il est temps pour la renaissance d’une pensée et d’une action typiquement romaines et chrétiennes, en s’engageant pour l’avenir de nos familles et de nos enfants, auxquels nous devons remettre un pays meilleur et à la hauteur de celui qui nous a été transmis par nos aïeux, dont la volonté demeure pour nous avertissement, héritage et critère de décision. Comme nous l’a enseigné Gilbert Keith Chesterton, dont le décès coïncide avec le jour de clôture de notre Assemblée constituante : « La tradition peut être définie comme une extension du droit de vote. La tradition signifie donner le droit de vote à la plus obscure de toutes les classes, celle de nos ancêtres ». Giovannino Guareschi nous le disait aussi, lui qui, dans le journal rédigé pendant sa captivité dans un camp allemand, écrit qu’« il faut aussi tenir compte des Morts, dans la vraie démocratie ».
Chesterton est aujourd’hui, en Italie, largement politisé par la droite identitaire catholique — notamment via Silvana De Mari, écrivaine et essayiste proche de ces milieux, qui l’a beaucoup popularisé comme auteur de référence pour une pensée « traditionaliste » opposée au relativisme moderne. Guareschi, lui, est une figure bien plus ancrée dans la culture populaire italienne : créateur de Don Camillo et Peppone, la série de romans (et de leurs adaptations cinématographiques à succès) qui a mis en scène, sur un mode débonnaire mais nettement anticommuniste, l’affrontement entre un curé de campagne et un maire communiste dans l’Italie de l’après-guerre.]
Pour toutes ces raisons, Futuro Nazionale s’inspire d’un patriotisme réaliste et infatigable, convaincu que l’Italie — berceau de civilisation, d’art, de philosophie et d’innovation — a une vocation naturelle à la magnanimité, c’est-à-dire à la vertu oubliée de la grandeur. Le mouvement entend reconnaître et promouvoir la dignité du peuple italien, en soutenant et en renouvelant sa fierté, et en plaçant au centre l’intérêt national de ce qui a été le berceau de la civilisation européenne : ce corps qu’est la Rome antique, cette âme qu’est la Rome chrétienne. Corps aujourd’hui représenté aussi par l’étendue matérielle de notre terre — enserrée entre les Alpes et la Mare nostrum, bénie par le climat qui en a fait « le jardin de l’empire » (Dante, Purgatoire, VI) —, les peuples italiques (communautés de droit et de sang car fondées sur la famille, qui est une société de droit et de sang et qui est la source de la nation, laquelle trouve son origine dans le latin nasci, naître) que l’Empire antique a fédérés et unis, en les organisant en régions directement rattachées à Rome (jamais des « provinces romaines » comme les terres non italiennes) et, de ces peuples, la richesse des traits spécifiques de nos visages, de nos cheveux, de nos yeux.
Ce passage transpose la définition de la nation du plan culturel au plan biologique. Après la famille, « communauté de droit et de sang », ce sont précisément les traits physiques (visage, cheveux, yeux) qui témoignent de l’« italianité ». Cette physionomie du peuple est en contradiction avec le reste du programme, qui prétend fonder l’appartenance sur l’« assimilation » à la culture, au point d’exiger des candidats à la citoyenneté une simple « déclaration formelle » d’adhésion (chapitre 5, article 20). Cette oscillation entre un critère quasi racial et un critère culturel traverse tout le chapitre 5, dans lequel la citoyenneté peut être accordée mais aussi révoquée si un crime quelconque « témoigne que la personne ne s’est pas véritablement intégrée ». La mention des caractéristiques physiques comme signe distinctif du peuple n’apparaissait plus dans aucun texte législatif italien depuis l’époque du racisme d’État (1938).
L’Italie a aussi une âme : la foi, la langue (« le beau pays où résonne le « si« », Enfer, XXXIII), l’histoire, des valeurs communes. Pour faire un Italien, il ne faut pas un cours d’éducation civique : il faut des siècles. Qu’est-ce que la Patrie ? C’est la terre des pères qui, au fil des siècles, ont construit les mêmes routes, raconté les mêmes histoires, combattu sur le même front. C’est précisément pour cela que les guerres civiles sont la pire blessure dans l’histoire des peuples : elles sont une forme de fratricide.
L’Empire romain, dont nous, Italiens, sommes les héritiers reconnaissants, fut notoirement capable d’une grande synthèse et d’une fructueuse rencontre et d’échanges culturels. Les civilisations solides ne progressent pas par addition ou mélange indiscriminé avec les autres, mais par capacité d’intégration et d’assimilation : l’Italie l’a fait avec une parfaite continuité pendant plus de deux millénaires. Aujourd’hui, en revanche, se produit une superposition forcée et contre nature, une véritable invasion qui n’est ni échange ni confrontation mais destruction du corps et de l’âme de l’Italie, imposant de nouveaux modèles culturels et bouleversant nos lois, nos traditions, notre sécurité et notre liberté de continuer à vivre chez nous selon le modèle que nous avons défendu et promu pendant des millénaires.
Comme le Général Roberto Vannacci l’a plusieurs fois souligné : « l’Italie vient d’abord, puis l’État et les institutions, qui doivent être à son service ». Notre projet revendique d’être celui d’une droite « vitale », c’est-à-dire non enveloppée dans les règles du discours décidées par les maîtres de la culture et par ceux qui délivrent des autorisations pour décider ce que l’on peut penser et ce que l’on ne peut pas. Une droite vitale, aussi parce qu’elle place au premier plan la nécessité de promouvoir la vie, à commencer par la relance démographique : pour faire, croître, rêver, travailler, il faut d’abord exister. Et un peuple existe à travers ses citoyens, ses enfants, ceux qui manquent aujourd’hui, avec le risque de marquer la fin de la civilisation italienne. La classe politique de notre pays s’est aussi endormie sur ses lauriers pendant des décennies sur ce sujet, reportant ce qui est l’un des problèmes les plus urgents pour la subsistance et la prospérité de la Nation.
Une droite vitale, donc, qui jette le gant au conformisme et à la médiocrité, pour libérer les énergies inexprimées de la Nation et en susciter de nouvelles. Futuro Nazionale se propose comme un projet politique identitaire, souverainiste, d’action, critique envers les arrangements et alliances internationaux dangereux pour l’Italie, décidé à redessiner l’avenir du pays à partir de ses valeurs fondatrices, de ses racines. Voilà ce que nous sommes, voilà ce que nous avons décidé d’être encore. Face à quiconque aurait quelque chose à redire sur notre identité et nos intentions, nous irons droit devant.
Nous irons droit devant –noi tireremo dritto– est l’une des phrases les plus célèbres de Benito Mussolini, prononcée après les sanctions contre l’Italie, suite à l’invasion de l’Ethiopie en 1935, ensuite largement exploitée par la propagande fasciste.
1— Doctrine économique et fiscalité
Liberté économique, propriété diffuse et fonction stratégique de l’État
Futuro Nazionale promeut un modèle de développement fondé sur la propriété diffuse, le mérite, la valeur de l’entreprise et du travail, la liberté économique, la solidarité communautaire et la protection de l’intérêt national à travers l’exercice de la souveraineté économique. L’objectif est de construire une Italie plus prospère, compétitive et socialement cohésive, dans laquelle croissance économique, bien-être des familles, valorisation des excellences productives et renforcement de l’autonomie économique progressent ensemble. L’initiative privée, l’entreprise, le travail indépendant et le travail salarié convenablement rémunérés, les professions libérales, l’épargne, la libre concurrence représentent le moteur ordinaire de la croissance. La tâche de l’État n’est pas de se substituer au marché, mais de créer des conditions favorables au développement : des règles stables, une fiscalité plus simple, une bureaucratie allégée, des infrastructures efficaces et la protection de la concurrence. Dans les secteurs décisifs pour la souveraineté économique, la continuité productive et l’autonomie technologique, l’État doit cependant exercer une fonction d’orientation, de garantie et de vigilance proportionnée, ayant toujours pour objectif la protection et la poursuite du bien commun. L’énergie, les infrastructures, le crédit, l’épargne, les technologies stratégiques et les filières productives essentielles requièrent des instruments adéquats de protection et d’orientation. Le Golden Power, le Fonds souverain pour la croissance nationale et les politiques de soutien aux filières ne doivent pas devenir des formes de dirigisme, mais des instruments sélectifs pour contribuer au développement de l’économie nationale, en faisant face aux crises internationales, aux dépendances extérieures, aux acquisitions hostiles et aux risques pour la continuité industrielle du pays. Face aux défis d’une mondialisation dominée par les multinationales et la finance internationale — qui risque de dévorer le made in Italy, notre tissu productif et la valeur de notre travail — il est nécessaire de remettre en jeu, comme le font toutes les nations du monde, la souveraineté de l’État et des institutions publiques en matière économique et sociale. À une gauche qui veut « tous prolétaires » (désormais privés jusqu’à leur propre « progéniture »), Futuro Nazionale oppose une vision d’une Italie où tous seraient propriétaires, où la dépendance aux subventions publiques serait réduite autant que possible et où la propriété serait encouragée pour toutes les familles. Tandis que d’autres ne rêvent que du modèle des grandes concentrations financières, pour Futuro Nazionale la propriété diffuse est, en tant que donnée historique ayant caractérisé l’Italie, la voie pour affronter également l’avenir. La propriété diffuse est en effet l’un des piliers de la stabilité économique et de la liberté des familles. Une société est d’autant plus solide que le nombre de citoyens pouvant être propriétaires, épargnants, entrepreneurs, professionnels et travailleurs associés aux résultats de l’activité économique est large. C’est pourquoi le programme favorise la participation des travailleurs aux bénéfices de l’entreprise et l’actionnariat diffus, au moyen d’instruments fiscaux simples et incitatifs, renforçant la coresponsabilité entre capital et travail et contribuant à la reconstruction de la classe moyenne productive. Le cadre de référence de la doctrine économique de Futuro Nazionale est donc, en opposition à celui de la lutte des classes, celui d’une coopération entre les classes et entre les corps sociaux intermédiaires, suivant la sage réflexion de la Doctrine sociale de l’Église. Pour poursuivre tous ces objectifs, le préalable fondamental est de reconquérir des espaces de souveraineté économique et fiscale face à la présence pesante de l’Union européenne, qui contraint et réprime les potentialités de développement des nations — à commencer par notre Italie — et les rend encore plus faibles et exposées aux dérives négatives de la mondialisation.
Une fiscalité pour la croissance, la famille et la production
Le système fiscal doit redevenir simple, stable, compréhensible et orienté vers la croissance. Une fiscalité excessivement complexe produit des coûts économiques et administratifs qui pénalisent les familles, les professions libérales et les entreprises presque autant que la surimposition. La simplification n’est donc pas un aspect accessoire de la réforme fiscale, mais une composante essentielle de la réduction de la charge pesant sur le système productif. La réduction de la pression fiscale, avec une attention particulière portée au coin fiscal, représente un objectif stratégique à poursuivre selon un parcours graduel, durable et vérifiable. Ce parcours devra se fonder sur la simplification normative, l’élargissement de l’assiette imposable, la récupération de l’évasion organisée, la révision des dépenses improductives et un suivi constant des effets économiques et financiers.
Dans toute cette partie, on voit l’ampleur des ambitions politiques de Vannacci grâce à ses références : le renvoi au combat contre la taxe foncière (ICI, puis IMU), ainsi que la taxe de succession, souligné par l’image de la maison héritée par le grand-père, cachent un combat qui a longtemps marqué la période berlusconienne.
La politique désastreuse consistant à passer de « taxer les personnes » à « taxer les choses » — qui sonne bien parce que les gens ont l’impression de ne plus être taxés — a été un instrument d’agression grave contre la propriété plutôt que contre la richesse, et a surtout nui à ceux qui ont de faibles revenus ou n’en ont pas : celui qui n’a pas de rentrées, comment peut-il payer les taxes et vignettes liées à la simple propriété de la moto, de la voiture, de la résidence secondaire héritée du grand-père ? Un système fiscal à ce point envahissant qu’il en vient à s’attaquer même aux biens qui ne produisent pas de revenu doit certainement être révisé pour revenir à la raison. Les ressources publiques devront être progressivement orientées vers des investissements capables de soutenir productivité, natalité, innovation, emploi et compétitivité, en privilégiant les interventions structurelles par rapport aux mesures temporaires ou d’urgence. La crédibilité de la baisse fiscale dépend de la capacité à la relier à une méthode de dépense claire, mesurable et compatible avec les équilibres des finances publiques, mais aussi de la possibilité de trouver les ressources financières nécessaires à travers une souveraineté économique renouvelée et davantage de flexibilité et de possibilités de dérogation aux contraintes financières aujourd’hui imposées par l’Union européenne. C’est pourquoi, dans ses relations avec l’Union européenne et les organismes internationaux, Futuro Nazionale soutient une ligne de réalisme et de protection de l’intérêt national à travers l’exercice d’une véritable souveraineté économique. Les règles communes doivent favoriser la croissance, la compétitivité, la protection de l’épargne et la cohésion sociale. Lorsqu’elles produisent des effets pénalisants pour le système productif italien, le gouvernement doit les revoir par des instruments institutionnels, des alliances politiques internationales et des propositions techniques, sans craindre d’exercer son droit de veto. En particulier, il faudra intervenir pour remédier à la signature calamiteuse, par le gouvernement Meloni, du nouveau Pacte de stabilité et de croissance européen, qui a imposé des contraintes encore plus strictes à notre capacité de dépense pour les investissements productifs. Pour obtenir ce résultat, Futuro Nazionale ne voit pas d’autre voie que celle d’exercer notre droit de veto sur le prochain budget pluriannuel de l’Union européenne, car jusqu’à présent les seules dérogations accordées par une Commission européenne trop inféodée à l’Allemagne ont concerné le « réarmement européen » et le « green deal » : non pas de véritables nécessités nationales et continentales, mais la mise en œuvre d’orientations idéologiques négatives pour les peuples européens. Dans cette perspective, Futuro Nazionale estime nécessaire une révision organique des traités sur lesquels se fonde l’Union européenne, considérant que l’architecture institutionnelle actuelle a été conçue dans un contexte profondément différent et, en tout état de cause, selon une idéologie ordo-libérale dont la conformité à la poursuite du bien commun a désormais été démentie par les faits. Cette architecture doit donc être mise à jour pour répondre aux transformations survenues au cours des dernières décennies, rétablir la primauté du bien commun — objet de la politique — comme critère d’harmonisation des intérêts privés, et renforcer compétitivité, subsidiarité, sécurité économique, justice sociale et coopération internationale, dans le plein respect des intérêts nationaux des États membres. Les prévisions idylliques sur l’union monétaire se sont révélées une terrible tromperie pour le monde productif et les travailleurs italiens. Aujourd’hui, la possibilité d’une révision des règles communes européennes ne peut ignorer ce qui est survenu entre-temps ni les conditions réelles d’exercice de l’action politique, en équilibrant hypothèses et en coordonnant temps, modalités, alliances et circonstances pour obtenir une amélioration des conditions économiques de l’Italie et l’atténuation de tout effet négatif potentiel des stratégies de révision. De cette manière, il n’y a pas de place pour les propos auxquels nous avons assisté ces dernières années, et qui se sont toujours résolus, d’un côté, en une obéissance servile à tout ordre venu de Bruxelles et, de l’autre, en de déclarations de rupture jamais suivies d’une réelle stratégie opérationnelle. Seule la promotion d’une révision organique des traités, menée avec compétence et, dans la mesure où la complexité le permet, sans nuire au travail et à la productivité du pays, pourra garantir la protection incontournable des intérêts nationaux des États membres et, en premier lieu, de l’Italie. La Constitution reste la référence fondamentale de l’action publique. Dans le respect des engagements internationaux, toute contrainte devra être interprétée et, si nécessaire, effacée à la lumière de l’intérêt national, de la protection du travail et de la capacité productive du pays. C’est pourquoi Futuro Nazionale propose une réforme réaffirmant de façon explicite et incontestable la prééminence des principes de la Constitution italienne sur tout type de traité international, y compris européen.
Cette proposition fait écho à la décision prise par la Cour constitutionnelle polonaise en octobre 2021 (arrêt K 3/21), qui a jugé que certaines dispositions du traité étaient incompatibles avec la Constitution polonaise, ce qui a déclenché le conflit juridique le plus grave de l’histoire de l’Union et entraîné le gel des fonds européens destinés à Varsovie. La primauté du droit de l’Union (arrêt Costa c. ENEL, 1964) est une condition indispensable au fonctionnement du marché commun, dont ce programme vise à préserver les avantages. Cette mesure revient à rester dans l’Union tout en s’exemptant unilatéralement et a priori de ses règles.
Nos propositions fiscales prioritaires
- Réforme du système fiscal fondée sur la simplicité, l’équité, la stabilité et la proportionnalité, avec suppression des normes obsolètes, réduction des micro-impôts, calendrier fiscal stable et guichet numérique unique pour les principales démarches.
- Continuité fiscale pluriannuelle, afin que les taux, déductions et règles fiscales fondamentales restent stables dans le temps, permettant aux familles et aux entreprises de programmer investissements, embauches et activités économiques avec davantage de certitude.
- Introduction d’un véritable quotient familial, tenant compte, pour la détermination du taux d’imposition, du nombre de personnes que le revenu doit effectivement soutenir. Le quotient familial devra devenir un critère fondamental d’application de la progressivité fiscale, reconnaissant famille et natalité comme facteurs centraux de la soutenabilité économique, sociale et du système de retraite du pays.
- Définition de mesures politiques et fiscales de « choc générateur » pour la relance du solde démographique, condition de la soutenabilité anthropologique, civile, économique et du système de retraite du pays. En 2025, le taux de fécondité en Italie s’est arrêté à 1,14 enfant par femme, soit presque la moitié du « taux d’extinction » (c’est-à-dire le taux de maintien démographique, fixé à 2,1 enfants par femme) — voir la section « Mesures économiques spécifiques pour la famille » du présent programme.
- Promotion d’une action politique courageuse au niveau européen pour reconnaître la démographie comme véritable élément de crise de l’Europe (le taux européen de fécondité oscille entre 1,3 et 1,4 enfant par femme), alors qu’une opération de diversion continue de présenter comme urgences continentales celles traitées par le Green Deal et le ReArm EU. L’Europe a besoin d’une dérogation structurelle au Pacte de stabilité et de croissance portant non pas sur les émissions de carbone mais sur la procréation.
- Introduction de « quotas bleus » dans les concours publics, réservant une partie des postes mis au concours aux parents de familles nombreuses : soutenir la famille qui procrée, c’est soutenir l’avenir de l’Italie.
- Réduction structurelle du coin fiscal pour augmenter le revenu net des travailleurs et réduire le coût du travail, en priorité pour les jeunes, les familles et les entreprises à forte intensité d’emploi.
- Suppression progressive du système d’acomptes et de solde pour les indépendants et petites entreprises, en orientant la fiscalité vers les revenus effectivement produits et encaissés, selon des modalités compatibles avec la continuité des finances publiques.
- Extension du principe de caisse pour les professions libérales et petites entreprises, favorisant progressivement le versement de la TVA au moment de l’encaissement effectif, dans les limites permises par le cadre réglementaire.
- Poursuite de la baisse des taux de l’impôt sur le revenu (IRPEF) et rationalisation des tranches, avec une attention particulière à la protection de la classe moyenne et à la neutralité entre catégories de contribuables, avec pour objectif d’aboutir à un système de flat tax à un ou deux taux.
- Révision du rapport entre régime forfaitaire et régime ordinaire, en supprimant les effets de seuil qui découragent la croissance du chiffre d’affaires, et en prévoyant une transition graduelle, transparente et anti-évasion entre les deux systèmes.
- Étude du relèvement du plafond du régime avantageux pour les travailleurs indépendants et introduction d’une taxation incrémentale sur les revenus supplémentaires, afin de favoriser croissance et déclaration sans pénaliser ceux qui développent leur activité.
- Révision de la déductibilité des charges d’entreprise et du système d’amortissement, favorisant les investissements productifs, l’innovation, la numérisation, l’efficacité énergétique et les biens d’équipement.
- Extension progressive de la déductibilité des dépenses fondamentales réglées par des moyens traçables, en priorité pour la santé, l’éducation, le logement, les enfants, le handicap et la perte d’autonomie, accompagnée d’une rationalisation des avantages fiscaux fragmentés.
- Nouvelle relation entre l’État et le contribuable fondée sur une fiscalité proportionnée, la sécurité juridique, la simplification administrative, la collaboration préventive et la concentration des contrôles sur les phénomènes d’évasion et d’évitement fiscal les plus significatifs.
- Réduction progressive de la TVA sur les biens essentiels pour les familles et les enfants, en favorisant, si nécessaire, la révision de la réglementation européenne applicable.
- Renforcement de la déductibilité des dons aux organismes du tiers secteur garantissant transparence, bon usage des ressources et mesurabilité de l’impact social.
- Incitations fiscales et sociales au retour en Italie des productions stratégiques et des filières à forte valeur ajoutée, en tant qu’instrument de politique industrielle et de renforcement compétitif.
- Règlement facilité des contentieux fiscaux antérieurs, lié à un système fiscal plus simple, stable et orienté vers la collaboration entre administration et contribuable.
- Renforcement de la lutte contre l’évasion fiscale organisée, l’évitement fiscal international, les fraudes et les transferts artificiels de bases imposables, en concentrant les contrôles sur les phénomènes économiquement les plus significatifs et en réduisant les charges administratives pour les petites entreprises en règle.
- Application du principe selon lequel toute nouvelle obligation administrative devra s’accompagner de la suppression ou de la simplification simultanée d’obligations existantes.
- Fiscalité orientée vers la productivité, récompensant recherche, innovation, transfert technologique, capital humain, investissements productifs et accroissement de la compétitivité du système économique italien.
La proposition de quotas bleus pour les familles nombreuses s’offre rhétoriquement comme une alternative aux quotas roses, le nom qui désigne certaines lois, comme la n.120 de 2011 ou la n.56 de 2014, qui imposent des quotas féminins minimaux dans les institutions publiques ainsi que dans les conseils d’administrations des sociétés subventionnées par l’État.
Fonds souverain, crédit, épargne et retraite
Futuro Nazionale propose la création du Fonds souverain pour la croissance nationale, en tant qu’instrument d’investissement stratégique destiné à soutenir infrastructures, énergie, innovation, technologies avancées, recherche, capital-risque et renforcement des fonds propres des entreprises italiennes. Le Fonds devra opérer selon des critères de transparence, de viabilité économique et d’indépendance de gestion, en mobilisant des ressources publiques sélectives, des investisseurs institutionnels et l’épargne nationale. Le Fonds pourra intervenir, y compris temporairement, dans la protection des actifs stratégiques lorsqu’ils sont exposés à des acquisitions hostiles ou à des situations susceptibles de compromettre la sécurité économique, la continuité des filières productives ou l’autonomie technologique du pays, en coordination avec les instruments du Golden Power. L’objectif est de concilier liberté de marché et protection des intérêts stratégiques nationaux, en évitant à la fois le dirigisme permanent et l’abandon des actifs essentiels à des logiques spéculatives de court terme. La politique économique ne peut faire abstraction d’un système de crédit efficace et orienté vers le développement de l’économie réelle. Les familles, les professions libérales et les entreprises dépendent encore largement du financement bancaire ; c’est pourquoi la protection de l’épargne, le renforcement des banques territoriales, le crédit coopératif et la pluralité des instruments financiers sont des éléments essentiels de la souveraineté économique nationale. La présence de l’État devra se limiter à la protection des infrastructures financières stratégiques, à la stabilité du système et à la concurrence, en évitant les concentrations excessives et en favorisant le financement de l’économie réelle. L’épargne italienne doit être protégée et, dans la mesure du possible, orientée vers des investissements productifs, des infrastructures, l’innovation et la croissance des entreprises. La réforme des retraites doit garantir stabilité, équité et soutenabilité à long terme, en dépassant le recours continu à des mesures temporaires et des dérogations annuelles. L’objectif programmatique de Futuro Nazionale est de permettre le départ à la retraite après 41 années de cotisation effective, par un parcours graduel compatible avec les équilibres financiers et démographiques du système de retraite. Une attention particulière sera réservée aux métiers pénibles, aux carrières discontinues, aux jeunes entrés tardivement sur le marché du travail, aux travailleurs indépendants et aux femmes ayant des enfants, en reconnaissant la valeur sociale de la maternité au moyen de correctifs de retraite à introduire selon des critères de soutenabilité et prévoyant un abaissement significatif de l’âge de la retraite en fonction du nombre d’enfants eus. Parallèlement, la retraite complémentaire sera encouragée, en renforçant l’éducation financière et en élargissant progressivement la déductibilité fiscale des versements correspondants, dans le but de compléter les futures pensions et de favoriser les investissements dans l’économie réelle nationale.
Une proposition pour le renforcement de la souveraineté économique : la monnaie fiscale
Futuro Nazionale propose d’étudier l’introduction d’une monnaie fiscale en tant qu’instrument complémentaire de politique économique, fondé sur la circulation volontaire de crédits d’impôt et de droits de compensation entre l’État et les contribuables, sans constituer une monnaie alternative. La formulation doit être technique et prudente : non pas un instrument de rupture, mais un mécanisme ordonné de liquidité fiscale et de compensation. L’objectif est de favoriser les investissements productifs, la compensation entre dettes et créances envers l’administration publique et le soutien à l’économie réelle, en limitant le recours à un nouvel endettement financier. Son éventuelle introduction devra se faire graduellement, à travers un recensement des crédits d’impôt existants, suivi d’expérimentations circonscrites, intégralement traçables et soumises à un suivi indépendant. La circulation restera volontaire, réglementée et transparente, dans le respect de la stabilité du système économique et de la sécurité juridique. Toute extension devra être subordonnée à la vérification des effets sur les investissements, les recettes fiscales, la liquidité, les délais de paiement et la croissance économique.
Derrière cette prudence de la rédaction, on peut reconnaître les « mini-bonds » défendus par l’économiste de la Ligue, Claudio Borghi, ces titres destinés à la compensation fiscale, approuvés par une proposition de résolution symbolique de la Chambre des députés en 2019. Mario Draghi, alors président de la Banque centrale européenne, avait résumé leur statut en ces termes : soit il s’agit d’argent, et dans ce cas c’est illégal ; soit il s’agit d’une dette, et dans ce cas la dette augmente. Ce « quasi-argent » fondé sur des crédits d’impôt entre en conflit avec le monopole d’émission de l’euro (article 128 du traité sur l’Union européenne) dès lors qu’il circule en tant que moyen de paiement. Au chapitre 6, on retrouve la même structure rhétorique que dans le cas de l’euro. La possibilité d’une sortie reste ouverte sans jamais être concrétisée, et est présentée comme un message adressé aux électeurs hostiles à l’euro, sans engagement contraignant.
2— Travail, PME, professions et politiques de l’emploi
Travail, productivité et croissance
Le travail constitue le fondement de la croissance économique et de la cohésion sociale, en même temps qu’une dimension incontournable pour l’expression et l’épanouissement de la personne, qui apporte précisément à travers le travail une contribution importante au bien commun. Par le travail se construisent le bien-être des familles, le développement de la communauté nationale et la stabilité du pays. C’est pourquoi Futuro Nazionale considère comme prioritaire de viser le plein emploi, en créant les conditions permettant à chaque citoyen d’accéder à un emploi stable, cohérent avec ses compétences et convenablement rémunéré. La tâche de la politique économique est de favoriser la croissance de l’emploi, de la productivité et du revenu disponible, en créant un contexte favorable aux investissements, à l’entreprise et à l’innovation. L’État doit garantir des règles simples, une sécurité juridique, une pression fiscale soutenable, des infrastructures efficaces et moins d’obstacles bureaucratiques, en respectant l’initiative privée comme principal moteur du développement économique et en lui offrant des orientations stratégiques soutenues par les investissements publics. Ces dernières années, le pouvoir d’achat des familles italiennes a été réduit par la faible croissance, la pression fiscale élevée sur le travail, la hausse des coûts énergétiques et la stagnation de la productivité. Cela a pesé négativement sur la consommation, la capacité d’épargne, les investissements, la natalité et la possibilité, pour de nombreux jeunes, de construire un projet de vie stable. Pour inverser cette tendance, il faut renforcer la demande intérieure et la production nationale, soutenir la productivité et favoriser la création de nouvelles richesses par le travail, l’entreprise, l’innovation et les investissements productifs. La réduction progressive du coin fiscal et social devra augmenter le revenu net des travailleurs sans compromettre la compétitivité des entreprises, enclenchant ainsi un cercle vertueux. La réduction du coût du travail devra s’accompagner d’investissements dans la formation continue, la numérisation des entreprises, l’innovation technologique et le développement des compétences professionnelles. Une attention particulière sera accordée à l’université et à la recherche, aux instituts technologiques supérieurs, à la formation technique avancée et aux parcours de formation continue, indispensables pour faire face à l’évolution du marché du travail. L’innovation technologique et l’intelligence artificielle représentent une importante opportunité de croissance de la productivité, mais elles demandent une gouvernance orientée vers la protection de la personne et du travail. La priorité est de favoriser l’adoption responsable des nouvelles technologies tout en renforçant les compétences des travailleurs et en accompagnant les transformations productives sans compromettre l’emploi, la cohésion sociale et la compétitivité, avec de nouveaux modèles organisationnels qui répartissent les bénéfices tirés de l’innovation technologique sans augmenter le nombre de chômeurs. Si la gauche ne voit comme seule solution que la redistribution des richesses par des allocations pour des citoyens privés de la possibilité de travailler, pour Futuro Nazionale c’est précisément l’emploi de chacun qui représente un bien à protéger pour le développement économique, moral et spirituel de la société. Il ne devra pas s’agir de « travail pauvre », qui ne permet pas de boucler les fins de mois. C’est pourquoi il est nécessaire de soutenir la négociation collective nationale visant à obtenir une juste rémunération pour le travail salarié, avec la défiscalisation des augmentations salariales et aussi à travers une réforme de la représentativité syndicale garantissant une véritable défense des intérêts des travailleurs, notamment face aux grandes multinationales. La qualité du travail dépend aussi de facteurs extérieurs à la rémunération. Les politiques énergétiques, des infrastructures efficaces, l’accès au logement et la simplification administrative influent directement sur le pouvoir d’achat des familles et sur la capacité des entreprises à investir, embaucher et être compétitives. C’est pourquoi Futuro Nazionale considère comme prioritaires la réduction structurelle du coût de l’énergie (en rouvrant au gaz russe et en diversifiant les sources de production nationale, à commencer par le nucléaire et la biomasse), le renforcement des infrastructures matérielles et numériques, la valorisation du patrimoine public inutilisé pour favoriser l’accès au logement, le développement du logement conventionné et l’achat du logement par les jeunes familles. La numérisation de l’administration publique devra poursuivre un objectif précis : simplifier les relations entre citoyens, entreprises et institutions, en réduisant délais, coûts administratifs et démarches inutiles, afin de libérer des ressources destinées à la croissance économique et à l’emploi.
Politiques actives de l’emploi, participation et capital humain
Une politique moderne de l’emploi doit favoriser la rencontre entre l’offre et la demande, soutenir la formation continue et accompagner les personnes tout au long de leur parcours professionnel. L’objectif est de réduire les délais d’accès à l’emploi, de valoriser les compétences et de favoriser la réinsertion professionnelle de ceux qui perdent leur emploi ou ont besoin d’une reconversion. Futuro Nazionale propose la création d’une Base de données unique nationale du placement, intégrée avec les entreprises, les agences pour l’emploi, les organismes de formation et les opérateurs privés agréés, afin que le marché du travail soit plus efficace, plus transparent et plus rapide. Les ressources destinées aux services de l’emploi devront être orientées vers les résultats obtenus en termes d’emploi stable, de formation menée à terme et de qualité de l’insertion. Les aides économiques destinées aux personnes en réelle difficulté devront s’accompagner de parcours d’orientation, de formation et de réinsertion professionnelle. La solidarité doit se conjuguer avec la responsabilité : personne ne doit être laissé sans protection en cas de besoin réel, mais toute politique sociale doit favoriser le retour à l’emploi lorsque cela est concrètement possible. La disponibilité à travailler, pour qui en est capable, représentera donc une condition indispensable pour l’accès aux dispositifs d’aide, et ces ressources seront sinon destinées à favoriser la réduction du coin fiscal et, partant, la création de nouveaux emplois. Futuro Nazionale s’oppose à l’idée que celui qui travaille doit entretenir, par ses impôts, celui qui refuse de travailler et de contribuer, selon ses moyens, au bien de la Nation. C’est pourquoi nous proposons comme critère d’orientation ce que nous appelons le « principe économique de saint Paul » : Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. Thessaloniciens 3, 10).
De manière plutôt ironique, « le principe économique de saint Paul » était également revendiqué par la Constitution soviétique de 1936, qui à l’article 12 en avait fait la clef du socialisme d’État : « Le travail, en URSS, est pour chaque citoyen apte au travail un devoir et une question d’honneur selon le principe : ‘Qui ne travaille pas ne mange pas’. En URSS se réalise le principe du socialisme : ‘De chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail’ ».
Futuro Nazionale, suivant la sagesse de la Doctrine sociale de l’Église, considère comme stratégique une participation plus large des travailleurs à la croissance des entreprises. Participation aux bénéfices, actionnariat salarié et autres modèles d’association économique peuvent accroître la productivité, le sentiment d’appartenance et la stabilité des entreprises, favorisant une répartition plus équitable des revenus de la croissance. Ces instruments devront compléter, et non remplacer, la rémunération ordinaire, en promouvant une culture fondée sur la coresponsabilité entre capital et travail et en contribuant au renforcement de la propriété diffuse et d’une classe moyenne productive toujours plus large.
Entreprises, professions et compétitivité du système productif
La croissance de l’emploi dépend de la solidité du système productif national. C’est pourquoi Futuro Nazionale place au centre de sa politique économique le renforcement des petites et moyennes entreprises, des entreprises familiales, des artisans, des commerçants, des professions libérales, des exploitations agricoles et de la pêche, qui constituent, avec le travail salarié, l’ossature de l’économie italienne. L’objectif est de créer un contexte favorable aux investissements, en réduisant les charges bureaucratiques, en facilitant l’accès au crédit, en soutenant l’innovation et en favorisant le renouvellement générationnel dans les activités productives. Une attention particulière sera accordée aux entreprises familiales, afin d’en préserver les compétences, le patrimoine professionnel et la continuité. La croissance dimensionnelle des entreprises sera soutenue par des réseaux d’entreprises, des consortiums et des formes de collaboration capables d’accroître leur compétitivité sans compromettre leur autonomie. Le renforcement des filières nationales et le rapatriement (reshoring) des productions stratégiques, également évoqués dans la section sur la politique industrielle, seront des instruments essentiels pour maintenir en Italie les activités productives, les centres de décision, la recherche et les compétences à forte valeur ajoutée. Pour soutenir la croissance sur les marchés étrangers, les instruments d’internationalisation seront renforcés, en valorisant le rôle de la SACE, de la SIMEST, des chambres de commerce et des organismes de promotion du Made in Italy. Les entreprises qui investissent dans la recherche, l’innovation, la numérisation et l’exportation devront pouvoir compter sur des instruments stables, prévisibles et facilement accessibles. Parallèlement, sera favorisé le développement d’instruments financiers alternatifs au crédit bancaire traditionnel, à travers des initiatives publiques-privées destinées au renforcement des fonds propres des PME, au financement des investissements et à la croissance des entreprises à fort potentiel industriel. La simplification administrative représente une condition essentielle pour accroître la compétitivité du pays. Chaque intervention devra réduire les délais d’autorisation, les démarches et les coûts administratifs, en utilisant la numérisation comme un outil de simplification et non comme une source supplémentaire de complexité bureaucratique. Futuro Nazionale, tout en reconnaissant les aspects positifs de l’innovation dans les systèmes de paiement, place au centre la protection de la liberté de choix des citoyens et des entreprises entre espèces et moyens alternatifs, dans le respect de la sécurité, de la légalité et de la liberté économique. Nous relèverons le plafond d’utilisation des espèces à 10 000 €, comme le prévoit la réglementation européenne, alors qu’il est aujourd’hui fixé dans notre pays à la moitié de ce plafond. Une attention particulière sera portée à la lutte contre la fuite des cerveaux, en favorisant le retour en Italie des jeunes professionnels, chercheurs et entrepreneurs, à travers des instruments valorisant les compétences acquises à l’étranger et facilitant leur réinsertion dans le système productif national. Les professions réglementées (ordres professionnels) constituent un patrimoine essentiel du système économique italien. Futuro Nazionale entend favoriser l’accès des jeunes aux professions réglementées, en soutenant des parcours d’insertion plus progressifs et protecteurs, y compris en matière d’accès au crédit, une meilleure intégration entre formation et exercice professionnel, le renouvellement générationnel et l’évolution des sociétés entre professionnels.
Sécurité, retraite et nouvelles perspectives du marché du travail
La protection de la santé et de la sécurité sur les lieux de travail constitue un principe incontournable. Futuro Nazionale promeut le renforcement des activités de prévention et des contrôles contre le travail au noir, l’exploitation de main-d’œuvre (« caporalato ») et toute forme d’intermédiation illicite, tout en favorisant des systèmes d’attribution de marchés publics valorisant la qualité, la sécurité et la durabilité, au-delà du seul critère du prix. La soutenabilité du système de retraite doit se concilier avec la protection de la dignité du travailleur. Les futures réformes devront garantir l’équilibre financier, la flexibilité de sortie et une protection adéquate pour les métiers pénibles et les activités caractérisées par une pénibilité physique ou psychologique particulière, tout en garantissant d’importants avantages de départ anticipé à la retraite pour les mères, proportionnellement au nombre d’enfants eus. Croissance de l’emploi, productivité, natalité et élargissement de la base contributive sont des conditions essentielles pour assurer la solidité du système à long terme. En outre, Futuro Nazionale œuvrera à la réduction des délais de versement des indemnités de fin de service/fin de contrat (TFS/TFR) des agents publics, afin de les aligner sur le régime du secteur privé. L’intelligence artificielle et l’automatisation représentent l’une des principales transformations du marché du travail. Futuro Nazionale estime que ces innovations doivent être régies en plaçant la personne au centre, en utilisant le progrès technologique pour améliorer la productivité, la qualité du travail et la compétitivité. À long terme, il conviendra d’évaluer des modèles organisationnels permettant une meilleure répartition des bénéfices issus des gains de productivité, favorisant un rapport plus équilibré entre travail, formation, famille, temps libre et qualité de vie. En effet, comme expliqué dans la section « Travail, productivité et croissance », pour Futuro Nazionale il ne suffit pas de garantir la subsistance des citoyens par la redistribution des richesses, mais il faut garantir une répartition du travail, c’est-à-dire la possibilité pour tous les citoyens de continuer à produire leur propre richesse, en exprimant leur potentiel dans le travail plutôt qu’en dépendant des aides sociales.
3— Made in Italy, industrie et commerce extérieur
Stratégie industrielle nationale, sécurité économique et Fonds souverain
Futuro Nazionale considère la politique industrielle comme un instrument essentiel pour renforcer la compétitivité, la sécurité économique et la capacité productive du pays. L’objectif n’est pas de remplacer l’initiative privée, qui reste le principal moteur de la croissance, mais de créer un cadre stable capable d’orienter investissements, innovation et développement selon une vision de long terme. À cette fin, le parti propose l’élaboration d’une Stratégie industrielle nationale et d’un Plan industriel stratégique pluriannuel, destinés à coordonner les instruments publics existants, favoriser la collaboration entre institutions et entreprises et définir les priorités industrielles du pays. Une attention particulière sera portée aux secteurs à forte valeur ajoutée et d’importance stratégique : énergie, défense, aérospatiale, infrastructures numériques, robotique, semi-conducteurs, cybersécurité, intelligence artificielle, automobile avancée et énergie. L’objectif est de renforcer la présence italienne dans les filières technologiques les plus innovantes et de réduire les dépendances extérieures dans les secteurs essentiels. Dans un contexte international marqué par une concurrence économique et géopolitique croissante, la sécurité économique nationale occupe une place centrale. Futuro Nazionale soutient une ouverture aux investissements étrangers fondée sur la réciprocité et la sécurité juridique, toujours dans un cadre compatible avec la protection des intérêts stratégiques du pays. Le Golden Power devra être constamment actualisé et renforcé, afin de permettre des interventions lorsque des acquisitions ou opérations sociétaires risquent de compromettre des infrastructures critiques, des technologies stratégiques, des filières productives, la sécurité nationale ou la capacité industrielle. Le Fonds souverain pour la croissance nationale, déjà présenté dans le chapitre précédent, constituera l’un des principaux instruments de la politique industrielle, opérant selon des critères de viabilité, de transparence et d’orientation vers le marché, favorisant l’initiative privée et la considérant comme un moyen de renforcer le système Italie. Enfin, le noyau des entreprises stratégiques dans lesquelles l’État détient une participation et des services essentiels gérés par les collectivités locales, ainsi que la capacité d’intervention financière de la Cassa Depositi e Prestiti, devront être protégés et promus comme des instruments fondamentaux de notre souveraineté économique nationale et territoriale, en les soustrayant à toute logique clientéliste et partisane. L’objectif global est de renforcer la capacité de l’Italie à générer de l’innovation, attirer des investissements qualifiés, développer des compétences avancées et maintenir sur le territoire national la recherche, la propriété intellectuelle, les productions stratégiques et les centres de décision.
Filières productives, compétitivité et développement industriel
Le renforcement de la capacité productive nationale représente une priorité stratégique. Les crises internationales ont mis en évidence la nécessité de filières plus résilientes, réduisant les dépendances extérieures dans les secteurs essentiels et consolidant le système productif italien. Futuro Nazionale promeut le projet « Filiera Italia », conçu comme l’intégration des entreprises, des compétences, des infrastructures et des technologies nationales. Le projet devra favoriser le reshoring, le retour d’activités industrielles, de la recherche, des fonctions décisionnelles et des productions à forte valeur ajoutée. Pour attirer de nouveaux investissements, sera recherché un contexte caractérisé par la stabilité réglementaire, la sécurité des délais administratifs, une fiscalité compétitive et des infrastructures modernes. Dans cette perspective, les zones économiques spéciales et les zones logistiques spéciales seront renforcées, avec une attention particulière portée au Mezzogiorno en tant que plateforme productive et logistique stratégique en Méditerranée, sans toutefois conditionner l’octroi d’instruments spéciaux au positionnement sur l’axe Nord-Sud. La compétitivité des entreprises exige une simplification administrative profonde. Les procédures numériques seront étendues, les guichets uniques renforcés, l’application de l’accord tacite élargie dans les cas compatibles avec l’intérêt public, les démarches redondantes réduites et des délais certains fixés pour les autorisations. L’administration publique devra devenir un facteur de compétitivité et non un obstacle au développement. La politique fiscale devra soutenir les investissements productifs, la recherche, l’innovation, la numérisation et la croissance dimensionnelle des entreprises, en privilégiant des instruments stables et prévisibles et en valorisant les entreprises qui maintiennent en Italie leurs activités productives, leur propriété intellectuelle, leurs centres de décision et leurs compétences stratégiques. La compétitivité industrielle dépend également de la qualité des infrastructures. Futuro Nazionale propose un plan de renforcement des ports, aéroports, chemins de fer, ports secs, réseaux logistiques et infrastructures numériques, dans le but de réduire les coûts de transport, d’améliorer l’efficacité des chaînes d’approvisionnement et de renforcer le rôle de l’Italie en tant que plateforme logistique européenne et méditerranéenne. Un autre facteur décisif est le coût de l’énergie. Le programme soutient une stratégie orientée vers la sécurité des approvisionnements, la diversification des sources et la réduction progressive des coûts énergétiques pour les familles et les entreprises, à travers un mix équilibré incluant des énergies renouvelables réellement efficaces comme la biomasse et l’hydroélectricité, des infrastructures énergétiques modernes, le déploiement des technologies nucléaires de nouvelle génération et une politique internationale empreinte de pragmatisme et de sécurité nationale, à commencer par la réouverture de la possibilité d’acheter du gaz russe à des prix avantageux.
Le programme propose à plusieurs reprises de rouvrir les importations russes pour faire baisser les factures. Or le règlement UE 2026/261, en vigueur depuis le 18 mars 2026, interdit déjà le gaz russe par gazoduc ; l’interdiction du GNL russe devient totale fin 2026, celle des contrats long terme au 1er janvier 2027. La part russe dans le mix gazier européen est passée de 45 % à 13 % depuis 2022. Rouvrir ces canaux impliquerait donc une rupture frontale avec une législation communautaire déjà adoptée à la majorité qualifiée — précisément pour contourner les vetos hongrois et slovaque. Paradoxe supplémentaire : les importations européennes de GNL russe ont augmenté début 2026.
Innovation, souveraineté technologique et capital humain
La compétitivité de l’industrie italienne dépendra de plus en plus de la capacité à développer des technologies stratégiques, à valoriser la recherche et à transformer la connaissance en croissance économique. Futuro Nazionale considère la souveraineté technologique non comme un isolement, mais comme la capacité à être compétitif dans les secteurs les plus avancés de l’économie mondiale. Seront soutenus les investissements dans la recherche, l’innovation et le transfert technologique, en renforçant la collaboration entre universités, centres de recherche, entreprises et institutions. L’objectif est de favoriser un écosystème national de l’innovation capable de transformer les résultats de la recherche scientifique en produits, brevets, entreprises et emplois qualifiés. Une attention particulière sera accordée au développement des infrastructures numériques, de la cybersécurité, du cloud national, de la protection des données stratégiques et de la résilience des réseaux critiques, la sécurité numérique étant aujourd’hui une composante fondamentale de la sécurité économique du pays. Futuro Nazionale soutient la participation italienne aux programmes internationaux consacrés aux semi-conducteurs, à la microélectronique et aux technologies avancées, en favorisant les investissements dans l’intelligence artificielle, la robotique, les technologies quantiques, l’aérospatiale, les matériaux innovants et les biotechnologies. Le Fonds souverain devra également soutenir les start-up innovantes, les entreprises deep-tech et les projets à forte intensité de recherche et développement, en favorisant le passage de l’innovation scientifique à la production industrielle et en facilitant l’accès aux capitaux dans les phases initiales de développement. Le capital humain reste un élément décisif de la compétitivité. Seront renforcés le système des universités et des centres de recherche, les instituts technologiques supérieurs, la formation technique et professionnelle et la collaboration entre le système éducatif et les entreprises, afin de réduire l’écart entre les compétences demandées par le marché et les compétences disponibles. Parallèlement, seront promus des programmes de retour des talents italiens de l’étranger, l’attraction de profils hautement qualifiés et la valorisation des disciplines STEM dans les secteurs stratégiques.
