Pour la deuxième fois en l’espace de neuf jours, les représentants de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, rencontreront aujourd’hui, jeudi 26 février, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, à Genève, afin de tenter de trouver un accord sur le programme nucléaire de Téhéran. Si cette rencontre se passe bien, des futures négociations pourraient également porter sur le programme balistique et la fin du soutien de l’Iran à l’Axe de la résistance, exigée notamment par Israël.

  • Mardi 24, Araghchi a déclaré que l’Iran « ne renoncera jamais » à son droit de développer un programme nucléaire qui, selon Téhéran, serait limité à une portée civile et n’incluerait pas de volet militaire 1.
  • Les responsables iraniens ont également affirmé à plusieurs reprises qu’ils refusent de mettre fin à leur programme de développement de missiles balistiques et au soutien apporté aux groupes armés comme le Hezbollah, le Hamas ou les Houthistes du Yémen.
  • Selon des sources citées par Axios, Steve Witkoff a déclaré lors d’une réunion privée que l’administration Trump exige que l’Iran accepte que tout futur accord nucléaire reste en vigueur indéfiniment 2.

Si Trump a déclaré lors de son discours sur l’état de l’Union hier, mercredi 25, qu’il préférerait « résoudre ce problème par la voie diplomatique », il a également exposé plusieurs arguments en faveur des frappes contre l’Iran.

  • Il a ainsi déclaré : « Rien qu’au cours des deux derniers mois, avec les manifestations, ils ont tué au moins 32 000 manifestants, 32 000 manifestants dans leur propre pays. Ils les ont abattus et pendus. Nous les avons empêchés d’en pendre un grand nombre en les menaçant de violences graves. Mais ce sont des gens terribles » avant d’ajouter : « Je ne permettrai jamais au premier sponsor mondial du terrorisme, ce qu’ils sont de loin, de posséder une arme nucléaire. Je ne peux pas laisser cela se produire ».
  • Il a également affirmé que l’Iran aurait commencé à « reconstruire » son programme d’armement, notamment nucléaire, supposément « oblitéré » par les frappes américaines de juin 2025.
  • Les renseignements militaires américains estiment que Téhéran pourrait « développer un missile balistique intercontinental viable sur le plan militaire d’ici 2035 », si les responsables iraniens « décident de se doter de cette capacité » 3.

Les moyens considérables déployés par Washington au Moyen-Orient ces dernières semaines, qui constituent le dispositif le plus important engagé sur un seul théâtre potentiel depuis l’invasion de l’Irak en 2003, ne laissent pas de doute quant à la préparation de l’armée américaine à une campagne susceptible de s’étaler sur plusieurs jours.

  • Si les États-Unis et Israël disposent des moyens de dégrader sévèrement les capacités militaires iraniennes et de produire des effets tactiques significatifs, les objectifs de guerre de Washington restent très peu clairs.
  • Le chef d’état-major des forces armées iraniennes, Abdolrahim Mousavi, a averti cette semaine que Téhéran avait modifié sa doctrine, qui consistait auparavant à « empêcher l’escalade », pour « infliger de lourdes pertes » aux bases et intérêts américains dans la région en cas d’attaque 4.
  • La réponse iranienne à des frappes américaines et israéliennes pourrait également inclure un blocage du détroit d’Ormuz, ce qui bouleverserait considérablement les marchés mondiaux de pétrole. 

Trump avait déclaré le 19 février qu’il déciderait « sous 10 à 15 jours » d’ordonner ou non des frappes militaires contre l’Iran. Ce calendrier — qu’il n’avait toutefois pas respecté en juin 2025 avant le lancement de l’opération Midnight Hammer — pourrait ouvrir la voie à une potentielle attaque américaine dès ce week-end.

  • Mardi 24 février, le secrétaire d’État Marco Rubio et le directeur de la CIA John Ratcliffe ont présenté un briefing confidentiel aux huit membres du Congrès que l’exécutif doit tenir informés des questions de renseignement classifiées. À l’issue de la réunion, le représentant démocrate Jim Himes avait déclaré être très inquiet de la possibilité que Trump entre en guerre contre l’Iran. 
  • Selon un sondage YouGov réalisé du 20 au 23 février, trois quarts des Américains (73 %) s’opposent ou ne soutiennent pas des frappes contre l’Iran, dont 42 % de républicains.
Sources
  1. Publication d’Abbas Araghchi sur X, 24 février 2026.
  2. Barak Ravid, Scoop : Witkoff says any Iran nuclear deal should last indefinitely, Axios, 25 février 2026.
  3. Golden Dome for America : Current and Future Missile Threats to the U.S. Homeland, Defense Intelligence Agency.
  4. Najmeh Bozorgmehr et Charles Clover, « Iran threatens escalation if US attacks », Financial Times, 25 février 2026.