Samedi 14 mars, Donald Trump a annoncé sur Truth Social que plusieurs pays dont la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni avaient été approchés par Washington pour envoyer des navires de guerre au Moyen-Orient afin de « maintenir le détroit ouvert et sécurisé ».
Le trafic est largement suspendu dans le détroit depuis le lancement par les États-Unis et Israël d’une guerre contre l’Iran, le 28 février.
- Hier, dimanche 15, Trump a déclaré que des pourparlers étaient en cours avec 7 pays, sans toutefois les nommer, ajoutant que certains avaient déjà refusé 1.
- Dans un entretien avec le Financial Times, il a lancé un avertissement aux pays membres de l’OTAN, prédisant un « avenir sombre » à l’alliance en cas de non-participation à cet effort.
Le président américain a également menacé de reporter un sommet prévu avec le président chinois Xi Jinping si Pékin n’envoyait pas de navires : « Il est tout à fait normal que ceux qui tirent profit du détroit contribuent à faire en sorte qu’il ne s’y passe rien de grave » 2.
- Plus de 40 % des importations chinoises de pétrole brut et près d’un quart de ses importations de GNL transitent via Ormuz, selon les données de Natixis.
- Le sommet entre Xi et Trump devrait se tenir du 31 mars au 2 avril à Pékin. Scott Bessent, Jamieson Greer et le vice-Premier ministre chinois He Lifeng se trouvent actuellement à Paris pour préparer la rencontre.
À ce jour, aucun pays n’a signalé son intention d’envoyer des bâtiments de guerre au Moyen-Orient afin d’escorter des navires dans le détroit d’Ormuz.
- Trump a appelé son homologue britannique Keir Starmer hier, dimanche 15, après avoir déclaré le 3 mars, quelques jours après le lancement de la guerre, que celui-ci n’était « pas Winston Churchill », après qu’il ait refusé d’autoriser l’utilisation de bases britanniques pour les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran.
- Ce matin, lundi 16, le secrétaire d’État britannique au Travail, Pat McFadden, a déclaré que le Royaume-Uni « n’était pas tenu de satisfaire toutes les demandes d’un président américain “transactionnel” » 3. Plutôt que d’envoyer des navires, Londres travaille au déploiement de drones démineurs dans le détroit.
- De son côté, la France cherche à constituer une coalition pour sécuriser le détroit « une fois que la situation sécuritaire se sera stabilisée ». Paris a mené des consultations à cet effet avec des pays asiatiques, européens ainsi que des États du Golfe la semaine dernière.
- La présidence sud-coréenne a signalé hier qu’elle prendrait une décision « après un examen approfondi », tandis que la Première ministre japonaise Takaichi a déclaré qu’aucune décision n’avait été prise « concernant l’envoi de navires de guerre ».
- L’Australie a déclaré ne pas avoir l’intention d’envoyer des navires.
Il semble très peu probable que la Chine, qui serait en pourparlers avec Téhéran pour assurer le passage de ses navires, envoie des bâtiments de guerre dans la région dans le cadre d’une guerre lancée par Trump contre un de ses alliés. Dans un article publié hier, dimanche 15, le tabloïd chinois Global Times, accuse Trump d’avoir « déclenché une guerre qu’il ne peut pas mener à son terme » 4.
Le journal ajoute : « Washington se demande qui enverra des navires de guerre. Pékin se demande comment mettre fin à la guerre. Le contraste entre ces deux approches est saisissant ».
- Les ministres européens des Affaires étrangères devraient discuter aujourd’hui, lundi 16, de plusieurs options, y compris l’élargissement du périmètre de la mission navale Aspides, actuellement concentrée sur la mer Rouge.
- Hier, dimanche 15, le ministre des Affaires étrangères allemand, Johann Wadephul, a exclu toute participation de l’Allemagne à la sécurisation du détroit d’Ormuz pour le moment, déclarant : « Nous ne participerons pas à ce conflit ».
- Son homologue italien, Tajani, a affirmé que Rome « n’était pas impliqué dans des opérations militaires à Ormuz », ajoutant : « Nous devons œuvrer à la désescalade ». Le mercredi 11 mars, Giorgia Meloni avait pris ses distances avec la guerre en Iran lors d’une prise de parole au Sénat.
Sources
- Marc Caputo et Barak Ravid, « Trump eyes « Hormuz Coalition, » seizure of Iran’s Kharg Island oil hub », Axios, 16 mars 2026.
- Edward Luce, « Donald Trump warns Nato faces ‘very bad future’ if allies fail to help US in Iran », Financial Times, 15 mars 2026.
- Peter Walker, « UK not obliged to support every demand of ‘transactional’ US president, minister says », The Guardian, 16 mars 2026.
- « The security of Hormuz doesn’t depend on the number of warships patrolling it », Global Times, 15 mars 2026.