Made in Italy, commerce international et sécurité des approvisionnements
Le Made in Italy représente l’un des principaux patrimoines économiques, productifs et culturels de la Nation. Le protéger signifie défendre non seulement des marques et des productions, mais aussi des compétences, des filières industrielles, de l’emploi qualifié et une capacité d’innovation. Futuro Nazionale promeut une stratégie permanente de valorisation des excellences italiennes, en soutenant la présence des entreprises sur les marchés internationaux et en renforçant les secteurs qui identifient la compétitivité du pays : manufacture avancée, agroalimentaire de qualité, mode, design, mécanique spécialisée, artisanat à forte valeur ajoutée, industries créatives et technologies innovantes. La politique commerciale devra s’inspirer du principe de réciprocité. L’ouverture aux échanges internationaux représente une opportunité lorsqu’elle s’exerce dans le respect de règles communes, de normes comparables et de conditions de concurrence équilibrées. Au niveau européen et international, l’Italie devra soutenir des instruments luttant contre les pratiques déloyales et garantissant des conditions de concurrence égales pour les entreprises italiennes. Il faudra rester vigilant face à des accords pénalisants, tels que ceux soutenus par le passé aussi bien par la gauche que par la droite (on pense au récent accord Mercosur). Tout texte réglementaire ou accord international sera examiné dans l’optique de protéger les productions italiennes et la souveraineté économique du pays. Une importance particulière sera accordée à la traçabilité des productions et à la protection de l’origine des produits, y compris par des technologies numériques comme la blockchain, utiles pour rendre les filières plus transparentes, lutter contre la contrefaçon et renforcer la confiance des consommateurs. Seront également valorisées les productions locales, les circuits courts et les excellences territoriales. Dans les secteurs d’intérêt stratégique, les marchés publics devront valoriser, dans le respect de la réglementation européenne, des critères tenant compte non seulement du prix, mais aussi de la qualité, de la fiabilité des filières, de la sécurité des approvisionnements et de la capacité à générer de la valeur économique sur le territoire national. La disponibilité de matières premières critiques est une condition essentielle pour le développement de l’industrie de demain. Futuro Nazionale soutient une stratégie nationale et européenne orientée vers la sécurité des approvisionnements, à travers des accords internationaux fondés sur la coopération, le transfert de compétences, la durabilité et l’avantage réciproque, avec une attention particulière portée aux terres rares et aux matériaux indispensables aux technologies avancées. Dans cette optique, l’attention portée à la coopération avec les pays d’Afrique devient fondamentale, dans le cadre du développement de ces pays et d’une collaboration pouvant être fructueuse à bien des égards pour les deux parties.
4— Crédit
Accès au crédit, réhabilitation du crédit et protection de la fiabilité financière
Le crédit représente une composante essentielle du développement économique, de la mobilité sociale et de la croissance du système productif. Les familles, les travailleurs, les professions libérales et les entreprises doivent pouvoir accéder à des instruments de financement transparents, viables et proportionnés à leur capacité économique, dans un contexte alliant stabilité financière et soutien à l’économie réelle. Ces dernières années, les processus de concentration du système bancaire et le durcissement des critères d’évaluation de la solvabilité ont rendu l’accès au crédit plus difficile pour de nombreux citoyens et petites entreprises, même en présence d’irrégularités temporaires ou de faible ampleur. Futuro Nazionale estime nécessaire de rétablir un équilibre entre prudence financière et possibilité réelle de recouvrer sa fiabilité de crédit. Futuro Nazionale promeut par ailleurs la désignation de banques d’intérêt national spécialisées dans le financement des investissements stratégiques, de l’innovation, des infrastructures et des filières productives d’importance nationale, opérant selon des critères de viabilité économique et financière et d’autonomie de gestion, y compris avec une participation de capitaux publics. Le programme soutient le principe de la réhabilitation du crédit, en favorisant la réinsertion dans les circuits financiers de ceux qui ont régularisé leur situation et fait preuve, dans la durée, de correction dans leurs relations économiques. Les informations relatives au crédit doivent continuer de garantir la stabilité du système, mais selon des critères de proportionnalité, en distinguant les retards occasionnels des situations d’insolvabilité structurelle. Il est proposé une révision du régime des signalements de crédit visant à actualiser les seuils de pertinence, accélérer la radiation des situations régularisées, renforcer les obligations d’information préalable et garantir davantage de transparence dans les processus d’évaluation de la solvabilité. La confiance entre les citoyens et le système financier exige des procédures simples, des informations compréhensibles et des garanties effectives. Avant tout signalement susceptible d’affecter l’accès au crédit, le citoyen devra être mis en mesure de connaître sa situation, d’en comprendre les conséquences et d’exercer pleinement ses droits de clarification, de défense et de régularisation. À cette fin, Futuro Nazionale propose le renforcement des instruments de protection de l’usager financier, notamment à travers des organismes spécialisés d’assistance, de médiation et d’information, opérant en coordination avec les autorités compétentes. L’objectif est d’accroître la transparence du système, de prévenir les contentieux et de renforcer la confiance dans le crédit bancaire, sans introduire de lourdeurs bureaucratiques inutiles.
Instruments de crédit, innovation financière et protection du débiteur
Futuro Nazionale promeut un système de crédit plus moderne, compétitif et inclusif, capable d’adjoindre au crédit bancaire traditionnel des instruments financiers diversifiés favorisant investissements, consommation et développement de l’économie réelle, dans le respect de la transparence, de la responsabilité et de la viabilité. La modernisation des instruments de crédit sera encouragée, en simplifiant les procédures, en réduisant les coûts administratifs et en garantissant des normes élevées de sécurité informatique et de protection des données personnelles. Une attention particulière sera portée à la révision du régime de la cession du cinquième du salaire et de la pension, dans le but de simplifier l’accès au crédit, d’accroître la transparence des conditions contractuelles, de favoriser une plus grande concurrence entre opérateurs et de réduire les coûts supportés par les citoyens, tout en assurant des protections adéquates pour les personnes économiquement les plus vulnérables. Une révision similaire sera engagée pour les procédures d’avance sur le TFR et le TFS (indemnités de fin de service), afin de les rendre plus rapides, transparentes et économiquement avantageuses, permettant aux travailleurs d’utiliser plus facilement des ressources déjà acquises pour des besoins familiaux, personnels ou d’investissement. Un système de crédit efficace requiert un équilibre entre protection du créancier et protection du débiteur. Le recouvrement des créances doit être garanti dans des délais raisonnables, mais dans le respect des principes de proportionnalité, de dignité de la personne et de viabilité sociale, en évitant que des difficultés temporaires ne produisent des effets irréversibles d’exclusion économique. Une attention particulière sera accordée à la protection des sommes destinées à la subsistance essentielle des familles, notamment en ce qui concerne les comptes utilisés pour le versement des salaires, des pensions et des prestations sociales. Pour renforcer la sécurité juridique, seront également encouragés la médiation, la conciliation et les instruments de règlement extrajudiciaire des litiges, afin de réduire les délais de la justice civile et de favoriser des solutions rapides et équilibrées.
Système bancaire, épargne et crédit à l’économie réelle
Un système bancaire solide, compétitif et ancré dans l’économie réelle représente une condition indispensable à la croissance du pays. Futuro Nazionale considère le crédit non seulement comme un service financier, mais comme un levier stratégique pour soutenir investissements, innovation, emploi et développement des entreprises. Au cours des dernières décennies, le système bancaire italien a connu de profonds processus de concentration et de transformation. Tout en en reconnaissant les bénéfices en termes d’efficacité, il est nécessaire de renforcer le lien entre crédit, territoire et système productif, afin que les familles et les entreprises puissent accéder à des financements adaptés à leurs besoins de croissance. L’État italien a été historiquement présent dans le système bancaire, avant de connaître des ventes à bas prix et des privatisations, à la différence de ce qui s’est produit dans d’autres pays, comme la France. Dans une réalité comme la nôtre, où le financement des entreprises est, contrairement à d’autres pays, très bancocentré et peu enclin à recourir au financement de marché, la présence stratégique de l’État dans le système bancaire aurait été particulièrement précieuse. Malheureusement, des politiques menées pendant des décennies ont démantelé ce positionnement. Sur ces bases, il faudra mener une analyse stratégique sérieuse afin de construire, dans la durée, des modalités de défense du crédit italien, des épargnants et du financement des entreprises. Le tout, dans l’intérêt du système productif italien. Une attention particulière sera portée aux petites et moyennes entreprises, aux entreprises familiales, aux districts productifs et aux réalités innovantes, en favorisant un accès au crédit orienté vers les investissements productifs, la recherche, la numérisation, l’internationalisation et la croissance dimensionnelle. L’épargne des familles italiennes constitue une ressource stratégique qui doit être protégée et valorisée. Futuro Nazionale promeut un système financier fondé sur la transparence, une information correcte et la protection des épargnants, tout en favorisant un emploi accru de l’épargne nationale au service de l’économie réelle et des investissements productifs. Pour réduire la dépendance excessive au seul crédit bancaire, sera encouragé le développement d’un système financier plus diversifié, capable d’intégrer marchés de capitaux, instruments d’investissement productif, fonds dédiés aux entreprises et nouvelles formes de levée de capitaux. Cela permettra d’élargir les possibilités de financement et de renforcer la capitalisation du tissu entrepreneurial.
Crédit, développement national et sécurité financière
Le crédit constitue une composante stratégique de la compétitivité économique nationale. Futuro Nazionale estime nécessaire de renforcer la coordination entre politiques du crédit, développement industriel et protection de l’épargne, dans le plein respect de l’économie de marché et de l’autonomie des opérateurs financiers. L’objectif est de favoriser un système capable d’orienter une part croissante des ressources disponibles vers les investissements productifs, l’innovation, les infrastructures, la recherche et la croissance des entreprises, contribuant ainsi au développement de l’économie réelle et à la capacité compétitive du pays. En cohérence avec la stratégie industrielle exposée dans les chapitres précédents, le système financier devra soutenir les entreprises engagées dans des processus d’innovation, de numérisation, d’internationalisation et de développement technologique, en favorisant une plus grande intégration entre épargne nationale, crédit productif et investissements stratégiques. Une importance particulière sera accordée aux instruments capables de renforcer la capitalisation des entreprises, de soutenir la croissance des filières productives et d’accompagner les investissements dans les secteurs considérés comme stratégiques pour la sécurité économique nationale, y compris par une coordination avec le Fonds souverain pour la croissance nationale. La politique du crédit devra poursuivre un double objectif : garantir la stabilité du système financier et soutenir la croissance de l’économie réelle, en valorisant l’épargne des familles italiennes comme levier de développement productif, d’innovation et d’emploi. Un système de crédit efficace, compétitif et orienté vers l’investissement est une condition essentielle pour renforcer la souveraineté économique du pays et soutenir une croissance stable, durable et largement partagée.
5— Assimilation et Remigration
Le thème de la politique migratoire et « remigratoire » est l’un des chapitres centraux et distinctifs du programme de Futuro Nazionale, la seule force politique italienne à proposer une ligne de fermeté absolue contre l’immigration clandestine, l’immigration de masse — fût-elle régulière — et l’immigration de personnes porteuses de cultures jugées incompatibles avec les valeurs fondamentales de notre civilisation, considérées comme une menace tant pour la sécurité que pour l’identité du pays.
Le terme remigration trouve son origine dans les mouvements identitaires européens. Il a été popularisé par l’écrivain français Renaud Camus, puis par le militant autrichien Martin Selner, auteur d’un livre-programme (Remigration. Ein Vorschlag, 2024). C’est l’idée que Selner a présentée lors de la réunion de Potsdam en novembre 2023 devant les dirigeants du parti AfD : un programme d’expulsion visant les « citoyens qui ne se sont pas intégrés », dont la révélation par le site d’information Correctiv en janvier 2024 a déclenché en Allemagne les plus grandes manifestations depuis la réunification du pays. L’article 21 de ce programme (retrait de la nationalité puis « retour au pays d’origine » des citoyens italiens) reprend exactement cette structure. En faisant de ce mot le titre d’un chapitre, « Futuro Nazionale » devient le premier parti italien à déclarer explicitement son soutien à ce programme, alors que la droite au pouvoir s’était jusqu’à présent contentée d’allusions indirectes. Le « remplacement ethnique » évoqué par le ministre Lollobrigida en 2023 avait déjà suscité une polémique.
L’Italie, en effet, a une identité claire, façonnée dans le temps mais par un processus de développement organique et homogène, non par une contamination chaotique. Les civilisations solides ne progressent pas par addition ou mélange avec d’autres, mais par capacité d’assimilation : l’Italie l’a fait avec une parfaite continuité pendant plus de deux millénaires, en accueillant cet achèvement de la civilisation romaine qu’est le catholicisme (voir « Luce di Roma cristiana nel diritto » du Cardinal Alfredo Ottaviani), lequel a trouvé dans le droit romain le langage naturel de sa propre juridicité (voir à ce sujet « Catholicisme romain et forme politique » de Carl Schmitt), dans « cette Rome dont le Christ est romain » (Dante Alighieri, Purgatoire, XXXII). Le processus de formation de l’identité italienne a également intégré l’héritage de la philosophie grecque comme expression la plus parfaite, en paroles humaines, des choses du Logos (Verbe) fait chair. Par ailleurs, la philosophie grecque avait déjà connu une excellence, avant Platon, en Grande Grèce, notre sud de l’Italie. Dans la Rome de saint Léon le Grand, de saint Grégoire le Grand, de saint Grégoire VII, se rencontrent et se fondent le meilleur de la civilisation naturelle (droit romain et philosophie grecque) et l’œuvre de la grâce chrétienne, de la religion catholique romaine qui a donné forme à l’histoire et au monde. En tant que centre de la romanité et du catholicisme, comme l’a écrit même un intellectuel parfaitement laïc tel que Ernesto Galli della Loggia, « c’est comme si l’Italie assurait en quelque sorte la garde de l’identité de chaque Européen » (L’identità italiana, 2010). On parle beaucoup d’une prétendue vocation historique italienne à l’accueil indiscriminé d’autres populations, mais c’est un mensonge historique fabriqué par ceux qui veulent détruire notre pays. L’invasion la plus marquante de l’histoire italienne fut celle des Lombards : environ 300 000 personnes, alors que la population italienne native s’élevait à environ sept à huit millions — soit 4 % (et il s’agissait d’une population déjà chrétienne, quoique dans sa variante hérétique arienne, qui embrassa ensuite le catholicisme) —, alors qu’aujourd’hui environ 12 % des résidents en Italie ne sont pas italiens de naissance, et l’assimilation au christianisme, donnée fondamentale de l’identité historique italienne, y est statistiquement peu fréquente. Quant aux autres « contaminations », on peut penser aux Normands, qui furent assimilés d’abord à la religion catholique dès leur installation en Normandie avant d’arriver en Sicile, ou à la présence des Arabes musulmans, qui furent chassés par les Normands restaurant justement l’identité chrétienne de la Sicile, quelques noyaux subsistant dans le sud de l’Italie (pensons aux archers sarrasins de Lucera, corps d’élite de l’empereur Frédéric II) permettant une confrontation constructive sans superposition de masse. On peut penser aux Byzantins, qui étaient, comme nous, chrétiens (et, jusqu’en 1054, catholiques) et qui, de toute façon, furent repoussés au fil des siècles, toujours par les Normands.
Le parallèle suppose que l’identité italienne se soit formée par assimilation à la foi catholique — or cette unité religieuse n’a jamais coïncidé avec une unité politique ou nationale avant le XIXe siècle. Le calcul démographique lombard (4 % de la population) relève d’une domination politique concentrée : les Lombards ne se sont jamais installés sur l’ensemble de l’Italie mais constituent un nouveau groupe dirigeant s’imposant à une partie de la population de la péninsule, déjà marquée par des siècles de migrations pendant et après l’Empire romain et donc déjà ethniquement mixte. Le nationalisme du Risorgimento avait d’ailleurs fait des Lombards un symbole identitaire plutôt qu’un corps étranger assimilé : dans l’Adelchi de Manzoni, le dernier prince lombard est loin d’être assimilé ; il est vu comme un étranger dominant sur les peuples italiques et confronté à un autre peuple étranger, les Francs, présentés comme libérateurs. Le même mécanisme de stratification apparaît dans le recours à la civilisation grecque : la présence de Platon en Grande Grèce, dans « notre sud », résulte d’une colonisation par un peuple non local. Ce montage révèle ainsi, au-delà de l’inexactitude de la reconstruction proposée, une tentative maladroite d’esquisser un nationalisme de type nouveau construit à partir de références hétérogènes et parfois contradictoires.
La présence massive d’autres peuples n’est pas un trait caractéristique de notre histoire et représente, au contraire, une menace pour l’existence d’une identité sociale et pour la possibilité de faire œuvre commune et de ne pas être seulement des individus — comme l’avaient pensé à tort le contractualisme des Lumières et l’ontologie libérale —, mais aussi un peuple, avec sa propre physionomie sociale qui se reflète dans les usages, les coutumes, la vie en société. Il est par ailleurs emblématique que les étrangers, qui représentent environ 9 % de la population, commettent environ 30 % des homicides, 40 % des vols avec violence, 35 % des viols.
Ces chiffres circulent depuis des années dans le débat italien. Ils nécessitent trois précisions méthodologiques. Ils concernent les personnes ayant fait l’objet d’une plainte ou ayant été arrêtées (denunciati), avant même qu’un jugement définitif n’ait été rendu. Le numérateur inclut les étrangers non résidents (personnes de passage, sans titre de séjour), tandis que le dénominateur de 9 % ne concerne que les résidents en situation régulière. Enfin, aucune correction n’a été apportée pour tenir compte de la répartition par âge et par sexe, alors que la population étrangère est nettement plus jeune et composée majoritairement d’hommes que la population italienne. Les hommes âgés de 15 à 35 ans constituent d’ailleurs le groupe le plus représenté dans la criminalité, y compris parmi les Italiens. Lorsque la structure démographique et sociale est comparable, l’écart se réduit considérablement. Cette utilisation brute des données réapparaît aux chapitres 7 et 8, où elle sert de base au syllogisme : « Qui veut sauver la vie des femmes soutient la remigration. »
Futuro Nazionale considère donc que cette situation constitue une urgence nationale et propose des lois extraordinaires permettant l’expulsion rapide et certaine des étrangers délinquants ou sans titre de séjour, la suppression de l’attractivité de nouvelles entrées, l’arrêt de l’usage massif des « décrets flux », la modification des critères d’octroi et de révocation de la citoyenneté, la révision du regroupement familial, le rapatriement des détenus étrangers (qui coûtent aujourd’hui à l’État italien de l’ordre d’un milliard d’euros par an) et des mesures énergiques contre la dégradation, les occupations illégales et les zones de non-droit dans les périphéries. Le nombre d’étrangers, ou de personnes nées de parents étrangers, aujourd’hui présents dans notre pays est excessif et a créé des problèmes d’homogénéité culturelle, d’appartenance à une identité de peuple, d’inclination à la criminalité. Nous devons défendre nos frontières et cesser de considérer les migrations comme un droit individuel inaliénable, surtout quand le motif est économique. En outre, les migrations de masse représentent une forme subtile de colonialisme déguisé, par laquelle l’Europe prive de nombreux pays en développement de leurs énergies fondamentales, c’est-à-dire de leurs jeunes (en particulier les hommes, au vu des données migratoires) en âge productif. Ces pays se trouvent ainsi privés du levier le plus important pour le développement économique, prolongeant le cercle vicieux d’une séparation dichotomique du monde entre zones productives et zones structurellement défavorisées sans possibilité de rattrapage, au grand dam de l’ancrage social et existentiel des personnes et des peuples, avec pour seul avantage (pour quelques-uns) de faire baisser le coût du travail dans un marché de masses de travailleurs déplaçables à volonté, qui représentent la version actuelle de ce que Marx, si cher à la gauche, appelait l’« armée de réserve industrielle ». En somme, Futuro Nazionale veut arrêter le processus migratoire, le jugeant insoutenable au vu des proportions qu’il a prises, et l’inverser également par l’instrument de la remigration. La souveraineté sur les politiques migratoires est considérée comme partie intégrante et indispensable de la souveraineté nationale. Futuro Nazionale propose donc une transformation radicale du système, fondée sur le principe que la sécurité des citoyens italiens, la protection de la communauté nationale et la défense de l’identité priment sur la tendance à accueillir l’étranger sans discernement. Nous soutenons la redéfinition du rapport entre droits et devoirs : l’accueil, et a fortiori la citoyenneté, ne sont reconnus qu’à ceux qui font preuve d’adhésion aux valeurs de notre civilisation, de respect des lois, de contribution au bien commun par le travail et de loyauté envers la Nation. L’une des innovations les plus marquantes est la réforme du système d’expulsion, qui dépasse les limites historiques de la législation européenne et nationale, en utilisant notamment les marges importantes rendues possibles par le nouveau règlement européen sur les retours, voté au Parlement européen y compris par le général Roberto Vannacci. Il faut miser d’emblée sur l’identification rapide, la coopération obligatoire de l’étranger, le renforcement des centres de rétention en vue du rapatriement (CPR), la mesure unique de rapatriement, la réduction des causes de ralentissement procédural, la limitation des abus de contentieux, et des accords internationaux de rapatriement fondés sur un principe de conditionnalité liant les diverses formes de coopération entre pays. La protection juridictionnelle doit rester garantie, mais elle ne peut devenir un instrument dilatoire systématique, et le droit de recours ne peut devenir un moyen d’échapper indéfiniment à la loi. Nous travaillerons à des accords bilatéraux contraignants pour l’exécution des rapatriements, en introduisant le concept de loyauté sur les rapatriements comme condition de la coopération politique, sociale et économique. Les fonds européens de coopération devront eux aussi être conditionnés à la conclusion et au respect d’accords efficaces de rapatriement. L’ensemble du système d’expulsion sera revu, à commencer par une augmentation drastique des CPR, y compris hors de l’Union européenne, en recourant largement aux « pays tiers sûrs ».
Le passage défie Meloni sur deux fronts. D’abord la citation de Marx sur l’« armée de réserve industrielle » : popularisée par Vannacci lui-même, elle circule depuis plusieurs années dans les cercles d’extrême droite italienne comme argument anti-immigration — alors que, comme cela a été souligné à de multiples reprises, le concept marxien désigne à l’origine les chômeurs structurels du capitalisme industriel, pas les travailleurs migrants ; son emploi ici est un détournement conceptuel, pas une lecture fidèle de Marx. Ensuite, le recours généralisé aux « pays tiers sûrs » et aux centres délocalisés vise directement l’échec du dispositif Meloni en Albanie : lancé en 2024 (accord Italie-Albanie, centres de Shëngjin et Gjadër), ce mécanisme de traitement extraterritorial des demandes d’asile a été bloqué à plusieurs reprises par les tribunaux italiens, qui ont refusé de valider la rétention de migrants provenant de pays jugés « non sûrs » au regard du droit européen, obligeant le gouvernement à rapatrier les personnes concernées vers l’Italie. En relançant l’idée de pays tiers sûrs sans ces mêmes obstacles juridictionnels, Vannacci désigne implicitement l’échec judiciaire de Meloni comme la preuve que son propre programme, plus radical sur le plan procédural (limitation des recours suspensifs), est le seul à pouvoir aboutir.
L’objectif est de transformer l’expulsion, d’une mesure théorique, en un instrument rapide, certain et effectif. Notre proposition est d’introduire également un modèle de « réciprocité active », qui transforme l’accueil d’un coût passif en un parcours de loyauté : quiconque arrive — pour des motifs objectivement graves et avérés, pertinents pour la reconnaissance de la protection internationale — doit travailler, se former, contribuer selon ses capacités au bien commun et respecter nos normes et notre civilisation. Parallèlement, le programme introduit des critères stricts pour l’octroi de la citoyenneté : vingt années de résidence régulière et continue, niveau de langue C1, examens écrits et oraux, comportement honorable, absence de condamnations pénales et déclaration formelle d’acceptation et d’assimilation effective à la civilisation grecque, romaine et chrétienne — ces grands socles de l’identité italienne et européenne, sans lien avec les phénomènes historiques et politiques des derniers siècles, sur lesquels les Italiens eux-mêmes ont une riche diversité de récits et de positions. La citoyenneté implique l’acceptation du devoir de défendre la Patrie (article 52 de la Constitution italienne), et il serait contradictoire d’assumer le devoir de défendre une civilisation à laquelle on n’appartient pas et que l’on ne reconnaît pas comme sienne.
Plan de Remigration : 22 mesures
Voici, en détail, les 22 mesures de notre Plan de Remigration :
1. Étanchéité des frontières nationales : identification de points de débarquement naturels hors d’Italie et patrouilles. Face à l’absence d’une gouvernance communautaire suffisante, une intervention immédiate est nécessaire pour rétablir la légalité et la souveraineté de l’État par la défense de nos frontières, en particulier maritimes, compte tenu de la position et de la physionomie du pays. Il faut donc adopter une politique qui puisse interdire catégoriquement la navigation dans nos eaux territoriales aux flux migratoires illégaux et qui respecte l’interdiction stricte d’accoster dans nos ports pour tout navire n’ayant pas été préalablement et expressément autorisé par les autorités nationales. Sans souveraineté sur les frontières, il n’y a pas de souveraineté nationale. D’un point de vue géopolitique, cette mesure s’inscrit dans une nécessaire redistribution des responsabilités internationales : les navires interceptant ou transportant des migrants devront être formellement invités à accoster ailleurs, par exemple à Malte, premier point d’accostage naturel pour la plupart des routes visant les côtes italiennes. Le fait que même les navires des ONG évitent les routes vers Malte pour viser massivement les côtes italiennes prouve l’existence de logiques instrumentales et d’une intention délictueuse précise, contre laquelle il faut agir fermement par des instruments législatifs, exécutifs et judiciaires proportionnés qui, tout en sauvant des vies, empêchent leur usage instrumental, l’immigration clandestine et le système même des départs, qui repose sur l’espoir d’atteindre la destination désirée — raison pour laquelle seule une politique stricte de souveraineté frontalière peut éradiquer le trafic d’êtres humains et le drame des morts en mer. Si la fermeture formelle des frontières et l’interdiction des ports ne produisaient pas les effets escomptés à court terme, notre programme prévoit, à titre subsidiaire, l’activation de mesures maximales de dissuasion et de patrouille, avec des moyens logistiques ordinaires (navires) et de détection précoce (dispositifs technologiques divers) permettant une surveillance effective de la frontière — y compris drones de surveillance et systèmes radar militaires de pointe pour intercepter rapidement les embarcations, évitant ainsi tant les débarquements illégitimes que les drames humains dus à la poursuite de traversées dans des conditions dangereuses. Pour garantir l’efficacité réelle de l’interdiction de navigation, il faut dépasser le régime laxiste des sanctions administratives et transformer la violation des interdictions en délit pénal. La certitude de la peine et la rigueur pénale constituent d’importants dissuasifs contre l’illégalité dans nos eaux. Notre programme prévoit donc un cadre répressif strict et l’activation immédiate de poursuites pénales devant le parquet en cas de violation de l’interdiction, avec extension de la responsabilité à toute la chaîne : l’armateur et le propriétaire du navire devront subir la même peine que l’exécutant matériel s’ils ont concouru, par dol ou par faute (défaut de surveillance), à la violation des interdictions d’accostage ou de poursuite de route. En cas de récidive avec le même navire, ou par des personnes déjà condamnées définitivement, les peines devront être particulièrement sévères, avec réclusion sans possibilité de mesures alternatives. La condamnation pour violation de l’interdiction entraînera systématiquement la confiscation pénale obligatoire du navire, précédée de sa saisie conservatoire immédiate. Ces sanctions s’appliqueront sans préjudice du concours avec des infractions plus graves (aide à l’immigration clandestine, sinistre par imprudence, désobéissance aux ordres de l’autorité, etc.).
Cette mesure serait contraire au droit maritime international. Les conventions SAR et SOLAS imposent de débarquer les rescapés dans un « lieu sûr » dès que possible. La Cour suprême italienne (affaire Rackete, 2020) a établi que l’obligation de sauvetage s’étend jusqu’à l’acheminement des rescapés vers un lieu sûr et qu’elle prime sur les interdictions d’entrée. L’arsenal de mesures proposé (infraction pénale, peine d’emprisonnement sans alternative, saisie obligatoire du navire) va plus loin que les décrets de sécurité de Salvini (2018-2019) et le décret Piantedosi (2023), déjà critiqués par le Conseil de l’Europe et les agences des Nations unies.
2. Réforme du droit d’asile et de la protection : dépassement du système de traitement des demandes de protection, aujourd’hui dépassé, en modifiant la législation pour empêcher le débarquement sur le territoire national et faire séjourner les demandeurs, pendant l’examen de leur dossier, dans des pays sûrs hors de l’Union européenne, par accords bilatéraux. Les cas d’octroi des instruments de protection seront encadrés pour éviter les extensions, les abus et les octrois en l’absence de danger très grave. Il faut inverser la tendance, apparue au début des années 2000, consistant à reconnaître la protection de façon quasi automatique et indiscriminée à des groupes ethniques entiers, au détriment d’une évaluation correcte des cas individuels.
3. Demandes de protection et recours déposés hors du territoire national, retirant aux mafias et aux passeurs la gestion de la détresse humaine. Mettre en place l’accès à la protection internationale aux frontières de l’Europe et, pour ce qui nous concerne, sur les côtes d’Afrique du Nord et dans les zones d’origine des flux migratoires. Des centres d’accueil et de protection seront établis dans ces zones, situés dans des territoires et pays jugés sûrs, gérés au niveau international, y compris pour une répartition équitable. Une distinction nette sera faite entre les victimes de persécution politique et les réfugiés de guerre d’une part, et les migrants irréguliers d’autre part. Des accords contractuels seront conclus avec les pays disposés à accueillir ces centres, en lien avec les représentations diplomatiques. Ces centres régionaux accueilleront des antennes du bureau des réfugiés, ainsi qu’éventuellement des instances juridictionnelles dédiées, seules compétentes pour la gestion des procédures d’asile et l’examen des recours des demandeurs de la région concernée. Ce n’est qu’après reconnaissance effective du statut de protection que les bénéficiaires obtiendront le droit de voyager et d’entrer en Italie de manière sûre et légale — et ce, en nombre extrêmement réduit et proportionnellement négligeable pour la population italienne, qui enregistre déjà aujourd’hui un nombre impressionnant, inacceptable et non assimilable d’étrangers.
4. Certification par le personnel médical militaire. La gestion de l’immigration ne peut être l’otage de visions idéologiques ou de pratiques opaques ; elle exige au contraire fermeté, efficacité et transparence institutionnelle absolue. La constatation et la certification de l’aptitude sanitaire à la rétention et à l’expulsion seront confiées exclusivement au personnel médical militaire, formé pour garantir, par son statut et sa formation, même sous pression exceptionnelle, la plus grande rigueur institutionnelle et une totale imperméabilité aux pressions extérieures ou aux suggestions idéologiques contraires aux rapatriements, ainsi qu’aux mécanismes de menace et de chantage. L’avis sanitaire doit redevenir un constat purement technique et objectif, protégeant certes les droits de la personne mais sur une base objective, tout en protégeant les prérogatives de sécurité de l’État ; en débloquant des procédures paralysées par la bureaucratie et des certificats de complaisance, une gestion correcte et efficace de l’immigration clandestine sera assurée.
Cette mesure repose sur un soupçon jamais prouvé selon lequel des médecins civils délivreraient des « certificats de complaisance » pour retarder les expulsions. Le fait de confier l’autorité exclusive à la médecine militaire, choisie précisément pour sa discipline hiérarchique, porte atteinte au principe éthique de l’indépendance du jugement clinique, selon lequel le médecin est responsable envers son patient avant d’être responsable envers les objectifs administratifs de l’État, et institutionnalise le conflit d’intérêts de la « double loyauté », que l’éthique médicale internationale cherche justement à éviter dans les lieux de détention.
5. Examen médical obligatoire pour les mineurs étrangers non accompagnés (MENA). Le système des mineurs étrangers non accompagnés est devenu un racket économique. L’examen médical auxologique et radiographique doit être immédiat et obligatoire : l’État ne peut se fier à la seule autodéclaration de personnes manifestement adultes. Confondre les véritables personnes vulnérables avec celles qui fraudent la loi revient à se rendre complice des organisations criminelles.
Le test de maturation osseuse par radiographie, présenté ici comme un test de référence, comporte une marge d’erreur d’environ deux ans
6. La gestion des MENA revient aux préfectures. La question des mineurs étrangers non accompagnés, en très grande majorité des garçons de 16 à 18 ans, relève de l’ordre public et de la sécurité nationale, non d’une charge à reporter sur les communes. La gestion doit revenir sous l’égide exclusive des préfectures, avec une vision stratégique unitaire, mettant fin au fardeau pesant sur les budgets des collectivités locales et rétablissant une traçabilité plus efficace des procédures.
7. Rétablissement de la légalité, lutte contre la fraude et expulsions immédiates : tolérance zéro envers l’immigration irrégulière. Futuro Nazionale rejette tout mécanisme de « régularisation » des séjours irréguliers et propose la simplification des procédures d’expulsion et l’application de rapatriements immédiats pour les demandeurs déjà présents sur le territoire dont la demande a été rejetée, en utilisant l’aide au développement comme levier diplomatique envers les pays d’origine. Un plan de construction de CPR sera mis en œuvre en nombre suffisant, en évaluant leur implantation sur le territoire national et, surtout, à l’étranger.
8. Exclusion de la suspension automatique de l’expulsion et recours juridictionnel depuis le pays d’origine ou un pays tiers sûr, avec réforme de la procédure administrative et juridictionnelle et procédure accélérée pour les rapatriements. Afin de garantir la sécurité des citoyens et la certitude de la peine, l’action gouvernementale s’engage à dépasser les lenteurs bureaucratiques et procédurales actuelles, en supprimant tout automatisme bloquant aujourd’hui les mesures d’éloignement. Le principe cardinal doit être établi selon lequel la simple présentation d’un recours juridictionnel contre la mesure d’expulsion ne suspend en aucun cas l’éloignement ou son exécution forcée. Pour suspendre la procédure d’expulsion, la contestation de la mesure ne suffira pas : l’intéressé devra formuler une demande de mesure conservatoire spécifique et séparée. La suspension de l’éloignement n’interviendra que si cette demande est expressément accueillie par le juge, sur preuve de motifs très graves (comme le risque réel, actuel et grave de subir des traitements inhumains ou dégradants). Le droit du citoyen étranger reste pleinement garanti, celui-ci conservant la faculté de présenter un recours juridictionnel depuis son pays d’origine, après l’exécution du rapatriement, dans le plein respect des garanties prévues.
9. Simplification et rejet du laxisme en matière d’expulsions, avec de nouvelles causes de mesures d’expulsion. Trop souvent, le droit légitime d’expulsion exercé par l’État est ignoré une fois la procédure judiciaire arrivée à son terme. Le nouveau cadre normatif devra viser à éliminer les marges d’appréciation discrétionnaire qui ralentissent ou bloquent aujourd’hui l’efficacité des mesures d’éloignement : la dangerosité sociale de l’étranger délinquant devra être présumée, excluant catégoriquement les appréciations sur l’intégration professionnelle ou sociale et réduisant les protections liées aux motifs familiaux. En cas de condamnations pour des infractions particulièrement graves, l’expulsion sera exécutée de façon immédiate, y compris en dérogation aux interdictions liées aux liens familiaux ou à la présence d’enfants mineurs sur le territoire national. L’automatisme de l’expulsion devra également s’appliquer en cas de récidive, même pour des peines inférieures à deux ans, et pour tous les délits non intentionnels pour lesquels l’arrestation en flagrant délit est obligatoire. L’obligation d’expulsion automatique sera étendue à un plus large éventail d’infractions pénales, incluant celles révélant une dangerosité sociale structurelle (délits contre la personne et l’administration publique, délits contre le patrimoine, criminalité organisée, trafic de stupéfiants, etc.).
10. Incitations au retour volontaire assisté et interventions dans les pays d’origine sur les causes profondes des départs. Une contribution exceptionnelle unique (versée seulement lors du départ effectif du pays) et un soutien juridique et logistique seront prévus pour quitter volontairement l’Italie. L’objectif est à la fois de réduire la présence étrangère en Italie et de préserver la dignité de la personne lors du retour, en offrant un outil concret pour prévenir la marginalité sociale dans les pays d’origine et transformer le retour en une opportunité de stabilisation réelle et durable. Une coopération diplomatique, économique et infrastructurelle sera également développée avec les pays d’origine pour agir sur certaines des causes profondes des migrations.
11. Fin des « décrets flux massifs » et limitation de l’immigration à des nombres restreints et conditionnés : l’immigration en provenance de pays hors UE sera rigoureusement contrôlée, contingentée numériquement et fondée sur des critères qualitatifs stricts avant l’entrée (compétences linguistiques de base déjà acquises, qualifications certifiées et offre d’emploi effectivement disponible). Nous mettrons fin aux décrets flux massifs, comme celui du gouvernement de centre-droit de 2025, qui a programmé l’entrée d’un demi-million supplémentaire d’extra-communautaires en trois ans.
12. Facilitation du recrutement de main-d’œuvre italienne et déclenchement d’une hausse salariale pour les « métiers modestes » : les partisans de l’immigration invoquent souvent le problème des « métiers que les Italiens ne veulent plus faire ». Ce problème, réel, sera traité de deux façons nouvelles. D’abord, avec des allègements pour l’embauche de main-d’œuvre italienne dans les secteurs à forte présence historique de main-d’œuvre extra-communautaire, et l’utilisation d’une partie des ressources économisées grâce aux politiques de remigration à long terme (coûts sociaux directs, coûts carcéraux, gestion des demandeurs d’asile, coûts systémiques liés à la criminalité et à la dégradation des périphéries, etc.) pour réduire les charges fiscales sur le travail et favoriser ainsi la hausse des salaires sans surcoût pour les employeurs. Ensuite, en conditionnant le versement des allocations de chômage à la disponibilité effective à accepter tout emploi compatible avec sa condition médicale, son âge et sa situation logistique, en application du « principe de saint Paul » (qui ne veut pas travailler ne mange pas non plus), décrit dans les sections économiques du programme.
13. Discrimination culturelle sur l’immigration régulière contingentée : les entrées destinées à répondre à une partie des besoins productifs du pays, extrêmement contingentées et subordonnées à la présence de toutes les conditions d’information et d’accord bilatéral pour le rapatriement immédiat en cas de délit ou de fin de contrat de travail, seront également sélectionnées selon un critère de compatibilité culturelle. La préférence sera donnée aux pays à majorité chrétienne, dont les données montrent une faible propension à la criminalité et avec lesquels les rapports en matière de rapatriement se sont révélés efficaces. Le respect de notre civilisation et l’assimilation sont en effet favorisés par des racines communes : une immigration réduite de personnes chrétiennes ne menace pas l’unité culturelle de notre pays, aujourd’hui menacée avant tout par une invasion musulmane de masse.
C’est le seul passage du programme à utiliser le mot « discrimination » explicitement. La sélection des candidats sur la base de la religion serait en contradiction flagrante avec l’article 3 de la Constitution, l’article 21 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, ainsi que l’article 14 de la Convention européenne des droits de l’homme. L’argument connexe selon lequel les ressortissants des pays chrétiens présenteraient une « faible propension à la criminalité » est réfuté par les données des prisons italiennes elles-mêmes, où la Roumanie figure parmi les nationalités les plus représentées.
14. Dissuasion du choix d’émigrer en Italie : notre pays se caractérise aujourd’hui comme un véritable eldorado pour tous, y compris les malfaiteurs et les fainéants. Il faut donc intervenir par les instruments juridiques appropriés (y compris, si nécessaire, par une modification constitutionnelle) pour exclure les non-citoyens italiens de tous les avantages sociaux extraordinaires à la charge de notre pays — accès au logement social, primes diverses, allocations chômage qui permettent aujourd’hui des stratégies d’alternance travail/non-travail. L’aide en cas de grave nécessité restera bien sûr garantie, par exemple l’aide médicale en cas de maladie grave, mais les ressources économiques d’un pays qui, depuis des décennies, ne parvient pas à préserver son propre équilibre démographique ne peuvent servir à soutenir les besoins du reste du monde. Chaque père de famille a la lourde responsabilité de nourrir ses propres enfants avant de pouvoir nourrir ceux des autres, sous peine qu’une miséricorde apparente ne se traduise en grave injustice. Grâce à ces politiques, Futuro Nazionale réduira l’attractivité de l’Italie pour les migrants qui, jusqu’à présent, partaient — régulièrement et irrégulièrement — en misant sur l’énorme masse d’avantages qu’ils savaient leur être garantis, sur le dos de ceux qui, depuis des générations, contribuent à la construction de l’État social italien.
L’image de l’« eldorado » et l’insistance sur les « avantages sociaux » indus des migrants font écho, sans le nommer, au slogan des « 35 euros par jour » — comparaison popularisée dans les campagnes électorales d’extrême droite italienne des années 2010 (Lega de Salvini, mais aussi Fratelli d’Italia de Meloni elle-même), opposant le coût quotidien allégué de l’accueil des demandeurs d’asile aux pensions minimales des retraités italiens.
15. Fin des regroupements familiaux : le regroupement familial ne sera plus considéré comme un droit pour ceux qui ne possèdent pas la citoyenneté. Aujourd’hui en Europe, sur 28 millions d’extra-communautaires, seuls 12 millions ont un emploi, les 16 autres non. Une partie de ces derniers sont des conjoints et enfants de travailleurs. Or ces 16 millions bénéficient de coûts sociaux tels que la santé, l’école, l’intégration publique, les transports, alors même que le chef de famille, se trouvant hors de l’impôt, ne contribue pas à la soutenabilité des finances publiques. En outre, comme expliqué, l’immigration représente aujourd’hui pour l’Italie et le continent européen une urgence avant tout en raison des nombres, qui la qualifient d’immigration de masse et donc, de facto, d’invasion. Si, en conditions normales, il serait préférable que les phénomènes migratoires, exceptionnels et numériquement limités, concernent des noyaux familiaux stables plutôt que des individus déracinés, les conditions actuelles imposent des mesures diamétralement opposées afin de garantir un usage équitable des ressources publiques et de réduire l’impact de l’immigration de masse. La fin des regroupements familiaux est donc nécessaire pour peser sur les chiffres de la présence exotique dans notre pays également. Des instruments exceptionnels de regroupement familial pourront être envisagés seulement après plusieurs années de séjour, un respect avéré des règles, un revenu suffisant du travailleur pour subvenir aux besoins de sa famille, et une contribution fiscale substantielle (de nombreux immigrés hors impôt représentant, comme indiqué, un coût net pour l’État).
Ce calcul est trompeur. Les quelque 28 millions de ressortissants non européens résidant dans l’Union européenne comprennent en effet des enfants, des élèves, des étudiants, des retraités et des personnes sans emploi. Comparer le nombre de personnes actives à l’ensemble de la population plutôt qu’à la population en âge de travailler uniquement aboutit automatiquement à un chiffre de 16 millions de « personnes inactives », présentées ensuite comme un fardeau. Selon les données d’Eurostat, le taux d’emploi des ressortissants non européens âgés de 20 à 64 ans s’élève à environ 60 %, ce qui est inférieur à la moyenne européenne mais ne correspond pas à l’idée reçue.
16. Remigration des personnes en situation régulière selon le modèle de l’immigration rotative : la remigration sera favorisée comme retour au pays d’origine du travailleur après quelques années de travail en Italie, avec possibilité de bénéficier de l’épargne accumulée, des indemnités de fin de contrat et, éventuellement, d’une part des cotisations sociales, pour quitter notre pays et retourner dans sa terre d’origine avec le savoir-faire acquis et une dotation économique importante pour démarrer une activité. Le travailleur sera ainsi incité à rentrer chez lui, ce qui freinera l’appauvrissement systématique de nombreux pays d’Afrique et d’Orient aujourd’hui privés de leur ressource économique et sociale la plus importante : les jeunes en âge de travail, transférés en Italie et en Europe pour servir les intérêts culturels des nihilistes et les intérêts économiques du grand capital qui veut comprimer les salaires sans égard pour le bien à long terme des nations.
17. Incitation fiscale au retour des Italiens en âge productif de l’étranger : pensons aux nombreux citoyens italiens présents au Venezuela, au Brésil, en Argentine — familles jeunes, personnes en âge productif, Italiens par droit du sang (ius sanguinis). Futuro Nazionale promouvra une réponse immédiate au problème démographique par une « remigration vers l’Italie », en cherchant à attirer dans notre pays les Italiens de l’étranger, tandis que le plan de relance démographique visera à résoudre le problème de manière structurelle et à long terme (voir la section « Mesures économiques pour la famille »).
Cette proposition de « remigration vers l’Italie » des descendants d’émigrés italiens en Amérique latine reprend presque mot pour mot une déclaration de Giorgia Meloni à la fête d’Atreju en 2018, où elle avait opposé les migrants d’origine africaine arrivant par bateau à « nos frères » d’origine italienne au Venezuela, en Argentine ou au Brésil, jugés préférables à accueillir au nom du lien de sang.
18. Dépassement du multiculturalisme et nouveau paradigme d’assimilation : rejet du modèle multiculturel ou interculturel, aujourd’hui perçu comme la création de communautés rejetant a priori les valeurs et principes de notre société. L’assimilation doit devenir un parcours obligatoire fondé sur la maîtrise de la langue italienne, le respect des valeurs fondamentales et l’autosuffisance économique, avec sanctions et révocation du titre de séjour pour ceux qui refusent de respecter notre civilisation et nos lois. Futuro Nazionale rejette le relativisme culturel qui met sur le même plan les valeurs italiennes, chrétiennes et gréco-romaines d’une part, et n’importe quelle coutume importée de l’extérieur d’autre part. Dans le respect des minorités et de la liberté de conscience, ainsi que de la tolérance envers les religions éloignées des racines de notre histoire, le parti affirme que celui qui vit en Italie appartient au peuple italien seulement s’il en partage les valeurs et les idéaux. Ne seront pas acceptées les pratiques fortement incompatibles avec nos principes (des mutilations génitales aux mariages forcés, par exemple) : une limite, appliquée avec souplesse et sans idéologie, doit être identifiée, au-delà de laquelle on ne peut aller. Il est réaffirmé avec force que quiconque vient travailler en Italie sera respecté, mais ne deviendra pas italien pour autant s’il ne s’assimile pas aux valeurs et principes historiquement consolidés de notre communauté nationale. Les politiques de multiculturalisme poussé, qui ont conduit par le passé à la création d’enclaves ethniques et culturelles séparées, sont un échec et ne seront plus pratiquées.
