Depuis le 1er janvier, 16 raffineries russes de pétrole ont été prises pour cible au moins deux fois par des drones ukrainiens, parfois jusqu’à plus de 1 500 kilomètres des frontières du pays. Celles-ci ​​représentent plus de la moitié de la capacité russe de raffinage (54,1 %), soit l’équivalent de 161 millions de tonnes par an 1. Au total, 25 raffineries représentant 82 % des capacités de raffinage ont été frappées au moins une fois depuis le début de l’année.

Dans la nuit du 7 au 8 juillet, de nouvelles frappes ont provoqué un incendie à la raffinerie de Saratov, dans l’ouest du pays. Elle avait déjà été ciblée en mai.

  • Dans la ville de Nizhnekamsk, au Tatarstan, la raffinerie TAIF-NK, dont ​​le site abrite l’un des complexes les plus sophistiqués pour le traitement des résidus de pétrole lourd, a elle aussi été ciblée.
  • Sur les côtes de la mer Noire, à quelques centaines de kilomètres des côtes ukrainiennes, certaines infrastructures, comme la raffinerie de Touapsé, ont quant à elles été frappées jusqu’à 4 fois ces dernières semaines.
  • Depuis fin mars, la raffinerie de Yaroslavl, à 250 kilomètres au nord-est de Moscou, a été la cible de 6 attaques.

La multiplication des frappes de drones sur les infrastructures pétrolières russes est facilitée par le redéploiement de systèmes de défense antiaérienne depuis l’ensemble du territoire vers plusieurs villes et sites stratégiques, dont Moscou. En effet, l’intensité des frappes ukrainiennes sur la capitale russe, qui a été multipliée par 100 entre 2023 et 2023, a conduit à l’installation de systèmes défensifs jusque sur les toits d’immeubles résidentiels.

  • Dans une interview donnée fin juin, Poutine avait reconnu que les attaques ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques « posaient des problèmes ».
  • Le président russe avait déclaré que la priorité du gouvernement était « d’améliorer les capacités du système de défense aérienne russe » et « de garantir l’approvisionnement en carburant des consommateurs », notamment en Crimée 2.
  • Bien qu’il minimise l’impact de ces attaques sur les capacités de raffinage et, en aval, sur l’économie du pays, une telle admission constitue un fait rare depuis le lancement de l’invasion à grande échelle, en 2022.

Dans un rapport publié le 1er juillet, le CSIS considère que la multiplication des frappes à l’intérieur du territoire russe constitue une campagne d’interdiction aérienne classique, à la différence que celle-ci est menée non pas avec des avions, mais avec des missiles et des drones 3.

  • Moscou a lancé l’installation massive de systèmes de brouillage pour perturber le réseau Internet par satellite Starlink, qui est souvent utilisé pour piloter les drones 4.
  • S’ils pourraient rendre les attaques plus compliquées, ces systèmes constituent des cibles de choix pour les opérateurs ukrainiens.
  • Hier, mercredi 8 juillet, le gouvernement russe a annoncé une interdiction des exportations de diesel afin d’éviter une généralisation des pénuries de carburant.