Selon plusieurs sources proches de la Maison-Blanche, l’administration Trump se préparerait à faire appel à des sociétés militaires privées pour protéger les intérêts pétroliers américains au Venezuela 1. Cette option permettrait d’éviter un déploiement de troupes dans le pays — bien que celui-ci ne soit pas complètement exclu.
- Les États-Unis ont déjà eu recours à ce type de « prestataires » par le passé, notamment durant la guerre d’Irak et en Afghanistan, après l’invasion de 2001.
- Diverses missions de protection d’intérêts américains — diplomates, ambassades, convois, sites stratégiques… — avaient notamment été confiées à Blackwater, une entreprise de mercenaires fondée par Erik Prince à la fin des années 1990.
- Cette même entreprise, qui avait commis des meurtres de civils comme à Nisour Square, à Bagdad, en 2007, pourrait de nouveau être appelée par la Maison-Blanche, cette fois-ci pour protéger des oléoducs, des raffineries et des employés américains.
Les grandes entreprises énergétiques américaines sont réticentes à l’idée d’investir les 100 milliards de dollars dans l’industrie du pays demandés par le président américain. Le multimilliardaire et soutien de Trump, Harold Hamm, qui a fait fortune grâce à la fracturation hydraulique (« fracking »), a déclaré hier, jeudi 15, que ces entreprises devraient bénéficier d’une « sécurité physique » au Venezuela pour protéger leurs actifs dans le pays 2.
Le recours à des sociétés privées devrait répondre à ces demandes, sans le risque politique associé au déploiement de militaires américains.
- Cinq sénateurs républicains avaient initialement voté jeudi 8 janvier pour limiter les capacités de Trump à déployer des troupes au Venezuela.
- Afin de les faire plier en amont du vote final sur la résolution, le secrétaire d’État Marco Rubio a assuré à l’élu républicain Josh Hawley que la Maison-Blanche « n’avait ni déployé ni prévu de déployer des troupes terrestres au Venezuela » 3.
- Hawley et Todd Young, un autre sénateur républicain, ont jugé ces garanties suffisantes pour finalement s’opposer à la résolution lors d’un dernier vote, mercredi 14.
- L’envoi de soldats de l’armée américaine au Venezuela pourrait toutefois déclencher un nouveau mouvement d’opposition au sein des rangs républicains.
L’administration Trump a déjà commencé à vendre le pétrole vénézuélien. Une première transaction d’une valeur de 500 millions de dollars a été conclue cette semaine, et « d’autres sont prévues dans les jours et les semaines à venir », selon Washington.
- Les recettes seront transférées sur des comptes contrôlés par le gouvernement américain dont une partie au moins est située au Qatar.
- Le pays est vu par l’administration comme « un lieu neutre où l’argent peut circuler librement avec l’accord des États-Unis et sans risque de saisie » 4.
- Le brut vénézuélien est proposé à des raffineries américaines du Golfe du Mexique avec un rabais deux fois inférieur au West Canadian Select, un autre type de brut lourd 5.
Sources
- Isabelle Khurshudyan, Zachary Cohen et Kylie Atwood, « Private guns, public oil : Trump’s Venezuela plans start taking shape », CNN, 15 janvier 2026.
- David Wethe, Annmarie Hordern et Jonathan Ferro, « Oil Producers Need Guarantees to Work in Venezuela, Trump Ally Hamm Says », Bloomberg, 15 janvier 2026.
- Anvee Bhutani, Lindsay Wise et Siobhan Hughes, « Trump Beats Back GOP Rebellion on Venezuela War Powers », The Wall Street Journal, 14 janvier 2026.
- Shelby Talcott et Eleanor Mueller, « US gets first $500 million Venezuelan oil deal, holding some proceeds in Qatar », Semafor, 14 janvier 2026.
- « Venezuelan oil priced at a premium to competing Canadian barrels for US Gulf Coast refiners, traders say », Reuters, 14 janvier 2026.