19. Transparence des données sur la criminalité : lutte contre la criminalité liée aux phénomènes migratoires et réforme radicale des systèmes de statistiques pour garantir une transparence totale sur l’origine des délits, en dépassant les omissions institutionnelles actuelles.
20. Réforme de la citoyenneté italienne : rétablissement du sens véritable de la citoyenneté comme appartenance effective à une civilisation, une histoire et un peuple. Futuro Nazionale rejette catégoriquement et sans possibilité de négociation des propositions comme le ius soli et le ius scholae. Pour demander la citoyenneté italienne, il faudra avoir résidé régulièrement pendant au moins vingt ans sur le territoire national, démontrer une maîtrise de l’italien parlé et écrit de niveau C1, n’avoir aucune condamnation pénale, et signer une déclaration d’assimilation à la civilisation grecque, romaine et chrétienne.
21. Réforme de la révocation de la citoyenneté : Futuro Nazionale propose l’extension de la législation sur la révocation de la citoyenneté par naturalisation, tout crime violent contre la personne et la société étant considéré comme un motif de révision a posteriori attestant que la personne n’a pas été réellement assimilée. Ainsi, le citoyen naturalisé pourra lui aussi être « remigré » par la procédure d’expulsion, en conséquence de la révocation de la citoyenneté.
La loi italienne (n° 91 de 1992) est déjà l’une des plus strictes d’Europe, avec une exigence de dix ans de résidence légale (contre cinq en France ou en Allemagne), un niveau de langue B1 et des procédures pouvant s’étendre sur plusieurs années. C’est précisément l’assouplissement de cette loi, qui visait à ramener la durée de résidence de dix à cinq ans, qui a échoué lors du référendum de juin 2025, faute de quorum. Le projet propose une mesure inverse, sans précédent en Europe. Il prévoit vingt ans de résidence, un niveau C1 – supérieur à celui exigé des étudiants étrangers pour s’inscrire dans une université italienne –, une « conduite irréprochable » et une déclaration d’intégration. La mesure n° 21 va encore plus loin. La déchéance de nationalité pour « tout crime violent » créera deux catégories de citoyens : les Italiens de naissance, dont la nationalité sera inconditionnelle, et les naturalisés, dont la nationalité pourra être retirée à vie. La loi actuelle limite la déchéance de nationalité aux condamnations liées au terrorisme (décret de sécurité de 2018). Son extension générale semble contraire à l’article 22 de la Constitution et à la Convention de 1961 visant à réduire les cas d’apatridie.
22. Délits commis par des citoyens de l’Union européenne. Pour les citoyens de l’UE qui commettent des crimes sur le territoire national, une action gouvernementale déterminée sera menée à travers une interprétation extensive de la notion de « graves motifs d’ordre public ou de sécurité ». Les comportements criminels spécifiques constituant une menace justifiant l’éloignement immédiat du territoire italien seront définis et qualifiés par la loi.
Ces mesures conduiront progressivement l’Italie à rétablir une présence exceptionnelle et contingentée de personnes non italiennes sur le territoire national, rétablissant la sécurité, les conditions d’existence de l’unité du peuple, faisant cesser les phénomènes d’aliénation et de déracinement tant des hôtes que de la population d’accueil. L’immigration en provenance de pays hors UE sera une exception pratiquée exclusivement dans les cas limités de besoin d’emploi non comblable ni par les ressources internes ni par les flux internes à l’Union européenne, ainsi que dans les cas de personnel titulaire de diplômes qualifiants, identifié nommément sur demande spécifique de l’employeur italien. La présence de travailleurs étrangers sera de toute façon subordonnée à des critères de discrimination et de préférence fondés sur la compatibilité culturelle, aux accords internationaux avec les pays d’origine et au respect de nos lois et de nos valeurs — en tout cas en nombre extrêmement réduit et sans impact social. Avant l’entrée sur le territoire national la possession de qualifications certifiées, des compétences linguistiques adéquates et une offre d’emploi sera vérifiée. Le droit de séjour sera garanti pour les ressortissants de pays tiers ayant achevé leurs études universitaires dans des universités italiennes et, en tant que titulaires du diplôme universitaire, travaillant dans notre pays. La faculté de déterminer de manière autonome la qualité et la quantité des entrées constitue une déclinaison indispensable de la souveraineté nationale, un principe cardinal devant être rétabli en faveur de l’Italie sans aucune subordination à des décideurs extérieurs, publics ou privés.
6— Affaires étrangères, UE, géopolitique, souveraineté, coopération internationale
Notre modèle de relations internationales. En politique étrangère, Futuro Nazionale se fixe comme premier objectif et critère d’action la défense de la souveraineté et de l’intérêt national, appliquée au contexte des relations internationales et des alliances. L’Italie doit retrouver une voix autorisée dans le monde en tant que Nation, sans complexe d’infériorité et sans se plier passivement à des directives extérieures lorsque celles-ci vont à l’encontre du bien de la Patrie et de notre vision fondamentale de la réalité, de la justice et du droit naturel. Le parti s’inspire d’une vision de politique étrangère autonome et flexible, mais non isolationniste, dans laquelle l’Italie agit en protagoniste, d’abord dans l’espace méditerranéen et européen, en défendant ses intérêts stratégiques, économiques et culturels. Le modèle des relations internationales a certainement changé au cours de la modernité, et il faut comprendre le schéma de cette transformation pour saisir la position souple, réaliste mais déterminée dans laquelle se situe Futuro Nazionale, à la lumière de laquelle les positionnements individuels de politique étrangère — y compris pour les scénarios à venir — doivent être déduits et interprétés. Le processus de transformation a fait passer la modernité du modèle traditionnel du Saint-Empire romain germanique, garant (et peut-être katechon — pouvoir qui freine le désordre et la dissolution — selon l’interprétation de saint Jean Chrysostome) de la Chrétienté contre les pulsions désagrégatrices de notre civilisation (représentées par les trois bêtes du premier chant de la Comédie, qui exprime aussi, comme on le sait, la philosophie politique de Dante), davantage orienté vers la physionomie interne des terres et des peuples chrétiens que vers un contrôle externe à l’échelle mondiale — au modèle de la paix de Westphalie, fondé sur des nations souveraines sans instance arbitrale supérieure —, puis à celui de la Guerre froide, structuré autour de l’opposition mondiale entre deux grands acteurs et centres de gravité, au monde unipolaire dominé par les États-Unis, marqué par la « fin de l’histoire » annoncée par Francis Fukuyama en 1992 (dans ses deux versions : la version conservatrice, d’une domination surtout économique à fond libéral-démocrate mais sans exportation de l’agenda progressiste, et la version multilatérale, plus démocrate, où l’administration américaine et les organismes internationaux se posent en gardiens des droits civils dans le monde) — jusqu’au modèle actuel du monde multipolaire des sphères d’influence (neuf, selon l’un des schémas les plus connus, celui de Huntington, repris ensuite sous diverses formes par de nombreux géopoliticiens, non seulement occidentaux : pensons, en Orient, à Alexandre Douguine).
La référence à Alexandre Douguine, présenté comme un simple « géopoliticien » oriental aux côtés de Huntington, occulte la dimension politique de cette référence à un théoricien du néo-eurasisme et de la destruction de l’ordre libéral faisant partie des idéologues de l’impérialisme russe contemporain. Sa simple présence en tant que référence neutre dans un programme électoral italien constitue en soi une information digne d’intérêt.
Si le modèle traditionnel de l’Empire romain et chrétien, qui jouit en soi d’un fondement théorique et d’un certain attrait, n’est aujourd’hui pas matériellement réalisable — même limité à l’espace historique de la Chrétienté —, du simple fait que les organismes hiérarchiquement analogues se configurent comme un anti-Empire (pensons à l’Union européenne, qui piétine l’identité chrétienne et les spécificités des peuples, des nationes, apparaissant comme une singerie relativiste et centralisatrice de l’Empire traditionnel), la préservation des nations souveraines demeure alors une forme particulièrement noble de résistance à la dissolution mondialiste, dans un contexte très différent de celui de Westphalie, où la désagrégation venait des princes locaux. Une défense de la souveraineté qui se reconnaît certes soumise à la loi naturelle que la raison découvre et défend et à la tradition chrétienne, mais qui sait ne pouvoir compter aujourd’hui sur aucun garant supranational valorisant son identité et son intérêt plutôt que de chercher à la supprimer. Les États-Unis eux-mêmes ont montré, avec l’actuelle présidence Trump, des signes de défiance envers le modèle de coopération internationale, notamment vis-à-vis d’organismes comme l’ONU, l’OMS et même l’OTAN. Le modèle Trump cherche par ailleurs à configurer une interprétation originale du schéma multipolaire et à expérimenter de nouveaux équilibres mondiaux possibles, non sans hésitations ni contradictions. Si, d’un côté, le sillage de l’« America First » pousse Trump à tenter de se défaire du rôle de gendarme du monde en concentrant ses efforts sur la défense de l’intérêt national, l’intervention en Iran a montré la résilience des vieilles doctrines de politique étrangère, ou du moins une exception contradictoire dans le rapport entre les États-Unis et le monde lorsque sont en jeu les exigences pressantes de l’État hébreu. Des actions comme la revendication du Groenland et l’intervention au Venezuela se situent, elles, sur une ligne intermédiaire, que certains ont appelée « doctrine Donroe », combinant à certains égards le principe de l’America First avec celui des sphères d’influence supranationales, régionales mais non mondiales. Futuro Nazionale considère comme une grande opportunité la reprise de la ligne de politique étrangère America First mise en œuvre par le président Trump, tout en observant avec une vive préoccupation et en condamnant des opérations telles que l’attaque contre la République d’Iran, qui a laissé perplexe une bonne partie du monde diplomatique et culturel gravitant autour de Trump lui-même, et qui a provoqué la démission de Joe Kent, chef de l’antiterrorisme américain. Si le modèle impérial traditionnel est aujourd’hui inapplicable et si celui de Westphalie a une importante valeur de « frein » à la dissolution mondialiste, le contexte politique, logistique, économique et technologique actuel n’est certainement pas celui de 1648 et appelle une intégration avec une vision mondiale des relations internationales. Sur cette ligne, si, comme nous l’avons expliqué, nous ne partageons pas l’idée d’un monde unipolaire américain — qui ne garantit pas non plus l’intérêt national italien, confond l’option de la démocratie de masse avec le droit naturel, et n’est aujourd’hui plus l’objectif des États-Unis eux-mêmes —, nous observons avec un vif intérêt la possibilité que le modèle du monde multipolaire trouve enfin une configuration plus stable, sortant de la phase de gestation qui, depuis environ trente ans, le voit acteur d’une lutte de reconnaissance cognitive, politique et diplomatique face aux deux versions du modèle unipolaire. Le modèle de Paul Wolfowitz et de Zbigniew Brzezinski, visant à empêcher le monde multipolaire et à entraver l’apparition et la prospérité de puissances autonomes même seulement régionales — avec une attention particulière à l’affaiblissement de la Russie et des pays européens, et à l’entrave des synergies commerciales, industrielles, énergétiques et culturelles entre le poumon occidental et le poumon oriental de la Chrétienté — a subi de sérieux revers précisément sous l’administration Trump.
L’image des « deux poumons » – le christianisme occidental et oriental – trouve son origine dans l’encyclique Ut unum sint de Jean-Paul II (1995), dans laquelle il fait référence à l’unité spirituelle qu’il convient de rétablir entre le catholicisme et l’orthodoxie. Ce programme transpose cette métaphore en un argument géopolitique, dans lequel la « synergie commerciale, industrielle et énergétique » avec la Russie devient presque une exigence théologique.
Il s’agit de comprendre quel pourrait être le positionnement de l’Italie dans ce nouveau scénario. Si, dans le modèle de Huntington, les pays européens étaient globalement classés dans le « monde occidental » sans grande distinction, le nouveau positionnement choisi par les États-Unis pose de nouveaux défis. En avril 2025, le vice-président américain J. D. Vance a déclaré : « Je ne pense pas qu’une Europe plus indépendante soit une mauvaise chose pour les États-Unis. » Mais l’Italie doit aujourd’hui composer avec le fait que l’Union européenne se présente comme un sujet totalement opposé à l’intérêt de notre pays et à la nouvelle ligne de politique culturelle américaine (de la décarbonation à l’inclusion de l’avortement parmi les droits fondamentaux, des dépenses militaires pour l’Ukraine à la volonté de ne pas accorder de dérogations budgétaires pour les politiques démographiques). Dans un tel scénario, la plus grande indépendance européenne évoquée par le vice-président Vance doit donc se traduire par un protagonisme des nations souveraines, sans passer par le filtre de la Commission européenne (qui s’est d’ailleurs révélée, paradoxalement, la meilleure alliée économique des États-Unis, lesquels méprisent l’incapacité mais ne dédaignent pas les tractations).
L’Italie, dans la vision de Futuro Nazionale, doit donc retrouver sa souveraineté, avec un fort sens de son autonomie, en saisissant une occasion historique qui pourrait ne pas se représenter, en dialoguant directement avec l’administration américaine, sans passer par la médiation inadaptée de la présidente von der Leyen, à laquelle le gouvernement de centre-droit s’est au contraire aligné et lié. Nous dialoguerons avec les États-Unis, debout, en poursuivant l’intérêt national, en plaçant au centre les besoins réels de l’Italie et non la transition verte ou la poursuite du conflit russo-ukrainien. L’occasion que nous voulons saisir permet, par ailleurs, la résurgence de ce qui, dans sa complexité et ses nuances, est une vocation historique de notre pays : la capacité de médiation et de dialogue avec tous les acteurs en jeu a été une spécificité de la politique italienne y compris sous la Première et la Deuxième République, quand la défaite de la Seconde Guerre mondiale était paradoxalement moins lointaine. Si l’on pense — sans devoir en épouser les modèles, mais en les étudiant avec attention — à la géométrie variable des relations de Giulio Andreotti pour tenter de résoudre le conflit israélo-palestinien, à la médiation entre la Russie et les États-Unis menée par Silvio Berlusconi, aux analyses et manœuvres complexes de Bettino Craxi, on voit comment — au-delà des différentes histoires et familles politiques, de la Démocratie chrétienne au Parti socialiste italien en passant par la Forza Italia des origines — l’Italie possède dans sa culture diplomatique la capacité de s’ouvrir à un modèle de coopération n’impliquant pas l’hégémonie unipolaire d’une seule puissance. Nous devrons donc savoir dialoguer, en tant que pays, avec tous les partenaires internationaux possibles — pensons par exemple à l’importance de rouvrir les canaux avec la Fédération de Russie, dans l’intérêt du coût de l’énergie pour nos familles et nos entreprises, mais aussi pour la défense de l’intérêt occidental à long terme face au rapprochement entre la Russie et la Chine, favorisé par les politiques de confrontation menées par l’Union européenne et l’administration Biden (attachées aux vieilles doctrines de Wolfowitz et Brzezinski, ou pour ainsi dire au vieux « Liberal Eastern Establishment »), auxquelles le gouvernement italien avait malheureusement lui aussi décidé de se lier. Si les formes de coopération devront donc être souples, variables et sans a priori — à l’exception de la défense de l’intérêt national —, la forme de coopération la plus étroite pour construire une identité régionale capable de peser davantage dans le monde global peut aussi s’appuyer sur l’intéressante convergence de valeurs que l’Italie entretient avec les pays d’Europe centrale, par exemple la Hongrie, la Slovaquie, la République tchèque, l’Autriche et la Pologne. Ces pays présentent une histoire et une identité fortement enracinées dans le christianisme, culturellement tierces par rapport au modèle oriental russe et au modèle occidental anglo-américain et franco-américain, et apparaissent aujourd’hui plus réactifs face à l’agenda mondialiste, à l’idéologie « woke » et aux impositions de l’UE. L’Italie ne devrait pas accepter des positionnements simplistes qui la veulent « pro-américaine » ou « pro-russe », mais, en dialoguant avec tous tout en préservant sa souveraineté au sein des alliances historiques, elle pourrait regarder favorablement une intensification d’une nouvelle coopération européenne entre nations souveraines, alternative à l’UE. Par ailleurs, sur le front de la lutte contre « l’invasion musulmane », ces pays (ou certains d’entre eux) semblent mieux placés pour résister et inverser la tendance au « grand remplacement » démographique, en plus d’avoir été historiquement marqués par un contact direct avec l’invasion ottomane, dotés ainsi d’« anticorps culturels » de réaction.
« Le grand remplacement » fait référence au titre d’un livre de Renaud Camus paru en 2011, dans lequel il présente une théorie du complot sur le remplacement organisé des populations européennes. Cette théorie a été explicitement mentionnée par les auteurs des attentats de Christchurch (2019) et de Buffalo (2022). Son intégration dans un programme électoral, en tant que tendance qu’il faut « renverser », marque un seuil que la droite au pouvoir s’était jusqu’à présent abstenue de franchir. La métaphore immunitaire qui l’accompagne, celle de peuples dotés d’« anticorps culturels » contre une « invasion », assimile les migrants à un agent pathogène, une image qui possède une généalogie extrême retracée ici.
Telle est, à la lumière de la reconstruction historique et de la complexité du moment présent — un moment de transitions importantes pour l’histoire de la diplomatie mondiale —, la carte d’orientation que Futuro Nazionale suivra en politique étrangère, pour remettre l’intérêt national au centre de son action et, avec réalisme, faire de ce principe non pas une simple proclamation électorale — comme cela a souvent été le cas — mais une réalité concrète. Le moment historique est extrêmement propice. Quelques points saillants de l’orientation de politique étrangère, complémentaires ou plus détaillés par rapport au cadre ci-dessus exposé, seront :
- Centralité de l’intérêt national dans les alliances : Futuro Nazionale exige que, dans le cadre des traités, des alliances et des organismes internationaux (OTAN, Union européenne, relations avec les États-Unis), l’Italie fasse valoir ses raisons. L’Italie évaluera donc au cas par cas, y compris dans le cadre de l’Alliance atlantique, l’engagement requis. Par exemple, l’Italie doit refuser nettement une stratégie expansive, voire offensive, de l’OTAN, en reprenant les analyses sur la « politique de containment » de George Frost Kennan et, plus récemment, l’intéressante évaluation des scénarios offerte avant le conflit même par le professeur John Mearsheimer (Université de Chicago), qui aurait pu éviter le désastre de l’opération militaire russe en Ukraine. L’OTAN doit rester une alliance exclusivement défensive et ne pas saper la politique internationale d’équilibre en accroissant les tensions entre États et entre blocs. À plus forte raison, nous rejetons la politique d’« exportation de la démocratie » par les armes et l’action militaire. Le principe de souveraineté politique de notre pays doit aussi envisager, d’un point de vue méthodologique, la possibilité de se retirer des traités internationaux, y compris le Traité de l’Atlantique Nord (fondateur de l’OTAN), et aucun sujet, aucune option ne doit être considéré comme un tabou politique. Ce sont les intérêts stratégiques, le positionnement, les scénarios et, en dernière instance, l’intérêt national qui doivent déterminer la volonté de rester dans un cadre d’alliances qui demeure aujourd’hui certainement le plus naturel pour notre pays, et dans lequel l’Italie devra jouer un rôle d’amélioration et de vigilance — et non l’inverse : ce n’est pas un manque de souveraineté ou de volonté politique qui doit déterminer méthodologiquement les choix et les objectifs.
Depuis l’adhésion de l’Italie à l’OTAN en 1949, aucun parti aspirant au pouvoir n’a inclus dans son programme la possibilité de se retirer de l’organisation. Même le Parti communiste italien (PCI) y a renoncé dès les années 1970, avec l’adhésion de Berlinguer au « parapluie » atlantique en 1976. La référence à Mearsheimer et à la « doctrine de containment » de Kennan reprend en outre l’interprétation selon laquelle l’élargissement de l’OTAN serait à l’origine de l’invasion de l’Ukraine, un argument central de la justification russe du conflit et contesté par la plupart des historiens et des principaux acteurs concernés, car ce sont les pays d’Europe centrale eux-mêmes qui ont demandé à rejoindre l’organisation. Ce passage touche au point le plus sensible de la position de Meloni. C’est sur sa crédibilité atlantiste que la présidente du Conseil a bâti son prestige international depuis 2022, et l’ouverture du débat sur l’adhésion même à l’Alliance l’oblige à défendre l’OTAN face à une opinion publique de droite influencée par un pacifisme pro-russe.
Scénario ukrainien. Sur le conflit en Ukraine, la position de Futuro Nazionale est claire : poursuivre indéfiniment l’envoi d’armes sans stratégie diplomatique de paix est une erreur préjudiciable à l’Italie, en plus de nuire aux citoyens ukrainiens et russes par la prolongation indéfinie du scénario belliqueux. Futuro Nazionale promouvra une approche pragmatique et pacificatrice, œuvrant surtout pour que les parties trouvent une solution négociée. Nous estimons que l’intérêt italien est d’éviter une escalade militaire, en se concentrant sur la diplomatie et la sauvegarde de l’économie nationale frappée par les sanctions. Dans les enceintes de l’OTAN et de l’UE, l’Italie devra agir sans se courber, n’acceptant que ce qui convient réellement à l’Italie et au développement raisonnable du contexte international, en s’opposant aux demandes déraisonnables et en valorisant l’apport médiateur du Saint-Siège, qui, autorité diplomatique reconnue mondialement pour son autorité informationnelle et morale, peut constituer le meilleur point de référence et de force pour l’Italie dans l’évolution d’une position de politique étrangère plus articulée, complexe et non écrasée sur les positions d’un État ou d’un groupe d’États en particulier (voir plus en détail le point « Stratégie Italie » de ce chapitre).
- Scénario moyen-oriental. Le déclencheur de toutes les poudrières : la Terre sainte. Futuro Nazionale considère qu’aujourd’hui la clé et la poudrière d’où partent la plupart des déclencheurs d’instabilité (pensons aux conflits en Iran et au Liban) est le problème israélo-palestinien, désormais enkysté et difficile à résoudre en raison des changements continus de stratégies diplomatiques et militaires qui se sont succédé depuis 1948 et qui, de 1956 jusqu’aux récents accords d’Abraham, ont progressivement modifié géographiquement, sociologiquement et religieusement la région moyen-orientale (de la Syrie à l’Égypte en passant par la Jordanie) où l’État hébreu est né, tandis que l’État palestinien peine à se former, notamment en raison de la difficulté à définir ses éléments essentiels de statualité, comme des frontières certaines et une représentation politique légitime (qui ne peut être le Hamas). La Syrie a récemment connu un renversement révolutionnaire de front politique et stratégique : sous la présidence actuelle d’Abou Mohammed al-Joulani, ancien milicien d’al-Qaïda, la Syrie, de pays chiite gravitant dans l’orbite de l’Iran, est devenue sunnite et anti-iranienne, proche des Frères musulmans.
Erreur factuelle. La population syrienne a toujours été majoritairement sunnite, à environ 75 %. La famille Assad appartenait à la minorité alaouite.
Certains observateurs relèvent d’ailleurs des soupçons d’accords avec Israël : il est par exemple singulier que la nouvelle Syrie ne revendique pas le Golan occupé par Israël, ignorant même les multiples rappels de l’ONU. Dans ce contexte, on ne peut se passer d’une implication de la Fédération de Russie qui, jusqu’à il y a deux ans, était avec les États-Unis un acteur crucial d’équilibre dans les relations complexes entre les principaux acteurs de la région (État hébreu, Syrie, Autorité palestinienne, Égypte), avec des influences sur d’autres États indirectement impliqués (Irak et Iran) et sur des organisations propalestiniennes. La réalisation du principe « deux peuples, deux États aux frontières définitives » semble aujourd’hui plus que jamais inatteignable, en raison du raidissement réciproque de l’Iran et de l’État hébreu et de l’indifférence substantielle des pays arabes sunnites, qui considèrent la cause palestinienne comme un simple instrument utile pour apaiser leurs fronts intérieurs, auxquels ils permettent de manifester leur indignation par des cortèges de protestation. Actuellement, l’objectif de la création de deux États pour deux peuples ne peut plus être atteint en s’appuyant exclusivement sur l’alliance israélo-saoudo-américaine issue des accords d’Abraham. Certains signes de nouveaux positionnements graduels se dessinent d’ailleurs : par exemple, pendant la crise encore ouverte sur le front iranien, la République islamique a évité de frapper les Émirats arabes unis, et certains observateurs évoquent l’hypothèse d’accords informels et secrets visant à garantir cette immunité. Face à tout cela, une politique étrangère clairvoyante, visant la protection de l’intérêt national italien et la poursuite d’une paix réaliste apaisant les scénarios internationaux et menant enfin à la mise en œuvre des accords d’Oslo signés en 1993 par Rabin et Arafat, devra éviter tout parti pris et s’appuyer sur l’implication globale de tous les acteurs de la région, sans exclusion idéologique ou d’intérêt économique ou stratégique partisan. Il faut impliquer, dans un parcours de résolution et de garantie, tant les acteurs directs (en résolvant aussi des problèmes difficiles comme l’identification d’interlocuteurs réellement représentatifs du peuple palestinien) que les acteurs d’influence — États-Unis, Fédération de Russie, République islamique d’Iran —, sans lesquels tout accord sera bafoué, menacé et caduc. Il faut, dans l’intervalle, freiner les tendances menant à une aggravation supplémentaire des tensions et à une augmentation des violations. La sécurité de la région a été mise en péril par la très grave action terroriste du Hamas du 7 octobre 2023, qui a frappé des civils sans aucun lien avec les unités militaires, et par la réaction disproportionnée du gouvernement Netanyahou, ayant causé d’inacceptables massacres de civils, très souvent des femmes et des enfants. Nous partageons par ailleurs les préoccupations de l’État hébreu concernant l’implication voulue par les États-Unis du Qatar dans le « Board of Peace » : par respect également pour l’Italie et l’Occident chrétien, il faut reconnaître que ce pays se qualifie comme un partenaire important des Frères musulmans, artisans de l’invasion islamique de l’Italie et de l’Europe. Nous soulignons en outre que Jérusalem, ville sainte pour trois religions et, à ce titre, exposée à de fortes tensions guerrières et à un risque d’escalade rapide, comme le montre sa propre histoire à travers les siècles, ne doit en aucun cas passer sous le contrôle unique juif ou musulman, mais conserver la division toujours proposée entre Jérusalem-Est, avec l’esplanade du Temple, sous contrôle palestinien, et Jérusalem-Ouest sous contrôle israélien. Si le pape Pie XII lui-même faisait remarquer en 1949 qu’il était opportun qu’un « régime international » soit établi à Jérusalem, « qui, dans les circonstances actuelles, semble le plus adapté » (encyclique Redemptoris Nostri Cruciatus), un tel régime international véritablement immunisé contre les inclinations partisanes se révélant aujourd’hui difficilement réalisable, il reste fondamental de préserver la raison d’être de la préoccupation du Pontife, en garantissant que l’une des zones les plus sensibles du monde ne devienne pas l’occasion de déclencher des conflits terribles et d’une portée imprévisible. À cet égard, nous observons avec une vive préoccupation le fanatisme de certains groupes juifs et chrétiens protestants qui appellent à la destruction de la grande mosquée de Jérusalem pour reconstruire sur le même emplacement le Temple de Salomon, disparu depuis que l’Empire romain décida de le détruire en 70 après J.-C. En cette matière, théologique et eschatologique, il nous faut une approche laïque sachant écarter le fondamentalisme religieux et éviter de déclencher un conflit d’ampleur potentiellement mondiale. Par ailleurs, les racines chrétiennes de l’Italie et de l’Europe doivent d’autant plus nous prémunir contre des fondamentalismes visant des « accélérations eschatologiques » que la culture chrétienne a toujours mises en garde de poursuivre. Jérusalem doit rester telle qu’elle est, sans évolutions dangereuses, tandis que le reste de l’ancienne « province romaine de Palestine » devra connaître une répartition des territoires respectueuse des accords d’Oslo et capable de garantir une paix durable. Il est en outre d’une importance fondamentale, pour l’Italie, de mettre à l’ordre du jour, dans toutes les enceintes internationales, la défense et la protection des communautés chrétiennes de ces territoires, qui ont beaucoup souffert tant du côté musulman que du côté israélien.
- Scénario moyen-oriental. Le conflit entre les États-Unis et l’Iran. Futuro Nazionale condamne les hostilités ouvertes en 2026 par les États-Unis contre la République islamique d’Iran, jugées contraires à l’intérêt national italien et, plus généralement, à celui des peuples européens. Le jugement négatif que le christianisme porte sur l’islam ne saurait autoriser à lancer des guerres de religion dans le monde entier : jamais la philosophie de la guerre européenne n’a légitimé une pensée aussi folle, préférant reconnaître la légitimité du droit international même avec des peuples de religions différentes, et restreindre le droit de guerre à des cas bien codifiés selon des critères de danger, de réponse défensive, de proportionnalité et de perspective d’amélioration des résultats. Pour les mêmes raisons, nous rejetons le critère de la guerre pour exporter la démocratie : selon la tradition philosophique occidentale la plus authentique, la démocratie est une forme de gouvernement qui, comme telle, peut revêtir des caractères sains ou pathologiques (pensons à la victoire électorale démocratique d’Hitler), et qui est historiquement accompagnée d’autres options de gouvernement comme la monarchie, l’aristocratie et les systèmes mixtes, eux aussi avec des variantes saines et pathologiques, comme l’a excellemment montré l’analyse d’Aristote. Le choix des pays européens, ces derniers siècles, pour la démocratie de masse et le système libéral-démocrate n’est pas une raison suffisante pour décider de bombarder toutes les régions du monde ayant historiquement opté pour des formes politiques différentes. Ce faisant, nous ne choisissons pas une vision relativiste et nihiliste de la politique, estimant que tout serait permis, mais entendons montrer la différence entre les violations graves du droit naturel (pensons à la persécution systématique de personnes innocentes) et celles qui, au contraire, sont des différences historiques et culturelles ne pouvant légitimement être traitées par le sang de la guerre. Les autres arguments idéologiques utilisés pour justifier l’intervention ne sont pas non plus convaincants. L’Iran est un pays à la culture extrêmement riche et profonde, avec des taux de scolarisation élevés — où les femmes obtiennent plus de diplômes que les hommes — et où la liberté des communautés chrétiennes est mieux respectée que, par exemple, en Arabie saoudite. Malgré de graves problèmes, ceux-ci n’atteignent pas le niveau d’alerte caractérisant d’autres pays islamiques, contre lesquels aucune voix ne s’élève. Tandis que le Qatar entretient des relations avec les Frères musulmans qui veulent islamiser l’Europe, la propagande vise l’Iran, dont l’islam chiite duodécimain n’est marqué par aucune velléité d’expansion califale en Europe. Il est par ailleurs significatif qu’au début des opérations militaires américaines, le chef de l’antiterrorisme américain, Joe Kent, homme de confiance de l’administration, ait démissionné en affirmant que toutes les informations en possession des États-Unis ne justifiaient pas l’attaque. Nous estimons que les États occidentaux doivent revenir à la défense de leurs propres intérêts et valeurs, sans devoir poursuivre des rêves de choc des civilisations ou, comme dans le cas présent, satisfaire les exigences de l’État hébreu. Peut-être les États-Unis visaient-ils la poursuite d’intérêts économiques spécifiques pour leur pays — motif certainement insuffisant pour justifier une guerre —, mais il est certain que les intérêts de l’Italie ont été sérieusement compromis par cette intervention.
Le chapitre dépeint la République islamique comme dénuée de « velléité d’expansion califale », avec une liberté religieuse pour les chrétiens supérieure à celle de l’Arabie saoudite. Cette image ignore que Téhéran finance, arme et coordonne le Hezbollah, des milices chiites en Irak et en Syrie et les Houthis yéménites — l’« axe de la résistance » constitue la structure de sa projection régionale. La conversion au christianisme reste passible de la peine de mort pour apostasie, et les évangéliques convertis font l’objet d’arrestations systématiquesm, documentées par Amnesty International. La scolarisation féminine, réelle, coexiste avec le voile obligatoire, des droits de garde et de succession restreints, et la répression sanglante du mouvement « Femme, Vie, Liberté » en 2022.
- Stratégie Italie : la voie diplomatique pour une Italie protagoniste, fidèle à sa vocation historique et immunisée contre les tentations interventionnistes. L’Italie peut redevenir , à notre avis, une voix centrale dans la résolution des conflits internationaux, sans intervenir militairement au détriment de ses propres intérêts et valeurs mais plutôt en renouant un dialogue fécond en ces matières avec le Saint-Siège : l’Italie est le « pays de la Papauté », ou du moins englobe les territoires du Vatican, et le Saint-Siège est considéré comme l’un des principaux acteurs diplomatiques mondiaux, bénéficiant d’un système de collecte d’informations direct et autorisé par ses prêtres et évêques répandus sur toute la terre, et d’une autorité morale rendant sa voix particulièrement écoutée dans les enceintes internationales. Sur les points ci-dessus, comme la question iranienne et la question palestinienne, le Saint-Siège a montré (pensons aux interventions du cardinal Pizzaballa, custode de Terre sainte) un équilibre et une connaissance des scénarios singulièrement proches des positions de Futuro Nazionale. L’Italie devra faire de cette relation avec le Saint-Siège un atout pour son autorité internationale et, en même temps, aider l’Église à faire entendre sa voix dans ce domaine, pour éviter d’autres guerres justifiées par de faux récits.
- Approche critique envers l’Union européenne et redéfinition souveraine des rapports avec elle. Futuro Nazionale exprime une vision critique de la politique actuelle de l’UE, marquée par une orientation bureaucratique et idéologique, aux mains d’élites sociales-démocrates progressistes, nihilistes, relativistes et dirigistes, qui promeuvent des politiques nuisant à la véritable compétitivité et aux valeurs fondatrices de la chrétienté européenne, et donc aussi italienne. Nous contestons, par exemple, la rigidité de directives comme celles du Green Deal, qui ont désindustrialisé le continent, ou la gestion complexe des fonds et des contraintes budgétaires, qui pénalise depuis trop longtemps l’Italie en refusant des dépenses inutiles tout en n’autorisant pas les dépenses dérogatoires dont notre pays aurait vraiment besoin pour affronter la véritable crise italienne et européenne : celle de la démographie et de l’invasion migratoire. Futuro Nazionale ne propose pas, comme premier instrument de relance de la souveraineté, la sortie directe de l’Italie de l’UE, mais une tentative souveraine d’en redéfinir les contours par une révision profonde de l’Union et des critères de notre maintien : plus de subsidiarité, moins de contraintes absurdes, protection des identités nationales. Concrètement, Futuro Nazionale pourra demander : la révision des traités économiques ou de leur mise en œuvre, là où ils limitent la liberté de dépense sur les investissements productifs ; une politique commerciale européenne pour les productions stratégiques continentales (fin de la concurrence déloyale et des délocalisations sauvages) ; une gestion efficace des frontières extérieures (pour arrêter l’immigration illégale, comme détaillé plus haut) ; le respect des politiques fiscales et sociales décidées démocratiquement par les pays (pas d’ingérence sur la fiscalité, la monnaie fiscale ou autre). L’Italie de Futuro Nazionale est prête à opposer son veto au Conseil de l’UE sur des normes contraires à ses intérêts vitaux et à construire des alliances avec d’autres pays pour une « Europe des patries » plus équilibrée. Il est fondamental, en ce sens, d’engager avec les pays disposés à le faire la reprise explicite des racines chrétiennes comme patrimoine fondateur de l’Europe, cadre de référence de notre continent qui, prétendant se constituer sur le seul fondement économique, ressemble au baron de Münchhausen tentant de se sortir des sables mouvants en se tirant lui-même par les cheveux. La crise démographique, des valeurs et de la cohésion sociale (également minée par le grave problème migratoire) ne peut évidemment être traitée seulement par des politiques monétaires masquant l’adoption insidieuse de cadres de référence idéologiques précis, non prévus par aucun traité. À la configuration actuelle de l’Union européenne, qui applique un fédéralisme à l’envers (à la manière d’Altiero Spinelli), où les compétences des États souverains sont transférées à l’« éléphant eurocommuniste » de Strasbourg et de Bruxelles, nous préférons une configuration comme celle de l’ancienne Communauté économique européenne (CEE), disparue avec les traités de Maastricht (1992) et de Lisbonne (2009), déjà engagée sur la voie de la perte de souveraineté avec l’adhésion au Système monétaire européen (SME) de 1978-1979 et le « divorce » entre la Banque d’Italie et le Trésor en 1981. Une Europe comme espace d’accord commercial et de croissance économique avait sans aucun doute sa raison d’être, mais une coopération politique entre pays européens ne peut être efficace que dans le sillage des grandes valeurs de notre histoire, trahies par la culture du relativisme « woke » qui règne désormais dans les palais du pouvoir de Bruxelles et de Strasbourg ; les véritables valeurs des peuples européens ayant été rejetées par l’Union européenne, il reste aujourd’hui indiquée la voie d’une stratégie potentielle à deux vitesses : un espace purement économique commun, et un espace politique de coopération entre les pays souverains choisissant de revenir à leurs racines — à la Reconquista espagnole, à l’héroïsme des États de la péninsule italienne contre les Sarrasins, à la résistance des Grecs contre l’expansionnisme musulman, aux gloires de l’Autriche, de la République tchèque et de la Hongrie contre l’avancée ottomane.
- Souveraineté monétaire : méthodologiquement, un État souverain est maître de décider aussi en matière de politique monétaire et de révision des traités internationaux en la matière. Le long processus allant de l’adhésion au Système monétaire européen en 1979 et du divorce entre la Banque d’Italie et le Trésor en 1981, jusqu’à l’adhésion à la monnaie unique, a manifestement conduit notre pays, notamment en termes de paramètres, de circonstances et de taux de change, à un appauvrissement de sa puissance économique et du pouvoir d’achat réel des familles italiennes. Certes, l’adhésion à la monnaie commune a eu certains effets positifs, comme l’inhibition des opérations spéculatives sur la monnaie (rappelons celle menée contre notre pays et la lire par George Soros en 1992) et un avantage sur les coûts d’importation, mais ceux-ci n’ont pas compensé le prix économique et politique payé en termes de compétitivité des exportations, de baisse du pouvoir d’achat et, en considérant plus généralement tout le processus des politiques monétaires depuis la fin des années 1970, en termes de distorsions de l’endettement et de spéculation (y compris à motivation politique) des marchés sur les taux d’intérêt de nos titres, jusqu’à la perte de l’usage potentiel du levier de dévaluation (souvent mal utilisé, mais l’abus n’enlève rien à l’utilité) et la cession complète de la souveraineté monétaire. Il faut aujourd’hui tirer les leçons de cette histoire et approfondir la connaissance du processus qui nous a menés jusqu’ici ; toutefois, on ne peut agir comme si ce processus n’avait pas eu lieu et n’avait pas dessiné une nouvelle configuration dans laquelle le prix d’une sortie de la monnaie unique européenne effectuée sans stratégie pourrait entraîner, notamment dans l’immédiat, d’importants dommages pour de nombreux secteurs productifs de notre pays, en plus d’exposer à des opérations punitives de spéculation — tant pour des raisons de marché que par représailles politiques. Futuro Nazionale affirme donc la souveraineté de l’État également en cette matière, sans accepter de tabous ni de limites extérieures à la libre évaluation de ces aspects politiques, tout en adoptant comme critère d’action le réalisme face à la complexité et une évaluation non idéologique de tous les aspects en jeu, estimant que l’Italie doit être capable aussi bien de rester dans la zone euro en en redéfinissant les contours de politique monétaire, que d’opter pour la sortie, selon les conditions, le contexte et le calendrier, en plaçant au premier rang l’intérêt national, la protection des entreprises et des emplois, et le pouvoir d’achat des familles.
Cette prudence calculée relève d’un débat au sein de l’extrême droite italienne qui avait par le passé théorisé des scénarios de sortie de la monnaie unique. Mais le programme, qui porte probablement la marque d’Antonio Maria Rinaldi, économiste anti-euro proche de Vannacci et présent dans son équipe, se garde bien d’en faire un engagement ferme : la rhétorique eurosceptique a déjà servi, chez Salvini comme chez Meloni, de promesse de campagne jamais tenue une fois au pouvoir — la Lega évoquait ouvertement un « piano B » hors euro dans les années 2014-2018, Fratelli d’Italia flirtait avec des sorties de discours souverainistes avant 2022 — pour ensuite, l’un comme l’autre, gouverner sans jamais engager le pays sur cette voie.
- Relations avec les grandes puissances extra-européennes : le monde dans lequel nous vivons est de plus en plus multipolaire, et Futuro Nazionale entend défendre la position de l’Italie comme sujet acteur de ses propres relations historiques dans le paysage occidental, mais ouvert au dialogue avec tous. Envers les États-Unis, au-delà du lien historique traditionnel et de l’alliance, il s’agira de renforcer de nouvelles relations bilatérales paritaires et non médiées par la présidence de la Commission européenne : coopération économique (à commencer par les exportations italiennes vers les États-Unis), collaboration technologique et stratégie de défense — pourvu qu’elle respecte la chaîne de commandement et la souveraineté politique italienne —, tentative de convergence sur la stabilisation des zones critiques (Méditerranée, Moyen-Orient), en rejetant des politiques de déstabilisation comme celle mise en œuvre contre l’Iran. Dans le même temps, le parti est favorable à une attitude apaisée envers la Fédération de Russie, dans le respect du droit international : l’objectif est une paix en Ukraine qui puisse permettre de rétablir des relations diplomatiques et commerciales normales avec Moscou, d’autant plus que l’importation de matières premières et d’énergie à bon marché depuis la Russie serait dans l’intérêt économique italien. Futuro Nazionale juge nécessaire que l’Europe « fasse la paix » au lieu d’alimenter la guerre. Avec la Chine, le parti estime qu’il faut une extrême prudence : il reconnaît que la Chine est un acteur économique, financier et logistique important, mais soutient une approche commune entre nations souveraines occidentales, centre-européennes et chrétiennes orientales, pour éviter des dépendances excessives (y compris technologiques) envers Pékin. L’Italie devra protéger ses actifs stratégiques (grâce aux instruments de golden power) contre les acquisitions hostiles, et rester ouverte à des politiques de protectionnisme et de droits de douane face à la concurrence déloyale nuisant à l’intérêt économique national. La présidence Trump a montré que la politique des droits de douane n’est pas totalement dépassée et peut être, dans certaines conditions, un instrument valable pour poursuivre l’intérêt national, malgré de nombreux risques, d’où la nécessité de ne pas s’aventurer dans des politiques inhabituelles sans stratégie sérieuse étayée par des analyses prospectives à court, moyen et long terme.
- Rôle en Méditerranée et partenariat avec le Sud global : Futuro Nazionale considère l’Italie comme une puissance naturellement orientée vers la Méditerranée, par vocation géographique et historique. La politique étrangère italienne devra donc redevenir active en Mare Nostrum : relations privilégiées avec les pays de la rive sud (Moyen-Orient et Afrique du Nord : MENA) pour gérer et résoudre ensemble les problèmes migratoires et sécuritaires, accords énergétiques et commerciaux mutuellement avantageux, soutien à la stabilité de régions comme la Libye, dont dépend aussi notre sécurité. Il s’agit de promouvoir un « Plan Méditerranée » à l’échelle européenne, dont l’Italie serait chef de file, pour les investissements infrastructurels et le contrôle des frontières sud, sur le modèle de ce qui a été fait à l’est avec les fonds de coopération et de préadhésion, et de ce qui devra être fait de manière rigoureuse avec le programme SPG+ approuvé cette année et en vigueur à partir du 1er janvier 2027. Le parti propose en outre de renforcer la présence diplomatique et culturelle italienne dans le « Sud global » (Afrique subsaharienne, Asie, Amérique latine), avec un double objectif : créer de nouvelles opportunités pour les entreprises italiennes (pénétration de marchés émergents, accords sur les matières premières) et diffuser la langue et la culture italiennes comme instrument de soft power et de prestige stratégique. Dans cette optique, la coopération au développement sera renforcée (mais orientée vers des résultats concrets, comme freiner les départs migratoires), et des initiatives comme des missions réellement humanitaires de nos forces armées seront envisagées dans des contextes de violation réelle et grave du droit naturel (par exemple, la violence physique systématique contre les communautés chrétiennes ou l’extermination de personnes innocentes) — confirmant le prestige militaire international du pays et en faisant un acteur essentiel de la défense de la vision romaine et chrétienne du monde, sans verser dans une exportation facile de nos propres modèles pour couvrir des intérêts économiques ne tenant pas compte de la souveraineté d’autrui et d’une véritable reconnaissance mutuelle. Dans la tradition philosophique grecque et chrétienne, nous ne considérons pas comme une violation grave du droit naturel l’option pour des constitutions politiques différentes de la démocratie libérale de masse, et nous ne justifions pas les guerres d’« exportation de la démocratie ».
- Zones de crise, Méditerranée, Afrique, en lien avec l’intérêt énergétique et infrastructurel national. L’Italie doit consolider son rôle de puissance méditerranéenne autonome, en renforçant la coopération avec les pays de la Méditerranée, des Balkans et de l’Afrique pour garantir stabilité, sécurité et énergie. La diversification énergétique et la sécurité des approvisionnements deviennent des priorités stratégiques, de même que la protection des infrastructures traditionnelles et nouvelles (pensons aux dorsales de fibre optique BlueMed et GreenMed) critiques.
- Défense de l’« italianité » dans le monde : pour Futuro Nazionale, il est fondamental de cultiver le lien avec les communautés d’origine italienne à l’étranger et la projection culturelle de l’Italie dans le monde. Le parti entend améliorer les services consulaires pour les Italiens de l’étranger, faciliter le retour (avec des incitations fiscales qui deviennent une source de recettes plutôt qu’un coût) de ceux qui veulent rentrer au pays en apportant des compétences acquises à l’étranger et en enrichissant le pays sur le plan démographique, économique et fiscal ; il veut aussi soutenir la diffusion de l’italien via les instituts culturels et les lectorats à l’étranger — le tout dans l’optique de maintenir et de renforcer l’« Italian way of life » comme point de référence civilisationnel, dont bénéficieraient également le tourisme et le rayonnement du soft power italien.
