Au 18 mars, soit presque trois semaines depuis le début du conflit, le prix du mégawattheure (MWh) de gaz était de 54 euros, contre 32 euros la veille du début de la guerre.
- La hausse du prix du gaz en Europe a été plus limitée par rapport à celle qui avait suivi le lancement de l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine, en février 2022.
- Le prix du mégawattheure avait alors été multiplié par 2,5 en l’espace de seulement douze jours en raison de la dépendance de l’Union au gaz russe.
Si les 27 se sont depuis largement détournés du gaz russe — les importations de l’Union de gaz russe transporté par gazoduc se sont effondrées de 70 % entre 2021 et 2025 —, la suspension de la production de gaz par le Qatar, l’un des principaux exportateurs au monde, renforce la compétition sur les marchés.
Plusieurs navires transportant du GNL vers l’Europe ont été redirigés vers l’Asie ces derniers jours, ce qui pourrait contraindre les Européens à payer un surcoût pour maintenir leurs importations 1.
- Les alternatives en matière d’approvisionnement sont limitées.
- Si l’Espagne considère augmenter ses importations de gaz transporté via gazoduc depuis l’Algérie, d’autres importants producteurs opèrent déjà à pleine capacité.
- La Norvège, qui couvre environ un tiers des besoins en gaz de l’Europe, avait déclaré début mars ne pas être en mesure d’augmenter à court terme sa production pour pallier la chute des exportations de GNL du Golfe.
Alors que les réserves de gaz de l’Union sont à leur niveau le plus bas à cette période de l’année depuis 2022, les États membres pourraient chercher à reconstituer leurs stocks afin d’atteindre l’objectif de 90 % de remplissage d’ici l’hiver prochain par crainte que la guerre en Iran ne se prolonge, et conduise à une nouvelle hausse des prix.
- Une multiplication des commandes pourrait conduire à une répétition — toutefois dans une moindre ampleur — de la dynamique de 2022, lorsque les prix du mégawattheure avaient dépassé les 300 euros.
- Face à ce scénario, au moins trois États membres considèrent que la Commission devrait introduire des mesures de flexibilité et baisser d’au moins 30 % l’objectif de remplissage 2.
- Des achats conjoints pourraient également réduire la concurrence entre États et éviter une répétition du scénario de 2022.
Sources
- Julian Hast, « Europe Faces High Gas Prices Through 2027, HSBC Says », Bloomberg, 16 mars 2026.
- Ben Munster et Frederike Holewik, « EU fears panic buying as gas reserves run low », Politico, 18 mars 2026.