Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, est aujourd’hui à Saint-Pétersbourg où il devrait rencontrer Vladimir Poutine.

  • La visite achève un week-end diplomatique particulièrement actif, qui l’a mené du Pakistan à Oman.
  • Aucune avancée n’a toutefois été réalisée dans les pourparlers avec Washington, après l’annulation, vendredi, du voyage des émissaires américains, Witkoff et Kushner, qui devaient se rendre à Islamabad pour poursuivre les négociations. Donald Trump a déclaré : « Je ne vois pas l’intérêt de les envoyer faire un vol de 18 heures dans la situation actuelle. C’est trop long. On peut tout aussi bien s’en sortir par téléphone. » Les Iraniens peuvent nous appeler s’ils le souhaitent. » On ne va pas faire le déplacement juste pour rester assis là. »
  • Le président iranien, Pezeshkian, a déclaré que son pays ne s’engagerait pas dans des « négociations forcées sous la pression, les menaces et le blocus ».
  • Selon des sources citées par Axios, Araghchi aurait indiqué aux médiateurs pakistanais et omanais qu’il n’y avait pas de consensus parmi les dirigeants iraniens quant à la manière de répondre aux demandes américaines. La proposition envoyée à Washington viserait en premier lieu à résoudre la crise du détroit d’Ormuz et à lever le blocus américain. Un long cessez-le-feu, voire la fin de la guerre, pourrait suivre, puis des négociations sur le nucléaire, une fois le détroit rouvert et le blocus levé 1.

Les États-Unis considèrent l’actuel blocus comme un levier clef pour obtenir des concessions de la part de l’Iran. Hier, Donald Trump a indiqué que Téhéran avait transmis une nouvelle proposition qu’il a jugée substantielle, mais « pas suffisante », ajoutant toutefois que la guerre pourrait se terminer « très prochainement ». 

  • Un cessez-le-feu est officiellement en vigueur depuis le 17 avril. Il a été prolongé mercredi 22 avril pour une durée indéterminée. 
  • Aujourd’hui, 27 avril, le président américain devrait retrouver ses conseillers en matière de sécurité nationale et de politique étrangère lors d’une réunion consacrée à l’Iran dans la salle de crise. 
  • Dans un entretien avec Fox News ce week-end, il a déclaré par rapport au blocus américain et l’impact sur Téhéran : « Quand d’énormes quantités de pétrole circulent dans votre réseau, et si, pour une raison quelconque, cette conduite est fermée parce qu’il est impossible de transvaser le pétrole dans des conteneurs ou des navires, alors la conduite finit par exploser de l’intérieur. Ils disent qu’il ne reste qu’environ trois jours avant que cela ne se produise. » 

Une reprise des frappes reste à ce stade possible, alors que l’administration garde à l’esprit une autre échéance : le 1er mai, le délai de 60 jours suivant l’information officielle du Congrès par le président concernant l’opération contre l’Iran arrivera à expiration. 

  • Une fois ce délai écoulé, les options pour poursuivre une campagne militaire sans l’accord du Congrès seront limitées : solliciter une autorisation formelle, réduire progressivement l’engagement américain ou invoquer une prolongation unique de 30 jours. 
  • Dans ce contexte, Trump pourrait être tenté de lancer de nouvelles frappes avant cette échéance, au risque de provoquer des représailles iraniennes et, potentiellement, de renforcer son argument en faveur d’un feu vert du Congrès pour poursuivre le conflit.