En définitive, Futuro Nazionale propose une politique étrangère réaliste et patriotique : amitié avec ceux qui nous respectent, fermeté avec ceux qui nous nuisent, pragmatisme sur chaque dossier. L’Italie doit à nouveau faire valoir son poids et sa position géopolitique et géostratégique irremplaçable, en réorganisant aussi son propre ordre interne pour mieux représenter son histoire et sa spécificité. C’est ici qu’est né l’Empire romain, ici que la Méditerranée fut unifiée sous notre civilisation, ici que les empereurs du Saint-Empire romain germanique furent couronnés pour défendre la chère vieille Europe, gloire de l’histoire humaine ; cette Rome qui fut le corps de l’âme chrétienne, « dont le Christ est romain » (pour reprendre les mots du père de la Patrie, Dante Alighieri), est la terre où peuvent et doivent renaître la force et l’influence italiennes dans le monde contemporain. Le parti œuvrera donc pour une Italie faisant autorité en Europe et dans le monde entier, flexible et dotée d’une capacité diplomatique opérationnelle, fidèle à sa propre histoire et capable de choisir la voie de ses propres valeurs et de son intérêt national.
7— Sécurité
Futuro Nazionale veut un État qui protège les citoyens honnêtes, assure la légalité sur les territoires, restitue son autorité aux institutions et empêche que l’excès de garanties formelles ne finisse par produire une impunité de fait. La liberté ne prospère pas dans le désordre : elle n’est pas le simple arbitraire de faire ce que l’on veut, mais le fruit de l’agir correctement. Les droits ne sont réellement tels que là où l’État ne recule pas, où des quartiers entiers ne sont pas laissés au contrôle de la criminalité, où celui qui délinque calcule le risque sachant que l’appareil public est lent, incertain et souvent paralysé par la peur d’intervenir. La sécurité, pour Futuro Nazionale, n’est pas une matière à slogans d’urgence, mais un droit fondamental des citoyens et une condition préalable de la vie en société. Il n’y a pas de liberté sans ordre, pas de justice sans effectivité de la peine, pas de souveraineté sans contrôle du territoire, pas d’autorité de l’État si celui qui le représente est laissé seul face à la violence, à la délégitimation et au risque judiciaire. Sur cette base, Futuro Nazionale entend appliquer un programme de sécurité à travers un ensemble organique d’interventions législatives, administratives et institutionnelles. Sur le plan de la sécurité urbaine, le programme reconstruit la présence de l’État avec une police municipale valorisée, des forces de l’ordre renforcées, une police de proximité, des plans anti-dégradation et un nouveau modèle de lutte contre la criminalité diffuse. L’une des innovations de départ est la révision du principe de proportionnalité dans la légitime défense : celui qui agresse la personne ou la propriété privée assume la responsabilité de la réaction, laquelle, même matériellement disproportionnée par le type d’arme ou d’autres caractéristiques, ne devra pas être punissable si elle est exercée dans l’immédiateté de l’agression. Quelques propositions détaillées :
La doctrine de Futuro Nazionale sur la légitime défense. Futuro Nazionale soutient avec force le droit le plus large à la légitime défense, estimant que, dans la complexité des situations défensives, la philosophie morale relevant du for intérieur ne peut être superposée point par point au droit pénal (for extérieur). Le principe de référence est clair : lorsque l’espace domestique ou celui de l’exercice professionnel est violé, la proportionnalité de la réaction doit toujours être présumée vérifiée. Bien qu’il existe, dans la théorie classique européenne (philosophie morale et philosophie du droit chrétiennes), des critères de proportion, d’actualité et de nécessité de la défense, dans les cas d’urgence la personne offensée n’a pas le temps de raisonnements moraux complexes, et des alternatives concrètement mieux proportionnées peuvent aussi manquer : in extremis extrema sunt tenenda, dans les cas extrêmes il faut adopter des comportements extrêmes. L’état particulier de lucidité amoindrie est imputable à la provocation que constitue l’effraction et l’invasion de l’espace domestique ou professionnel. En particulier, l’usage ou la menace d’usage d’armes sur la personne et sur les proches placent celui qui réagit dans un état de peur, de trouble et de colère difficilement contrôlables. En outre, pour Futuro Nazionale, la défense de biens matériels fruits d’une vie de sacrifices et de temps consacré au travail plutôt qu’à d’autres activités se configure comme proportionnée à l’usage de la force pour empêcher d’en être privé, dès lors que ces biens ne sont pas de valeur négligeable. La personne a, conformément au droit naturel, la faculté de se protéger contre la soustraction injuste de ressources économiques, et le fait que l’intrus dans l’espace privé expose sa propre vie au risque par son crime ne peut inhiber la juste défense de la propriété. Cette doctrine sur la proportionnalité est tout aussi classique et a été défendue par la théologie morale chrétienne pendant des siècles, avant d’être oubliée récemment, la confusion entre vision chrétienne du droit et bien-pensance étant apparemment devenue insurmontable. Futuro Nazionale considère certes que le monopole de la vengeance (c’est-à-dire de la justice pénale qui inflige la punition) appartient à l’État et que les citoyens ne peuvent punir les criminels. Mais dans la défense de la vie et des biens de valeur consistante, l’action — même prolongée au-delà du seuil du domicile dans l’immédiateté du fait — ne vise pas à punir mais à se protéger du danger perçu ou à recouvrer la possession de ses biens. De même, lorsqu’une violence non légère ou une menace d’usage d’armes a été utilisée, même en cas de désistement et de fuite de l’agresseur, il faut présumer un trouble de peur ou de colère invincibles, laissant à la conscience morale et au for intérieur — non au juge pénal — le discernement de savoir si cette passion a ou non complètement empêché la volonté rationnelle et libre. Comme on le sait, le droit pénal doit en effet se caractériser autant que possible par la clarté de la qualification des faits, en évitant de se conditionner à des éléments subjectifs et intérieurs, ou du moins en les présumant clairement en présence de conditions objectives. L’indemnisation en faveur de l’agresseur devra, en conséquence, être exclue tant dans les cas de légitime défense telle que codifiée par les évolutions décrites ci-dessus, que dans les cas où, par exemple en raison de l’abandon manifeste du butin et de l’absence d’usage de violence, de menace ou d’armes, la défense prolongée hors de la propriété privée s’avère fautivement excessive (art. 55 du code pénal). Les éléments doctrinaux et programmatiques ci-dessus seront diversement pondérés, coordonnés et feront l’objet de propositions législatives variables selon les possibilités d’intervention et les stratégies d’optimisation du parcours parlementaire, pour atteindre le résultat concret attendu par les Italiens : faire en sorte que la norme positive sur la légitime défense (art. 52 et 55 du code pénal) retrouve les éléments fondamentaux du droit naturel et de la justice.
L’insistance du texte sur une défense « prolongée au-delà du seuil du domicile dans l’immédiateté du fait » fait écho à un cas devenu emblématique du débat italien sur la légitime défense : celui de Mario Roggero, un bijoutier du Piémont qui, en octobre 2021, a réagi à un braquage dans son magasin en tirant sur les agresseurs en fuite, tuant deux d’entre eux hors de la boutique, alors qu’ils ne représentaient plus de menace immédiate au moment des faits. L’affaire a suscité une intense mobilisation de la droite et de l’extrême droite italiennes, qui en ont fait le symbole d’une justice jugée trop protectrice envers les délinquants et trop sévère envers les victimes qui se défendent, avec le slogan récurrent : « La légitime défense est toujours légitime ». Roggero a été condamné en juillet 2026 pour homicide (avec circonstance atténuante liée à l’« excès de légitime défense »), un jugement qui a alimenté la mobilisation en faveur d’un élargissement légal du droit à la défense armée, y compris au-delà de l’agression immédiate.
Le parti entend également renforcer la présence des forces de l’ordre et, avec les adaptations normatives nécessaires, des militaires sur le territoire, surtout dans les zones urbaines les plus sensibles, y compris par des recrutements ciblés et de meilleurs équipements. La sécurité quotidienne des citoyens — dans les rues, les quartiers, les transports en commun — est prioritaire et doit être assurée par une présence dense, de la prévention et de la rigueur dans la surveillance et la répression.
Tolérance zéro envers la criminalité et l’illégalité diffuse. Il est nécessaire de rendre les peines pour les délits graves, en particulier violents, prédateurs et liés aux organisations criminelles. Nous ne permettrons pas aux délinquants récidivistes d’éviter la prison, d’en sortir prématurément, de bénéficier de mesures alternatives. Des instruments législatifs seront promus pour garantir que celui qui commet une faute en paie réellement le prix, sans irénisme injuste ni relativisme : par exemple, peines aggravées pour ceux qui agressent les forces de l’ordre ou dévastent des villes (comme lors d’émeutes urbaines), et révision des mécanismes qui conduisent aujourd’hui à remettre en liberté les auteurs de violences graves en quelques heures, même en cas de flagrant delit et de risque de réitération.
Protection maximale des forces de l’ordre : Futuro Nazionale entend affirmer clairement le principe selon lequel les forces de l’ordre et le personnel militaire employé à des missions d’ordre public représentent l’autorité de l’État et doivent opérer dans des conditions juridiques et opérationnelles garantissant leur pleine protection. Dans cette perspective, on promeut la définition de règles d’engagement plus cohérentes avec les exigences concrètes de prévention et de contention des menaces, en assurant aux agents des instruments adéquats de protection physique et juridique, ainsi que l’attribution des qualifications juridiques nécessaires également aux unités de l’armée ou d’autres forces armées employées dans des activités de sécurité publique, pour leur permettre de procéder à l’arrestation des criminels et d’exécuter toute autre activité et procédure déjà permises aux forces de police.
Réforme de l’article 53 du code pénal et usage légitime de la force. Futuro Nazionale promeut la révision de l’article 53 du code pénal afin de clarifier et de renforcer la légitimité de l’usage des armes lorsque les agents font l’objet d’agression ou de violence dans l’exercice de leurs fonctions. La réglementation actuelle, tant dans son texte que dans son application, a souvent fini par transformer l’agent de police en un sujet exposé à des appréciations rétrospectives, à froid, loin de l’agitation et de la rapidité des décisions requises par l’intervention opérationnelle. Le risque est de paralyser l’action publique, avec des agents qui craignent davantage les conséquences judiciaires de leur intervention plutôt que le danger représenté par le criminel. L’objectif est de faire reconnaître que l’attaque contre un agent public constitue une attaque directe contre l’État et contre la collectivité et que, par conséquent, la réaction défensive ne doit pas être évaluée selon des schémas interprétatifs exposant l’intervenant à des risques indus ou à des incertitudes paralysantes. Dans ce cadre, la réforme vise à redéfinir les critères d’application de l’exigence de proportionnalité, en valorisant la protection préventive de l’intégrité physique de l’agent et la nécessité de rétablir l’ordre public, dans le respect des principes constitutionnels et du contrôle juridictionnel (ce dernier étant débarrassé des coûts que le personnel assume aujourd’hui pour sa défense et de l’aggravation existentielle, procédurale et professionnelle résultant de l’inscription automatique au registre des personnes mises en cause ou du nouveau modèle 45-bis d’annotation préliminaire introduit par le centre-droit, qui s’est révélé une opération purement nominale) : le but est de garantir aux agents de l’État des conditions normatives permettant des interventions rapides, efficaces et sûres, tout en renforçant la crédibilité de l’action publique et la confiance des citoyens dans la capacité de l’État à défendre le droit et la communauté.
Fuite face aux contrôles, poursuites et manœuvres d’arrêt de véhicules. Futuro Nazionale considère particulièrement grave le phénomène de la fuite face aux points de contrôle et des poursuites dangereuses. Celui qui ne s’arrête pas à l’ordre des forces de l’ordre et prend la fuite, mettant en danger citoyens, piétons, automobilistes et agents publics, ne commet pas une simple infraction, mais réalise une conduite d’agression concrète contre la sécurité collective. C’est pourquoi Futuro Nazionale promeut une réglementation spécifique permettant aux agents de sécurité publique, lors de la poursuite de véhicules en fuite, de réaliser les manœuvres nécessaires pour en arrêter la marche, y compris de contention, de contact ou de heurt contrôlé, lorsqu’elles ne risquent pas de créer un danger supérieur pour la sécurité publique. Ces conduites, si elles sont réalisées dans l’accomplissement du devoir et selon des critères opérationnels adéquats, doivent être évaluées sur la base des informations disponibles pour l’agent au moment de l’intervention, en tenant compte de l’urgence, de l’agitation et de la nécessité de décider en quelques instants. Un jugement fondé sur des reconstitutions ultérieures prétendant appliquer, a posteriori, le calme du tribunal au caractère dramatique de la route doit être exclu. La protection des tiers étrangers éventuellement lésés demeure garantie, mais l’agent ne doit pas payer le prix juridique d’une situation de danger créée par le fugitif.
Contrôle du territoire et emploi des forces armées dans les zones à forte complexité criminelle. Futuro Nazionale considère que dans certaines zones du territoire national la criminalité, organisée ou diffuse, a pris des formes telles qu’elle compromet le contrôle effectif de l’État. Dans ces contextes, une intervention ponctuelle ne suffit pas, ni une opération de police destinée à s’épuiser en quelques heures : il faut une stratégie globale de reconquête, de contrôle et de reconstruction de la légalité, intégrant le schéma « Modeler, Nettoyer, Contrôler et Reconstruire » (connu techniquement sous le nom de Shape, Clear, Hold and Build). C’est pourquoi Futuro Nazionale promeut une réglementation organique pour l’emploi des forces armées, en soutien aux forces de police, sous la direction de l’autorité civile, dans les zones à forte complexité criminelle. L’objectif n’est pas de militariser la sécurité intérieure, mais de doter l’État d’un instrument ad hoc, délimité, encadré et utilisable dans les cas de nécessité et d’urgence extraordinaires. La direction stratégique reste confiée au gouvernement et au préfet ; les activités ordinaires de sécurité publique et de police judiciaire doivent rester du ressort des forces de police et de l’autorité judiciaire ; l’emploi militaire doit être limité dans le temps, dans l’espace et dans ses finalités. Mais l’État doit pouvoir disposer de tous ses instruments lorsque des territoires entiers échappent à la légalité. Le modèle proposé repose sur quatre phases : analyse et préparation de l’intervention, assainissement de la zone, contrôle du territoire et reconstruction des conditions ordinaires de légalité. Les forces armées, dans cette perspective, ne se substituent ni aux forces de police ni à l’autorité judiciaire, mais fournissent un cadre de sécurité, une capacité logistique, une présence territoriale et un soutien opérationnel permettant aux organes ordinaires d’exercer plus efficacement leurs fonctions.
Ce schéma est directement issu du manuel de contre-insurrection de l’armée américaine (FM 3-24), élaboré sous la supervision du général Petraeus et appliqué en Irak lors du « surge » de 2007 puis en Afghanistan. Une doctrine pensée pour stabiliser des territoires étrangers en insurrection armée, avec une population civile suspectée de complicité avec l’ennemi et une armée d’occupation cherchant à gagner « les cœurs et les esprits ». La transposer à la sécurité urbaine de quartiers italiens revient à assimiler implicitement des portions du territoire national, et leurs habitants, à des zones de guerre insurgées contre l’État — un glissement rendu explicite ailleurs dans le texte par l’accolement entre criminalité organisée mafieuse et centres sociaux occupés : une tendance dont les origines sont à chercher dans les premiers emploi de l’armée en Italie dans des opérations de police urbaine et de surveillance des quartiers à risque et les gares ferroviaires mené par le gouvernement Berlusconi lancé en 2008 et jamais suspendue depuis.
Renforcement de l’activité d’enquête et fausses déclarations à la police judiciaire. Futuro Nazionale entend renforcer la sincérité des enquêtes préliminaires et la protection de la vérité procédurale. L’ordre juridique actuel présente une lacune déraisonnable : il punit les fausses informations données au procureur et celles données à l’avocat dans le cadre des investigations défensives, mais ne prévoit pas de réglementation équivalente pour les déclarations mensongères ou réticentes faites à la police judiciaire. Il s’agit d’une contradiction manifeste, car dans la pratique de l’enquête, la police judiciaire constitue le principal organe de collecte des informations dans la phase initiale de la procédure. Permettre de mentir impunément à ceux qui mènent matériellement l’enquête revient à affaiblir l’établissement de la vérité, à favoriser les manœuvres de diversion, à disperser les ressources publiques et à compromettre l’efficacité de l’action pénale. Futuro Nazionale promeut donc la révision de l’article 371-bis du code pénal, en étendant la répression des fausses informations aux déclarations faites à la police judiciaire, dans le plein respect du droit de la défense et, bien entendu, du principe classique de la civilisation européenne nemo tenetur se detegere (nul n’est tenu de s’accuser soi-même). La norme s’applique à celui qui, n’étant pas mis en cause et n’ayant pas de titre pour invoquer le droit au silence, décide délibérément d’entraver la justice en mentant ou en taisant ce qu’il sait.
Lutte contre les stupéfiants et certitude de la réponse pénale. Futuro Nazionale estime le trafic de stupéfiants comme l’un des principaux facteurs de dégradation anthropologique et urbaine, d’enrichissement de la criminalité, d’insécurité dans les quartiers, de désagrégation des jeunes et de financement des organisations criminelles(la répétition est dans le texte, ndt). C’est pourquoi il propose une révision rigoureuse du régime des sanctions, visant à surmonter les incertitudes d’application et les disparités existant aujourd’hui. Même la catégorie de l’usage personnel et les diverses circonstances atténuantes servent désormais de couverture au petit trafic, une vente diffuse de mort. L’objectif est d’assurer une réponse pénale certaine envers ceux qui commercent la drogue, d’unifier les qualifications de trafic, de renforcer l’arrestation obligatoire en flagrant délit et d’introduire des critères plus clairs pour présumer la destination au trafic en présence de quantités supérieures aux limites tabulaires ou de modes de conditionnement incompatibles avec la simple consommation personnelle. Sur la consommation personnelle aussi, une analyse approfondie sera nécessaire : il n’existe pas de droit d’acheter des substances dont la vente est interdite et qui empoisonnent la volonté, la lucidité et la santé des citoyens italiens. La préservation minimale des facultés de chacun est un bien commun : la force de l’Italie de demain en dépend aussi, et Futuro Nazionale n’a pas l’intention de singer les politiques de la droite modérée qui, au nom de l’idéologie libérale, font des perversions et des fléaux sociaux un droit individuel visant à la désagrégation de la Nation. La drogue n’est pas seulement un problème sanitaire ou social. C’est aussi, et souvent surtout, un problème existentiel, de sécurité, de contrôle du territoire et de pouvoir criminel.
La critique de la « droite modérée » qui ferait des drogues « un droit individuel » vise un positionnement bien identifiable dans le paysage politique italien. Le Parti radical (Radicali Italiani), historiquement porteur des batailles pour la dépénalisation du cannabis et plus largement pour une politique de réduction des risques sanitaire et sociaux !, en est l’incarnation la plus ancienne. La plus actuelle et la plus signifiante pour Vannacci est interne à la coalition de droite elle-même : Francesca Pascale — ancienne compagne de Silvio Berlusconi, aujourd’hui figure engagée sur les droits civils et la légalisation du cannabis — et, plus largement, une petite partie de Forza Italia (le parti hérité de Berlusconi, actuellement dans la coalition gouvernementale aux côtés de Fratelli d’Italia et de la Ligue) ont pris des positions favorables à la légalisation ou à la dépénalisation des drogues légères.
Lutte contre la criminalité organisée. La seule mesure qui démantèle réellement les organisations de la mafia est la confiscation systématique des patrimoines illicites : le durcissement normatif, l’application rigoureuse des mesures patrimoniales préventives, la numérisation et la coordination opérationnelle pour tracer les activités économiques de la criminalité organisée et des personnes qui lui sont liées. Le démantèlement de ces centres sociaux, en particulier occupés, qui servent de base logistique pour des délits subversifs [est aussi prévu, ndt].
L’assimilation des « centres sociaux occupés » à des « bases logistiques pour délits subversifs », placée dans un paragraphe consacré à la lutte contre la mafia, place sur le même plan le crime organisé mafieux et des lieux d’occupation politique et sociale de la gauche italienne. La référence la plus actuelle est le centre social Askatasuna de Turin, évacué par la police en décembre 2025, accusé par la droite et une partie de la magistrature d’héberger des réseaux liés à des actions jugées violentes lors de manifestations (notamment autour du chantier de la LGV Lyon-Turin).
Unités cynophiles, instruments spécialisés et capacités opérationnelles. Futuro Nazionale entend valoriser les capacités spécialisées des forces de police, des forces armées, des pompiers et de la protection civile. La sécurité ne se réalise pas seulement par des normes pénales plus sévères, mais aussi par des instruments techniques adéquats, la formation, l’entraînement, les moyens, les protocoles et le professionnalisme. Dans cette perspective, Futuro Nazionale soutient une réglementation permettant l’entraînement et le maintien opérationnel des unités cynophiles spécialisées dans la recherche de stupéfiants, de cadavres, de restes humains et de traces de sang. Le vide normatif actuel concernant certaines de ces fonctions risque de compromettre l’efficacité de services hautement qualifiés, en contraignant les agents à dépendre de formations à l’étranger et en réduisant la valeur opérationnelle et probatoire des activités de recherche. La réforme devra prévoir traçabilité, contrôles sanitaires, respect de la dignité humaine, autorisations, registres nationaux et procédures réglementaires claires. L’objectif est de doter l’État d’instruments modernes et fiables pour les enquêtes, les secours, la recherche de personnes disparues, les constats judiciaires et la gestion des urgences. Futuro Nazionale soutient également la décision des maires de doter aussi la police municipale d’une unité cynophile de lutte contre les stupéfiants, avec une attention particulière portée aux écoles et aux lieux sensibles.
Occupations abusives, dégradation urbaine et sécurité quotidienne. Futuro Nazionale considère les occupations abusives, la dégradation urbaine et les zones de non-droit comme une violation directe du droit de propriété, de la sécurité des citoyens et de l’autorité de l’État. Il n’est pas possible de justifier l’occupation illégale d’immeubles, le racket des logements, l’intimidation des propriétaires, le raccordement abusif aux réseaux de fourniture ou la création de zones soustraites aux règles communes. Nous mettrons en œuvre des procédures rapides d’expulsion, une protection effective des propriétaires, des sanctions lourdes pour le raccordement aux services publics sans titre ou sous fausse identité, la responsabilité pénale des organisateurs des occupations et des interventions coordonnées entre forces de l’ordre, collectivités locales et autorité judiciaire. L’État doit aider ceux qui en ont besoin, mais ne peut récompenser celui qui viole la loi et s’approprie des biens privés ou communs pour en décider l’usage et en jouir illégitimement.
Lutte contre le phénomène des « baby gangs ». Nous assistons à une dégradation progressive et préoccupante de la sécurité urbaine, causée en grande partie par les effets d’un flux migratoire incontrôlé, qui a nourri des phénomènes de marginalité sociale et de criminalité diffuse, en particulier chez les mineurs. Dans la plupart de nos grandes villes, l’absence de contrôle efficace et de politiques migratoires rigoureuses a favorisé la naissance et la prolifération de véritables « bandes de jeunes » (baby gang), composées principalement de jeunes et de mineurs étrangers. Ces groupes ne se limitent pas à commettre des crimes graves, mais prétendent exercer un contrôle de fait sur des pans entiers de quartiers historiques et de périphéries. Nous sommes face à des tentatives intolérables d’occupation du territoire, où notre État semble reculer et où ces bandes cherchent à imposer leurs propres règles par la violence et l’intimidation, créant des zones franches soustraites à la loi. L’actualité quotidienne atteste une réalité dramatique, désormais impossible à ignorer, marquée par des épisodes d’une gravité inouïe. Nous assistons à des actions criminelles atroces reproduisant des dynamiques préoccupantes de violence indiscriminée, comme l’utilisation de véhicules lancés contre la foule, minant la sérénité et la sécurité publiques. À ce tableau s’ajoute la recrudescence alarmante des crimes contre les femmes, en particulier le viol. Aujourd’hui, toutes les données indiquent que les personnes extra-communautaires commettent des viols et des homicides à l’encontre des femmes dans des proportions bien supérieures à leur poids statistique dans la population résidente. Il est intolérable d’assister à des épisodes où des bandes d’individus agressent et abusent de nos jeunes filles. Nous devons défendre la dignité de nos femmes et leur droit à vivre en sécurité dans notre pays. Nous appliquerons les règles ordinaires pour les mineurs responsables de délits graves, tout en abaissant le seuil de responsabilité pénale absolue. Parallèlement, nous imposerons des sanctions pécuniaires et des parcours obligatoires avec les services sociaux pour les parents qui n’exercent pas correctement leur autorité. Pour l’assainissement des zones sous domination des bandes, des modèles comme ceux décrits ci-dessus dans la section relative à l’emploi des forces armées en matière de sécurité publique seront utilisés.
Tolérance zéro sur les délits prédateurs et la dégradation urbaine, avec des instruments donnés aux maires. On soutient la poursuite du parcours normatif qui, ces dix dernières années, a progressivement élargi les pouvoirs des maires en matière de lutte d’urgence contre l’insécurité par l’instrument du « Daspo urbain » (interdiction de séjour), qui devra être renforcé quant aux zones concernées, aux types d’infractions et à la durée d’application, avec interdiction de retour dans la commune pouvant aller jusqu’à cinq ans. Zones rouges sans limite de durée, avec emploi de personnel des forces armées disposant de pouvoirs d’action et de contrôles permanents. Les villes doivent revenir à l’État et aux citoyens honnêtes. Futuro Nazionale veut une Italie où légalité et liberté coexistent, où le citoyen honnête se sent — et surtout sache et soit effectivement — protégé par l’État et non entravé par lui. Une Italie où le criminel, isolé ou organisé, sache qu’il n’a aucune échappatoire face à la fermeté et à l’efficacité de la loi. La sécurité, pour notre mouvement, est un droit fondamental des Italiens, que l’État doit garantir par tous les moyens légaux, sans hésitation, sans freins idéologiques ni tentation paradoxale de protéger les ennemis de l’ordre civil plutôt que les citoyens honnêtes.
8— Justice
Le thème de la justice est lié à celui de la sécurité et est traité par Futuro Nazionale dans sa double acception de protection de la sécurité publique (par l’isolement des criminels) et d’équité du système judiciaire. Le parti croit en un État qui fonctionne comme garantie aux citoyens d’ordre, de légalité et de protection effective des libertés, mettant fin à l’impunité et aux zones de non-droit. Notre approche est fortement centrée sur le principe « la loi est la même pour tous », sans voie préférentielle ni circonstance atténuante : un délit n’est pas plus ou moins grave selon le sexe, la fortune, la couleur de peau ou l’orientation sexuelle de celui qui le commet ou de celui qui le subit. Ces dernières années, une culture idéologique qui a oublié la tradition juridique romaine et européenne classique a au contraire emprunté la voie d’une redéfinition du droit pénal selon des catégories de Gramsci, visant à la « création d’un nouveau sens commun » : selon ce tournant, les délits devraient être qualifiés (pensons au « féminicide » ou à l’« homophobie ») en fonction des caractéristiques de la victime, de manière à induire une transformation culturelle programmée par la proclamation de la norme comme faisant allusion à un état d’urgence pour des catégories spécifiques, et par une répression spécialisée. Pour nous, plus simplement, ce n’est pas là la fonction du droit pénal, dont la subdivision en catégories n’a pas de vocation pédagogique et idéologique. Futuro Nazionale propose une réforme organique et profonde, intervenant à tous les niveaux du système : sécurité, magistrature, procès, numérisation, prisons, protection de la propriété privée, lutte contre la criminalité organisée, soutien aux avocats, protection des mineurs, crise d’entreprise, exécution de la peine, médiation, prescription. C’est une réforme qui ne se limite pas à corriger, mais qui reconstruit, avec l’objectif de rendre aux citoyens une justice à la pointe, rapide, transparente, autorisée et pleinement fonctionnelle. Une justice qui ne soit pas un obstacle, mais un allié. Une justice qui ne soit pas un labyrinthe, mais une garantie. Une justice qui ne soit pas un privilège, mais une véritable mise en œuvre du droit, du ius : id quod iustum est, ce qui est juste. Une justice qui ne soit pas juste seulement pour quelques-uns, mais pour tous. Face à un tableau d’instabilité sociale et de transformation des menaces criminelles, de la micro criminalité urbaine aux réseaux transnationaux, jusqu’à la croissance alarmante de la brutalité chez les jeunes, il n’est plus le temps des correctifs de façade ou des solutions provisoires. Un changement de paradigme radical et structurel qui soit capable de remettre au centre de la doctrine publique l’inviolabilité de l’ordre et l’effectivité du droit est nécessaire. Le système judiciaire italien est aujourd’hui construit autour de la protection du prévenu, quoi qu’il arrive : présomption d’innocence, double degré de juridiction, détention provisoire en exception, fonction rééducative de la peine. Des garanties nécessaires qui, au contraire, doivent être renforcées pour protéger les citoyens honnêtes pouvant se trouver par erreur impliqués dans des procédures judiciaires mais qui, insérées dans un cadre global dépourvu des différenciations nécessaires, ont produit un effet pervers : la victime du délit est devenue un sujet marginal, contrainte d’attendre parfois dix ans pour un jugement, souvent sans obtenir aucune indemnisation réelle, tandis que des criminels de rue pris en flagrant délit sont ensuite dénoncés en liberté. Trop souvent, nous avons lu des chroniques de délits violents commis par des personnes déjà condamnées mais soumises à des mesures alternatives. À l’inverse, on a vu des excès de justicialisme qui ont durement éprouvé des citoyens innocents et compromis des libertés fondamentales sans que personne n’ait eu à en payer le prix. Pendant ce temps, les taux de récidive après la prison avoisinent 60-70 %, la prescription efface des années d’enquêtes qui progressent lentement, la prison elle-même produit des effets sur les délinquants occasionnels en les transformant en habituels. Le profil criminel dominant en Italie est celui du de celui qui fait du crime sa profession. À cela s’ajoute une criminalité de rue en hausse, une délinquance des mineurs exploitant l’impunité garantie par le seuil actuel de responsabilité pénale, et des délits à caractère idéologique en alarmante augmentation. Futuro Nazionale entend réformer la Justice à partir d’un principe simple et non négociable : la sécurité du citoyen honnête prime sur les droits du criminel. Nous proposons donc une nouvelle formule équilibrée de la justice, faisant sienne à la fois l’exigence garantiste fondée sur la présomption d’innocence et celle de l’isolement immédiat de ceux qui, pris en flagrant délit de crimes violents ou de rue, doivent être mis hors d’état de nuire, afin de garantir la paix publique.
Les propositions :
Protection de la liberté d’expression et de pensée : notre mouvement affirme le principe selon lequel « les idées ne se jugent pas ». Il s’oppose donc aux prétendus « délits d’opinion » et aux normes punissant des expressions de pensée sans lien avec des actes concrets de violence. Bien que moralement opposé à l’incitation à la haine ou, évidemment, à l’apologie du crime, Futuro Nazionale estime que la confrontation des idées doit être laissée au terrain culturel et politique, non pénal : la dissidence et la critique ne peuvent être réduites au silence par la menace de poursuites judiciaires. D’autant que, dans le passage de la théorie à la pratique, confier à la loi ou au juge le discernement entre opinions licites et illicites revient à créer un déséquilibre et un risque d’usage arbitraire pouvant miner la liberté du débat culturel, en contradiction avec le régime libéral-démocratique que l’Italie s’est de fait donné depuis longtemps. Au Parlement et dans toute enceinte institutionnelle, le parti s’engage à abroger les « lois bâillon », comme la loi Mancino, et n’admet a fortiori aucun compromis pour l’introduction de nouvelles lois en ce sens. La promotion des valeurs fondant notre civilisation reste de la responsabilité des citoyens et des corps sociaux intermédiaires, sans nécessité de réprimer par voie judiciaire les voix critiques et dissonantes. À ce propos, l’article 23, alinéa 4-bis du code de la route a été transformé par certaines municipalités en instrument de censure sélective. Futuro Nazionale propose de modifier cette norme afin que les critères de retrait ou de refus d’affichage soient stricts, objectifs et non discrétionnaires, à l’exclusion de toute appréciation sur le contenu idéologique ou de valeurs des affiches, en instituant un mécanisme de recours rapide (72 heures maximum) contre les retraits arbitraires, avec obligation pour la commune de motiver sa décision par écrit et sanctions administratives pour les communes utilisant des instruments d’urbanisme ou de publicité pour censurer des positions politiques, associatives ou de valeurs licites.
La loi Mancino n° 205 du 25 juin 1993 est la principale loi italienne contre la discrimination et l’incitation à la haine raciale, ethnique et religieuse : elle réprime pénalement la propagande d’idées fondées sur la supériorité ou la haine raciale ou ethnique, l’incitation à commettre des actes de discrimination, ainsi que l’apologie du fascisme et du nazisme dans certaines circonstances aggravées.
L’article 23, alinéa 4-bis, du code de la route est une disposition à vocation purement technique — elle encadre l’affichage publicitaire le long des voies publiques pour des raisons de sécurité routière (visibilité, distraction du conducteur). Son détournement dénoncé ici renvoie à des cas où des municipalités ont invoqué cette norme sur la sécurité routière pour retirer ou refuser des affiches à contenu politique controversé — notamment des campagnes anti-avortement, ou anti-immigration.
La sécurité est un devoir premier de l’État. La sécurité des citoyens n’est ni une option ni une concession idéologique : c’est le premier devoir de l’État et le fondement de toute liberté. Futuro Nazionale entend renverser le paradigme dominant qui a trop longtemps privilégié la protection du coupable par rapport aux droits de la victime, en ramenant l’État dans les rues et en restituant aux citoyens honnêtes la certitude d’être protégés, avec des instruments d’arrestation en flagrant delit et de validation de l’arrestation plus rapides et avec moins de marges d’interprétation.
Réforme structurelle du code pénal et du code de procédure pénale. Le système procédural italien est ancré dans des logiques datant du XIXe siècle. Nous réaliserons une réforme radicale du code pénal et du code de procédure pénale pour garantir des jugements définitifs rapides et certains, avec rationalisation des rites procéduraux, élimination des étapes bureaucratiques superflues et réforme du système des recours pour bloquer la chaîne des reports. La procédure des mesures conservatoires sera réformée et les procédures rapides et sommaires seront renforcées comme règle standard pour les délits en flagrant delit.
Réduction des délais de la justice. Pour les délais des procès pénaux et civils, nous avons pour objectif une réduction de 25 % grâce à des incitations aux procédures alternatives, au renforcement de la procédure rapide, à des délais contraignants pour la phase d’enquête et à l’arrêt de la publication d’actes couverts par le secret de l’instruction. Une justice lente est une justice pour les criminels.
Numérisation de la justice et adaptation des effectifs. Dépôt télématique obligatoire, notifications numériques, audiences à distance toujours disponibles sans exclure la faculté de se présenter en personne. Renforcement des effectifs de magistrats et plan extraordinaire de recrutement dans les forces de l’ordre pour combler les déficits issus des coupes budgétaires passées. Standards informatiques judiciaires uniformes sur tout le territoire national, une condition non négociable pour résorber l’arriéré et rendre la justice moderne et efficace.
Certitude de la peine. Fin des peines alternatives cumulées pour les délits graves (violence, vol avec violence, trafic de stupéfiants, agression sexuelle), à l’effet prison-passoire : les peines de prison doivent être effectives et purgées intégralement. Limitation drastique de l’usage des mesures alternatives pour les récidivistes ; circonstances aggravantes obligatoires et automatiques dès la deuxième condamnation définitive pour des délits intentionnels ; fin de la prescription après le jugement de première degré pour meurtre, mafia et terrorisme. Dépassement définitif des politiques de déflation pénale ayant systématiquement banalisé les délits au détriment de la sécurité sociale.
Efficacité procédurale. Nous proposons le renforcement des services, la révision des procédures et la simplification face à l’excès de bureaucratie concernant la magistrature de surveillance et l’administration pénitentiaire, afin que les décisions puissent être prises plus rapidement et de manière plus éclairée possible par rapport au contenu objectif des dossiers.
Justice rapide pour les victimes : tribunaux spécialisés pour les délits de rue, avec objectif de jugement de première instance dans les 90 jours suivant la plainte ; création d’un Fonds pour les victimes de délits avec indemnisation immédiate, même partielle et économiquement soutenable, pour les vols, vols avec violence et agressions, avec recours direct de l’État contre le condamné. La victime ne peut pas attendre des années et ne peut pas rester sans indemnisation parce que le coupable n’a pas les moyens suffisants : l’État peut au moins partiellement participer, puis récupérer l’argent du criminel, avec une stratégie mesurée et calculée permettant d’offrir cet instrument sans constituer une nouvelle charge pour les finances publiques.
Centralité de la victime : aucune indemnisation pour les criminels. Fini avec la protection des coupables : la victime revient au centre du système judiciaire. Comme expliqué en détail dans le chapitre « Sécurité » concernant la légitime défense, une réglementation excluant catégoriquement toute indemnisation civile ou pénale en faveur de l’agresseur ayant agi avec des armes, une menace ou un acte violent, ainsi que de ses ayants droit sera introduite. Celui qui cause un dommage ou commet un acte illicite pénal ne peut s’enrichir aux dépens de la victime. Le principe d’auto responsabilité devient la norme : celui qui commet un délit grave perd le droit à réparation vis-à-vis de celui qui s’est défendu.
Protection de la détention responsable d’armes. Aucun nouveau durcissement normatif ni restriction bureaucratique envers les détenteurs légitimes d’armes. Les restrictions législatives frappent exclusivement les citoyens respectueux de la loi, s’avérant totalement inefficaces contre le terrorisme et la criminalité organisée qui s’approvisionnent sur le marché clandestin. Nous défendons le droit à l’autodéfense du citoyen en refusant toute forme de criminalisation de la détention responsable d’armes.
Abaissement du seuil de responsabilité pénale des mineurs et responsabilité parentale. Le seuil de responsabilité pénale absolue, fixé à 14 ans, est aujourd’hui sciemment exploité par les bandes criminelles, souvent extra-communautaires. Nous proposons de l’abaisser à 12 ans, nous alignant ainsi sur d’autres pays européens, avec application des règles procédurales ordinaires pour les mineurs responsables de délits graves. Parallèlement, sanctions pécuniaires et parcours obligatoires avec les services sociaux pour les parents n’exerçant pas correctement leur autorité : le vide éducatif se combat à la racine.
Justice réparatrice uniquement comme exception résiduelle. La justice réparatrice, récemment placée au centre du processus de réforme de la justice, est une approche alternative à la justice traditionnelle qui, au lieu de se concentrer sur la punition du coupable, vise à réparer concrètement le dommage subi par la victime. Par l’intermédiaire d’un médiateur, l’auteur du délit et la personne offensée se confrontent pour trouver une solution partagée — une indemnisation, des excuses, un engagement — satisfaisant la victime et faisant comprendre au responsable les conséquences réelles de ses actes, sans nécessairement laisser une condamnation inscrite au casier judiciaire. La justice réparatrice, dans le programme de Futuro Nazionale, ne doit être admise que pour les délits mineurs contre le patrimoine et les contraventions, après la reconnaissance préalable de responsabilité et le droit de veto contraignant de la victime. Elle est catégoriquement exclue pour la violence, l’agression sexuelle, la mafia, le terrorisme, les délits subversifs et tous les délits commis par des récidivistes. Ce n’est pas une forme alternative au procès : c’est une concession exceptionnelle ,pas un droit du criminel.
Fin de la reformulation gramscienne du droit et fin de la rhétorique des « catégories ». Futuro Nazionale rejette des catégories comme celle de « féminicide » : la valeur de chaque vie est la même, qu’il s’agisse d’un homme, d’une femme, d’un travailleur, d’un chômeur, d’une personne âgée ou d’un jeune — il s’agit toujours et seulement du délit d’homicide. Pour cette raison, l’article 577-bis du code pénal, qui a introduit le « féminicide », sera abrogé : celui qui tue une femme sera puni avec des peines pouvant aller jusqu’à la perpétuité, comme nous l’avons toujours fait — c’est-à-dire pour homicide. Celui qui tue une personne, homme ou femme, doit être puni, sans qu’il soit nécessaire de distinguer « viricide » et « féminicide ».
Les raisons pour lesquelles la qualification de « féminicide » est contraire à la justice, à la logique, à la Constitution, au bon sens et constitue une offense à l’intelligence des juristes sont les suivantes : 1) Tuer par jalousie un homme entraîne une peine différente (de 21 ans à la perpétuité) que tuer par jalousie une femme (perpétuité), comme s’il y avait des morts qui valent plus et des morts qui valent moins. Qui pourrait expliquer aux parents d’un garçon tué par jalousie que la vie de leur fils peut valoir moins que celle d’une fille ? 2) Tuer par envie, par colère, par avarice, par luxure, par orgueil devrait-il être moins grave que tuer par jalousie, par volonté de contrôle, par possessivité ou sentiments similaires ? Les motifs futiles sont toujours, et sont déjà, une circonstance aggravante, quel que soit le sentiment qui les propose au libre arbitre du criminel. Celui qui tue doit aller en prison pour avoir tué. Or, la norme récemment introduite impose une peine plus sévère seulement pour certains mouvements intérieurs de l’âme. Le législateur joue avec la philosophie morale et confond for intérieur et for extérieur ; nous avons au contraire une conception du droit plus laïque, plus romaine, plus traditionnelle : nous voulons tous les assassins en prison, sans distinctions intérieures relevant du confessionnal et non de la loi de l’État. 3) Si une femme aux goûts lesbiens tue par jalousie son ex-compagne, est-ce un féminicide ? Si une femme aux goûts lesbiens tue une femme aux goûts hétérosexuels qui ne veut pas se donner à elle, est-ce un féminicide ? Existe-t-il donc la « femme féminicide », ou la mise en scène de la gauche a-t-elle pour intention secrète de véhiculer une idéologie selon laquelle les hommes sont les ennemis du peuple et de la société ? Malheureusement, la méchanceté est un parti transversal dans l’espèce humaine, et manipuler le droit pénal pour diffuser une « haine de classe » est un jeu très dangereux de marque soviétique. Hier prolétaires contre propriétaires, aujourd’hui femmes contre hommes. Futuro Nazionale regarde à la société selon un modèle coopératif, corporatiste, complémentaire : non construite sur une opposition physiologique, mais sur la valorisation des différences, toutes existant pour le bien. 4) Le droit pénal doit être clair et précis. S’engager dans la distinction entre les différents mobiles de l’âme viole le principe de détermination de la qualification pénale et transforme le juge en devin et le droit en pari. 5) La loi pénale doit punir le criminel, non utiliser le coupable comme émissaire pour rééduquer les spectateurs (pourtant innocents), sur la base de la statistique des délits. Les peines minimales prévues pour l’homicide peuvent augmenter , mais le critère doit rester la proportion entre faute individuelle et peine. On hérite ici d’une conception classique du droit, romaine dans les faits et aristotélicienne dans ses fondements. On constate également que la gauche est en train de perdre les fondements de son propre panthéon juridique, les modernes Beccaria et Foucault. La réponse la plus efficace au problème des homicides de femmes est représentée par la remigration. En effet, environ 9 % de la population résidente commet environ 25 % des homicides de femmes. Il s’agit des 9 % extra-communautaires. Donc, qui veut sauver la vie des femmes soutient la remigration, qui produit comme effet direct la compression graduelle de ces 25 % de cas criminels. Nous sommes déjà parmi les pays européens ayant le taux le plus bas d’homicides de femmes ; avec la remigration, nous deviendrions le pays leader en matière d’absence d’homicide sur les femmes. À ces considérations, il faut ajouter que le véritable dissuasif contre les crimes réside dans la certitude et la rapidité de la peine. C’est aussi pour cette raison que nous proposons un plan carcéral pour la construction de nouvelles prisons et la libération de places carcérales par la remigration immédiate de ces quelque 35 % de prisonniers non italiens. Aujourd’hui, pour héberger les étrangers en prison, nous laissons de nombreuses personnes aux tendances criminelles avérées (démontrées par la commission d’autres délits violents) circuler librement dans le pays, avec des poursuivis en liberté malgré la flagrance du délit. Tout cela aussi à cause de la surpopulation carcérale. Futuro Nazionale défend la vie des femmes parce que les femmes sont des personnes humaines (c’est le sens de « homo », personne humaine, d’où homicide, qui ne se distingue pas entre la mise à mort du « vir » — homme — et de la « femina » — viricide et féminicide). La gauche et une certaine droite modérée défendent les étiquettes, inventent de nouveaux mots et cherchent à influencer des innocents en générant un sentiment de culpabilité a priori du seul fait d’appartenir au « mauvais sexe ». Pour nous, il n’y a pas de mauvais sexe : nous continuerons à suivre la raison et le droit naturel.
Le vocabulaire du « modèle coopératif, corporatiste, complémentaire » renvoie directement à la doctrine économique et sociale du fascisme italien, qui prétendait dépasser la lutte des classes par une collaboration organique entre travailleurs et employeurs au sein de corporations encadrées par l’État — le régime s’en était fait un pilier idéologique explicite (Charte du travail de 1927, Chambre des faisceaux et des corporations). La loi introduisant le féminicide comme circonstance aggravante autonome (l’article 577-bis du code pénal, entré en vigueur le 23 juillet 2025) est une initiative du gouvernement Meloni elle-même — la comparaison n’oppose donc pas Vannacci à une mesure de la gauche, mais à une loi votée par la majorité dont il se veut le concurrent plus radical. Une polémique publique avait d’ailleurs déjà éclaté entre les deux camps avant même la publication de ce programme, Vannacci critiquant ouvertement le choix de Meloni d’introduire cette catégorie pénale — ce texte en est le prolongement programmatique, pas une improvisation. Enfin, l’usage du mot « goûts » pour désigner l’orientation sexuelle, déjà largement employé par Vannacci dans ses prises de parole publiques bien avant la publication du programme, est fait pour assimiler l’orientation sexuelle à une préférence de type alimentaire ou esthétique, en évacuant toute dimension identitaire ou de droit qui en découlerait.
