Selon notre dernier sondage Eurobazooka, réalisé dans sept pays européens (France, Allemagne, Espagne, Italie, Belgique, Pologne et Danemark) les attaques répétées de Donald Trump contre l’Europe, notamment les menaces d’annexion du Groenland, ont contribué à rapprocher une partie des Européens de Pékin.
- Xi Jinping est ainsi perçu comme une menace moins importante que Donald Trump : les sondés lui attribuent un score de 4,3 sur 10 (la note de 0 correspondant à une menace jugée inexistante, et 10 à une menace jugée « très élevée »).
- C’est significativement moins que Vladimir Poutine, dont le score à l’échelle des sept pays est de 6,9 sur 10, mais également moins que Donald Trump (5,4).
- Il n’y a qu’en Pologne que le dirigeant chinois est davantage perçu comme une menace pour l’Europe que Trump : respectivement 4,9 contre 4,8.
Comme le souligne Jean-Yves Dormagen, « la menace associée à Xi Jinping apparaît plus diffuse et plus homogène, sans pic national marqué : elle varie de 3,6 en Italie à 4,9 en Pologne. Ce positionnement intermédiaire confirme que la Chine est perçue comme un rival stratégique, mais non comme une menace immédiate ou prioritaire pour la sécurité européenne ».
Il n’y a pas qu’en Europe où l’image de la Chine a bénéficié du retour au pouvoir de Trump.
- La moyenne des sondages hebdomadaires compilés par l’entreprise américaine Morning Consult indique que, depuis le 10 mars 2025, la Chine jouit d’une image plus positive que les États-Unis à l’échelle mondiale.
- Face au chaos généré par l’administration Trump — des droits de douane jusqu’aux menaces d’intervention militaire —, la Chine jouit de l’image d’un acteur plus modéré et stable.
- Le dernier rapport sur la perception de la démocratie dans le monde, publié en mai 2025 par l’ONG Alliance of Democracies, indiquait que la Chine était vue plus favorablement que les États-Unis dans la majeure partie des pays européens, à l’exception de l’Ukraine, de la Pologne, du Royaume-Uni, de la Hongrie et de la Lituanie 1.
Les Européens voient désormais une guerre ouverte avec les États-Unis comme étant plus probable qu’avec la Chine : 21 % contre 11 %.
- Ils ne sont pas pour autant favorables à s’aligner sur la Chine dans le cadre de la rivalité sino-américaine.
- Seulement 4 % des sondés disent vouloir s’allier en priorité avec Pékin tandis que 18 % favorisent un alignement sur Washington.
Près des trois-quarts des personnes interrogées (74 %), indiquent préférer une troisième voie pour l’Europe dans le cadre des relations entre grandes puissances : 52 % d’entre elles souhaitent garder la même distance avec la Chine et les États-Unis, et 22 % préfèrent ne s’allier avec aucun des deux.
Sources
- Democracy Perception Index 2025, Alliance of Democracies.