Prévention efficace des formes de violence passionnelle. Une fois nettoyées les techniques de manipulation mises en œuvre par la gauche à propos du prétendu « féminicide » et réduites ci-dessus à l’absurde qui les caractérise, le problème des « crimes passionnels » s’est, à juste titre, imposé ces dernières années dans le débat, dans une société qui, en raison du relativisme éthique, du nihilisme, de l’idéologie féministe attisant l’opposition entre hommes et femmes (remplaçant l’opposition désormais usée entre prolétaires et patrons), et aussi du déracinement lié à l’immigration de masse, est ouverte à des phénomènes de barbarie violente qui frappent par l’atrocité des actes plus que par des statistiques objectivement peu préoccupantes si on les compare à celles des autres pays. Ce problème doit être traité non par de nouvelles opérations rhétoriques et la création de nouvelles catégories juridiques idéologiques, mais par l’efficacité des mesures préventives, pour empêcher qu’en présence de signaux clairs, la violence physique ne soit pas prévenue et empêchée — le plus souvent exercée par le sujet physiquement le plus fort sur le plus fragile, donc par les hommes sur les femmes, bien que l’actualité offre, avec moins de publicité, aussi des exemples de violences sur les hommes de la part des femmes. Aujourd’hui, les statistiques montrent qu’en Italie, le taux d’homicides de femmes commis par des maris, fiancés, ex-fiancés et prétendants est parmi les plus bas au monde. Les données sur la violence domestique montrent également, dans des pays comme l’Italie et la Grèce, des taux extrêmement bas que ceux relevés dans les pays scandinaves, marqués par un féminisme désormais réalisé et par le mythe d’une égalité qui nie les différences et les spécificités. Le modèle éducatif de la gauche, fondé sur l’idéologie de la « lutte contre le patriarcat » constante, est manifestement un échec, et là où toute trace de « société patriarcale » disparaît se répand une augmentation préoccupante de la violence contre les femmes. Preuve que nous devrions protéger et non criminaliser notre modèle : celui du « patriarcat méditerranéen », visant à souligner les spécificités et à former des hommes forts, capables de dominer leurs émotions et leurs passions, protégeant les femmes et s’offrant eux-mêmes pour la construction et la défense de la société.
Le cas italien mérite une attention particulière. L’Italie ne participe ni à la collecte coordonnée par Eurostat (18 États membres), ni à l’enquête conjointe FRA/EIGE (les 8 autres États) : elle a fourni ses propres données, issues de son enquête nationale sur la violence contre les femmes — et non de la vague 2021 harmonisée et utilisée pour le reste du jeu de données, mais de la précédente édition, datant de 2014. Une actualisation était prévue pour 2022, mais elle a été repoussée à 2024 pour des raisons administratives. L’usage de ces données de 2014 repose sur une hypothèse implicite — que la prévalence de la violence de genre sur la vie entière ne varierait pas significativement sur dix ans —, hypothèse qui devrait être maniée avec prudence puisqu’elle ignore les évolutions sociales, normatives et culturelles intervenues depuis. Seule exception : les indicateurs sur le harcèlement sexuel au travail pour l’Italie proviennent, eux, d’une enquête de victimation plus récente, celle de 2022-2023. Le chiffre mobilisé dans le programme de Vannacci n’est donc pas seulement daté par rapport aux autres pays cités mais non comparable, puisqu’il n’a jamais été recueilli selon le même protocole que les données scandinaves auxquelles il est opposé. Le terme même de patriarcat ne désigne pas d’abord un « climat » familial protecteur, mais un mode précis de transmission du pouvoir et de la légitimité : nom, autorité, patrimoine et statut circulent par la ligne masculine, le père ou l’aîné mâle centralisant la représentation légale et symbolique du groupe. en parlant de « patriarcat méditerranéen » comme d’un modèle existent à « protéger ». Le « patriarcat méditerranéen » résulte en une architecture d’autorité et de contrôle (sur l’héritage, la filiation, l’autonomie juridique des femmes) est retravaillée en climat affectif de protection, ce qui permet de la présenter comme identité culturelle plutôt que comme choix politique — au moment même où le reste du programme généralise, par ailleurs, l’usage de l’armée et des schémas de commandement militaire jusque dans la gestion de l’ordre public intérieur. Pour information, la Méditerranée touche aussi des pays tels que la Libye ou l’Algérie.
La question des violences passionnelles doit donc être abordée avec pragmatisme, sans idéologie, non par calcul électoral mais pour véritablement protéger les victimes potentielles. Il faut donc améliorer les étapes marquées par des failles procédurales du « Code rouge », en garantissant une protection immédiate et des délais certains. Il faut renforcer les dispositifs de suivi électronique à distance pour les personnes soumises à des mesures conservatoires, avec l’allocation de fonds dédiés pour combler la carence chronique actuelle de dispositifs. Programmes de formation pour la magistrature, parquet et siège, sur la gestion des situations à haut risque. Par rapport au modèle ordinaire de la justice, qui doit rester garantiste, dans certains cas limités comme celui du risque documenté de violence, le déséquilibre apparent précédant l’achèvement de la procédure est justifié pour prévenir la commission ou la réitération de délits graves, sous réserve, bien entendu, de la nécessité de punir l’usage idéologique et la calomnie lorsque l’innocence de la personne soumise à surveillance et à des mesures particulières serait démontrée.
Séparation des carrières et réforme du CSM. Séparation nette entre juges et procureurs, avec concours d’accès distincts. Réforme du Conseil supérieur de la magistrature pour rompre tout lien entre nominations judiciaires et logiques de courants ou d’association. Celui qui juge ne peut avoir partagé carrière et mentalité avec celui qui accuse : séparer les carrières est la condition préalable d’un juge tiers et impartial, garantissant l’égalité entre accusation et défense.
Responsabilité civile directe des magistrats. Renforcement du principe de responsabilité directe des magistrats en cas de dol ou de faute, mis sur le même plan civil que tout autre haut fonctionnaire de l’État. Le citoyen lésé pourra assigner directement en justice le magistrat responsable. Garantie de l’État pour liquider l’indemnisation rapidement en cas d’insolvabilité du magistrat fautif, avec recours obligatoire contre le magistrat dans le temps. L’indépendance de la magistrature ne peut exister sans responsabilité.
Ces deux propositions font directement écho à la réforme de la justice portée par le gouvernement Meloni — séparation des carrières entre juges et procureurs, introduction de la responsabilité civile des magistrats —, réforme qui a dû être soumise à référendum confirmatif faute de majorité qualifiée au Parlement, et que les électeurs ont rejetée au printemps 2026.
La justice civile, administrative et fiscale comme actif économique. Un système judiciaire rapide dans les domaines civil, du travail, administratif et fiscal est un actif stratégique pour l’attractivité économique de la nation ; renforcement des ressources humaines et technologiques des tribunaux spécialisés, pleine garantie du principe de non-rétroactivité des normes et réforme procédurale orientée vers un contradictoire réel avec l’administration de l’État, dépassant toute logique de disparité entre citoyen et État.
Révision des mécanismes d’attribution des procès sensibles. Une justice moderne doit reposer sur des critères objectifs d’impartialité, comme le tirage au sort numérique des juges pour les procès sensibles, et des protocoles garantissant transparence et neutralité.
Système pénitentiaire : équité et sécurité
Le système carcéral italien est en état d’urgence chronique : 64 400 détenus pour 46 000 places réglementaires, avec un taux de surpopulation national supérieur à 138 % — qui, dans des établissements comme San Vittore à Milan, dépasse 200 %, et dans le ressort Pouilles-Basilicate atteint 165 %. Près de 40 % des structures ont été construites avant 1950. Le personnel de la police pénitentiaire est en sous-effectif, les taux de récidive avoisinent 70 % et la fonction rééducative de la peine est devenue un principe abstrait dépourvu d’instruments concrets. À ce tableau s’ajoutent des phénomènes croissants de radicalisation islamique violente au sein des établissements, une santé pénitentiaire en état d’effondrement et un système disciplinaire vidé de toute efficacité dissuasive. Futuro Nazionale entend réformer le système pénitentiaire avec une approche organique : séparer les fonctions de police de l’administration, donner à la police pénitentiaire une autonomie et une dignité institutionnelle égales aux autres forces de l’État, renforcer les effectifs, moderniser les structures et redonner un sens réel à la peine — droits garantis, mais aussi devoirs clairs et responsabilités individuelles effectives.
Quelques propositions :
Création du Département de la police pénitentiaire. L’actuel mélange entre fonctions administratives et fonctions de police comprime l’autonomie opérationnelle du corps et en affaiblit l’efficacité. Nous créerons un Département autonome de la police pénitentiaire, séparé du DAP mais en lien avec lui, avec compétence exclusive sur le personnel, la formation, la mobilité, la discipline, la sécurité pénitentiaire et la gestion des événements critiques. À sa tête se trouvera un chef de département choisi parmi les dirigeants généraux du corps, avec un grade équivalent à celui de général de corps d’armée. La police pénitentiaire obtient enfin la même dignité institutionnelle que les autres forces de police de l’État.
Plan extraordinaire de recrutement dans la police pénitentiaire. Le manque d’effectifs compromet depuis des années la sécurité, l’efficacité et le bien-être du personnel. Nous lancerons un plan extraordinaire pluriannuel de recrutement, avec des concours annuels programmés, une couverture intégrale du renouvellement lié aux départs à la retraite et une accélération des procédures de concours. Parallèlement, les écoles de formation et la formation spécialisée opérationnelle seront renforcées. Le personnel garantissant la sécurité dans les prisons italiennes ne peut pas être laissé seul et en sous-effectif.
Plan d’urgence pour les prisons, avec un plan extraordinaire de construction pénitentiaire pour au moins dix mille nouvelles places en 36 mois, avec des structures modernes à gestion modulaire et des sections spéciales pour détenus dangereux. Les nouveaux établissements seront modernes et sûrs, dépassant la surpopulation chronique et les conditions hygiéniques et structurelles indignes touchant aujourd’hui près de 40 % des bâtiments. La surpopulation n’est pas seulement un problème humanitaire : c’est la cause première de l’inefficacité des sanctions et de l’effet criminogène de la prison, qui transforme les délinquants occasionnels en criminels professionnels. La dignité de la détention et la sécurité de la collectivité ne sont pas des objectifs contradictoires.
Contribution opérationnelle intra-muros du détenu au coût carcéral et fonction rééducative de la peine. Les prisons doivent être des lieux sûrs, contrôlés et orientés vers la réinsertion. Le séjour ne devrait idéalement pas être à la charge du contribuable et doit être transformé, autant que possible, d’un coût passif en une contribution nationale. La prison ne peut plus être un espace d’inactivité pour ceux qui y arrivent, ni une charge à fonds perdu pour les contribuables italiens : l’État doit exécuter la peine en fournissant gîte et couvert, tandis que le détenu devrait, dans la mesure compatible avec son état physique, contribuer à ces dépenses par le travail, sans sortir des établissements pénitentiaires — lesquels seront modifiés en conséquence, dotés d’espaces et d’équipements aptes à enseigner et à exercer un travail agricole, artisanal, etc., utile ensuite comme compétence acquise en fin de peine. Futuro Nazionale est convaincu que l’effet rééducatif de la peine résulte de sa substance rétributive, donc punitive, par rapport au mal social commis, mais que la peine doit être réellement adaptée pour faciliter la réhabilitation de la personne et sa restitution à la société. Aujourd’hui, alors qu’on continue de vendre le mythe des Lumières de la seule finalité rééducative de la peine, on condamne souvent les détenus à une peine uniquement rétributive et inhumaine, typique de la conception bourgeoise et moderne de la rectification par le confinement drastique de l’espace : petites cellules, parfois hors normes, où l’on atteint en été des températures insoutenables aux effets graves sur la santé. De telles conditions ne favorisent pas la possibilité d’intégrer l’élément rétributif à une maturation et une acceptation graduelles de la peine, qui pourrait favoriser l’effet rééducatif et réhabilitatif. Nous estimons que l’imposition de travaux obligatoires (avec effet pénal pour ceux qui refusent, entraînant une augmentation de peine), dont le fruit sert à payer une partie du coût carcéral, peut donner naissance à une prison rétribuant la personne avec de meilleures et adéquates probabilités de rééducation. C’est une vision opposée à la prison anti-méritocratique actuelle, où il est difficile d’apporter une contribution sociale et où les pires obtiennent ce qu’ils veulent, constituant des structures relationnelles parallèles qui, en raison de la pénurie de personnel et de failles de perméabilité, se garantissent même l’approvisionnement en drogue. Le mérite se réalise en récompensant concrètement les comportements vertueux et en garantissant que chaque avantage soit réellement mérité et non automatique.
Vérification ponctuelle de la sécurité des structures pénitentiaires et lutte contre le trafic et la consommation. Dans notre pays, il existe des prisons, y compris des sections de haute sécurité dépourvues depuis des années de vidéosurveillance et de graves épisodes d’évasion se sont produits. Il faut intervenir pour garantir la sécurité de la prison, l’impossibilité d’évasion, et pour éliminer la perméabilité dramatique au fléau de la drogue. L’introduction de systèmes automatisés pour la gestion des accès, les installations de vidéosurveillance avancée avec scanners d’identification, les technologies de lutte contre l’introduction de téléphones, de stupéfiants et d’armes peuvent servir : la modernisation technologique réduit la charge opérationnelle du personnel et augmente la sécurité des établissements.
Peines diversifiées selon le profil criminel. Le système de sanctions doit être articulé en fonction du profil du coupable : les mesures alternatives restent praticables uniquement pour les délinquants occasionnels à leur première infraction. Pour les récidivistes et les délits graves, seules s’appliquent des peines certaines et immédiates. Les criminels atteints de graves pathologies psychiatriques ou de dépendances avérées représentant un danger pour la collectivité sont destinés à des centres de détention et de soins spécialisés. Tout avantage carcéral ou permission de sortie est subordonné à l’examen contraignant de la magistrature de surveillance sur la base de critères objectifs d’amendement.
Cette proposition entre en tension avec la trajectoire suivie par l’Italie depuis la loi Basaglia de 1978, qui a aboli les asiles psychiatriques, puis avec la réforme de 2011 ayant fermé les derniers hôpitaux psychiatriques judiciaires (OPG), remplacés par les REMS (Residenze pour l’Exécution des Mesures de Sécurité). Ces structures sont aujourd’hui fortement sous-dimensionnées — moins de 750 places au total sur le territoire national — et peuvent donc difficilement accueillir de nouveaux patients, les listes d’attente et les délais de placement étant déjà un problème documenté du système actuel. Une proposition visant à orienter systématiquement vers de tels centres l’ensemble des « criminels » souffrant de pathologies psychiatriques graves ou de dépendances jugées dangereuses se heurterait donc à une capacité d’accueil très en deçà des besoins qu’elle prétend couvrir.
Rétablissement de l’efficacité du système disciplinaire. Le système disciplinaire actuel a perdu toute efficacité dissuasive : la sanction d’exclusion des activités communes n’a pas d’impact réel sur les conditions de vie du détenu et est parfois perçue comme un avantage. La réforme de l’article 73 du décret présidentiel 230/2000, avec la réintroduction de restrictions effectives pendant l’isolement disciplinaire, est nécessaire, avec la suspension temporaire des parloirs et appels téléphoniques, limitation de l’accès aux biens non essentiels, maintien des seuls droits fondamentaux. Fermeté dans le respect de la règle, toujours dans le respect de la dignité de la personne.
Gestion des détenus étrangers et lutte contre la radicalisation. Les détenus étrangers représentent 31,5 % de la population carcérale, avec une incidence sur la détention provisoire supérieure de 6 points par rapport aux Italiens. Les phénomènes croissants de prosélytisme et de radicalisation islamique violente constituent une menace concrète pour la sécurité pénitentiaire et nationale. Le renforcement des protocoles bilatéraux avec les pays d’origine pour les expulsions, la simplification des procédures de transfert international et la promotion d’accords pour l’exécution de la peine dans les pays d’origine, sont nécessaires, dans le respect des garanties fondamentales.
Équité dans la santé pénitentiaire. Les détenus sont aujourd’hui exclus de toute participation aux dépenses de santé, même lorsqu’ils sont économiquement aisés : une injustice substantielle qui fait entièrement supporter le coût aux citoyens libres. On vise à l’introduction d’un système de participation proportionnée à la situation économique réelle de chaque détenu, par analogie avec ce qui est prévu pour la population libre. La pleine gratuité reste garantie exclusivement pour les personnes indigentes.
Réorganisation de la santé pénitentiaire et de la santé mentale. Le manque de personnel médical et psychiatrique dédié contribue à la forte incidence d’événements critiques, d’actes d’automutilation et de transferts externes évitables. Nos propositions : la définition de protocoles opérationnels contraignants entre l’administration pénitentiaire et les agences sanitaires locales, le renforcement des services sanitaires internes, la réduction des transferts aux seuls cas strictement nécessaires. Pour les détenus atteints de troubles psychiques graves, on propose l’extension des structures dédiées et prévision explicite et adéquate de parcours alternatifs à la détention ordinaire pour les cas d’incompatibilité avec le régime carcéral.
Circonstances aggravantes pour les délits commis en état de détention. Celui qui, se trouvant en état de détention ou soumis à une mesure conservatoire, commet de nouveaux délits (agressions contre le personnel, usage de drogue, émeutes, possession d’armes ou de téléphones, prosélytisme criminel, liens avec des organisations mafieuses depuis l’intérieur, etc.) doit répondre de peines significativement plus sévères. Introduction de circonstances aggravantes spécifiques et effectivement appliquées, augmentation de la peine en cas de récidive pendant la détention, limitation de l’accès aux avantages pénitentiaires pour les responsables de violations graves, et mesures de haute surveillance pour les détenus particulièrement dangereux.
Révision des éléments constitutifs du « délit de torture » : clarté, proportionnalité et protection pour les détenus et les agents. La réglementation en vigueur sur le délit de torture présente des ambiguïtés d’interprétation qui génèrent incertitude et risque de paralysie opérationnelle pour le personnel agissant dans des contextes d’urgence et de danger. Nous proposons une révision orientée vers une plus grande précision de la qualification pénale, principe cardinal du droit pénal, avec une définition plus précise des exigences de réitération et de gravité de la conduite. Il est nécessaire d’introduire une disposition valorisant le contexte opérationnel critique dans lequel agit le personnel, avec une formation spécifique et des lignes directrices uniformes. L’objectif est de protéger intégralement les droits fondamentaux sans transformer la norme en un instrument d’incertitude pour ceux qui garantissent la sécurité collective ni en une atteinte à la sécurité des détenus ayant une bonne conduite dans des contextes marqués par des comportements dangereux de certains.
La loi 110/2017, votée après des années de blocage parlementaire et sous la pression d’affaires très médiatisées (les décès de Stefano Cucchi et de Federico Aldrovandi, les violences policières lors du sommet du G8 de Gênes en 2001), a introduit dans le code pénal italien l’article 613-bis, définissant pour la première fois le délit de torture. Le texte, déjà critiqué à l’époque par les organisations de défense des droits humains (Amnesty International, le Comité européen pour la prévention de la torture) comme trop restreint par rapport à la définition de la Convention de l’ONU contre la torture — notamment parce qu’il exige une pluralité de conduites ou une réitération, ce qui exclut un acte de torture isolé mais particulièrement grave —, avait déjà fait l’objet de critiques pour son champ d’application restreint.
9— Énergie
Pour Futuro Nazionale, la politique énergétique est une question stratégique pour la sécurité du pays. Sans énergie sûre, accessible et à coûts soutenables, il n’existe ni industrie, ni croissance économique, ni protection du pouvoir d’achat des familles. Ces dernières années, l’Italie a payé le prix de choix erronés et d’une dépendance croissante envers l’étranger. Les crises internationales, la volatilité des prix et les contraintes normatives ont clairement montré combien notre système est fragile et combien le coût de l’énergie affecte directement la vie quotidienne des citoyens et la compétitivité des entreprises. La transition énergétique ne peut être subie : elle doit être gouvernée dans l’intérêt national. Pour Futuro Nazionale, il est temps de changer de cap. Non par des slogans, mais par une stratégie concrète et responsable : construire un système énergétique diversifié, solide, autonome et durable du point de vue économique. Notre ligne est claire : dépasser les oppositions idéologiques et adopter une approche pragmatique fondée sur la pluralité des solutions technologiques, adaptées aux différents secteurs et aux besoins réels du pays. Il faut disposer d’un panier énergétique aussi différencié que possible, exempt d’idéologie. Seul un mix équilibré de sources — renouvelables pilotables et non pilotables, gaz naturel, nucléaire de nouvelle génération, biomasse, charbon dans des installations innovantes et durables sur le plan environnemental — peut garantir sécurité, stabilité des prix et compétitivité. Toute rigidité idéologique excluant a priori des technologies ou partenaires commerciaux entiers nuit au pays. Un système énergétique fondé sur une seule ou quelques sources est par définition vulnérable : aux conditions météorologiques, aux interruptions des chaînes d’approvisionnement mondiales, aux décisions unilatérales de fournisseurs ou d’institutions supranationales. La diversification n’est pas une option, mais la condition nécessaire de la sécurité énergétique nationale. Futuro Nazionale propose donc une approche réaliste : aucune source n’est exclue a priori si elle est techniquement mature, économiquement soutenable et capable de contribuer à la stabilité du système. On évalue ce qui fonctionne, on observe ce que font les concurrents internationaux, et on choisit selon l’intérêt de l’Italie, non selon des modes, des slogans ou des feuilles de route imposées de l’extérieur. La stratégie peut se résumer aux principes suivants : sécurité des approvisionnements ; coût total du système (production, réseau, stockage, réserve, combustibles, importations) ; neutralité technologique ; gradualité et proportionnalité des politiques énergétiques ; souveraineté industrielle européenne et nationale ; subsidiarité territoriale ; responsabilité envers les générations futures sans transférer de dette ni de coûts cachés. Une stratégie crédible part des chiffres, non de leur sélection idéologique. L’Italie a accéléré sur les énergies renouvelables électriques, mais reste dépendante des importations de combustibles, des interconnexions et des chaînes mondiales pour les technologies et matières premières, et continue de présenter des déficits de réseau. Le problème n’est pas de choisir entre autonomie absolue et interdépendance : l’autarcie énergétique n’est pas réaliste. La tâche consiste à réduire les dépendances excessives, à rendre les approvisionnements substituables et à construire une capacité interne dans les segments les plus stratégiques. Parmi les mesures concrètes et immédiatement réalisables, Futuro Nazionale propose l’adoption de l’heure d’été permanente toute l’année, avec une économie potentielle de plusieurs dizaines de millions d’euros par an, et la réduction des charges sur les factures par la suppression des aides aux nouvelles installations d’énergies renouvelables (éolien et solaire lorsqu’elles ne sont pas économiquement autosuffisantes) des factures des citoyens. Ces choix réduisent les coûts énergétiques sans sacrifier la sécurité du système, et restituent du pouvoir d’achat aux familles et de la compétitivité aux entreprises.
Contre l’idéologie verte : critique du Green Deal, du Fit for 55 et des politiques européennes
Futuro Nazionale exprime une opposition ferme aux politiques énergétiques et environnementales européennes fondées sur des dogmes idéologiques plutôt que sur des preuves scientifiques, sur la rentabilité économique et sur l’intérêt national. Le Green Deal européen, le paquet Fit for 55, la stratégie 20-20-20 et toutes les déclinaisons des mêmes politiques climatiques contraignantes qui ont imposé à l’Italie et aux autres États membres des échéances forcées, des interdictions punitives et des obligations de transformation pesant lourdement sur les familles, les entreprises et les filières de production, n’ont pas garanti en retour ni sécurité énergétique ni réduction réelle des émissions mondiales. Ces politiques, nées d’une approche idéologique privilégiant la pureté environnementale au détriment de la compétitivité industrielle et de la protection sociale, ont produit des effets déformants : hausse des coûts énergétiques, délocalisation d’activités productives, dépendance à des matières premières et technologies contrôlées par des puissances extra-européennes, et fragilité croissante du système électrique face à l’intermittence des sources renouvelables non pilotables. L’objectif de 20 % de renouvelables, 20 % d’efficacité et 20 % de réduction des émissions a été poursuivi avec des mécanismes d’incitation ayant généré des charges de système encore présentes aujourd’hui sur les factures, sans avoir résolu le problème de la pilotabilité et de la sécurité des approvisionnements. Le Fit for 55 et les accélérations ultérieures vers la neutralité climatique en 2050 ont encore rigidifié le cadre, en imposant des échéances de sortie des moteurs thermiques, des obligations de rénovation des bâtiments et des objectifs d’électrification qui ne tiennent pas compte des spécificités du parc immobilier italien, des réseaux électriques, de la structure industrielle et des conditions climatiques et géographiques du pays. L’Italie ne peut plus accepter de subir des diktats de Bruxelles menaçant la stabilité de son tissu industriel et le pouvoir d’achat des citoyens. Une révision radicale de ces orientations est nécessaire, au nom de la souveraineté nationale et du réalisme économique. La protection de l’environnement est une valeur partagée, mais elle ne peut devenir le prétexte de politiques appauvrissant les nations et transférant la production — et les émissions correspondantes — ailleurs. L’une de nos limites n’est pas le manque de plans : c’est la distance entre l’annonce, l’autorisation, le chantier et le résultat. Il faut une nouvelle architecture de gouvernance de la sécurité énergétique, avec des délais certains, des responsabilités identifiables et une analyse indépendante du coût total du système pour les grands choix d’infrastructure.
Approvisionnements : rouvrir les canaux commerciaux et diversifier les partenaires
Il est important de rouvrir les canaux d’achat de gaz russe et auprès de tous les partenaires commerciaux souhaitant commercer des matières premières énergétiques avec nous. La sécurité énergétique ne se construit pas par des isolements idéologiques, mais par un réseau large et pragmatique de relations commerciales et diplomatiques. L’Italie doit évaluer toutes les options également en fonction de ce que font les autres acteurs internationaux : de nombreux pays européens et extra-européens recalibrent déjà leurs stratégies, reprenant ou renforçant l’usage du charbon dans des centrales innovantes et durables sur le plan environnemental, modernisant les installations existantes et investissant dans les technologies de captage et de stockage du CO₂. Nous ne pouvons pas nous permettre de prendre du retard ou de nous priver de solutions que d’autres utilisent avec succès pour garantir la charge de base et la stabilité des prix. Le gaz naturel reste, à moyen terme, un pilier de l’équilibrage du système électrique et thermique italien. Fermer a priori des canaux d’approvisionnement pour des raisons idéologiques ou géopolitiques unilatérales revient à accepter des prix plus élevés et une plus grande volatilité, avec des effets directs sur les familles et les entreprises. Une politique énergétique souveraine évalue les contrats sur la base de la fiabilité, de la compétitivité et de la continuité des approvisionnements, non sur la base d’alignements automatiques sur les choix d’autrui. La reprise des extractions dans les gisements nationaux, l’exploitation pleine des ressources du sous-sol et des mers et la consolidation de l’Italie comme hub énergétique de la Méditerranée, font partie intégrante de cette stratégie de souveraineté. Nous sommes favorables à l’utilisation des stockages nationaux de gaz et de pétrole, à condition qu’ils ne nuisent pas à l’environnement (comme dans le cas de la subsidence) et aux communautés locales, avec des redevances alignées sur le reste de l’Europe et des retombées adéquates pour les territoires.
L’efficacité énergétique : le premier pilier
La première forme d’énergie est celle qui n’est pas consommée : économiser signifie réduire les coûts directs et éviter de nouveaux investissements. C’est pourquoi toute politique énergétique sérieuse doit partir de l’efficacité. Au fil du temps, l’Italie a démontré sur le terrain sa valeur, devenant une référence européenne dans le secteur industriel et résidentiel. Cependant, beaucoup reste à faire. Le parc immobilier italien est, pour plus de 60 %, antérieur aux années 1980, et donc caractérisé par des performances énergétiques inférieures aux normes actuelles, surtout dans les petites communes et les périphéries urbaines. La fragmentation normative et la complexité bureaucratique ont souvent ralenti des interventions qui pourraient être rapides et efficaces. Il est nécessaire de dépasser la logique des incitations d’urgence pour miser sur des politiques structurelles, stables et prévisibles. Futuro Nazionale propose un plan organique de long terme fondé sur trois principes : stabilité normative, simplification administrative et sélectivité des interventions. Les ressources publiques doivent être orientées en priorité vers les bâtiments les plus énergivores et les familles ayant la moindre capacité d’investissement. L’objectif est d’intervenir sur au moins trois millions de logements, en ne comptant que les travaux produisant une amélioration mesurable des besoins, de la classe énergétique et des coûts. Dans le domaine industriel, on considère prioritaire la relance de la cogénération à haut rendement et l’accompagnement des entreprises dans un parcours de modernisation des processus (récupération de chaleur, moteurs et onduleurs efficaces, numérisation, pompes à chaleur industrielles), réduisant les consommations et la dépendance aux approvisionnements tout en préservant la compétitivité, sans lourdeurs bureaucratiques supplémentaires. L’innovation et le développement autonome de nos filières doivent être la priorité absolue, libérant l’Italie de tout chantage bureaucratique, y compris extérieur, risquant de se transformer en nouveaux impôts patrimoniaux occultes. Aucune sanction généralisée sur la simple possession immobilière, aucune obligation technologique uniforme et aucune échéance dépourvue d’instruments financiers pour les familles vulnérables, les copropriétés, les petites communes et les centres historiques ne sera acceptée.
Nucléaire de nouvelle génération
Futuro Nazionale soutient le retour de l’Italie à l’énergie nucléaire. Alors que le monde entier développe et renforce cette source pour garantir une énergie propre, sûre et constante, l’Italie ne peut rester en arrière. Les nouvelles technologies nucléaires, à commencer par les petits réacteurs modulaires (SMR — Small Modular Reactors) et les réacteurs avancés (AMR), seront des alliés fondamentaux pour réduire les coûts des factures et garantir l’autonomie stratégique nationale lorsque les sources renouvelables atteindront leur limite d’intégration efficace dans le système électrique. Rouvrir la voie à la fission de dernière génération est le seul moyen de restaurer et de valoriser les extraordinaires compétences scientifiques et industrielles que possède l’Italie, en préparant la filière et les centres de recherche au défi stratégique de la fusion nucléaire. Le retour au nucléaire demandera un délai non inférieur à 20 ans entre autorisations, construction et mise en service, mais représente un choix stratégique pour garantir, à long terme, une capacité stable (firm power) et des prix prévisibles, en complémentarité avec les sources renouvelables. Les décisions devront être prises par phases, avec une confrontation transparente des alternatives et une évaluation du coût total du système. La production d’hydrogène à basses émissions pour les secteurs difficiles à décarboner (engrais, raffinage, sidérurgie, chimie, ports, aviation et navigation) restera liée, à l’échelle industrielle, à la disponibilité d’une charge de base continue et à faible coût, que seul le nucléaire de nouvelle génération — avec un mix renouvelable pilotable — peut garantir de manière structurelle.
Énergie électrique : sécurité, diversification et développement
Le système électrique est un pilier de la sécurité nationale, mais son développement doit suivre des critères de soutenabilité économique et de logique industrielle. Nous rejetons l’idéologie de l’électrification forcée à tout prix : il existe des secteurs industriels et civils entiers difficilement électrifiables de manière économiquement soutenable, nécessitant des solutions avec des vecteurs énergétiques alternatifs, y compris l’hydrogène. La croissance de la capacité de production électrique sert à garantir la compétitivité, non à poursuivre des utopies normatives difficilement réalisables. L’Italie a connu une importante croissance du photovoltaïque et des renouvelables, allant de pair avec une hausse des factures. Ce développement doit être géré avec un équilibre rigoureux entre soutenabilité économique et sociale. Les sources non pilotables présentent des « coûts de non-production » élevés : l’intermittence du soleil et du vent nécessite l’intervention continue de centrales stables de réserve, avec des charges d’équilibrage élevées. Les études sur le système de transmission national montrent que ces sources, en raison de limites structurelles d’intégration et de coûts de système, ne peuvent, à moyen terme, couvrir intégralement les besoins sans une augmentation significative des coûts liée au stockage, à la réserve et au surdimensionnement de la capacité installée. Les besoins électriques italiens s’élèvent à environ 300-320 TWh par an, avec des pics de charge supérieurs à 55 GW. Toute stratégie crédible doit garantir la couverture même en cas de faible production renouvelable intermittente. Le gaz naturel continuera à jouer un rôle d’équilibrage à travers des installations à cycle combiné. Le développement du stockage (électrochimique et pompage hydroélectrique) sera essentiel pour la flexibilité, mais ne peut se substituer intégralement à la capacité de production pilotable. Les réseaux doivent être modernisés en réduisant drastiquement les délais d’autorisation et de raccordement (aujourd’hui parfois de 3 à 5 ans). L’autoproduction et les communautés énergétiques doivent favoriser l’autoconsommation réelle, réduisant les flux à longue distance, les pertes de réseau et les charges pour la collectivité. Objectifs : renforcement du réseau ; réduction des délais de raccordement à moins de 18 mois ; stockage : +15 GW d’ici 2035 ; capacité pilotable : +20 GW d’ici 2040.
Photovoltaïque et éolien : une place dans le mix énergétique, avec des limites claires
Au sein d’un panier énergétique différencié et pragmatique, le photovoltaïque et l’éolien sont des sources potentiellement utiles, bien qu’avec des limites notables devant être relevées. Il n’existe aucune exclusion idéologique à leur égard : ils contribuent à la diversification, produisent de l’énergie à faible coût marginal lorsque le soleil et le vent sont disponibles, et peuvent réduire la dépendance aux combustibles importés durant les heures de forte production. Cependant, reconnaître leur rôle ne signifie pas ignorer leurs limites technologiques, économiques et systémiques, déjà mises en évidence par l’expérience italienne de ces dernières années. Les sources renouvelables non pilotables présentent une série de limites structurelles affectant leur intégration dans le système électrique. La nature intermittente du soleil et du vent nécessite le soutien constant de centrales de réserve, entraînant des coûts d’équilibrage et de non-production. Même à moyen terme, l’idée de couvrir intégralement les besoins électriques avec ces technologies implique des investissements significatifs en stockage, réserve et surdimensionnement de la capacité installée, avec une augmentation inévitable des coûts de système. S’y ajoute l’impact sur les factures des aides et charges encore présentes, pesant sur les familles et les entreprises. D’un point de vue industriel, la dépendance envers des filières extra-européennes — surtout chinoises — pour les modules, onduleurs, pales et composants critiques fait qu’une grande partie de la valeur ajoutée ne reste ni en Italie ni en Europe. Les systèmes de stockage, eux aussi indispensables pour équilibrer le réseau, ne sont stratégiques que s’ils sont développés par une filière nationale ou européenne, l’importation totale en réduisant le bénéfice. Enfin, l’installation de grandes centrales peut exercer une pression importante sur le territoire et le paysage, en particulier lorsqu’elle concerne des sols agricoles ou des zones de valeur, générant des difficultés supplémentaires à gérer. La logique de Futuro Nazionale est claire : le photovoltaïque et l’éolien doivent soutenir autant que possible l’économie et la filière industrielle italienne et européenne — ce qui n’est aujourd’hui pas suffisamment le cas. Toute nouvelle capacité installée devrait être accompagnée d’engagements sur le contenu européen, le recyclage, la réparabilité et le développement de capacités de production internes dans les segments où l’Italie et l’Europe peuvent construire des avantages (électronique de puissance, câbles, onduleurs, structures, systèmes de contrôle). Les systèmes de stockage associés aux renouvelables intermittentes doivent privilégier des solutions et composants de filière nationale et européenne, évitant de remplacer une dépendance (combustibles) par une autre (technologies et matières premières critiques). Quant au photovoltaïque, il a pleinement sa place pour accompagner les nouvelles constructions, comme cela se fait déjà. Nous sommes favorables à poursuivre — sans charge supplémentaire sur les factures — le repositionnement et l’installation sur parkings, toits, structures agricoles, hangars industriels, bâtiments publics (dont gymnases et installations sportives), entrepôts et zones déjà compromises ou imperméabilisées. Nous sommes en revanche totalement opposés à l’occupation de terres agricoles et de sols productifs : le sol agricole n’est pas un espace vide à combler de panneaux, mais une ressource stratégique pour l’alimentation, le paysage et les économies locales. De même, pour l’éolien, nous sommes opposés aux éoliennes lorsqu’elles défigurent des paysages de beauté incomparable. La protection du paysage n’est pas un prétexte au blocage total, mais la décarbonation ne peut non plus devenir un prétexte pour effacer l’identité des lieux, l’agriculture ou la biodiversité. La solution réside dans une planification préalable, la priorité aux sites déjà compromis ou aux solutions offshore là où elles sont durables sur les plans environnemental et paysager, et des compensations stables pour les territoires accueillant les infrastructures.
Hydroélectrique : une source renouvelable pilotable par excellence
Sur le front des sources propres, la relance des technologies renouvelables capables de garantir une charge de base et une pilotabilité est prioritaire. L’énergie hydroélectrique doit recevoir une attention particulière, car, outre son efficacité au niveau de la production, elle est également pilotable : lorsqu’il y a un excès d’énergie sur le réseau (par exemple lors des heures de forte production photovoltaïque), l’eau peut être repompée en amont via des installations de pompage (pumped-storage hydroelectricity). L’installation fonctionne ainsi comme un système de stockage à grande échelle et longue durée : en phase de production, l’eau turbinée produit de l’électricité ; en phase de pompage, l’électricité excédentaire est convertie en énergie potentielle gravitationnelle de l’eau élevée, prête à être relâchée lorsque la demande le requiert. Les pompages hydroélectriques sont parmi les solutions les plus matures, éprouvées et avantageuses pour accroître la flexibilité du système électrique et intégrer les sources intermittentes, sans les coûts élevés, les difficultés d’approvisionnement en matières premières critiques (lithium, cobalt, nickel) et les limitations de durée de vie propres aux batteries électrochimiques à grande échelle. L’hydroélectrique italien représente une ressource stratégique historique à protéger, moderniser, rendre plus efficace et renforcer, en la libérant de contraintes bureaucratiques excessives limitant son développement et son entretien. Investir dans la réalisation de nouveaux bassins, le renforcement des bassins existants, la réalisation de nouvelles installations de pompage là où c’est géographiquement et écologiquement faisable, et la numérisation de la gestion des réservoirs, signifie renforcer la capacité d’équilibrage du système national de manière structurelle et durable. Le repowering des installations existantes et la numérisation de la gestion des réservoirs permettent d’augmenter la production et la réactivité du parc hydroélectrique sans nouvelles interventions territoriales invasives. Là où c’est géographiquement et écologiquement faisable, de nouvelles installations de pompage pur ou mixte renforcent la capacité de stockage longue durée, essentielle pour équilibrer la pénétration des sources non pilotables et réduire les coûts d’équilibrage. Cet engagement s’inscrit dans un grand Plan national de l’eau, prévoyant également la construction de nouveaux barrages et la réévaluation du projet de régulation du Pô et des autres cours d’eau. Dans ce cadre, le potentiel hydroélectrique des grands fleuves et des cours d’eau mineurs doit être relancé, à travers des interventions de modernisation et la diffusion d’installations mini et micro-hydroélectriques. Les nouvelles turbines hydrauliques ont atteint des niveaux significatifs de rendement, de fiabilité et d’efficacité. La simplification des procédures d’autorisation et la réhabilitation des ouvrages existants peuvent favoriser une augmentation de la production renouvelable sans recourir à de nouvelles infrastructures fortement invasives. L’hydroélectrique n’est pas une technologie du passé : c’est un instrument moderne de stabilisation du réseau, de stockage et de valorisation durable des ressources hydriques nationales, complémentaire — et non substitutif — des autres sources renouvelables.
Biomasse ligneuse et gestion forestière active
Tout aussi central est l’usage de la biomasse ligneuse. En Italie, le patrimoine forestier a augmenté de plus de 30 % au cours des trente dernières années. Transformer cette forêt en friche en une forêt pérenne et exploitable pour la biomasse et la filière bois est une clé importante à insérer dans le panier énergétique. Une gestion forestière active, durable et orientée vers la production de biomasse et de bois permet de valoriser les zones intérieures, de créer de l’emploi local, de réduire le risque d’incendies et de glissements de terrain, et de fournir une source d’énergie renouvelable pilotable et ancrée dans le territoire. La filière bois-énergie, si elle est gérée selon des critères de durabilité et de renouvellement continu de la forêt, est un exemple concret d’économie circulaire et de développement des zones rurales et montagnardes. Il ne s’agit pas de piller le patrimoine forestier, mais de le gérer activement : la forêt laissée à l’abandon devient un risque (incendies, instabilité hydrogéologique), tandis que la forêt cultivée et renouvelée produit énergie, matériaux, emploi et protection environnementale. Futuro Nazionale estime qu’il s’agit là de l’un des leviers les plus concrets et immédiatement activables pour renforcer la composante pilotable du mix énergétique national, avec des retombées positives sur le territoire et l’emploi. Les biomasses solides doivent provenir de filières locales durables, avec des installations à haute efficacité et des limites d’émissions adaptées aux zones critiques.
Biométhane et biogaz
Le biométhane et le biogaz doivent être produits exclusivement à partir de sous-produits et de déchets agricoles, agro-industriels et de la fraction organique de la collecte sélective (FORSU). Cette règle de durabilité est contraignante : aucune conversion de sols agricoles vers des cultures dédiées, aucune concurrence avec la filière alimentaire et aucune incitation à l’importation opaque de matières premières. La bioénergie ainsi obtenue représente un vecteur polyvalent, utilisable tant pour la production d’électricité que pour la mobilité lourde ou l’injection dans le réseau. Elle permet en outre de valoriser déchets et effluents en les transformant en énergie, en engrais organiques via le digestat, et en un atout stratégique pour le renforcement des économies rurales. Futuro Nazionale propose de consolider les installations existantes et de construire une trajectoire vers 5-6 milliards de m³ par an d’ici 2035, sous réserve d’une cartographie vérifiée des matières durables, du contrôle des fuites de méthane, de la couverture des bassins et de la protection des eaux. La connexion au réseau ou l’usage local doivent être évalués là où le bénéfice systémique est le plus grand : transports lourds, chaleur de process, industrie et production flexible. Les installations de biogaz agricoles en fin de vie représentent une opportunité à ne pas gaspiller. Là où c’est économiquement soutenable, elles peuvent être converties en biométhane ou poursuivre jusqu’à leur fin de vie utile, sans peser ou en pesant a minima sur la fiscalité générale. Une politique pragmatique doit faciliter ces conversions par des procédures allégées et sans nouvelles charges pour la collectivité, en reconnaissant la valeur environnementale et économique de ces filières locales. Il ne s’agit pas de créer de nouveaux régimes d’incitation coûteux, mais de permettre à des installations déjà existantes et à des entreprises agricoles ayant investi dans ces technologies d’achever leur cycle de vie utile ou de se reconvertir là où les comptes économiques le permettent. Cette approche respecte le principe de ne pas peser davantage sur la fiscalité générale et la facture des citoyens, tout en valorisant le potentiel de décarbonation et d’économie circulaire déjà présent sur le territoire.
Énergie thermique : souveraineté, ressources nationales et territoire
L’énergie thermique absorbe une part importante des consommations énergétiques italiennes. Les particularités du parc immobilier et les différences climatiques rendent impraticable un modèle technologique unique : la transition doit rejeter toute imposition idéologique ou directive extérieure dévalorisant le logement et pesant sur les familles. Le développement du secteur exige pragmatisme et véritable diversification. Les pompes à chaleur ne sont pas applicables partout ni rapidement : les systèmes hybrides (chaudière à haut rendement et pompe à chaleur) sont idéaux pour protéger les centres historiques et ne pas surcharger le réseau électrique. Le gaz naturel, y compris d’origine biologique, reste un pilier de la sécurité et de la durabilité pour les familles et les entreprises. Pour garantir cette sécurité, l’Italie doit poursuivre l’indépendance de ses approvisionnements, en accélérant la reprise des extractions dans les gisements nationaux et en exploitant pleinement les ressources du sous-sol et des mers. Les ressources nationales ne peuvent garantir l’autosuffisance, mais peuvent contribuer à réduire la dépendance envers l’étranger et à accroître la résilience du système. Le réseau d’infrastructures existant doit être protégé et renforcé, en le préparant au transport d’hydrogène et de gaz renouvelables : une infrastructure stratégique qui, alliée à notre position géographique, doit consolider l’Italie comme hub énergétique de la Méditerranée. Les sources pilotables et ancrées dans le territoire nécessitent un développement supplémentaire : le biométhane, la géothermie et l’usage des biomasses sont un instrument formidable pour libérer le potentiel des économies locales, y compris en termes d’emploi. Dans les zones urbaines, le chauffage urbain doit être renforcé, en récupérant la chaleur résiduelle des industries et des usines de valorisation énergétique des déchets pour chauffer des quartiers entiers, en éliminant le gaspillage. L’efficacité des installations et des immeubles doit suivre un parcours durable, soutenu par des politiques structurelles et stables.
Transports et mobilité : pluralité technologique et souveraineté industrielle
La décarbonation des transports exige une approche pragmatique et libre de dogmes écologistes. La mobilité électrique est une option utile dans certains contextes urbains, mais ne peut être imposée comme la seule voie possible. Les contraintes résiduelles et les échéances forcées de la programmation européenne à 2035 ne peuvent plus être acceptées : bien que Bruxelles ait été contrainte de faire un premier pas en arrière en réajustant les anciennes obligations de suppression totale et en s’ouvrant aux carburants alternatifs pour les moteurs thermiques, le dispositif normatif actuel continue de menacer la filière automobile italienne et d’imposer des transitions économiquement insoutenables. La révision européenne de 2035 reste un dossier politique ouvert et ne doit pas être présentée comme une modification déjà approuvée. Futuro Nazionale défend le principe de la pluralité technologique. L’objectif doit être la réduction des émissions réelles sur l’ensemble du cycle de vie des véhicules, en garantissant que les différentes solutions soient en libre concurrence sur le marché. Aux côtés de l’électrique, nous soutenons la pleine reconnaissance et l’adoption des biocarburants avancés (HVO) et des carburants synthétiques (e-fuels), solutions stratégiques pour annuler l’impact environnemental tout en défendant les moteurs thermiques et les véhicules déjà en circulation. Dans les segments commerciaux difficilement électrifiables — transport lourd, maritime et aviation —, le vecteur stratégique sera l’hydrogène, dont la production à basses émissions à l’échelle industrielle exige toutefois un approvisionnement massif, continu et à faible coût en électricité : une charge de base que les sources intermittentes ne peuvent physiquement garantir, et qui reste liée au retour à la production électro-nucléaire de dernière génération. Sur le plan des infrastructures, l’État doit se concentrer sur le renforcement de la logistique ferroviaire et portuaire et la modernisation des transports publics, réduisant la congestion routière sans imposer d’interdictions punitives. La transition de la mobilité doit être guidée par le bon sens, empêchant que les coûts de la transformation retombent de manière disproportionnée sur les citoyens, les travailleurs de la filière automobile et les habitants des zones périphériques. Pour les voitures urbaines et les flottes, priorité à l’électrique, à l’hybride efficace et aux transports publics ; pour le parc automobile existant, HVO et biocarburants durables compatibles, sans mise à la casse obligatoire indiscriminée ; pour le transport lourd, électrique sur les trajets adaptés, biométhane, HVO et hydrogène dans des corridors sélectionnés ; pour l’aviation et le transport maritime, SAF, e-fuels et biocarburants avancés ; pour le ferroviaire et la logistique, électrification, intermodalité et numérisation.
Conclusions
Sans souveraineté énergétique, il n’y a pas de souveraineté nationale. L’Italie possède les compétences industrielles, scientifiques et technologiques pour construire un système énergétique autonome, sûr et compétitif. Ce qui a manqué jusqu’à présent n’est pas la capacité, mais une direction claire et cohérente. Futuro Nazionale propose un choix net : sortir d’une phase de dépendance structurelle et renouer avec une gouvernance notre avenir énergétique qui soit à la fois responsable et porteuse d’une vision de long terme. Cela signifie garantir la sécurité des approvisionnements, matières premières comprises, la stabilité des prix et la soutenabilité économique de la transition énergétique. Cela signifie protéger les familles de la flambée des factures, défendre l’emploi et la production, renforcer la compétitivité du système industriel italien. Cela signifie, surtout, redonner au pays la capacité de décider de manière autonome de ses ressources stratégiques. Cela signifie rejeter l’idéologie verte qui se traduit par appauvrissement et dépendance, et choisir à la place un panier énergétique large, réaliste et orienté vers l’intérêt national. En résumé, le programme énergétique de Futuro Nazionale repose sur cinq piliers indissociables : un panier énergétique le plus différencié possible et libre d’idéologies ; la réouverture pragmatique de tous les canaux commerciaux d’approvisionnement, y compris la Russie et tout partenaire disposé à commercer des matières premières énergétiques ; la priorisation des sources pilotables — hydroélectrique avec repompage, biomasses issues de forêts gérées, biométhane issu uniquement de sous-produits et déchets, géothermie et, à long terme, nucléaire de nouvelle génération — ; le rejet net du Green Deal, du Fit for 55 et de toute politique européenne qui sacrifie la compétitivité et souveraineté pour défendre un agenda idéologique ; enfin, l’efficacité énergétique comme première forme d’économie et de renforcement de la sécurité nationale. La voie indiquée est claire et réalisable. Elle ne requiert ni miracle technologique ni sacrifice déraisonnable pour les familles et les entreprises. Elle requiert en revanche du courage politique, de la rigueur technique et la volonté de placer l’intérêt national au-dessus de toute appartenance idéologique ou alignement automatique sur des choix pris ailleurs. Futuro Nazionale s’engage à porter cette vision dans les institutions européennes et internationales, en défendant la liberté de choix technologique, la sécurité des approvisionnements et le droit de l’Italie à décider de son propre avenir énergétique. Le temps des politiques idéologiques est terminé : c’est le temps de la souveraineté, de la diversification et du pragmatisme.
10— Défense
Dans le domaine de la défense, Futuro Nazionale s’inspire des modèles de souveraineté nationale et de capacité de défense face aux menaces extérieures, en misant sur des forces armées à la pointe de la technologie et entièrement vouées à la protection des intérêts italiens. Le parti reconnaît le rôle essentiel des forces armées dans la protection de la patrie et dans le cadre des alliances internationales, mais revendique pour l’Italie le droit de décider en toute indépendance de son niveau de réarmement et de sa contribution aux missions à l’étranger, tout en respectant le principe constitutionnel selon lequel l’Italie rejette la guerre comme instrument d’atteinte à la liberté des autres peuples et comme moyen de résolution des différends internationaux, conformément à la doctrine juridique chrétienne de la guerre juste, subordonnée aux conditions de proportionnalité, de riposte à une agression et de perspective d’amélioration de la situation.
Parmi les points clés de la politique de défense, on peut citer :
Adéquation des investissements militaires, sans pour autant se soumettre à des agendas fixés par d’autres. Il faut garantir des fonds suffisants pour maintenir un appareil militaire efficace et à la hauteur des défis contemporains, tout en évitant toutefois les courses aux dépenses imposées de l’extérieur. Nous rejetons fermement le projet d’augmentation des dépenses militaires à 5 % du PIB sous la pression de l’OTAN et de l’UE, en soulignant que ni l’OTAN ni d’autres organisations transnationales ne sauraient imposer des politiques de dépenses qui, à l’heure actuelle, ne semblent pas même liées à des exigences de capacité, et que ce sont les pays eux-mêmes qui doivent décider du montant à consacrer à leur défense, sur la base d’une évaluation sérieuse, précise et structurée de la menace et en fonction des ressources disponibles. Le parti soutiendra donc un niveau de dépenses de défense proportionné aux besoins stratégiques réels de l’Italie, en évitant que des coûts excessifs pèsent sur les citoyens et n’entraînent une réduction des dépenses les plus urgentes et essentielles. Il faut savoir identifier les véritables menaces qui pèsent sur notre pays, à savoir aujourd’hui notamment l’invasion par des peuples étrangers et la destruction du système social occidental, et non la prétendue « menace russe ».
Le parti s’opposera à la mise en œuvre du prêt SAFE. Futuro Nazionale est opposé à toute forme d’endettement commun et, a fortiori, à l’instrument Security Action For Europe (SAFE). Il s’agit, en effet, d’une nouvelle dette qui reste à la charge de la nation qui en fait la demande et qui, pour être dépensée, est subordonnée aux priorités de Bruxelles et non aux véritables besoins du demandeur, c’est-à-dire de l’Italie. La technique de la dette commune est d’ailleurs utilisée depuis des décennies comme un moyen de priver les États de leur souveraineté. Dans ce cas également, la dérogation au Pacte de Stabilité et croissance est accordée pour des dépenses qui n’ont rien à voir avec les besoins de l’Italie et des peuples européens, alors qu’il n’y a pas de dérogations pour les véritables urgences : le renvoi des migrants, le soutien aux entreprises et aux familles, la réduction du coût de l’énergie et la relance démographique. Le prêt du SAFE devra être remboursé à partir de 2035, parallèlement au PNRR, qui s’élève à environ 8 milliards par an. Ajouter 700 000 euros supplémentaires par an au SAFE ne nous semble ni raisonnable ni conforme à l’intérêt national. Au contraire, la nécessité de rembourser les dettes contractées entraînera une pression fiscale accrue qui pénalisera surtout les jeunes qui viennent d’être embauchés et les individus aux salaires les plus bas, ce qui ne fera que favoriser leur émigration au lieu de la contrer.
Défense des frontières nationales. En synergie avec les politiques visant à mettre un terme à l’immigration clandestine, le parti considère les Forces armées comme un outil permettant de protéger les frontières terrestres, maritimes et aériennes contre l’immigration clandestine, mais aussi de préserver les dimensions électromagnétiques et cybers contre toute intrusion hostile. Il propose de renforcer la surveillance des frontières, notamment par le recours à la Marine militaire pour des patrouilles et des opérations d’interception ciblées en Méditerranée, dans le respect du droit international. L’Italie doit pouvoir contrôler qui et quoi entre sur son territoire : il s’agit d’une fonction souveraine incontournable, qu’il faut exercer avec détermination.
Des forces armées bien équipées. Nous affecterons les ressources existantes, proportionnées aux besoins réels, à des programmes qui doteront nos militaires d’équipements de pointe et sûrs, et nous miserons sur le développement de l’industrie nationale de la défense, sachant qu’aujourd’hui, l’Europe paie le prix fort pour de nombreux outils d’armements en raison de chaînes d’approvisionnement affaiblies ; Futuro national cherche à relancer des secteurs stratégiques (construction navale, aérospatiale, électronique militaire) en Italie, afin de réduire les coûts et la dépendance vis-à-vis de l’étranger, tout en créant des emplois qualifiés. L’idée n’est pas d’augmenter les dépenses militaires, mais de dépenser moins tout en bénéficiant d’une plus grande autonomie stratégique et productive. Quoi qu’il en soit, un réarmement significatif et le renouvellement de nos arsenaux ne peuvent avoir lieu dans un contexte où les coûts de l’énergie et des matières premières sont exorbitants. Parallèlement, une attention particulière sera accordée au bien-être des forces armées : une formation constante, sérieuse et efficace ; des carrières adaptées au mérite ; l’identification et l’exploitation de zones d’entraînement proches des garnisons ; l’ajustement des salaires et des prestations sociales ; une attention particulière aux familles ; un soutien aux anciens combattants.
Un engagement international responsable. En ce qui concerne les missions militaires à l’étranger, Futuro Nazionale adoptera une ligne prudente et axée sur l’intérêt national prioritaire, conformément à ce qui est décrit en détail dans le chapitre « Affaires étrangères, UE, géopolitique, souveraineté ». L’Italie honorera ses engagements envers ses alliés s’ils venaient à être attaqués (clause de défense, art. 5 du Traité de l’Atlantique Nord) et luttera contre le terrorisme, mais refusera de participer à des interventions militaires aventuristes, contraires à ses intérêts directs ou dont le but est d’« exporter la démocratie ». La politique étrangère et la politique de défense seront étroitement coordonnées : la priorité sera donnée à la diplomatie préventive et à la résolution politique des crises, le recours à la force n’étant envisagé qu’en dernier recours et toujours dans le cadre d’un dialogue ouvert avec tous les principaux acteurs stratégiques mondiaux.
Utilisation de l’instrument militaire à l’échelle territoriale. Futuro Nazionale estime qu’en temps de paix, les ressources opérationnelles des forces armées peuvent être utilement mobilisées pour renforcer la sécurité intérieure et protéger le territoire en tirant parti des caractéristiques uniques et particulières que l’instrument militaire offre. Dans cette perspective, notre programme promeut un recours subsidiaire à celui-ci, coordonné avec les autorités civiles et de sécurité publique, visant à la réhabilitation de zones caractérisées par des niveaux élevés de criminalité et de dégradation, ainsi qu’à la protection des infrastructures stratégiques et des espaces publics sensibles. L’objectif n’est pas de se substituer aux compétences des forces de police, mais de compléter la capacité de l’État à réaffirmer sa présence, son contrôle et la légalité sur le territoire national, en valorisant le professionnalisme, le dynamisme, les capacités opérationnelles mobilisables et la capacité logistique des Forces armées, y compris dans des contextes particuliers de sécurité urbaine. Le déploiement des Forces armées dans des contextes de sécurité intérieure doit mettre en valeur leurs caractéristiques et leurs capacités opérationnelles et ne pas être considéré, comme cela a malheureusement souvent été le cas, comme une forme de remplacement temporaire des forces de l’ordre, à l’occasion de missions de déploiement statique. Cette orientation vise à renforcer le sentiment de sécurité des citoyens et à rendre visible la volonté effective de l’État de surveiller et de protéger ses propres espaces. Bien entendu, des pouvoirs et des qualifications juridiques spécifiques devront être accordés aux unités militaires afin qu’elles puissent opérer efficacement et mettre pleinement à profit leurs compétences.
Recrutement, carrières et stabilisation. Nous défendons un système de recrutement qui mette l’accent sur les compétences objectives, la méritocratie, la disponibilité et la transparence. Nous prévoyons des concours réservés aux membres des unités de renfort ayant au moins 36 mois de service et moins de 50 ans, ainsi qu’un système de notation fondé sur l’expérience, les diplômes, les brevets et les mérites.
Pour les reservistes, le passage au statut permanent est prévu après un nombre défini de rappels. Les parcours professionnels seront clairs, linéaires et méritocratiques.
Valorisation de la culture de la défense. Futuro Nazionale promeut le respect de nos Forces armées et la fierté de leur histoire et de leur engagement. Nous soutenons une culture de la défense fondée sur la responsabilité, la discipline, le mérite et la fierté nationale. Dans les lycées, des modules d’éducation à la défense et à la sécurité nationale seront mis en place, afin de mettre en avant l’excellence de nos forces armées et d’attirer les jeunes les mieux dotés concernant les qualités requises pour exercer cette fonction particulière au service de la défense du pays. Nous mettrons en place un modèle innovant d’échanges entre la Défense et les citoyens : des initiatives seront soutenues pour sensibiliser les jeunes au rôle joué par les militaires, par exemple à travers des programmes dans les écoles et la participation volontaire à des stages et activités extérieures de formation à l’éducation militaire à vocation civique.
Le service militaire en Italie est suspendu depuis 2005 : sa réintroduction a été, tout au long des années Dix et au début des années Vingt, une proposition du centre droite, de Matteo Salvini en 2024 et 2026 jusqu’au ministre de la Defense Guido Crosetto en 2025.
Ainsi, nous considérons la Défense nationale comme un pilier incontournable de la souveraineté réelle. Un pays fort et respecté doit savoir se défendre : c’est pourquoi Futuro Nazionale investira dans la sécurité nationale non seulement en termes de moyens, mais surtout en termes de vision stratégique et indépendante. L’Italie doit pouvoir s’exprimer au sein de l’OTAN et de l’UE d’égal à égal, forte de sa propre réflexion stratégique et de sa propre identité. Un réarmement qui serait une fin en soi et axé sur des menaces inventées de toutes pièces n’a aucun sens : nos forces armées doivent être orientées vers les défis concrets qui menacent la patrie, en soutenant les autorités civiles dans la gestion de ces situations d’urgence et en garantissant la sécurité des frontières et du peuple italien.
11— Cybersécurité et souveraineté numérique
Dans l’économie du XXIe siècle, les données constituent la nouvelle matière première stratégique, et l’Italie les confie à des mains étrangères. Les entreprises américaines contrôlent entre 60 et 65 % du marché européen du cloud, grâce à des législations extraterritoriales telles que le Cloud Act et la FISA qui permettent aux agences de renseignement américaines d’accéder aux données de toute personne les ayant confiées à des serveurs d’entreprises américaines. Il ne s’agit pas là d’une simple question technique, mais d’un enjeu central pour la souveraineté nationale. L’expansion de l’intelligence artificielle et la croissance du cloud computing sont en train de redéfinir en profondeur les besoins infrastructurels nationaux, et il est fondamental que l’Italie attire des investissements et des talents, tout en garantissant que les données stratégiques restent sous juridiction nationale. Futuro Nazionale entend aborder la soi-disant transition numérique en matière d’infrastructures et de données avec le même sérieux que celui avec lequel on défend une frontière physique : en protégeant les données stratégiques de l’Administration publique et des entreprises italiennes, en simplifiant la bureaucratie numérique qui étouffe les PME, en dotant les forces de l’ordre des outils technologiques nécessaires pour lutter contre la criminalité moderne, en favorisant le marché du travail grâce à la croissance de start-ups innovantes et en formant les nouvelles générations à la culture de la sécurité informatique. L’innovation et la sécurité ne sont pas des objectifs contradictoires : ce sont les deux facettes d’une même souveraineté.
Voici quelques-unes des propositions que nous avons élaborées :
Souveraineté numérique : les données italiennes doivent rester en Italie
Des avantages fiscaux et des aides financières seront prévus pour les entreprises qui font migrer leurs bases de données vers des infrastructures certifiées « Cloud Italia ». Cela se traduira par un gain fiscal grâce à l’augmentation des recettes des fournisseurs italiens de ces services. Pour l’Administration publique, il y aura l’introduction d’obligations de localisation des données en Italie (ou au sein de l’Union européenne), mises en œuvre grâce à des normes de sécurité extrêmement strictes – immunité face aux législations extraterritoriales telles que le FISA et le Cloud Act américain – auxquelles, dans les faits, seuls les fournisseurs européens ou les acteurs nationaux d’excellence certifiés pourront se conformer. Nos données doivent rester chez nous.
Centres de données et intelligence artificielle : l’Italie, hub numérique européen
L’Italie a l’opportunité de devenir le pont numérique entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique, avec plus de 25 milliards d’euros d’investissements prévus dans le secteur des centres de données entre 2026 et 2029. Un renforcement et une extension des mesures « Io Resto al Sud 2.0 » et « Smart&Start Italia » seront envisagés : suppression de certaines conditions trop restrictives, élargissement du public cible jusqu’à 55 ans et incitations fiscales pour les talents italiens souhaitant rentrer de l’étranger. Le retour des Italiens en situation d’exonération fiscale sera sans incidence budgétaire et n’entraînera pas d’augmentation des recettes, car on prévoit de soumettre ( même si moins que les autres revenus comparables en Italie) des revenus à l’impôt, revenus qui, jusqu’à l’année précédente, étaient imposables seulement à l’étranger. L’infrastructure numérique, en particulier les réseaux ultra-rapides, doit devenir un moteur d’attraction de l’emploi et de dynamisation pour les start-ups technologiques, à commencer par le Sud.
Le « label Entreprise Sûre » et la fin de la bureaucratie liée au RGPD
Le RGPD est perçu par les petites et moyennes entreprises comme une taxe cachée. Mettons en place un portail unique géré par le Ministère des Entreprises et du Made in Italy, où l’artisan ou le petit commerçant, en saisissant quelques informations essentielles – code ATECO, type de clientèle, outils utilisés – obtient automatiquement la cartographie des traitements de données à caractère personnel, un kit de documents pré-approuvés et des indications claires sur les mesures de sécurité à adopter. La protection de la vie privée redevient ainsi un outil de protection du citoyen, et non plus un obstacle pour ceux qui travaillent.
Écosystème national des données : application systématique du principe « once-only »
La fragmentation des bases de données publiques constitue un paradis pour ceux qui veulent échapper aux contrôles et un enfer pour le citoyen honnête, contraint de fournir la même information à dix services différents. Mise en place d’un « Écosystème national des données », intégrant les informations administratives, fiscales et judiciaires, relié à la Plateforme numérique nationale des données (PDND), en tant que seul point nodal sécurisé, garantissant la protection de la vie privée et la traçabilité des accès avec indication du nom et du motif. Le recoupement des données est synonyme de lutte concrète contre la criminalité organisée et contre la fraude aux aides sociales, tout en réduisant la pression de la « taxe cachée » (la bureaucratie) sur les citoyens et les entreprises.
Cybersécurité dans les écoles : former ceux qui éduquent, protéger ceux qui grandissent
La cybersécurité est une compétence citoyenne, et non une discipline réservée aux spécialistes. Extension à l’échelle nationale du projet déjà lancé en 2025 par l’Agence pour la cybersécurité nationale en collaboration avec le ministère de l’Éducation, visant à assurer la formation spécialisée des chefs d’établissement et des enseignants. L’école devient ainsi un lieu actif de sensibilisation au numérique, en intégrant la cybersécurité dans les programmes d’éducation civique.
Fonds de garantie ou mesure de relance du marché visant à mettre en place une assurance à adhésion volontaire pour les victimes de fraudes en ligne âgées de plus de 65 ans
Rien qu’en 2024, 25 440 cas d’escroqueries en ligne au détriment des personnes de plus de 65 ans ont été recensés, soit une hausse de 15,58 % par rapport à l’année précédente. Ceux qui ont contribué à bâtir ce pays ne peuvent pas être laissés sans défense face aux nouvelles formes de prédation numérique. Création d’un fonds de garantie, dont la gestion pourrait être confiée à la CONSAP, pour l’indemnisation des victimes de fraudes en ligne âgées de plus de 65 ans, la vérification de la réalité de la fraude étant confiée aux forces de police et à l’autorité judiciaire, ainsi que le renforcement de la police postale et des outils permettant l’identification des coupables et le recouvrement des sommes détournées. Tout cela doit être réalisé dans la mesure où les ressources publiques le permettent. À défaut, un processus de concertation avec le marché sera lancé afin de stimuler l’offre de polices d’assurance volontaires couvrant les escroqueries en ligne.
Ainsi, même dans les nouveaux secteurs numériques que sont l’IA, l’informatique quantique, le cloud computing, les connexions fixes et mobiles ultra-rapides, Futuro Nazionale propose une politique au cœur de laquelle se trouve la vision italienne de l’homme et de la société, sans ingérence ni désordre : protection de la vie privée, sécurité, simplification, développement et souveraineté.
12— Subsidiarité et réforme de l’architecture publique
De l’autonomie théorique à la subsidiarité verticale concrète : notre pays a besoin d’une politique qui mette en valeur les différences, les particularités historiques, culturelles et sociales de l’Italie tout entière, dont les racines plongent dans la culture chrétienne, romaine et grecque, ainsi que toutes les spécificités régionales et locales qui, telle une admirable mosaïque, composent l’harmonie de ce qui est l’un des pays les plus riches au monde en termes de variété et de richesse. L’on pourrait peut-être dire que l’un des traits les plus caractéristiques de la patrie italienne est précisément celui d’être la « patrie des petites patries », celle avec de nombreuses terres, celle avec huit mille clochers, élément qui constitue l’un des traits incontournables de l’identité nationale ; en ce sens, il est tout à fait contradictoire, dans notre pays encore plus que dans les autres, d’opposer territorialité et nationalité, en opposant les appartenances régionales à l’identité commune italienne et romaine ou, inversement, en opposant l’identité nationale aux entités inférieures qui descendent progressivement jusqu’à la plus concrète, celle de la famille. Pour ces raisons et dans la parfaite application du principe chrétien et, par ailleurs, constitutionnel de la subsidiarité, l’ordre juridique interne et l’architecture institutionnelle doivent eux aussi refléter de manière organique cette richesse et cette pluralité du pays. Futuro Nazionale soutient et promeut donc un processus de réforme favorisant l’octroi de responsabilités et de ressources accrues aux collectivités locales dans tous les domaines où la décentralisation n’entrave pas la réalisation de l’intérêt national (comme c’est le cas en matière de défense) et que les régions et – surtout – les communes peuvent assumer efficacement dans un esprit d’autonomie et de subsidiarité. Du point de vue de la responsabilisation de la classe politique et afin de permettre un meilleur contrôle de l’utilisation des ressources fiscales, il convient de promouvoir une plus grande autonomie des régions dans l’utilisation et la gestion des ressources, en réduisant les anomalies liées à un excédent fiscal régional excessif, en introduisant des outils tels que les coûts standard pour éviter le gaspillage, tout en permettant aux régions les plus vertueuses d’utiliser librement les excédents générés par leurs bonnes pratiques, sans priver les autres collectivités territoriales des ressources essentielles et historiquement fixées. Malheureusement, aujourd’hui, bien qu’on parle beaucoup d’autonomie, les propositions avancées par les forces du centre-droit ne redistribuent pas les ressources et, surtout, ne permettent pas aux régions vertueuses d’utiliser les excédents qu’elles génèrent. Certes, le sens des responsabilités face au destin commun de l’Italie et la nécessité d’assurer la cohésion du système national rendent également nécessaires des outils de contrôle, de péréquation solidaire et de relance des zones défavorisées, mais ce désavantage ne peut servir de prétexte à des classes politiques locales incapables de gérer les finances publiques et déterminées à gaspiller de manière improductive l’argent des citoyens résidant ailleurs. Un meilleur mécanisme d’utilisation des ressources sur une base territoriale permettrait en outre, tant au nord qu’au sud, un contrôle accru de la part des électeurs sur l’utilisation de leur contribution fiscale par un organisme politique qui leur est plus proche. Par ailleurs, Futuro Nazionale rejette toute idée d’autonomie envisagée dans un sens révolutionnaire qui, en s’attaquant à l’ordre naturel et aux valeurs de notre civilisation et de la nation, viserait à accroître les pouvoirs des régions pour introduire de nouvelles pratiques nihilistes en matière de vie et de famille, par exemple en facilitant l’homicide du consentant.
Enfin, notre réforme en faveur de la subsidiarité verticale mettra au centre les Maires, première et plus concrète interface des institutions sur le territoire, grâce à un nouveau critère de partage de l’IRPEF qui donnera aux territoires davantage de ressources, davantage de responsabilités et davantage de liberté.
Voici quelques-unes de nos propositions :
Élection directe par le peuple du président de la République.
Désignation par le peuple du président du Conseil dans tout cadre législatif électoral à scrutin majoritaire. Si les partis se présentent sous la forme d’une coalition, constituant ainsi d’emblée la proposition de majorité parlementaire, le nom du Premier ministre de référence doit déjà être indiqué et la première mission exploratoire en vue de la formation du gouvernement devra être confiée par le chef de l’État au Premier ministre de la coalition ayant obtenu plus de 50 % des sièges dans les deux chambres du Parlement.
Prise de responsabilité politique dans les nominations au sein des organismes publics ou des sociétés détenues par l’État. Compte tenu de la concertation effective entre les forces politiques et entre les ministères dans le choix des instances dirigeantes des sociétés à participation publique, qui tient compte des compétences techniques et du poids politique de ces forces (dans la mesure où l’orientation de l’entreprise, dans de nombreux secteurs, dépend également des objectifs politiques et des valeurs de référence, ne pouvant se limiter à une simple évaluation technique des qualifications), le nom du ministre ou de la personnalité politique à l’origine de la proposition devra figurer dans les actes de nomination, afin que les citoyens puissent plus facilement évaluer l’action politique des différents partis et des différents ministres à l’aune des résultats obtenus par les entreprises publiques.
Une loi électorale avec des préférences, mais sans alternance ni quotas de genre. La méfiance envers la politique a atteint des niveaux inimaginables il y a encore quelques années, avec des scrutins caractérisés par un taux de participation ne représentant que la moitié du corps électoral. La politique doit faire son examen de conscience sur la qualité de sa classe politique, sur sa fidélité aux valeurs, sur sa capacité à écouter les citoyens et à dialoguer avec eux. Avant tout, il faut s’attaquer de front à cette situation et donner aux citoyens les outils qui leur permettront de retrouver la possibilité de s’exprimer sur l’évaluation des propositions politiques de manière plus directe et moins contrainte, en surmontant la distance et le sentiment d’impuissance qu’ils ressentent aujourd’hui à l’égard de l’instrument du vote. Pour ce faire, il faut leur redonner la parole, sans les contraindre à des listes alternées, à des quotas prédéfinis, à des listes fermées ou à des obligations de préférences alternées selon le sexe, à des noms dont la priorité d’élection est définie par le secrétariat du parti qui semble vouloir donner l’illusion de la pluralité en proposant certes une liste hétérogène mais dont l’issue électorale est prédéterminée. Une nouvelle loi électorale devra donc proposer des listes de candidats librement choisis, indépendamment de leur sexe, en laissant aux citoyens le soin de décider pour lequel ou lesquels d’entre eux voter. Sans autres règles, sans autres mécanismes cachés. Enfin, la possibilité de voter pour les listes de candidats par voie électronique devra être garantie, avec des procédures appropriées de vérification d’identité.
Système des dépouilles (spoils system). Pour Futuro Nazionale, la responsabilité politique qui incombe à celui qui remporte les élections doit être réelle et intégrale. Cela signifie, d’une part, empêcher que les nominations effectuées précédemment ne viennent entraver, conditionner ou ralentir celui dont le mandat consiste à prendre des décisions politiques et, d’autre part, que la politique ne puisse plus rejeter la responsabilité sur de prétendus ralentissements provoqués par une machine bureaucratique hostile, même lorsque ce phénomène ne se produit pas. Nous soutenons donc une extension du principe du « spoils system », en garantissant la permanence des effectifs de l’appareil public et parapublic, tout en laissant aux responsables politiques la pleine liberté de désigner les cadres dirigeants. De cette manière, les postes de direction, dans la mesure du possible, seront à durée déterminée, sans que les titulaires ne perdent leur poste habituel au sein de l’effectif s’ils l’ont préalablement obtenu ou gagné par concours. À plus forte raison, nous soutenons l’extension de la possibilité de nommer des cadres qui ne figuraient pas auparavant dans l’effectif institutionnel ou de l’entreprise (en respectant bien sûr les limites de viabilité économique).
Stop aux automatismes. Suppression des avancements de carrière automatiques dans l’administration publique : ceux-ci devront toujours être liés à l’atteinte des résultats prévus et mesurés à l’aide des outils d’évaluation prévus par la réglementation.
Subsidiarité verticale pour les régions : une autonomie différenciée, réelle et équitable. Mise en œuvre de l’autonomie territoriale, en application du principe de subsidiarité et pour la valorisation des spécificités et des capacités des territoires, dans le cadre de la garantie absolue des LEP (Niveaux essentiels de prestations). L’État conserve la responsabilité première de garantir les mêmes services fondamentaux à chaque citoyen, quel que soit son lieu de résidence. L’autonomie devra, en outre, être un véritable catalyseur de pratiques vertueuses, en donnant la possibilité aux Régions qui génèrent des économies à transferts historiques constants d’utiliser librement ces excédents à d’autres fins relevant des compétences régionales. Aucune place ne sera laissée à une quelconque tentative d’utiliser un concept formel et procédural d’« autonomie » qui, en s’opposant à la véritable subsidiarité, revendiquerait pour le niveau institutionnel le plus bas le pouvoir révolutionnaire de bouleverser l’ordre naturel et d’introduire, à l’encontre de notre civilisation et de la culture nationale, une nouvelle législation en matière, par exemple, de famille et de fin de vie.
Subsidiarité verticale pour les communes : une réforme pour renforcer le rôle des Maires. Aujourd’hui, en cette période de méfiance envers la politique et d’abstention électorale, le dernier rempart politique qui résiste est celui des maires : en contact avec les citoyens, élus au suffrage direct et sans intermédiaire, avec des bulletins de vote indiquant les préférences pour le conseil municipal. Les citoyens le savent et ont le sentiment d’être moins pris pour des imbéciles et estiment que leur volonté est moins susceptible d’être contournée lorsqu’il s’agit d’élire les maires dans leurs communes. Le principe de subsidiarité (mentionné à l’article 118 de la Constitution) nous dit que « de même qu’il est illicite de retirer aux individus ce qu’ils peuvent accomplir par leurs propres forces et leur propre initiative pour le confier à la communauté, de même il est injuste de remettre à une société plus grande et plus élevée ce que les communautés plus petites et inférieures peuvent faire » (Pie XI, P.P., Quadragesimo anno, 15 mai 1931). C’est pour ces raisons que les communes constituent le consortium le plus fondamental de l’ordre civil, juste après celui, parfaitement naturel, de la famille. Dans le débat souvent idéologique entre centralisme et autonomies factices ou, pire encore, désagrégeantes et orientées vers le progressisme idéologique, Futuro Nazionale choisit la voie classique du principe de subsidiarité et place au cœur de sa réforme le rôle des Maires, soutenu par de véritables ressources économiques et auquel on confère une véritable responsabilité. D’ailleurs, pour les citoyens, les dépenses communales sont aussi les plus faciles à contrôler, à vérifier et à évaluer, en raison de la proximité entre l’investissement et la décision de dépense, de la connaissance directe des acteurs engagés dans l’administration locale, et de la facilité d’accès à la documentation et à certaines étapes du processus décisionnel (par exemple, les réunions des conseils municipaux). Futuro Nazionale propose donc d’affecter une part importante de la participation à l’IRPEF (non limitée à la surtaxe communale) des citoyens aux caisses de la commune de résidence, avec une totale liberté d’affectation et d’utilisation de la part de la collectivité. Alors qu’aujourd’hui, l’IRPEF est presque intégralement transférée à l’État central, qui effectue des transferts vers les régions, lesquelles redistribuent une partie de ces transferts aux communes, notamment par le biais d’appels d’offres spécifiques et contraignants (pour les écoles, les ronds-points, des projets idéologiques, etc.) à des fins bien précises. La commune se voit ainsi réattribuer, aujourd’hui, une partie des contributions de ses citoyens par le biais d’un processus complexe de transferts, tout en devant se plier aux finalités indiquées au cas par cas par des instruments régionaux et nationaux, à des moments où ces ressources seraient peut-être utiles à d’autres fins. Notre idée est donc de laisser une part suffisamment importante des recettes de l’IRPEF aux communes, afin de récompenser la capacité d’une collectivité à stimuler la production de richesse, de valoriser les choix d’orientation des dépenses effectués par les communes et de responsabiliser les Maires. Cette modification en profondeur de l’architecture fiscale s’accompagnera d’une révision des compétences en faveur d’un équilibre plus favorable aux maires, tandis qu’un Fonds de solidarité et de péréquation soutiendra les services des communes défavorisées et dans lesquelles les recettes de l’IRPEF ne suffisent pas à garantir les objectifs communaux standard. Bien entendu, la part importante des recettes de l’IRPEF actuellement destinée à financer les fonctions de l’État et des régions qui ne peuvent pas être transférées aux collectivités locales continuera d’être versée à l’État ou aux régions pour l’accomplissement de leurs missions respectives. Enfin, notre réforme, en raison de la mise en œuvre accrue du principe de subsidiarité et de la responsabilisation de la politique communale, accordera aux communes une plus grande marge de manœuvre dans la détermination du montant de l’impôt, en leur permettant d’appliquer un taux communal négative, inférieure au taux standard, étant donné que, dans ce cas, la baisse des recettes n’entraînera pas de manque à gagner pour les caisses de l’État mais concernera la composante de l’IRPEF qui, dans tous les cas, resterait à la commune pour le financement des compétences communales. De cette manière, le lien entre (une composante de) la pression fiscale et les services effectivement reçus serait rendu plus explicite pour le citoyen, qui pourrait également comparer de manière concurrentielle les politiques adoptées par d’autres communes, ce qui déclencherait un mécanisme comparatif vertueux amenant la politique communale à être de plus en plus responsable. C’est ainsi que, selon la vision de Futuro Nazionale, la véritable mise en œuvre de la subsidiarité s’effectuera dans le cadre de la nation et la confiance des citoyens sera rétablie vis-à-vis d’une nouvelle classe politique, à la hauteur de sa mission.
Simplification. Suppression des obstacles administratifs pour débloquer les investissements et les chantiers.
Rigueur en matière de délais. Extension des principes du consentement tacite et, le cas échéant, du rejet tacite (avec possibilité de recours et prise en charge de la responsabilité par l’organisme public ayant émis le rejet) afin de garantir des réponses dans des délais précis.
Numérisation. Mise en place de guichets uniques numériques et réduction des délais pour la création de nouvelles entreprises ainsi que des coûts pour l’administration publique, en introduisant également des modèles d’intelligence artificielle pour les fonctions pouvant être automatisées, avec la progressivité nécessaire pour ne pas entraver l’accès aux services pour les citoyens plus âgés et ceux qui ne disposent pas des compétences numériques requises.
Futuro Nazione prône donc une réforme volontariste de l’architecture de l’État, dans le but de renforcer, d’améliorer l’efficacité et d’adapter le modèle de souveraineté de l’Italie, notamment pour mieux mettre en valeur cette mosaïque typiquement italienne, riche d’une grande diversité, y compris les langues et dialectes locaux, en tant que « patrie des petites patries », dont les spécificités se déclinent de multiples façons, d’un territoire à l’autre, ce qui, au fil des siècles, a fait la grandeur de l’Italie aux yeux de l’Europe et du monde. Face aux interprétations les plus variées des concepts d’« autonomie » et de « fédéralisme », souvent appréhendés selon une herméneutique relativiste, qui ne revendique que des formes procédurales d’autodétermination au lieu de valoriser le rôle substantiel d’une architecture à plusieurs niveaux dans laquelle le critère du bien commun doit au contraire être clairement posé, le mot que nous prononçons avec fierté, contre toute forme d’étatisme et de libertarisme nihiliste, est « subsidiarité ». Tel est le mot que nous offre la doctrine politique chrétienne traditionnelle, tel est le concept que nous voulons remettre au cœur de la politique italienne. L’ancienne tradition romaine nous a enseigné, dans son architecture, qui s’élevait de l’autorité du pater familias à celle de l’Empire, le sens authentique de la liberté et le fait que chacun, à son niveau, participe à ce qu’est la souveraineté, source de la décision en vertu du droit naturel.
13— Principes non négociables
Sur le thème des racines fondamentales, du droit naturel et de la défense de notre civilisation, définis précisément comme « principes non négociables » par le magistère du Pape Benoît XVI, Futuro Nazionale adopte des positions inspirées des valeurs traditionnelles et naturelles, avec un accent particulier sur la protection de la famille naturelle, de la vie de la personne humaine dès la conception jusqu’à sa mort naturelle, et de la liberté entendue au sens classique. Futuro Nazionale rejette aussi bien le relativisme éthique que l’imposition idéologique de nouvelles visions woke contraires aux principes du bien et de l’être évidents à la raison : comme l’affirme Thomas d’Aquin, « les préceptes de la loi naturelle sont à la raison pratique ce que les premiers principes des démonstrations sont à la raison spéculative » (Somme, I-II, q. 94, a. 2). C’est cette obéissance aux évidences de la loi naturelle, connue par une raison bien informée et bien éduquée, que nous voulons soutenir contre les anciens et les nouveaux hérauts du néant, du désespoir, du nihilisme des gauches relativistes. C’est pourquoi nous nous opposons frontalement à la « création gramscienne du nouveau sens commun » qui, en particulier dans sa nouvelle forme d’idéologie woke, nous semble en contradiction avec l’objectivité du réel, avec les racines nationales et avec la morale fondamentale qui a donné forme à notre civilisation et qui en constitue encore le sel et l’âme. Nous revendiquons que cette civilisation romaine et chrétienne soit, dans ses traits essentiels, le phare et l’excellence de l’histoire humaine, ayant fécondé de son propre esprit, par son droit et par l’affirmation des valeurs chrétiennes, une bonne partie du monde, en garantissant à de nombreux peuples les meilleurs instruments pour le progrès de leurs conditions matérielles, intellectuelles et spirituelles. Malheureusement, dans le moment présent et sous l’effet persistant d’un mal remontant à des siècles (il suffit de penser aux plaies de l’idéologie jacobine et de l’idéologie marxiste), ce que nous appelons « l’Occident », ayant presque oublié le terme plus significatif de « Chrétienté », vit une haine masochiste qui le conduit, précisément en raison de son inclination naturelle à imprégner de lui-même tous les peuples du globe, à exporter les fruits empoisonnés du relativisme, des idéologies inhumaines du genre et de la haine envers la famille et envers la vie, jusqu’à s’ériger en gendarme du monde et en chien de garde de la dissolution de toutes les valeurs. C’est au contraire à l’ancien Occident, à l’antique et éternelle civilisation de Rome, qui reçut son âme de la greffe providentielle de cette foi chrétienne non par hasard appelée « catholique romaine », que nous voulons nous rattacher.
Les valeurs fondatrices revendiquées et promues par Futuro Nazionale sont, en effet, celles de la civilisation chrétienne et donc de l’Italie : la centralité de la famille, la seule conforme au droit naturel, c’est-à-dire celle qui naît de l’union hétérosexuelle d’un homme et d’une femme ; la dignité de chaque personne (indépendamment du sexe, de l’ethnie et d’autres attributs qui n’entament jamais sa donnée substantielle de fond : l’ontologie humaine) ; la défense de la vie innocente comme bien immense, qui doit etre soustraite à l’arbitraire de l’homicide ou du suicide et bien commun à préserver, soigner et protéger ; la tolérance des diverses communautés religieuses dans le respect réciproque et dans la sauvegarde et la promotion prioritaires des racines et des traditions chrétiennes-catholiques de l’Italie ; l’égalité des citoyens devant la loi sans privilégier artificiellement des minorités par rapport aux majorités avec pour effet d’entamer idéologiquement et subrepticement le principe même de l’égalité en entrant dans la « dictature des minorités ».
Quelques-unes de nos propositions :
Défense et promotion de la famille naturelle : la famille est au centre de la vision de Futuro Nazionale. Le parti considère que l’unité fondamentale de la société est la famille composée d’un homme et d’une femme, unis de manière stable dans l’engagement et la loyauté et, en vertu de la complémentarité fondée sur la différence sexuelle, capables d’engendrer, d’entretenir, d’éduquer et d’instruire des enfants. Par conséquent, le programme prévoit l’introduction de toute politique possible d’incitation à la natalité et de soutien aux jeunes mariés (contributions économiques pour chaque enfant avec préférence pour des formes de fiscalité récompensante, aides au logement, crèches communales, soutien aux crèches d’entreprise, congés de maternité prolongés, introduction du quotient familial comme axe porteur du système fiscal). Ces instruments sont traités en détail dans la section « Mesures économiques spécifiques pour la famille », plus loin dans le présent programme. Parallèlement, sur le plan éthique et législatif, Futuro Nazionale s’oppose à toute équivalence entre la famille naturelle et d’autres formes de cohabitation, et à des institutions juridiques de couple idéologiquement défendues par la culture dite « woke » pour parvenir à une pseudo-parentalité contraire à la nature dans des situations différentes de celle prévue par la biologie et le droit naturel. Le mariage (de matris munus, c’est-à-dire don, tâche, office de la mère) existe s’il y a la mère – actuelle ou potentielle –, et pour qu’il y ait la mère, non simplement la femme, il faut qu’il y ait aussi le père : il n’y a donc pas de mariage en dehors de la promesse loyale entre un homme et une femme ouverts à la vie (cette loyauté qui exclut, par exemple, toute hypothèse de polygamie que des forces islamiques pourraient vouloir imposer au droit italien en application de la charia).
Lutte contre la gestation pour autrui en tant que crime universel : pour Futuro Nazionale, l’État doit continuer à reconnaître comme unique famille naturelle celle hétérosexuelle, avec enfants ou du moins potentiellement ouverte à eux du fait substantiel de l’hétérosexualité et de la réciproque existence biologique des sexes, comme modèle à soutenir, promouvoir, privilégier et comme seul lieu propre à garantir une situation de droit pour les enfants. Il est reconnu en outre que le lieu de la procréation est la sexualité entre un homme et une femme : pour ces raisons, Futuro Nazionale s’oppose avec une opposition nette et non négociable à des propositions telles que la « gestation pour autrui » payante ou gratuite (même pour les couples hétérosexuels). Même des violations du droit naturel et de la souveraineté du Parlement, comme celle opérée par la Cour constitutionnelle en imposant la PMA (production d’enfants en laboratoire avec des gamètes provenant d’inconnus), qui avait été exclue par le Parlement régulièrement élu, devront faire l’objet d’une stratégie qui, par des instruments de législation ordinaire ou, si nécessaire, d’intervention constitutionnelle de renforcement, réaffirme les éléments essentiels du droit naturel et de la protection des droits de l’enfant à naître, y compris celui à la certitude de sa propre origine et celui à être procréé sans bouleverser l’ordre naturel des choses. Le phare en cette matière demeure en effet celui de la protection des conditions optimales et naturelles pour la croissance et la protection des enfants, non la satisfaction des prétentions et des désirs des adultes, même lorsqu’ils se font passer pour des « droits ». Nous proposons d’élever la peine pour le délit de maternité de substitution d’un minimum de 5 ans à un maximum de 10 ans, celui-ci ayant une nature analogue à celle de l’esclavage (qui prévoit une peine de 8 à 20 ans), tandis que le centre-droit modéré a prévu une peine minimale de seulement 3 mois.
Conformément à cette approche, Futuro Nazionale n’adoptera pas les comportements contradictoires de ceux utilisés par les partis actuels du centre-droit, qui votent au Parlement pour faire de la GPA un crime universel tandis que, dans les villes qu’ils administrent (pensons aux cas retentissants de l’ancien maire FDI de Pistoia et du maire FDI de Piombino), ils accordent parrainages et soutien à des initiatives comme les « gay prides » et des phienomenes similaires qui font précisément la promotion de la GPA et autres aberrations juridiques. Au contraire, Futuro Nazionale, partageant ce qui est déclaré sur ce thème par les partis du centre-droit, veut exercer une action de rappel à la cohérence et au retour aux engagements pris envers les électeurs et, surtout, envers la conscience, sans céder au chantage de représentants politiques et de minorités relativistes qui, historiquement, entrent dans les partis de droite pour ensuite les conduire vers la gauche. Futuro Nazionale demandera donc, sans concession, aux maires et aux adjoints d’arrêter de jouer avec l’idéologie sur le dos des enfants, sans l’omerta de ceux qui, sous prétexte de ne pas favoriser la gauche politique, se taisent face à des politiques de gauche menées avec les habits du centre-droit. Notre proposition politique est substantielle, non esthétique, et sans aucune possibilité d’omerta politique et morale.
Le maire de Piombino, Francesco Ferrari (centre-droit, FDI), a accordé en 2023 puis 2024 le patronage municipal — et en 2024 un financement de 2 000 € — à des événements liés au Pride local (« Rivellino Pride Party » en 2023, « Piombino Rainbow Pride Fest » organisé par Arcigay en 2024). L’association Pro Vita & Famiglia a dénoncé une contradiction avec les positions nationales de FDI, l’accusant de financer des revendications sur l’utero in affitto, l’adoption homoparentale et le gender à l’école. Ferrari a défendu sa décision comme relevant du droit d’expression citoyenne. Un cas similaire s’est produit à Pistoie (également FDI), avec des critiques internes venues cette fois de la Ligue.Le crime universel de GPA en Italie est discipliné par la loi 40/2004 punissant déjà la GPA commise en Italie (3 mois à 2 ans de prison, amende de 600 000 à 1 million d’euros).
Les enfants ne se font pas avec des intentions ni avec des « parents intentionnels » : le fondement biologique de la reproducrion chez les mammifères est la présence d’un mâle, d’une femelle et d’un rapport hétérosexuel. Nous proposons l’interdiction explicite d’inscription et de transcription dans les actes d’état civil de tout acte – même étranger – attribuant la maternité de deux femmes ou la paternité de deux hommes au même enfant, et la garantie que chaque enfant ait dans son acte de naissance un père et une mère, dans le respect de la vérité scientifique et biologique et de l’intérêt supérieur de l’enfant. Sur cette question, tous les instruments nécessaires devront être utilisés pour préserver le droit naturel, y compris une modification constitutionnelle si l’équilibre des pouvoirs devait être menacé par un interventionnisme excessif de la Cour constitutionnelle visant à forcer la législation et à la tordre vers l’idéologie woke.
Défense du droit des enfants à avoir un papa et une maman et aucune collaboration avec des étapes intermédiaires visant à démanteler ce droit : sans discuter, sur le plan législatif, de la faculté individuelle des adultes de faire des choix sexuels ou de cohabitation différents des choix usuels et normaux (et en préservant toujours la liberté de discussion culturelle, philosophique et morale sur tout aspect de la vie – y compris la sexualité – sans inhibitions ni lois bâillons comme le projet de loi Zan), Futuro Nazionale s’oppose à l’extension d’institutions comme le mariage et l’adoption à des situations différentes de celle de l’union naturelle et consensuelle entre l’homme et la femme, ainsi qu’à toute modification tendancieuse de l’ordre juridique visant à atteindre cet objectif par des mécanismes de « pente glissante » et de fenêtre d’Overton par lesquels législation, arrêts constitutionnels auto-applicatifs, jurisprudence et communication pourraient conduire le pays vers l’idéologie woke. Même les « unions civiles », introduites par une majorité parlementaire de gauche et auxquelles le centre-droit s’était opposé, n’introduisaient pas de différences substantielles par rapport à ce qui était déjà prévu par l’ordre juridique combiné à la pratique juridique concernant la possibilité, pour tout citoyen, de désigner la personne (même de même sexe) affectivement la plus importante pour des aspects comme les visites en prison ou les congés de travail pour visite en cas de maladie ou d’événements analogues. Cette nouveauté normative fut combattue il y a une décennie par les partis du centre-droit précisément parce qu’elle servait à créer une prémisse logique et juridique pour parvenir graduellement à la chimere d’un mariage (matris munus) sans mère (en effet, seule la coprésence d’un mâle et d’une femelle permet la maternité) et à l’adoption (à tel point que le texte proposé par le PD contenait à l’origine aussi l’institution explicite de la « stepchild adoption »). En 2018, les partis du centre-droit, y compris Forza Italia, se sont engagés à abroger cette norme, en raison des incohérences juridiques et des risques qu’elle comporte, avant d’oublier cet engagement. La loi sur les unions civiles n’est pas pour nous dangereuse dans son effet juridique immédiat, c’est-à-dire la codification normative de la possibilité pour tout citoyen d’identifier des relations amicales-affectives pertinentes pour des besoins médicaux, carcéraux et testamentaires, indépendamment des aspects liés aux goûts sexuels de quiconque. Cependant, c’est un paradoxe que cette norme ait fini par restreindre certains droits individuels, en discriminant selon des critères qui, à notre avis, feraient mieux d’être laissés de côté par l’État dans le contexte actuel. En effet, le critère d’exercice de ces droits est aujourd’hui, dans la norme, la nature sexuelle du rapport, excluant de la possibilité de les exercer ceux qui, par exemple, sont hétérosexuels non mariés et ne cohabitant pas avec la personne qu’ils affectionnent le plus, comme le meilleur ami qui cohabite avec son épouse. Cet ami ne peut pas être désigné comme partie de « l’union civile », étant déjà marié, empêchant ainsi la personne de notre exemple, célibataire, de pouvoir être visitée par la personne qu’ils affectionnent le plus dans les situations (médicales, carcérales, etc.) prévues par l’ordre juridique. Bref, un embrouillamini juridique (inventé pour remplacer la méthode ordinaire de codification des « droits individuels ») dont les seules finalités sont à retrouver dans la création d’une nouvelle institution juridique de couple pour commencer à démanteler pas à pas la famille en tant que fondement de la société, selon la logique habituelle de l’usage gramscien du droit.
Notre proposition adopte donc une configuration pour ainsi dire plus libertaire (mais, en réalité, conforme à un sens classique de la liberté individuelle, qui se passe d’institutions juridiques de couple visant à créer un nouveau sens commun) par rapport à celle en vigueur et promue par le Parti démocrate : nous ramènerons la codification de ces facultés dans le domaine des droits de l’individu, exerçables par tout citoyen non marié, indépendamment de ses conditions d’habitation et de ses goûts sexuels, et envers quiconque, y compris l’ami marié.
L’usage du mot « goûts » pour désigner l’orientation sexuelle, déjà largement employé par Vannacci dans ses prises de parole publiques bien avant la publication du programme, est fait pour assimiler l’orientation sexuelle à une préférence de type alimentaire ou esthétique, en évacuant toute dimension identitaire ou de droit qui en découlerait.
Parmi les effets positifs de cette extension de droits qui doivent être considérés comme individuels, il y aura aussi la levée de tout aspect équivoque quant à l’unicité de l’institution juridique de couple pertinente pour le droit (dont la finalité est la régulation juridique des rapports produisant des effets publics pertinents – par exemple la descendance – et non la « bénédiction » d’aspects affectifs de la vie relevant de la liberté personnelle et non de la codification par l’État). Cette institution pertinente pour la régulation publique des rapports est le mariage.
En résumé, ce qui est en cause, c’est l’intention non déclarée d’obtenir des droits par le biais d’une institution juridique de couple qui : 1) n’est pas nécessaire à l’objectif déclaré (objectif avec lequel, comme dit, nous serions d’accord indépendamment des goûts sexuels de chacun) ; 2) discrimine d’autres citoyens (en particulier les non-mariés) quant à la possibilité d’exercer ces droits envers la personne qu’on affectionne le plus si celle-ci est unie par le mariage à des tiers ; 3) adopte une configuration juridique moraliste en voulant codifier un rapport de couple pour accorder des droits qui, au contraire, ne devraient pas du tout dépendre de liens de nature sexuelle ou de stabilité quasi conjugale, pouvant être simplement l’extériorisation de rapports d’amitié ou de pertinence relationnelle à l’arbitraire juridiquement incontestable du citoyen ; 4) singe l’unique consortium juridique de couple stable et juridiquement pertinent à des fins publiques, qui est par nature potentiellement porteur d’enfants : le mariage. En l’absence d’ouverture à la vie, les affections et les amitiés sont complètement libres, sans nécessité d’être codifiées par des lois et des règlements, ne nécessitant pas de formalité publique juridicisant les « couples » ; 5) a pour seul effet de vouloir façonner de manière gramscienne le sens commun pour normaliser l’idée de mariage homosexuel et de parentalité homosexuelle. Avec les vrais droits des personnes, l’institution créative inventée par le Parti démocrate n’a rien à voir et, au contraire, elle porte atteinte et comprime de manière déraisonnable la codification des droits personnels de beaucoup.
Futuro Nazionale adoptera tout instrument législatif utile pour garantir le droit de tout enfant orphelin des deux parents, abandonné ou pour d’autres raisons privé du soin de sa famille d’origine, à trouver refuge auprès d’une famille composée d’un père et d’une mère, avec interdiction des adoptions par des couples homosexuels et des célibataires (à l’exception du parent ou de l’ami proche de la famille : c’est le cas de l’orphelin confié à l’oncle célibataire ou à l’ami des parents), réservant au mariage entre l’homme et la femme la possibilité d’offrir paternité et maternité aussi aux enfants déjà blessés par la perte de leurs parents naturels, par l’abandon ou par d’autres traumatismes, qui ont donc encore plus besoin que les autres d’être accueillis dans des conditions d’excellence et de complétude. Pour les mêmes raisons, nous voulons rendre les adoptions plus rapides et plus souples, mais protéger aussi les enfants de couples matrimoniaux hétérosexuels inadéquats, par exemple en raison de troubles psychiques, de violence, de consommation de stupéfiants ou d’autres manquements ne garantissant pas à l’orphelin une nouvelle situation adaptée pour l’accueillir et le soigner.
Lutte contre les idéologies radicales et respect du bon sens commun : conformément à l’accent mis sur la liberté d’expression en tant que seule forme cohérente de l’option politique actuelle (démocratie libérale de masse), Futuro Nazionale s’affirme contre la pensée unique et se dresse contre ce qu’il identifie comme des dérives idéologiques imposées par des minorités actives ou exaltées à la majorité silencieuse. Dans le domaine des valeurs fondamentales, cela signifie veiller à ce que, par exemple, les théories dites du genre ou des idéologies aberrantes similaires, même dans les formes apparemment atténuées du politiquement correct, ne trouvent pas de place dans les écoles, les instituts, l’administration publique et les lois. Futuro Nazionale considère que chaque être humain doit être respecté en tant que personne, mais que l’on ne doit pas bouleverser des aspects fondamentaux comme l’identité biologique, ni introduire des « délits d’opinion » pour qui exprime des doutes ou des critiques envers les nouvelles idéologies. Par exemple, le parti est opposé aux lois qui pourraient introduire le délit dit d’« homotransphobie », d’« homophobie » et similaires, considérant que ces termes viseraient à punir quiconque, sans user d’aucune violence physique, soutiendrait des opinions, par exemple de type traditionnel, ou en tout cas différentes de celles des maîtres de la culture woke, sur le mariage, l’identité de genre, l’éthique sexuelle, la procréation, les politiques familiales ou sur n’importe quel autre thème. La position officielle de Futuro Nazionale est que, dans un contexte libéral-démocratique, ce serait une grave contradiction avec les fondements systémiques du régime politique actuel de penser à traduire les idées en justice : une démocratie libérale qui interdit des idées est en contradiction avec elle-même. Ainsi, personne ne doit craindre des répercussions légales pour avoir affirmé, par exemple, qu’un enfant a besoin d’une maman et d’un papa, ou pour avoir librement exprimé sa position en matière d’éthique des comportements sexuels, domaine qui semble désormais dogmatiquement assujetti aux principes dits de « non-discrimination » (civil rights), alors qu’au contraire chaque domaine du réel et de la vie peut faire l’objet d’une enquête philosophique, scientifique et donc de « discrimination », c’est-à-dire de distinction, de discernement, d’enquête et de libre critique, dans le respect juridique de la pluralité des idées. Le dialogue et la tolérance doivent être réciproques : ni violences ni oppression envers les minorités, ni impositions culturelles illogiques, ni interdiction d’exprimer des idées. À plus forte raison, nous jugeons inacceptable ce qui s’est produit ces dernières années, y compris dans notre pays, avec la tentative de museler des opinions et des idées propres à l’identité, à la culture, à la littérature, à l’éthique partagée de notre civilisation depuis des millénaires.
Nous proposons la modification de la loi 164/1982 : interdiction explicite des interventions chirurgicales de réassignation sexuelle et de l’administration d’hormones cross-sex et de bloqueurs de puberté aux mineurs, avec prévision de délit universel, indépendamment du consentement des parents ou des tuteurs légaux. En outre, aucune intervention de mutilation et de réassignation chirurgicale de sexe pour les adultes, comme la phalloplastie, ne devra être prise en charge par les caisses publiques et donc par le contribuable.
L’Italie devra refuser d’accepter et d’appliquer toute directive internationale (qu’elle soit issue des paramètres ESG de l’ONU ou de toute mesure « inclusive » de l’UE) visant à la promotion de l’idéologie woke et du soi-disant « agenda LGBT ». La souveraineté italienne se manifestera aussi comme souveraineté sur l’identité ; c’est d’ailleurs une souveraineté qui ne nous vient pas de l’arbitraire, mais de l’obéissance à des principes réellement supérieurs : l’objectivité du réel et des valeurs fondant la nature et la civilisation. Des principes que nous n’échangeons contre aucune allégeance à quelque cour de justice ou organisme international que ce soit.
Nous proposons l’interdiction de la diffusion de programmes, scènes télévisées, spots publicitaires, etc., à contenu gender/homosexualiste dans les cas où, en raison des moyens, des horaires ou d’autres circonstances, les enfants pourraient y être exposés. En outre, nous soutenons l’extension de la tranche horaire protégée de 6 heures à 23 heures pour tous les médias audiovisuels, avec des sanctions sévères – jusqu’à la suspension de la licence – pour les émissions qui violeraient ces interdictions.
Défilés, exhibitions et événements analogues de « fierté des minorités » devront, comme toute autre initiative, respecter les normes de l’État, sans possibilité d’être au-dessus de la loi ni de bénéficier d’un « statut spécial » qui donnerait aux minorités plus de droits qu’aux autres. Pour cette raison, ne seront pas admissibles les actes obscènes, l’indécence et notamment pour les mineurs, en faisant appliquer régulièrement ce que prévoit la loi et qui vaut pour tout citoyen italien, avec une référence particulière aux articles 527 (actes obscènes), 726 (actes contraires à la décence publique) et, surtout, 609 quinquies (corruption de mineur). L’article 724 du Code pénal (blasphème et manifestations outrageantes envers les défunts) devra aussi être ponctuellement appliqué, avec vérification par les forces de l’ordre et signalement à l’autorité judiciaire. L’absence de sanction, par accoutumance ou bonté idéologique, contre les violations du Code pénal en matière morale grave représente un facteur de désagrégation des vertus et, en outre, de manque de recettes pour les caisses de l’État, qui pourrait les destiner au domaine social et à des initiatives utiles au développement du pays.
Protection de la vie et de la dignité de la personne, contre la culture du rebut portée par la gauche. S’inspirant du droit naturel tel que le découvre la raison, et aussi de l’accent mis sur celui-ci, apparu dans notre histoire grâce à la civilisation chrétienne qui a valorisé la vie de chaque personne parce que faite « à l’image et à la ressemblance de Dieu », Futuro Nazionale adopte une vision fermement pro-vie, c’est-à-dire de favor vitae explicite, jugeant exécrable toute forme d’indifférentisme éthique entre donner la vie et donner la mort. Nous n’entrerons pas dans ce document dans tous les détails des mesures spécifiques, qui dépendront aussi, dans notre difficile stratégie pour protéger la vie, des contextes spécifiques et des rapports de force en présence, conscients qu’une culture nihiliste a pénétré ces dernières années aussi une partie du front autrefois « conservateur » et qu’il faudra une longue lutte culturelle, pragmatique et patiente pour parvenir à une nouvelle sensibilité partagée permettant de déployer tous les instruments nécessaires pour défendre les plus fragiles. Toutefois, le parti manifeste une nette sensibilité pour la défense de la vie humaine, de la conception à la mort naturelle. Nous nous opposerons donc à la légalisation de pratiques comme l’euthanasie active ou passive ou le soi-disant suicide assisté, expression de création récente dans la novlangue progressiste pour désigner ce que le droit a toujours appelé « homicide du consentant ». Nous nous opposons aussi à considérer l’alimentation et l’hydratation, soutiens normaux de la personne, comme des « thérapies » ou des « traitements médicaux » : n’importe quel étudiant en médecine de première année sait que manger et boire ne sont pas des thérapies, contrairement à ce que prévoit la loi voulue par le PD en 2017. Silvio Berlusconi le savait bien aussi, dont le gouvernement approuva avec courage, en 2009, le « décret sauve-Eluana », pour se heurter ensuite à l’obstacle idéologique de Giorgio Napolitano, qui refusa de le signer pour qu’il produise ses effets de droit, faisant ainsi mourir une femme de faim et de soif et empêchant l’action politique de Berlusconi, dont beaucoup, malheureusement, ne se souviennent plus. L’acharnement thérapeutique, depuis toujours exclu des théories éthiques et politiques les plus fondamentales de la civilisation européenne et aussi de la pratique des médecins italiens, concerne les traitements effectivement médicaux (non alimentaires) qui seraient disproportionnés dans le bilan entre effets physiques positifs et négatifs générés, sans aucun rapport avec la possibilité de vouloir causer directement et intentionnellement la mort ou de vouloir considérer la pathologie comme un effet négatif du soin (en renversant complètement les liens logiques et techniques de cause à effet). Nous nous opposons donc à l’acharnement thérapeutique, sans toutefois accepter la redéfinition des mots et des concepts opérée par la culture hégémonique de la gauche. De même, la pratique médicale fidèle au serment d’Hippocrate a toujours connu le principe du double effet, utilisant des instruments de réduction de la douleur dont on prévoyait aussi l’effet indirect de raccourcissement de la vie, ou suspendant des traitements ou renonçant à des interventions chirurgicales lorsque ceux-ci provoquaient une douleur physique (non psychologique, laquelle se traite par le soutien et le soin) extraordinaire, qui pour être affrontée aurait requis des vertus héroïques, non exigées de tous. Aujourd’hui, on utilise au contraire le cheval de Troie de la « douleur psychologique », c’est-à-dire de formes de dépression et de perception erronée de sa propre valeur, pour justifier la suspension mortifère des traitements, alors que cette dépression et cette perception erronée de sa propre valeur dans la maladie sont précisément stimulées et activées par la culture du rebut et de la promotion euthanasique, par le manque de respect et de reconnaissance de la part des autres. Les propositions législatives visant à tuer les innocents sont donc l’une des principales causes du problème qu’elles disent vouloir affronter : le manque de perception de la valeur de chaque personne, de sa dignité, du don qu’elle représente et qui mérite d’être préservé et honoré avec respect et gratitude. Il est de plus en plus clair, par exemple, qu’une culture abrutie par l’hédonisme n’arrive pas à comprendre la valeur de la vieillesse, à respecter et honorer les personnes âgées, le sacrifice accompli au cours d’une vie, la sagesse développée, pour en venir ensuite, logiquement, lorsqu’elles ne sont plus autonomes, à les considérer comme des tas de chair, la cause d’un gaspillage d’argent et un obstacle à son propre temps libre. Une civilisation qui n’honore pas le mystère de la vie chez les personnes âgées et les malades est une civilisation sans amour et sans grandeur.
La formule « mort naturelle » comme suite du dog whistling antiabortiste du programme reste volontairement floue : elle permet d’afficher un principe fort sans se positionner sur le dossier concret qui divise déjà le centrodestra — le débat sur le suicide assisté, rouvert au Sénat au printemps 2026, où Forza Italia se montre plus encline au compromis que Fratelli d’Italia ou la Lega. Cette prudence textuelle contraste avec les prises de position, hors programme, de plusieurs élus vannacciens au niveau local, nettement moins ambigus sur la naissance — hostiles à l’adoption pour les couples homosexuels, à la PMA — mais qui, sur la fin de vie, s’en tiennent à « soins palliatifs oui, euthanasie non » sans jamais expliciter pourquoi le même critère de « naturalité » s’applique avec rigueur à un bout de la vie et se dilue à l’autre. L’affaire auquel fait référence le decret « décret sauve-Eluana » est relatif au débat sur la fin de vie d’Eluana Englaro, victime d’un accident de voiture en 1992 et consentement dans un état vegetatif irréversible, termine uniquement en 2009 apres un parcours judiciaire pour l’euthaunasie compliqué par le Vatican et le gouvernement Berlusconi de l’époque
Dans ce domaine aussi, nous estimons qu’il est très grave que, en violant la séparation des pouvoirs et la souveraineté législative du Parlement, la Cour constitutionnelle ait de fait légiféré par des arrêts (au demeurant auto-applicatifs), légalisant de fait l’homicide du consentant. Il faudra envisager de mettre en sécurité la souveraineté politique et le droit naturel en rendant plus clair et explicite le texte constitutionnel, conscients que les soi-disant « pères de la Constitution italienne » n’auraient jamais ouvert la voie à la dérive du droit de tuer le consentant. Certes, pour agir en ce sens, il faudrait une majorité politique authentiquement « de droite » et non infiltrée par des sujets qui se définissent désormais publiquement aussi comme alignés sur la gauche en matière de valeurs, comme si être de droite était une simple question de fiscalité. En tout cas, il ne faudra intervenir par aucune loi ordinaire qui ouvrirait de fait de nouveaux espaces de « suicide assisté », et il faudra au contraire laisser à l’éthique médicale traditionnelle l’évaluation de la proportionnalité des traitements de soutien quant à leur efficacité et au rapport entre bénéfices et dommages physiologiques, sans chercher directement et intentionnellement à tuer la personne, en prévoyant tout au plus un raccourcissement de la durée de vie produit indirectement par un acte médical en soi bon, comme l’administration de soins palliatifs et, dans les cas extrêmes, de la sédation profonde.
Futuro Nazionale veut donc se tenir du côté de ceux qui souffrent : il faut appliquer la loi 38/2010 sur les soins palliatifs, actuellement refusée à environ 75 % des patients qui y auraient droit, en offrant une véritable assistance aux personnes souffrantes dont la vie, en tout état de cause, est un bien précieux qui peut pas être sujet à l’arbitraire humain, à considérer comme une richesse pour la communauté et pour la nation entière : la présence de chacun est un bien pour tous, et c’est pourquoi le droit occidental a toujours considéré l’homicide comme un acte d’intérêt public et non de libre contractualisation privée. Même la théorie libérale classique, chez des auteurs comme John Locke et Emmanuel Kant, si orientée vers le concept de « droit individuel », a exclu sans ambages la possibilité de parler d’un prétendu « droit au suicide ». Le terme « euthanasie », dans son sens actuel lié à l’action de procurer la mort (alors que son sens précédent concernait justement l’accompagnement de la mort naturelle avec le moins de douleur possible), a fait sa première apparition dans le programme eugéniste nazi Aktion T4, dans le contexte de l’élimination de vies jugées ne plus être dignes d’être vécues. À ce détournement du droit naturel et de la valeur de tout être humain, probablement utilisé aujourd’hui aussi pour trouver un raccourci au coût public du soin, Futuro Nazionale oppose une stratégie d’investissements pour la recherche et l’accès aux thérapies visant à inhiber la douleur dans les situations dramatiques de maladie.
Aucun malade ne sera, pour l’Italie, un rebut dont on se débarrasse pour faire des économies.
Aucun espace ne sera laissé à toute tentative d’utiliser un concept formel et procédural d’« autonomie régionale » qui, en s’opposant à la véritable subsidiarité, revendiquerait pour le niveau institutionnel le plus bas la faculté révolutionnaire de renverser l’ordre naturel et d’introduire, contre notre civilisation et contre la culture nationale, une nouvelle législation en matière, par exemple, de famille et de fin de vie, comme cela s’est produit en Toscane et en Émilie-Romagne avec les lois régionales favorisant l’homicide du consentant.
Sur le thème de l’avortement, il faut d’abord constater que la loi 194/1978 en vigueur, indépendamment des diverses positions présentes à l’époque et aujourd’hui dans le débat culturel et politique à son sujet, ne prévoit pas en réalité l’institution d’un prétendu « droit à l’avortement », expression linguistique qui d’ailleurs, dans le texte normatif, n’apparaissait ni n’apparaît dans aucun article, mais procédait de fait à une dépénalisation circonstanciée de l’avortement qui, quoi qu’on en pense, n’institue pas un droit. Il serait d’ailleurs plutôt inhabituel de pouvoir prévoir un droit sur la base de la mort d’un tiers. Selon la lettre même de cette loi, puisqu’elle est en vigueur, il nous apparaît comme un premier pas naturel, simple et d’importance primordiale d’en appliquer les aspects de prévention et de soutien à la vie : davantage de soutien à la maternité difficile, des alternatives comme l’adoption facile dès le jour de l’accouchement, zéro pression sociale vers l’interruption de grossesse. Futuro Nazionale est aussi favorable à la présence des associations pro-vie dans les centres de consultation, pour favoriser le choix des mères de donner naissance à leurs enfants et de ne pas interrompre leur existence pendant la grossesse, ainsi qu’à des propositions favorisant la pleine information, comme montrer aux mères leur enfant et leur faire écouter son rythme cardiaque. Chaque enfant innocent qui meurt dans le ventre maternel est un échec pour la nation entière et non, comme il semble à une certaine gauche, une victoire des « magnifiques destinées et progrès » (Giacomo Leopardi). Le 11 décembre 1979, lors de la cérémonie de remise des prix Nobel à Oslo, Sainte Teresa de Calcutta livra au monde qui la récompensait ce message : « Le plus grand destructeur de la paix aujourd’hui est l’avortement, car c’est une guerre directe – un assassinat direct – un meurtre commis par la mère elle-même ». Et le Pape Léon XIV, en janvier dernier, le rappelait et affirmait que « le plus grand destructeur de la paix est l’avortement […] aucune politique ne peut se mettre au service des peuples si elle exclut de la vie ceux qui sont sur le point de venir au monde ».
Un dénominateur commun de la droite italienne semble etre la defence de la loi 194/1978, qui reconnait le droit à l’avortement. L’intérêt de la loi en question, que dejà Giorgia Meloni, lors de la campagne electorale de 2022 promettait de « ne pas toucher », est dans la possibilité de conserver, comme plusieurs associations l’ont dejà fait remarquer, une vision extrêmement daté du droit à l’avortement, avec la presence des associations pro-vie notamment la possibilite pour le medecins de se proclamer objecteurs de conscience (ce qui, notamment dans les aires peripherique du pays, comporte l’absence de facto de la possibilté de realiser un avortement gratuitement et près de son domicile, avec des taux d’avortement qui atteignent le 80 % dans certaines regions et le 100 % dans certains hopitaux ). Le carachtere si conservateur de la loi est du à son age et à la necessité d’un compromis, apres le referendum del 1978 sur l’avortement, avec certains parti de la coalition du governement democrate-chretien de l’epoque.
Indépendamment des diverses positions de départ sur le sujet, il ne devrait pas être difficile pour tous de commencer à accepter, au minimum, que chaque avortement soit un échec à éviter, non une joie à célébrer. L’approche devra donc être de défendre les droits des plus faibles et des plus démunis, qu’il s’agisse de l’enfant à naître, de la personne handicapée, de la personne âgée malade, de l’enfant sans famille, de la mère en difficulté que les conditions économiques ou sociales inclinent à préférer ôter la vie à son enfant plutôt que de l’accueillir et de l’aimer ou, à défaut, de le donner en adoption à des familles disposées à l’adopter. En ce sens, il faudra travailler aussi à de sérieux instruments d’adoption prénatale, avec toutes les précautions nécessaires pour empêcher une utilisation instrumentale qui remettrait en jeu la « gestation pour autrui », payante ou gratuite.
Garantie de l’objection de conscience. Face aux pressions venant de la gauche qui voudraient contraindre les gynécologues et le personnel de santé à se rendre disponibles pour des pratiques telles que l’avortement, Futuro Nazionale protégera le droit à l’objection de conscience du personnel de santé en toute circonstance en cas de procédure dont la finalité est de porter atteinte à la vie ou même de la supprimer.
Droits de l’enfant à naître et protection de la femme enceinte : le droit italien ne reconnaît aujourd’hui la subjectivité juridique qu’à partir du moment de la naissance. Nous estimons que cette approche doit être révisée à la lumière des acquis scientifiques et des principes de protection de la vie. Nous proposons l’introduction dans le Code civil de la reconnaissance de l’enfant conçu comme sujet de droit, titulaire de certains intérêts juridiquement protégés, par exemple : l’extension des normes pénales protégeant la vie prénatale, avec des circonstances aggravantes pour les délits commis au préjudice de la femme enceinte entraînant la perte de l’enfant à naître, la révision des normes en matière de succession et d’indemnisation du dommage à la lumière de la reconnaissance de l’enfant conçu.
Dès la grossesse, l’enfant devra être reconnu aussi aux fins de l’octroi d’aides et de primes pour la mère et les membres de la famille (bourses d’études, cantines scolaires, frais universitaires, transports, déductions fiscales et logements), ou, en cas d’avortement volontaire, avec suppression de la possibilité d’avorter ou avec obligation de restitution des ressources perçues, de manière à empêcher les grossesses stratégiques visant à obtenir des ressources publiques pour ensuite supprimer quand même l’enfant.
Nous proposons l’institution de la Journée nationale de la vie naissante, le 25 mars, sur le modèle de nombreux autres pays, comme occasion institutionnelle et populaire de réflexion sur la valeur de la vie, de la maternité, de la famille, de la culture du soin plutôt que du rebut, de la consommation et de l’avortement. Dans notre pays, ce serait aussi une grande occasion pour amener les responsables des institutions à s’informer, par le biais de conférences et de rencontres, sur l’état dramatique du solde démographique et sur les voies de sortie possibles du déclin.
La tutelle juridique du foetus, avec l’introduction du International day of the Unborn Child, celebration présente dans plusieurs pays centre et sud américains, en Pologne et aux Philippines, rhyme avec certaines initiatives du mouvement pro-life italien, notamment le découverte, en 2023, d’un cimetière romain qui accueillait, sans l’accord ni l’information aux femmes qui avait avorté, les foetus
Nous soutiendrons le rétablissement du ministère de la Famille, sous la nouvelle dénomination de ministère de la Vie, de la Famille naturelle et de l’Identité, pour affronter de manière directe et prioritaire la crise la plus grave qui frappe aujourd’hui l’Italie, celle démographique, dans un contexte de politiques d’ensemble où la démographie serait rattachée à la protection de la vie de la conception à la mort naturelle et à la défense de l’identité de notre peuple.
Vote plural pour les parents en représentation de leurs enfants. Ce serait une expérimentation politique intéressante, à évaluer attentivement, que de donner une représentation à tous les Italiens, en faisant représenter, comme cela se fait déjà pour toute autre matière, les mineurs par leurs parents. Ce serait d’ailleurs une forme de pondération démocratique du vote, tenant compte du poids de celui qui représente une « société domestique », c’est-à-dire une famille. Concrètement, il s’agirait d’intervenir sur l’article 48 de la Constitution et d’attribuer aux parents un nombre supérieur de bulletins, égal à celui des enfants, par exemple répartis entre le père et la mère et, dans les cas impairs, à tours alternés. Il ne s’agit pour l’instant que d’une idée que nous offrons au débat italien, déjà lancée il y a des années par l’économiste Luigi Campiglio et par l’ancien ministre Maurizio Sacconi, et qu’il vaudrait la peine de prendre en considération, également pour donner une reconnaissance formelle supplémentaire à la valeur de la famille, la société domestique, en tant que noyau fondateur de la société nationale.
Nous instituerons un Plan national pour la vie naissante, la prévention contre l’avortement et le soutien aux femmes, qui combinerait :
- des campagnes culturelles nationales sur la maternité, la vie prénatale et la valeur sociale de la famille, avec des ressources dédiées sur la RAI et les médias publics ;
- des programmes économiques de soutien aux grossesses difficiles, en synergie avec les associations et les hopitaux ;
- des incitations aux communes ayant des taux de natalité en hausse et une diminution des avortements enregistrés, en consolidation de l’engagement des collectivités locales à promouvoir la culture de la vie et de la maternité ;
- une formation obligatoire pour le personnel de santé des centres de consultation sur l’approche pro-maternité et sur les instruments, plans et ressources disponibles pour les femmes en difficulté.
Pour combattre le phénomène de l’« abandon dans les poubelles » de nouveau-nés ensuite retrouvés dans des conditions médicales souvent incurables, Futuro Nazionale propose l’obligation de placer la « Boîte à vie » dans chaque hôpital doté d’un service de maternité, avec du personnel et des exigences pour accueillir les enfants qui seraient sinon abandonnés sous des formes extrêmement dangereuses pour leur survie. Nous soutiendrons aussi une communication efficace sur l’existence de cette possibilité et l’intégration de l’outil « Boîte à vie » avec celui de l’accouchement sous anonymat (DPR 396/2000).
Soutien économique aux « maisons refuges » pour les femmes enceintes en situation de violence ou d’autre vulnérabilité sociale.
Interdiction d’administration de la pilule RU-486 en régime ambulatoire ou à domicile, un suivi médical continu étant nécessaire pour la protection de la santé de la mère, alors que les intérêts pharmaceutiques ont conduit de fait à cacher autant que possible les risques liés à l’avortement médicamenteux.
Identité chrétienne et tolérance des autres religions. Futuro Nazionale reconnaît l’existence d’une pluralité de pratiques religieuses présentes sur le territoire national et compatibles avec la coexistence civile et respectueuses de notre histoire, en garantissant la liberté des cultes, mais revendique sans détour le caractère historique et encore enraciné de la civilisation catholique romaine pour notre patrie. Cela se traduit par la défense du patrimoine, des valeurs, des symboles comme le crucifix dans les écoles et les bureaux publics, des fêtes religieuses qui font partie du tissu religieux et culturel du pays (Noël, Pâques, les fêtes des saints patrons, etc.) et par un rapport respectueux avec l’Église catholique. Avec les diverses confessions présentes sur le territoire national aussi, un dialogue est nécessaire pour la coexistence civile dans un contexte factuel de pluralité religieuse, dérivé notamment de l’immigration des dernières décennies. Toutefois, à l’égard de manifestations de religiosité qui entrent en conflit avec des valeurs anthropologiques fondamentales, sapant les préceptes les plus élémentaires du droit naturel classique, Futuro Nazionale est nettement opposé à une conception indiscriminée du « droit à la liberté religieuse » qui, paradoxalement, ouvrirait aussi la porte à des fanatismes comme la « religion sataniste » (court-circuit déjà dramatiquement répandu aux États-Unis) ou à des formes de prédication terroriste islamique (qui ont déjà causé tant de dégâts dans de nombreux pays européens). Devront donc être surveillées et, si nécessaire, dissoutes, les associations liées à des formes manifestement et exceptionnellement déviées du phénomène religieux visant le renversement du droit naturel ou la prédication de la haine dirigée contre la civilisation chrétienne ; il faudra exiger la transparence sur les financements étrangers des mosquées et des centres culturels religieux afin de contrôler et d’empêcher l’intrusion d’associations terroristes. La réciprocité pratique sera un concept clé : de même qu’en Italie il y a tolérance de la pluralité des groupes religieux, l’engagement diplomatique soutiendra l’Église catholique dans la revendication de la liberté dans les pays étrangers, et l’on demandera que les chrétiens ne soient persécutés dans aucune partie du monde. Dans notre pays, l’identité chrétienne sera considérée comme un élément substantiel et unificateur du patrimoine national et, à ce titre, sera respectée et promue également au niveau institutionnel (par exemple avec un soutien à la restauration d’églises et d’édicules sacrés historiques, avec le maintien de l’heure d’enseignement de la religion catholique comme instrument facultatif – au choix de la famille – d’éducation religieuse, et de reconnaissance, y compris par le biais du Concordat entre l’Italie et le Saint-Siège, de l’éducation à la foi catholique en tant qu’élément spirituel de notre pays caractérisant la majorité de la population).
La laïcité (au sens classique et non jacobin) ne signifiera donc pas, comme pour la gauche, le laïcisme, c’est-à-dire la méconnaissance de la valeur publique de la religion chrétienne et des racines chrétiennes de notre civilisation. Elle a une valeur déterminante même pour ceux qui personnellement n’ont pas la foi mais sont néanmoins culturellement fécondés par la civilisation italienne, elle-même fruit de cette foi. La laïcité ne signifiera pas la honte d’honorer les symboles chrétiens ni la prétention désormais à la mode de vouloir empêcher la présence et la bénédiction du prêtre lors de l’inauguration d’une école ou lors de certains moments importants de la vie institutionnelle du pays, tout en favorisant par ailleurs les invitations d’imams et d’exposants d’autres religions. La foi catholique du peuple italien et, à tout le moins, de nombreux Italiens, est au contraire considérée comme une ressource spirituelle et morale fondamentale, une bénédiction pour la nation, à valoriser, respecter et promouvoir, sans pour autant remettre en cause la liberté de chaque personne de croire ou de ne pas croire. Il faut en effet garantir la pleine tolérance des diverses minorités religieuses, y compris islamique, qui doivent rester libres et respectées tant que leurs principes ne constituent pas une menace pour les valeurs les plus fondamentales et consolidées au fil des millénaires du peuple italien. Quiconque vit en Italie, quelle que soit sa foi, doit respecter la tradition chrétienne du pays et la valeur publique de cette tradition, sans prétendre à la suppression du crucifix des salles de classe ou à des revendications analogues, tout en restant libre de ne pas adhérer à une profession de foi. Bien au contraire, si précisément en Occident, sur les terres de la Chrétienté, on est politiquement libre aussi de ne pas professer la religion catholique ou de ne croire à aucune religion, c’est précisément parce que le catholicisme a enseigné pendant deux millénaires que la foi est une vertu personnelle qui ne peut être imposée par la force, à tel point que même là où le catholicisme a été ou est encore religion d’État, comme dans la Principauté de Monaco, personne n’est contraint de croire ou de payer une taxe pour non-conversion, comme le prévoit au contraire le droit islamique (taxe de la jizya). C’est le crucifix dans une salle de classe ou dans une salle d’audience qui représente, en raison d’une doctrine spirituelle bien précise qui a fécondé culturellement notre droit, la garantie de ne pas être politiquement persécuté pour la non-adhésion personnelle à la foi.
Mesures économiques spécifiques pour la famille, le choc de réactivation démographique et la défense de la vie
L’Italie a besoin d’une politique de choc fiscal pour la réactivation du solde démographique. Futuro Nazionale se propose de récupérer les dépenses inutiles pour réorienter l’État social vers ce qui est la condition sine qua non de la survie de l’Italie et des Italiens. Les enfants des Italiens sont italiens, on est italien par le sang : il en a été ainsi pendant des siècles et il en est encore ainsi. Sans famille italienne, il n’y a pas d’Italiens, et sans Italiens, il n’y a pas d’Italie. C’est en effet de la famille que naît le village, puis la ville, puis la nation : comme l’écrit saint Thomas d’Aquin, « le gouvernement du roi sur la cité ou sur la nation procède du gouvernement plus ancien de la maison ou du village » (sic ergo patet, quod regimen regis super civitatem vel gentem processit a regimine antiquioris in domo vel vico, extrait du Commentaire à la Politique d’Aristote). La dépense sociale devra être destinée au soutien de la famille italienne, en comprimant les ressources aujourd’hui utilisées pour offrir subventions, logements et soutien à des personnes non italiennes, alors que notre propre société se trouve, comme le montrent les données, dans des conditions tragiquement inclinées vers l’extinction. De ce nouveau critère d’utilisation des ressources publiques, et de la bataille politique, y compris au niveau international, pour substituer à l’urgence déclarée avec des dépenses dérogatoires pour la décarbonation la véritable urgence, celle démographique, à laquelle destiner des ressources en dérogation aux contraintes européennes, prendront le départ une série de mesures qui, seulement par leur synchronicité et par leur radicalité, pourront représenter l’énergie d’activation, le choc, pour vaincre l’inertie mortifère de la tendance démographique actuelle. Ainsi pourrons-nous redonner à l’Italie cette vitalité que Futuro Nazionale considère comme l’un des caractères fondamentaux de sa mission pour la Patrie.
Le détail de quelques propositions :
La crise démographique est une véritable urgence nationale. En 2025, seulement 355 000 enfants sont nés, avec un taux de fécondité de 1,14 enfant par femme – parmi les plus bas d’Europe et du monde, presque la moitié du « taux d’extinction » (c’est-à-dire du « taux de maintien démographique », fixé à 2,1 enfants par femme). Le solde naturel est un abîme négatif de -295 000 unités par an. Les Italiens sont en voie d’extinction et la réponse doit être énergique pour pouvoir inverser une tendance désormais consolidée et renforcée par des causes économiques, psychologiques, sociales et culturelles. Nous proposons l’identification de mesures politiques et fiscales de choc générateur pour la réactivation du solde démographique, condition préalable de la soutenabilité anthropologique, civile, économique et prévoyancielle du pays.
Nous promouvons une action politique courageuse au niveau européen pour reconnaître la démographie comme véritable élément de crise de l’Europe (le taux européen de fécondité oscille entre 1,3 et 1,4 enfant par femme), alors qu’une opération de distraction de masse continue à proposer comme urgences continentales celles traitées par le Green Deal et le ReArm EU. L’Europe a besoin d’une dérogation structurelle au Pacte de stabilité et de croissance portant non sur les émissions de carbone mais sur la procréation.
L’immigration ne remplace pas la natalité. S’en remettre à l’immigration comme réponse structurelle à la dénatalité est une erreur politique, culturelle et démographique. Les flux migratoires sont instables et imprévisibles, apportent des adultes en âge de travailler – non des enfants italiens – et les femmes étrangères résidentes convergent progressivement vers les faibles taux de fécondité des Italiennes. La substitution démographique par l’immigration est un mécanisme à rendements décroissants et, surtout, ne concerne pas le maintien démographique du peuple italien mais la substitution du peuple italien par d’autres peuples venant s’installer en Italie selon le modèle historique de l’invasion, avec des motifs et des causes variés. Il faut une politique active de soutien à la natalité italienne, non une substitution ethnique silencieuse.
Nous soutenons l’introduction d’un véritable quotient familial, qui tienne compte, aux fins de la détermination du taux d’imposition, du nombre de personnes que le revenu soutient effectivement, y compris les enfants et les personnes âgées cohabitant avec de faibles pensions. Le quotient familial devra devenir un critère fondamental d’application de la progressivité fiscale, reconnaissant la famille et la natalité comme des facteurs centraux de la soutenabilité économique du pays, notamment sa sécurité sociale.
Il faut en outre porter le concept de quotient familial à un critère fiscal général, au-delà de l’IRPEF, comme Facteur Famille Italie : un instrument fiscal redéfinissant la charge fiscale pour les services publics, les coûts des crèches, les instruments sociaux et les contributions communales, en tenant compte de la composition du noyau familial, du nombre d’enfants à charge, de la présence de personnes handicapées, de personnes âgées non autonomes et d’aidants familiaux. Aux fins de l’ISEE également, on ira dans le sens de pondérations majorées pour les enfants mineurs, avec progressivité selon le nombre d’enfants, pour les personnes handicapées et pour les aidants familiaux. Il faudra en outre dépasser les distorsions qui rendent aujourd’hui plus avantageux de ne pas se marier que de se marier, alors que le cumul des revenus aux fins de l’ISEE incite précisément à ne pas contracter mariage pour obtenir un accès plus facile à certains instruments sociaux. S’il est difficile d’éviter totalement l’évasion due à la personne à faibles revenus qui, en ne se mariant pas, peut continuer à bénéficier de subventions qui seraient supprimées en raison des revenus du conjoint (et sans cohabitation, il est impossible pour l’État de s’apercevoir de l’évasion), il faudrait au moins contrebalancer ce désincitatif en augmentant la prime dans les barèmes de points en présence de mariage, par exemple dans l’attribution des logements sociaux, dans les listes d’attente des crèches, etc.
Grands-parents, patrimoine de l’humanité. Dans un monde qui isole de plus en plus les grands-parents et les personnes âgées, les met en maison de retraite, veut s’en débarrasser en les tuant avec les nouveaux droits de la fin de vie, rend difficile leur intégration sociale et le rapport entre grands-parents et petits-enfants, notre proposition fiscale pour le quotient familial considère aussi la présence dans le noyau des grands-parents, en réduisant en conséquence l’imposition fiscale pour ceux qui décident d’inclure leurs grands-parents au sein du noyau, en cohabitation ou en proximité étroite. Nous soutenons la famille multigénérationnelle, avec transmission de la sagesse et prise en charge de la fragilité, à travers une nouvelle conception de la fiscalité.
Nous introduirons dans les concours publics les « quotas bleus », en abolissant les quotas idéologiques de reprogrammation sociale prévoyant des postes réservés selon les goûts et l’identification sexuelle (comme cela s’est récemment produit dans un appel d’offres de la Région Toscane), en réservant à la place une partie du nombre de postes mis au concours aux parents de familles italiennes nombreuses : soutenir la famille fidèle à la finalité procréative du mariage, c’est soutenir l’avenir de l’Italie. De même, dans l’administration publique, priorité sera donnée et les mutations facilitées, à la demande, pour les noyaux familiaux ayant trois enfants ou plus.
Nous considérerons la conciliation entre travail et famille comme un élément d’architecture démographique. Le temps consacré par les mères italiennes à leurs enfants doit être pensé comme un droit de l’enfant mineur, non comme une permission exceptionnelle accordée à la mère, réduisant ainsi le risque pour les entreprises lié à la maternité et redonnant à la famille son rôle de pilier de la nation. Il faudra agir non seulement sur le plan normatif mais aussi sur le plan fiscal en facilitant un équilibre permettant la soutenabilité et la conciliation entre maternité et travail.
Revenu de parentalité : rationalisation des instruments sociaux en établissant une correspondance entre la libre demande de rester à la maison avec les enfants et la demande d’emploi des bénéficiaires de mesures de soutien. Nous assistons aujourd’hui à des paradoxes systémiques : pour chaque euro dépensé en revenu de citoyenneté et instruments sociaux successifs, mais aussi en instruments liés au chômage comme la NASpI et la DIS-COLL, pour des personnes restées à la maison sans s’occuper d’aucun enfant ni s’ouvrir à la possibilité d’en avoir d’autres, nous aurions pu investir dans des politiques démographiques soutenant ceux qui choisissent de rester à la maison pour se consacrer à la famille, pour engendrer et éduquer les Italiens de demain. Dans notre pays, en effet, il y a des personnes qui voudraient avoir plus d’enfants et se consacrer à des familles nombreuses mais qui ne le peuvent pas, tandis que d’autres seraient disposées à laisser leur emploi actuel à quelqu’un qui aujourd’hui est sans enfants, à la maison, avec des subventions publiques, parce qu’il ne trouve pas de travail. Au revenu improductif de citoyenneté, nous préférons le revenu productif de parentalité italienne, qui pourrait être versé directement ou par le biais d’instruments tels qu’une déduction fiscale impactant le revenu du conjoint travailleur ou le crédit fiscal cessible (voir l’instrument de la monnaie fiscale dans la section « Fiscalité » du présent programme). Nous réduirions la dépense sociale improductive et stimulerions la démographie : pour qui cède son propre emploi à un bénéficiaire d’instruments de revenu social (avec une pratique spécifique de substitution-succession contractuelle, via l’INPS), une partie de la prestation sociale que l’État ne dépense plus pour le nouvel embauché sera transférée au nouveau parent qui a quitté son emploi et a eu un enfant au cours des trois dernières années. Si, dans les 30 mois suivant la succession, un autre enfant est procréé, corrélant ainsi l’instrument utilisé à l’engagement de s’ouvrir à une famille plus nombreuse, le bénéfice est prolongé de 12/18 mois (selon les disponibilités des finances publiques).
En donnant plus de liberté de choix à tous en cette matière fondamentale, Futuro Nazionale rééquilibrera les distorsions systémiques créées par des décennies de gaspillages publics, de politiques assistantielles et d’obstination à ne pas reconnaître la famille comme le véritable objectif des politiques sociales. Nous réactiverons le solde démographique de la nation et favoriserons une rencontre vertueuse entre volontés libres qui mette en système les spécificités de chacun, la liberté de tous et la rencontre vertueuse entre ces deux pôles.
Pour valoriser la contribution sociale de la maternité et de la paternité italiennes, nous introduisons un système d’exonérations fiscales choc, s’ajoutant au véritable quotient familial décrit ci-dessus et qui aura pour fonction de considérer le nombre de personnes soutenues par un revenu aux fins de la détermination du taux d’imposition. Ces exonérations, dont la logique est de considérer forfaitairement la dépense pour les enfants non comme une partie du revenu mais comme une nécessité impérieuse, seront calibrées sur le revenu du noyau familial, récompensant chaque étape de la vie familiale :
- Premier enfant : déduction IRPEF renforcée par rapport à la situation actuelle (aujourd’hui seulement environ 950 € par an, sans réussir à influencer la décision d’avoir des enfants) et allégements sur les dépenses d’éducation et de santé.
- Deuxième enfant : déduction fiscale sur l’IRPEF des parents, encore plus impactante et non proportionnelle mais progressive, visant à dépasser le taux de fécondité actuel bloqué à 1,14 enfant par femme.
- Trois enfants ou plus : déduction fiscale supplémentaire et progressive, dont une part restera permanente, reconnaissant la génération d’au moins trois enfants comme une contribution extraordinaire et perpétuelle au bien du pays.
- Aidants familiaux : déduction intégrale des dépenses engagées pour l’assistance de proches non autonomes, avec reconnaissance de prévoyance sociale du travail de soin.
Les financements seront trouvés en réduisant les dépenses idéologiques actuellement destinées au coût social de l’immigration improductive, au financement de la guerre en Ukraine, à la gestion des détenus non italiens, au green deal, etc., ainsi que par une action combative pour faire reconnaître les dépenses de réactivation démographique comme dépenses dérogatoires au Pacte de stabilité et de croissance européen.
En alternative au système ci-dessus de réduction de la charge fiscale du noyau familial, Futuro Nazionale envisage aussi la possibilité d’un Revenu de renaissance soutenant les mères italiennes jusqu’à l’âge de 12/18 ans (selon les possibilités liées aux finances publiques, aux dérogations obtenues au Pacte de stabilité et de croissance, à la réactivation graduelle de l’économie nationale et des recettes fiscales, à la réduction de la part des intérêts dans le budget de l’État), avec un montant croissant pour chaque enfant et une pleine cotisation de prévoyance. Les deux systèmes seront choisis selon les disponibilités des ressources publiques, la bataille au niveau européen pour la substitution des dépenses dérogatoires pour la décarbonation par les dépenses dérogatoires pour la réactivation démographique, l’étude ponctuelle sur les effets des instruments d’intervention. D’ailleurs, les deux systèmes pourraient aussi être combinés et intégrés : par exemple avec la mise en œuvre de la défiscalisation progressive du noyau pour les familles ayant des charges fiscales et, au contraire, l’introduction d’un revenu de renaissance pour ceux qui se trouvent dans la zone de non-imposition. Le bénéfice se cumulerait pour une durée réduite avec l’éventuel revenu de parentalité (voir ci-dessus) obtenu par le placement au travail à la place d’un bénéficiaire d’aides sociales pour chômage.
Crèches à faible coût, logements aidés pour les jeunes mariés et parcours de facilitation au retour pour les familles italiennes à l’étranger qui ne se trouveraient pas dans la zone de non-imposition (et qui ne provoqueraient donc pas d’augmentation de la dépense publique en raison des coûts sociaux tels que l’éducation et la santé). Les familles italiennes sont un patrimoine dont il faut favoriser le retour, exactement comme on le prône depuis longtemps pour le retour des jeunes talents.
Nous proposons l’exonération de la redevance audiovisuelle RAI (RAI, le nom du groupe audiovisuel public) pour les familles ayant trois enfants ou plus.
Dans le cadre du Plan national pour la vie naissante, la prévention de l’avortement et le soutien aux femmes (voir ci-dessus) seront inclus :
- des contributions économiques directes à toutes les femmes en difficulté économique qui, ayant l’intention d’avorter, choisiront, par des parcours spécifiques, de mener à terme leur grossesse, en utilisant aussi des instruments d’information comme ceux prévus par la proposition « Un cœur qui bat » ;
- l’institution du Fonds de « Première maternité » : une contribution mensuelle pendant toute la durée de la grossesse aux femmes sans revenu ou avec un revenu insuffisant, liée à l’engagement loyal envers la maternité, donc versée rétroactivement à partir du quatrième mois, pour éviter des utilisations instrumentales ou des grossesses volontairement recherchées pour obtenir la subvention puis avorter l’enfant ;
- des programmes de soutien à la maternité en difficulté, gérés en synergie avec des associations du tiers secteur, des maisons d’accueil et des centres de consultation pro-vie ;
- des campagnes de promotion de la culture de la vie dans les écoles, les universités et les lieux de travail.
Renforcement de la protection des femmes mères avec interdiction de licenciement. Confirmation de la protection depuis la communication de la grossesse jusqu’à la première année de vie de l’enfant, avec un durcissement des sanctions pour les contrevenants, en plus du maintien du droit à la réintégration.
Alignement du TFR (indemnité de fin de rapport de travail) en cas de démission volontaire protégée durant la première année de vie de l’enfant. Déjà aujourd’hui, l’ordre juridique prévoit un régime de protection spéciale pour la mère durant la première année de vie de l’enfant ; ce que nous voulons garantir, c’est la liquidation rapide du TFR au bénéfice de la mère et que le retrait du travail ne soit pas considéré comme une forme de démission ordinaire aux fins des délais de liquidation.
Garantie nationale des dotations sanitaires pour l’accès aux soins palliatifs et à la thérapie de la douleur pour tous les malades y ayant droit, et soutien fiscal et de prévoyance sociale à ceux qui prennent soin (aidants) de proches ayant des problèmes de santé. Dans le cadre de la position en matière pénale décrite ci-dessus, il faut aussi soutenir ceux qui, dans la société civile, contre la culture du rebut et l’idée que la souffrance fait de la personne un déchet inutile et un tas de chair, affirment par leur propre sacrifice et leurs soins continus que chaque personne est un bien, un miracle et un porteur de dignité incommensurable. Souvent, le malade se perçoit lui-même à travers les yeux de ceux qui l’entourent, et l’on ne peut sous-estimer le fait qu’aujourd’hui un sentiment nihiliste, incapable de reconnaître le bien de la personne malgré la maladie, conduit de nombreuses personnes âgées et malades à se percevoir comme un poids pour la famille, un coût inutile de temps et de ressources, perdant le sens de leur propre valeur et de l’importance d’exister et de continuer à être sujet et objet de la volonté de bien et de soin de leurs proches. L’importance de l’accès aux soins palliatifs est ensuite renforcée par le fait qu’aujourd’hui, pratiquement toute circonstance de douleur physique peut être drastiquement soulagée grâce aux progrès médicaux, qui parviennent à gérer même la sédation profonde comme accompagnement dans la maladie et jusqu’à la mort, sans passer par l’homicide du consentant et de l’ignorant. Comme cela a toujours été le cas, les thérapies de la douleur pouvant indirectement causer aussi un raccourcissement des espérances de vie sont licites si elles sont proportionnées à la douleur soulagée et soignée, tandis qu’une recherche intentionnelle et directe de la mort de la personne constitue un homicide et, à ce titre, un attentat à l’ordre civil et au bien commun. Malheureusement, il manque une information adéquate sur ce sujet et une dotation financière suffisante, ce thème ayant été pris en otage par ceux qui, tant à gauche qu’au centre-droit modéré, veulent dépeindre la souffrance comme une absence de dignité de nos malades.
Crédit Immobilier Tricolore
Le problème du logement comme obstacle à la Famille : le concept de Prêt Tricolore. Le problème du logement est l’un des principaux obstacles matériels au choix d’avoir des enfants. Un bien immobilier coûte en moyenne 180 000 à 250 000 euros, tandis que les jeunes de moins de 35 ans gagnent environ 24 000 à 28 000 euros bruts par an : sans l’aide de la famille d’origine, on repousse le mariage, on repousse le logement, on repousse les enfants – et souvent ils n’arrivent jamais. Le « Credit Immobilier Tricolore » est la réponse structurelle : un prêt aidé, contracté avec la garantie de l’État et à des conditions établies par le programme, à taux progressivement décroissant à chaque naissance, destiné aux jeunes couples italiens pour l’achat de la première résidence. Il s’agit de renforcer et de rendre véritablement facilitants les instruments existant aujourd’hui, comme le Fonds Première Maison garanti par Consap, qui offrent des garanties (partielles) sur la part du capital mais ne parviennent pas à peser significativement sur le taux d’intérêt préférentiel pour les familles ni à conditionner les délais de remboursement au développement du noyau familial. L’État, par le biais de ses organismes de référence comme Consap S.p.A., doit engager une négociation avec les établissements bancaires, y compris par des instruments d’appel d’offres concurrentiels, en obtenant les conditions les plus avantageuses possibles en contrepartie de l’important volume de financement et donc de gain généré par la convergence massive de clientèle apportée par l’instrument « Crédit Immobilier Tricolore ».
Le taux baisse à la naissance de chaque enfant. Le mécanisme est simple et puissant : au moment de l’accès au programme, le taux, avantageux par rapport à ceux du marché, baisse à la naissance du premier enfant, encore davantage à la naissance du deuxième, et tombe complètement à zéro au troisième. La réduction est permanente pour toute la durée restante du prêt. L’État, pour la part de la quote-part d’intérêts qui ne peut pas être ramenée à zéro par le résultat de l’appel d’offres pour la sélection des établissements bancaires, prend en charge le coût de l’argent (donc, seulement pour la part d’intérêts) pour les familles ayant trois enfants ou plus (et dans la limite d’un plafond de valeur du bien et donc d’octroi du crédit), de manière que le taux d’intérêt soit ramené à zéro pour les échéances restantes : non pas un bonus ponctuel, mais un pacte durable entre la Nation et ceux qui choisissent de la construire. L’investissement, qui génère une richesse supplémentaire à long terme en raison de l’augmentation démographique, est amorti à court terme par les conditions négociées lors de l’appel d’offres entre l’État et l’établissement bancaire adjudicataire, avec des taux d’intérêt extrêmement bas compensés par les volumes de l’opération à l’échelle nationale. On peut aussi envisager d’étaler le coût à court terme en faisant payer à la famille le taux préférentiel général et en offrant un remboursement (cashback) en crédits fiscaux à long terme (cessibles : voir la section du programme sur la monnaie fiscale) en compensation à la naissance du deuxième puis du troisième enfant.
Moratoire à la naissance et portabilité géographique. À chaque naissance, les échéances du prêt sont suspendues pendant quelques mois sans accumulation d’intérêts : une année de répit dans la phase la plus critique de la vie familiale. Le bénéfice de suspension momentanée est en outre transférable sur un nouveau bien, à condition de suspension sur le précédent, pour ceux qui choisissent de s’installer dans des communes de moins de 15 000 habitants ou dans les zones à risque de dépeuplement. La politique démographique devient ainsi aussi une politique de repeuplement des bourgs. Tous les avantages ne sont pas imposés au marché, mais efficacement obtenus par un système concurrentiel d’appel d’offres par lequel l’État demande des conditions véritablement avantageuses en contrepartie du volume d’affaires recueilli et apporté à l’établissement bancaire avec garantie publique et donc confinement drastique du risque à la seule part d’intérêts.
Un investissement, pas une dépense. Notre pays est un pays qui a dépensé 170 milliards dans le superbonus du bâtiment. La position de Futuro Nazionale est que le soutien à la famille et aux conditions favorisant sa croissance sont des urgences nationales bien plus importantes, et l’on pourrait citer bien d’autres exemples de gaspillage de ressources publiques. Surtout, soutenir les conditions pour la famille et la procréation signifie dépenser aujourd’hui pour mieux soutenir la Nation et aussi la dépense publique de demain. Avec un retour mesurable dans le temps : plus de main-d’œuvre, plus de recettes fiscales, plus de soutenabilité sociale et de prévoyance sociale. Ce n’est pas de l’assistanat : c’est l’investissement le plus rentable qu’un État puisse faire s’il veut investir sur son propre avenir, au lieu de ne penser qu’aux prochaines élections.
Bureaucratie zéro : l’État vient au-devant des familles. S’inspirant de modèles de simplicité et de soutien aux familles déjà rodés dans les pays scandinaves et baltes, les bénéfices se déclenchent automatiquement : à l’enregistrement de la naissance à l’état civil, le système notifie au couple la réduction du taux sans aucune demande supplémentaire. L’État n’attend pas que le citoyen frappe à la porte : il se fait trouver déjà sur le seuil. La simplicité procédurale fait partie intégrante du message social, culturel et politique que nous devons donner : l’Italie veut soutenir les Italiens et le démontre par des actes.
Conclusions sur les valeurs non négociables et les politiques de mise en œuvre décrites.
En matière de valeurs fondamentales, Futuro Nazionale, comme nous l’avons vu, se situe sur des positions de défense du droit naturel et des valeurs non négociables, car il entend préserver les vérités naturelles et les valeurs millénaires (la famille naturelle, la vie depuis l’instant de la conception jusqu’à celui de la mort naturelle, le soin du malade et du souffrant, la foi, la patrie, l’identité) qui ont fait de la Chrétienté européenne l’apogée de la civilisation et de l’histoire ; Futuro Nazionale soutient en outre une vision de société cohésive, ordonnée et harmonieuse, au bénéfice de tous les citoyens italiens, en particulier les plus vulnérables, plutôt que d’alimenter des conflits idéologiques ou des prétentions clivantes. L’objectif est de renforcer le tissu social, en s’appuyant sur ces valeurs communes qui nous ont toujours caractérisés et en protégeant la dignité de chacun, car reconnaître la valeur de chaque être humain, y compris du plus fragile, est une force, tandis qu’abandonner au néant ce qui a de la valeur est faiblesse, obtusion et obscurcissement de l’intelligence et de la volonté. La force de la charité chrétienne, d’où naquirent les premiers hôpitaux de l’histoire, au Moyen Âge italien, est devenue – en éclairant la raison et en lui facilitant des évidences fondamentales, désormais acquises au bagage philosophique et culturel européen – aussi civilisation et vecteur de formation de la société : à cette vision, à la force de nos racines, nous ne pouvons ni ne devons renoncer.
14— Social : mineurs, handicap, services sociaux
Les politiques sociales de Futuro Nazionale promeuvent une action visant à placer tout le monde dans les meilleures conditions pour vivre, prospérer et exercer les vertus et l’effort avec responsabilité. Futuro Nazionale rejette l’assistanat qui cache la paresse et le refus de se donner du mal pour améliorer sa propre condition en en faisant retomber le coût injuste sur la communauté locale ou nationale. Au contraire, nous considérons la véritable solidarité comme une valeur fondatrice de notre civilisation chrétienne et nous promouvons le soutien aux plus nécessiteux et à ceux qui se trouvent en situation défavorisée, en privilégiant la catégorie chrétienne de « prochain » : nous sommes liés par des devoirs naturels et par un ordre de charité à nous préoccuper d’abord – spécialement dans les cas de ressources rares – de ceux qui sont nos prochains, c’est-à-dire du peuple italien, avant ceux qui sont éloignés. Nous avons traité en connaissance de cause de nombreux aspects des politiques sociales dans le chapitre « Valeurs non négociables », les considérant comme des aspects fondamentaux et incontournables de notre vision des valeurs : nous renvoyons donc à ce chapitre pour tout ce qui concerne les politiques de défense de la vie, de promotion de la famille et de réactivation du solde démographique.
Futuro Nazionale relève aussi que ces dernières années a émergé une préoccupation croissante concernant la gestion de nombreuses situations de crise sociale impliquant des mineurs et des noyaux familiaux. Nous soutiendrons donc l’autorité parentale et la protection de la famille, considérant que l’éloignement des mineurs ne doit être que l’ultime recours, et estimant que, normalement, il est préférable que d’autres biens soient partiellement comprimés (pensons aux éloignements de mineurs pour conflits entre parents, absences scolaires, désordre à la maison, ou à la suite d’une unique dénonciation sans preuve pour maltraitance), plutôt que celui de l’appartenance au noyau familial.
Quelques-unes de nos propositions pour les politiques sociales :
Politiques sociales intégrées à la santé. Santé et bien-être social sont étroitement liés. Le parti propose donc une vision intégrée : améliorer les politiques pour le handicap (plus d’assistance aux familles ayant des personnes handicapées, suppression des obstacles architecturaux, subventions proportionnées), renforcer les instruments pour la santé mentale (services psychologiques accessibles et campagnes de prévention pour combattre les addictions, le mal-être des jeunes, la dépression, etc.), valoriser le rôle du tiers secteur et du bénévolat dans le réseau de la protection sociale. Futuro Nazionale reconnaît le rôle subsidiaire des associations, paroisses, organismes à but non lucratif dans la prise en charge des plus faibles et soutient leur valeur publique, convaincu qu’une société cohésive et solidaire renforce aussi la santé de tous et de chacun, ainsi que l’état d’harmonie sociale diffuse.
Priorité aux Italiens dans les instruments sociaux : Futuro Nazionale considère que les instruments sociaux et les ressources publiques doivent être utilisés en priorité pour les citoyens italiens, car notre contribution n’est pas seulement liée au moment présent mais remonte dans le temps, et à travers les générations, nos familles ont peiné pour la construction de l’État social italien. Nos aïeux ont versé leur sang dans nos guerres, nos grands-parents ont payé les impôts qui ont permis la construction de nos infrastructures. Celui qui paie des impôts ne couvre qu’une part infinitésimale du coût réel des services dont il bénéficie, existant en arrière-plan un patrimoine investi dans le temps et dont on jouit en termes de biens mobiliers, immobiliers et de système-pays, qui a été construit avec la contribution financière (et pas seulement) d’innombrables générations. Pour cette raison, Futuro Nazionale promeut la modification des normes régissant l’octroi des instruments extraordinaires de subvention sociale, comme dans le domaine du logement social public, pour opérer un véritable renversement de tendance par rapport à ce qu’a vécu notre pays ces dernières décennies, et revenir à donner véritablement la priorité aux familles italiennes en difficulté – sous réserve de l’assistance pour état de grave nécessité. La solidarité envers tous est une valeur, dans la mesure du possible et dans de justes proportions, mais elle ne peut jamais bafouer le principe de justice, ni l’ordre de la charité et donc le devoir de nous occuper d’abord de notre « prochain » et de ceux qui nous sont liés par une plus grande proximité et des relations de responsabilité plus étroites : nos enfants, nos personnes âgées, nos concitoyens. En quelques mots, nous devons mettre les Italiens en premier lieu.
Handicap : Inclusion, Autonomie, Dignité. Les personnes handicapées seront soutenues par des parcours personnalisés de soin et d’assistance, avec un accès facilité aux services sanitaires, de rééducation et à domicile. Les familles ayant des charges d’assistance élevées recevront un soutien dédié, avec une pleine reconnaissance du rôle de l’aidant. Les technologies d’assistance et la domotique seront utilisées pour favoriser l’autonomie, en reconnaissant le handicap comme une condition nécessitant une aide concrète et un soutien, non de la pitié.
Logement et régénération urbaine. Le logement est un bien fondamental. Le Plan Logement soutiendra les logements sociaux (pour les Italiens de bonne volonté et ne menant pas d’activités illicites), des prêts aidés, des loyers plafonnés, des garanties de l’État et des loyers accessibles dans les villes universitaires et industrielles, avec une attention particulière aux personnes âgées seules et aux jeunes travailleurs. La régénération urbaine deviendra un axe stratégique, avec récupération de bâtiments publics, requalification des quartiers dégradés, restructuration de maisons rurales et développement de communautés énergétiques familiales et de copropriété. À tout cela s’ajoute l’instrument fondamental du « Prêt Tricolore », que nous avons expliqué en détail dans le chapitre du même nom.
Pension minimale à 750 euros. La pension minimale (aujourd’hui à 619,80 euros) devra passer, une fois les ressources trouvées, à 750 euros (et être révisée tous les 3 ans en fonction de l’inflation), exclusivement pour ceux qui vivent dans une situation réelle de besoin, sans propriété ni revenus : l’État adopte un système de vérification fondé sur la reconstitution effective de la situation économique et patrimoniale du demandeur. Le versement du complément ne se fonde plus seulement sur des autocertifications ou des indicateurs facilement manipulables, mais sur une vérification complète croisant les données fiscales, d’état civil et patrimoniales, afin de restituer un tableau véridique de la capacité économique de la personne et de son noyau familial, de manière à circonscrire l’emploi de ressources publiques aux cas de véritable nécessité. La pension minimale à 750 euros devient ainsi une mesure réellement équitable, destinée à ceux qui ne disposent pas des moyens nécessaires pour une vie digne. Quiconque tente d’y accéder par des déclarations mensongères ou des omissions significatives encourt la révocation immédiate et totale du bénéfice, l’obligation de restitution des sommes perçues et l’exclusion pour une période déterminée de toute forme de prestation aidée. Ainsi, les ressources publiques sont protégées et orientées vers les citoyens qui en ont réellement besoin, renforçant la crédibilité du système de prévoyance sociale et la justice sociale.
Suppression de la pension selon le principe de saint Paul. Le principe « qui ne veut pas travailler ne mange pas non plus » devra aussi valoir projeté dans le temps de la vie, donc pour le versement de la pension minimale : précisément pour souligner l’élément de la volonté et de la responsabilité (« qui ne veut pas travailler »), l’État agira par des communications et des mises en demeure dès la jeunesse, pour ceux qui ni n’étudient ni ne travaillent (mais pourraient le faire), en proposant des instruments de formation et d’insertion professionnelle ; en cas de refus, le citoyen assume la responsabilité de renoncer aussi aux instruments de prévoyance futurs, y compris la pension minimale. Pour ceux qui n’auront volontairement pas payé des cotisations sociales suffisantes pour l’octroi de la pension minimale, refusant l’aide de l’État, celle-ci sera réduite en tenant compte des mises en demeure refusées et du montant des cotisations réellement versées. Ainsi, dans les cas d’absence de cotisation et de persistance dans le refus des mises en demeure, la pension sera totalement refusée : celui qui n’a payé aucune cotisation et a toujours refusé d’essayer d’en payer ne recevra aucune prestation. Dans ce cas seront garantis, au nom du principe moral chrétien de la « nécessité extrême », non pas de l’argent mais des services visant au maintien en vie : cantine des pauvres, dortoir public et assistance sanitaire essentielle. La suppression des versements en argent pour ceux qui auront refusé même de tenter leur propre réinsertion professionnelle garantira, dans le temps, des économies qui pourront être utilisées précisément pour garantir une augmentation des prestations de prévoyance en argent pour les bénéficiaires de pensions minimales ou basses, pour les personnes handicapées, pour les « aidants familiaux » et pour les familles en difficulté sans faute de leur part.
Chantiers de citoyenneté fondés sur le principe de tolérance zéro. Chaque infraction, même mineure, est identifiée par le contrôle territorial (Commune, Police municipale) et les services sociaux, selon le modèle « Broken Windows » (vitres brisées) : la dégradation systémique naît de l’impunité des petits délits. Les mineurs responsables d’actes de vandalisme ou d’intimidations sont insérés dans des parcours sociaux de réparation obligatoire pour éviter le déclenchement de la procédure judiciaire (lorsqu’elle ne résulte pas d’office), supervisés par du personnel des Forces de l’ordre en retraite, pour rendre à la communauté ce qu’ils lui ont soustrait.
Responsabilité parentale. La famille qui échoue dans le contrôle éducatif en répond légalement et économiquement. Des sanctions pécuniaires sévères et la suspension des aides publiques frappent les noyaux des mineurs récidivistes. Pour les cas de déviance, le parent accompagne physiquement l’enfant dans les parcours réparateurs : l’État ne se substitue pas au père ou à la mère, il les oblige à reprendre leur propre rôle.
Sport et métiers comme rempart identitaire. Contre le nihilisme des périphéries, l’État offre une identité plus forte que celle de la rue. Nous promouvrons les sports d’endurance et les arts martiaux (écoles de maîtrise de soi et de respect) et les « Ateliers de citoyenneté », où les jeunes apprennent des métiers d’excellence : artisanat, restauration, agriculture. Apprendre un métier vaut plus que n’importe quel « gang ».
Protocoles objectifs contre l’arbitraire dans les services sociaux. Assez de « psychologisme » et d’évaluations subjectives dans les cas de protection des mineurs : nous introduirons des Indicateurs de Performance Éthique (IPE) et des protocoles techniques certains documentant chaque action entreprise. L’erreur doit devenir un élément procédural identifiable et corrigible, non une accusation médiatique indiscriminée contre toute une catégorie professionnelle ni une hypothèse indémontrable et donc un laissez-passer pour des comportements objectivement incorrects.
Défense de l’autorité parentale et de l’unité du noyau familial : l’éloignement n’est que l’ultime recours. De plus en plus de familles dénoncent des parcours longs, complexes et souvent caractérisés par un acharnement institutionnel contre les familles. Aujourd’hui, nous assistons trop souvent à un modèle d’intervention qui risque de transformer la fragilité familiale en une rupture définitive. Au lieu d’investir dans la restauration des relations, dans le soutien à la parentalité et dans la prévention, on recourt de plus en plus à des parcours d’éloignement drastique des mineurs, en les déplaçant comme s’ils étaient de simples objets, en banalisant et en niant les traumatismes qui découlent de ces éloignements forcés, qui s’incrusteront dans la vie d’un enfant, pour toujours. Après l’affaire Bibbiano, il est de plus en plus évident qu’il faut veiller à éviter des dérives criminelles ou idéologiques qui détruisent les familles sans fondement suffisant. L’État doit être un allié des familles et l’éloignement d’un mineur doit représenter l’ultime recours, limité aux cas de danger grave et concret, jamais un raccourci pour affronter des situations qui peuvent être résolues par des interventions moins invasives. Il faut en outre garantir un système fondé sur la transparence, sur la confrontation entre professionnalités différentes et sur le respect du contradictoire.
Contrôles fréquents sur les structures d’accueil. Spécialement après des faits comme ceux liés aux abus du Forteto, en Toscane, il est nécessaire de renforcer les contrôles sur les structures accueillant des mineurs, en vérifiant constamment la qualité des interventions et le respect des droits des enfants. Chaque communauté doit être soumise à des normes élevées de surveillance. Le maintien des liens affectifs significatifs avec les deux parents et avec les frères et sœurs est un bien fondamental qui doit être préservé. Dans les cas d’abus de pouvoir ou d’usage détourné des instruments institutionnels, l’État interviendra avec fermeté.
Transparence comme confiance institutionnelle. Le citoyen doit savoir que le travailleur social agit selon la science et le protocole, non selon la conscience subjective. La mesurabilité des procédures protège simultanément la famille, le professionnel et l’institution, restituant de la crédibilité à un État trop souvent perçu comme arbitraire et opaque.
Bio-sensibilisation obligatoire dans les écoles. La prévention des addictions entre dans le curriculum avec des médecins et des toxicologues en classe. Scanners cérébraux des dommages liés à l’alcool et aux cannabinoïdes, données scientifiques certaines, déconstruction technique et convaincante du mythe des « drogues legeres » : la vérité biologique est un antidote au charme de l’interdit. Non une information générique, mais un véritable choc frappant la conscience.
Interdiction absolue d’utilisation des appareils électroniques personnels à l’école. La dépendance numérique est une forme d’auto-réclusion qui appauvrit les capacités cognitives et relationnelles des jeunes. Nous rétablissons l’interdiction absolue des smartphones et appareils personnels pendant les heures de cours : un acte de désintoxication forcée qui redonne à l’école son rôle de rempart du réel et de confrontation authentique.
Interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, avec obligation pour les plateformes de mettre en œuvre des systèmes de vérification de l’âge certains et non contournables, fondés sur des instruments d’identification numérique. De 15 à 17 ans devra en revanche être prévu un temps maximum d’utilisation quotidienne, par exemple 45 minutes ou une heure, après quoi le compte ne sera plus utilisable jusqu’au lendemain.
Blocage par défaut des contenus pour adultes sur tous les appareils connectés : tout contenu sexuel explicite, violent ou inapproprié pour les mineurs doit être bloqué par défaut sur tous les appareils et connexions. Le déblocage doit exiger une demande explicite de l’adulte titulaire du contrat. Vigilance sur la mise en œuvre effective du décret Caivano pour éviter tout contournement possible de l’interdiction de fournir des contenus pornographiques aux mineurs, par le biais de mécanismes de double anonymat et d’authentification, comme ceux déjà mis en place par l’Agcom. Responsabilité des plateformes : sanctions économiques sévères – jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial – pour les plateformes qui n’adoptent pas de systèmes adéquats de vérification de l’âge et de protection des mineurs.
DECRETO CAIVANO
En définitive, l’État social de Futuro Nazionale sera repensé en termes de justice, de méritocratie et de responsabilité, avec des aides sociales le plus souvent réservées aux citoyens italiens, avec des contrôles sévères contre les abus et les fraudes. Les communes qui investissent dans la natalité et les politiques familiales seront récompensées et les services territoriaux pour l’enfance, les personnes âgées et les personnes handicapées seront renforcés, tandis que l’assistanat sera transformé en parcours de formation et de travail. Les jeunes seront amenés à comprendre leurs propres responsabilités et les risques liés aux drogues et à d’autres comportements antisociaux. L’État social a pour fonction de ne laisser personne de côté et d’offrir un soutien à quiconque en a besoin, sans toutefois omettre de tenter de ramener chacun à exprimer toutes ses potentialités.
15— Agriculture et souveraineté alimentaire
Cultiver l’avenir de l’Italie, veiller sur le territoire, défendre le revenu agricole
L’agriculture italienne ne représente pas seulement un secteur économique, mais un rempart social, productif et culturel. Là où disparaît une exploitation agricole, ce n’est pas seulement de la production qui se perd : c’est de l’entretien du territoire qui se perd, c’est de la communauté qui se perd, c’est de l’identité qui se perd.
Ces dernières décennies, nous avons assisté à un abandon progressif des campagnes, surtout dans les zones intérieures et montagneuses. Le revenu agricole est devenu insuffisant pour garantir un niveau de vie digne, décourageant le renouvellement générationnel et provoquant le dépeuplement de territoires entiers.
Futuro Nazionale considère cela comme la principale urgence agricole italienne.
Une nation qui renonce à ses agriculteurs renonce à sa propre souveraineté alimentaire, à la gestion équilibrée de l’environnement et à la protection de la santé des citoyens.
C’est pourquoi notre programme agricole se fonde sur deux principes simples : l’agriculteur doit revenir à vivre de son travail, et les citoyens italiens doivent pouvoir se nourrir de nos productions agroalimentaires, qui appartiennent à notre identité et sont les meilleures du monde. C’est pourquoi toutes les aides publiques, nationales et européennes, doivent être destinées uniquement au véritable agriculteur et non aux simples propriétaires des terres.
Revenu agricole, bureaucratie, jeunes et renaissance des zones rurales
La priorité absolue de la politique agricole doit être la rentabilité des exploitations agricoles. Ces dernières années, l’agriculture italienne a été écrasée par la hausse des coûts de production, la volatilité des marchés, une pression réglementaire et bureaucratique croissante, et l’idéologie verte. Il faut redonner de la valeur économique à la production agricole par :
- le renforcement des instruments d’agrégation et de la programmation productive, y compris par des incitations aux contrats de filière entre agriculteurs et industrie ;
- une plus grande transparence dans la formation des prix le long des filières, en luttant contre les pratiques commerciales déloyales, les abus de dépendance économique envers les agriculteurs et les pratiques de prix prédateur. Il faut en outre rendre effective l’interdiction de céder les produits à un prix inférieur aux coûts de production ;
- la débureaucratisation et la simplification normative ;
- la protection des productions nationales contre la concurrence de produits importés ne respectant pas les mêmes normes de production, environnementales et sanitaires ;
- le soutien aux filières stratégiques nationales pour augmenter l’autosuffisance productive ;
- la modernisation et le renforcement du système assurantiel et mutualiste contre les événements catastrophiques et climatiques.
Le renouvellement générationnel doit devenir une priorité. Futuro Nazionale propose :
- un accès facilité à la terre pour les jeunes agriculteurs ;
- des incitations fiscales et de cotisations pour les nouvelles exploitations agricoles ;
- une priorité d’accès aux fonds publics pour les entrepreneurs agricoles de moins de 40 ans ;
- des instruments financiers dédiés à l’installation dans les zones intérieures et montagneuses ;
- un soutien à la transmission générationnelle dans les exploitations familiales.
Nous sommes favorables à la croissance dimensionnelle des exploitations lorsqu’elle résulte de l’efficacité économique, de la recomposition foncière et de la libre initiative entrepreneuriale, mais nous sommes opposés à de nouvelles formes de latifundisme et de désertification sociale. L’objectif est de construire une agriculture composée d’exploitations modernes, rentables et enracinées dans les territoires.
Un seul ministère pour gouverner toute la filière
Aujourd’hui, les compétences concernant l’agriculture sont fragmentées entre différents ministères. Les politiques agricoles relèvent du ministère de l’Agriculture ; la sécurité alimentaire, la santé et le bien-être animal sont attribués au ministère de la Santé ; la gestion de la faune sauvage et des espèces allochtones, les agro-énergies et de nombreuses procédures liées aux moyens techniques sont confiées au ministère de l’Environnement et de la Sécurité énergétique ; les politiques industrielles et les filières de production dépendent enfin du ministère des Entreprises et du Made in Italy.
Cette fragmentation génère des inefficacités, des ralentissements et des décisions souvent contradictoires. Pour réaliser une véritable politique agricole nationale, il est donc nécessaire de rendre pleinement effectif le rôle de l’actuel ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et des Forêts, en dépassant l’actuelle fragmentation des compétences par les regroupements et les synergies nécessaires. L’objectif est de ramener au sein du ministère toutes les fonctions stratégiques le long de toute la filière, du champ à la table, afin que la dénomination de « ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire » corresponde à une réelle unité d’orientation, de programmation et de gouvernance du secteur, et ne reste pas une définition purement formelle.
Souveraineté alimentaire et valorisation de la production nationale
La crise du revenu agricole ne représente pas seulement un problème économique pour les entrepreneurs du secteur : elle compromet progressivement la capacité productive du pays et sa propre souveraineté alimentaire. L’Italie, bien qu’étant l’une des principales puissances agroalimentaires mondiales par la qualité et la capacité de transformation, n’est pas aujourd’hui autosuffisante dans la plupart des productions agricoles stratégiques. Nous dépendons de manière significative des importations de matières premières agricoles comme les céréales, les légumineuses, les viandes bovines et porcines.
La production nationale continue de se réduire, écrasée par des coûts élevés et une rentabilité insuffisante, tandis qu’augmentent les importations en provenance de pays dont les normes environnementales, sanitaires et sociales sont inférieures aux nôtres. Cette situation constitue un risque économique, stratégique et géopolitique : les récentes crises internationales démontrent que la sécurité des approvisionnements ne peut être tenue pour acquise. Un pays incapable de produire la nourriture de ses propres citoyens est plus faible, exposé aux spéculations internationales et moins libre dans ses propres choix.
Un enjeu central réside dans le fait que la valeur des exportations ne peut être mesurée seulement par les volumes exportés. Une part importante des produits vendus dans le monde sous le label Made in Italy utilise des matières premières importées, simplement transformées dans notre pays. Il n’est pas acceptable que des dérivés de tomate chinoise ou des fromages réalisés avec des caillés d’Europe de l’Est puissent se prévaloir de cette marque. C’est pourquoi nous nous engageons à promouvoir, au niveau européen, une révision du Code des douanes de l’Union, en dépassant le critère de la dernière transformation substantielle, afin que l’origine reflète la réelle provenance des matières premières.
Pour Futuro Nazionale, souveraineté alimentaire signifie garantir aux Italiens des produits majoritairement issus du territoire et assurer aux agriculteurs un revenu digne, en valorisant la matière première et en renforçant le lien entre agriculture, industrie et consommateurs.
Nos propositions :
- augmenter la production nationale des principales matières premières agricoles stratégiques, en renforçant les filières italiennes et en favorisant l’approvisionnement des entreprises à partir de productions agricoles nationales ;
- valoriser économiquement les productions agricoles italiennes tout au long de la filière, en prévoyant des incitations pour les entreprises utilisant des matières premières nationales et en promouvant des campagnes de communication dédiées aux produits italiens ;
- introduire l’obligation d’indication claire de l’origine des matières premières pour tous les produits alimentaires, y compris au niveau européen, en étendant les modèles de traçabilité déjà prévus pour la viande bovine, et promouvoir des systèmes d’étiquetage capables d’identifier immédiatement les produits obtenus entièrement à partir de matières premières nationales ;
- renforcer les contrôles contre l’italian sounding et toute forme de fausse évocation du Made in Italy, en garantissant une meilleure protection aux producteurs italiens et de la transparence aux consommateurs.
Défendre le vrai Made in Italy signifie reconnaître que la qualité naît d’abord dans les champs et dans les élevages italiens. Cela signifie protéger le travail des agriculteurs, garantir une concurrence loyale, offrir aux consommateurs des informations transparentes et renforcer la sécurité alimentaire de la Nation.
Ce n’est qu’en replaçant la matière première agricole italienne au centre de la filière qu’il sera possible de reconstruire une agriculture compétitive, d’augmenter notre autosuffisance alimentaire et de restituer à l’Italie une souveraineté alimentaire concrète, indispensable dans un contexte international caractérisé par des tensions géopolitiques croissantes et une instabilité toujours plus grande des marchés.
Contre le dogmatisme du Green Deal : science, innovation et productivité
Les politiques européennes de ces dernières années ont souvent poursuivi des objectifs idéologiques plutôt que scientifiques. Les stratégies Green Deal et Farm to Fork ont imposé des réductions de production, des limites à l’utilisation d’instruments techniques et chimiques consolidés, ainsi que des objectifs utopiques sans évaluations économiques et productives adéquates.
Futuro Nazionale considère que la durabilité environnementale ne peut être poursuivie au détriment de la durabilité économique des exploitations agricoles. Nous estimons que la diversité des modèles de production doit être valorisée, en rejetant toute approche idéologique privilégiant une seule forme d’agriculture. Les agriculteurs doivent être libres de choisir la méthode de production la plus efficace et la plus durable pour leur exploitation, afin de pouvoir créer de l’emploi, produire du revenu et contribuer à la sécurité alimentaire du pays.
L’agriculture la plus durable est celle qui, à ressources employées égales, parvient à produire davantage. Produire davantage signifie optimiser les processus pour utiliser moins d’intrants, moins d’énergie et moins d’eau par unité de produit, transformant ainsi une plus grande quantité de dioxyde de carbone en biomasse végétale.
C’est pourquoi nous soutenons avec conviction la recherche, l’expérimentation et la diffusion des Techniques d’évolution assistée (TEA), fondamentales pour développer des cultures plus résistantes aux pathogènes, aux parasites et aux événements climatiques extrêmes. Nous promouvons en outre l’agriculture de précision et l’agriculture de conservation, ainsi que les processus de numérisation et l’adoption de technologies et de systèmes de mécanisation avancée, pour rendre le secteur agricole toujours plus efficace et compétitif, et moins impactant.
L’Italie doit devenir l’un des principaux pôles européens de recherche sur les TEA, en mettant en réseau universités, centres de recherche, entreprises et organisations professionnelles. L’innovation doit servir à réduire les coûts, augmenter la productivité et garantir un revenu adéquat aux agriculteurs.
Eau, irrigation et grands ouvrages hydrauliques
L’accès à l’eau est la plus grande infrastructure agricole du XXIe siècle. L’agriculture irriguée peut produire jusqu’à huit fois plus que l’agriculture sèche et représente une condition indispensable pour une grande partie des productions agricoles et zootechniques. C’est pourquoi Futuro Nazionale propose un grand Plan national de l’eau, qui envisage :
- l’achèvement du réseau d’irrigation national ;
- la réduction des pertes dans les réseaux hydriques ruraux ;
- la construction de retenues ;
- la réalisation de nouveaux barrages multifonctionnels ;
- la récupération et la réutilisation des eaux usées épurées ;
- le soutien à l’innovation en matière d’irrigation dans les exploitations.
- la simplification de la bureaucratie dans la gestion du patrimoine hydrique, qui a aujourd’hui trop de « propriétaires » en termes de compétences publiques.
Une attention particulière devra être réservée au bassin du fleuve Pô. La régularisation du principal fleuve italien permettrait : une plus grande disponibilité d’eau pour l’agriculture et l’industrie ; la navigabilité intérieure ; une plus grande sécurité hydraulique ; l’augmentation de la production hydroélectrique ; une meilleure gestion des crises de sécheresse.
L’eau ne doit plus être considérée comme une urgence mais comme une infrastructure stratégique nationale.
Forêts productives, biomasse et agro-énergies
Le dépeuplement des zones intérieures a favorisé l’expansion incontrôlée du bois non entretenu. Cette situation augmente le risque d’incendies, réduit la gestion active du territoire et entraîne la perte de valeur économique.
Futuro Nazionale propose une politique forestière orientée vers la gestion productive et durable du patrimoine forestier. Il faut favoriser la conversion de la forêt abandonnée en forêt productive ; la valorisation de la filière forêt-bois ; la production nationale de biomasse ligneuse ; l’entretien actif des zones montagneuses et vallonnées.
La biomasse représente une véritable énergie renouvelable programmable et doit être reconnue comme un élément fondamental du bouquet énergétique national.
Nous soutenons la poursuite de l’activité des installations de biogaz, dont les financement vont bientôt terminer, y compris avec conversion en biométhane lorsque techniquement avantageux, en utilisant exclusivement des résidus agricoles, des cultures dérobées, des cultures de couverture, des sous-produits et des déchets agro-industriels.
Concernant le photovoltaïque, la priorité doit être la couverture des structures agricoles ; nous sommes opposés à la consommation de sol agricole pour des installations photovoltaïques au sol et nous rejetons les modèles d’agrivoltaïsme qui soustraient de la surface productive à l’agriculture. La production d’énergie doit être complémentaire et accessoire à l’agriculture et non l’inverse ; alors que jusqu’à présent le gouvernement n’a jamais voulu confier le développement des initiatives agro-énergétiques à des sociétés agricoles, laissant au contraire de la place à de vagues « associations en participation ».
Pêche et aquaculture
Le secteur halieutique doit faire partie intégrante de la stratégie nationale de souveraineté alimentaire. Notre vision prévoit que les compétences soient centralisées dans un unique département dédié auprès du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, pour garantir une gouvernance unique capable de protéger les entreprises des impositions communautaires idéologiques.
Piliers de l’action programmatique :
- de la restriction à la gestion scientifique : remplacement des interdictions rigides européennes par des Plans de gestion nationaux fondés sur des données scientifiques probantes. La stabilisation des dérogations techniques (par exemple sur la taille minimale des palourdes) et la protection de la petite pêche artisanale sont prioritaires, pour éviter le déclin des marines italiennes ;
- défense du revenu et de la compétitivité : lutte contre la cherté du gazole par la stabilisation des mesures de défiscalisation et le contrôle des spéculations. Nous promouvrons la modernisation de la flotte – aujourd’hui en grande partie obsolète – en incitant à l’efficacité énergétique et à la sécurité du travail, en dépassant les contraintes les plus pénalisantes de la Politique commune de la pêche ;
- protection sociale et reconnaissance professionnelle : intégration de la pêche parmi les métiers pénibles, garantissant le droit à la sortie anticipée du travail et la pleine activation des amortisseurs sociaux pendant les périodes d’arrêt biologique ;
- valorisation du Made in Italy : lutte contre la concurrence déloyale par l’obligation d’indication de la date de pêche sur l’étiquette. Nous valoriserons les circuits courts et le thon rouge par une répartition des quotas privilégiant les marines locales et la transformation sur le territoire national ;
- aquaculture stratégique : reconnaissance de l’aquaculture comme alliée de l’environnement. Nous promouvrons la mytiliculture pour sa capacité à contribuer à l’amélioration de la qualité des eaux et à l’absorption du CO₂, ainsi que la réalisation d’une cartographie nationale des zones adaptées à l’implantation des installations, en dépassant les difficultés bureaucratiques actuelles.
Une nouvelle politique de la chasse pour le territoire et la biodiversité
La loi 157 de 1992 a besoin d’une révision approfondie. En plus de trente ans, le nombre de chasseurs s’est drastiquement réduit tandis que de nombreuses populations fauniques ont enregistré des augmentations significatives. Parallèlement ont augmenté : les dommages aux cultures ; les accidents de la route ; la diffusion de pathologies animales ; les problèmes d’équilibre écosystémique.
Futuro Nazionale considère le chasseur comme une figure essentielle pour la gestion du territoire. La chasse représente une tradition identitaire, un rempart environnemental, un instrument de gestion faunique et un soutien aux activités agricoles. Nous proposons :
- une réforme organique et courageuse de la loi 157/1992 ;
- une plus grande implication du monde de la chasse dans la gestion de la faune ;
- la simplification des procédures de contrôle faunique ;
- une pleine intégration entre le monde agricole et le monde de la chasse ;
- l’actualisation des calendriers de chasse sur la base de données scientifiques ;
- la reconnaissance du rôle des chasseurs comme acteurs actifs de la protection du territoire.
La croissance incontrôlée de certaines espèces, y compris les grands carnivores, a atteint des niveaux désormais incompatibles avec la sécurité publique et avec la soutenabilité économique des exploitations agricoles. La gestion faunique doit donc poursuivre le principe de l’équilibre. La faune sauvage représente un patrimoine national, mais elle doit être gérée de manière rationnelle, scientifique et compatible avec la présence de l’homme et des activités productives. Les réformes qui ont réduit le rôle des Provinces, affaiblissant les Polices provinciales, et qui ont ordonné l’absorption du Corps forestier de l’État dans l’Arme des Carabiniers, ont progressivement réduit la présence sur le territoire, limitant la capacité de contrôle environnemental, de gestion des équilibres fauniques, de surveillance de la chasse et de prévention des incendies de forêt.
Pour Futuro Nazionale, il est nécessaire de reconstruire un système efficace de corps spécialisés dédiés à la protection de l’environnement et du territoire, en rouvrant le débat sur la reconstitution du Corps forestier de l’État et en renforçant les Polices provinciales, afin qu’elles puissent à nouveau exercer pleinement les fonctions de surveillance environnementale et faunique.
La protection du patrimoine naturel italien exige des structures dédiées, des compétences spécifiques et une présence constante sur le territoire.
legge della caccia in italia
Le déclin de la Politique agricole commune en Europe
L’Union européenne est en train d’annuler da facto l’autonomie de la Politique agricole commune (PAC), en réduisant sa portée financière et politique. Après avoir imposé aux agriculteurs européens, en particulier italiens, des décennies de contraintes et de coupes, la dépense pour l’agriculture, dans la dernière proposition de la Commission européenne, est devenue une sous-rubrique du cadre général de soutien, l’un des nombreux fonds de cohésion à verser aux secteurs économiques en difficulté. C’est clairement le prélude à une nouvelle diminution supplémentaire de l’engagement financier de l’UE dans le domaine agricole et agroalimentaire.
Face à cette tendance, en attendant une négociation globale réformant radicalement les Traités européens, Futuro Nazionale demande que toutes les ressources disponibles soient destinées aux vrais agriculteurs et non aux propriétaires de la terre, et que soient rendues prioritaires les orientations de politique nationale afin de tenir compte de la diversité des modèles de développement.
En conclusion, Futuro Nazionale croit en une agriculture productive, moderne et technologiquement avancée, capable de garantir un revenu aux agriculteurs, la sécurité alimentaire aux citoyens et la surveillance du territoire. Nous croyons en la science, en l’innovation, en la gestion active de l’environnement et en la valorisation du travail agricole. Défendre ceux qui produisent la nourriture, gèrent le paysage et maintiennent vivantes les zones rurales, c’est défendre l’indépendance économique, la sécurité alimentaire et l’avenir de l’Italie.