Figure centrale de l’extrême droite nationaliste américaine, Miller est l’un des principaux membres du clan Trump.

  • Il occupe des responsabilités exécutives et idéologiques centrales concernant notamment l’immigration, l’identité nationale et le fonctionnement de l’État. 
  • Miller défend une ligne anti-immigration radicale, farouchement hostile au multiculturalisme, favorable à une conception ethnoculturelle de la nation américaine, et il assume une critique frontale du libéralisme, des élites administratives et des institutions fédérales.
  • Depuis le 20 janvier 2025, il est Deputy Chief of Staff for Policy — chef adjoint de cabinet pour les politiques — et Homeland Security Advisor — conseiller à la sécurité intérieure —, ce qui fait de lui l’un des principaux décideurs de l’agenda politique et sécuritaire de l’exécutif américain avec un accès direct au président.
  • Selon le Washington Post, la Maison-Blanche étudierait actuellement la possibilité de lui donner une part centrale dans la gestion de la période de « transition » après la prise de contrôle du Venezuela par les États-Unis.

L’entretien sur CNN s’inscrit dans une séquence ouverte après l’opération militaire américaine du 3 janvier ayant conduit à l’enlèvement de Nicolas Maduro.

  • Le 4 janvier au soir, l’épouse de Miller a publié sur X (ex-Twitter) une photographie montrant le Groenland recouvert du drapeau américain avec la légende « BIENTÔT ».
  • Au même moment, Miller postait un message indiquant que la recolonisation était devenue la doctrine globale des États-Unis.
  • Le 5 janvier, il est allé un grand plus loin, affirmant que les États-Unis s’empareraient du Groenland en déniant au Danemark toute souveraineté au motif que — sur le modèle du « frère aîné » de l’Union soviétique dans le pacte de Varsovie — Washington serait « LA puissance de l’OTAN ».

Nous transcrivons cet échange :

Jake Tapper 

Une chose importante : le Premier ministre du Groenland, la Première ministre du Danemark et d’autres responsables danois ont réagi à un tweet publié par votre épouse Katie Miller, elle-même ancienne responsable de la Maison Blanche sous Trump, montrant le Groenland recouvert d’un drapeau américain.

Peu après la publication de ce tweet, le président Trump a renouvelé son affirmation selon laquelle les États-Unis avaient besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale.

La Première ministre danoise a répondu à cela dans une interview accordée plus tôt dans la journée et rapportée par Bloomberg

Je la cite : « Je pense qu’il faut prendre au sérieux le président américain lorsqu’il dit qu’il veut le Groenland, mais je tiens également à préciser que si les États-Unis décident d’attaquer militairement un autre pays de l’OTAN, alors tout s’arrête — y compris l’OTAN et donc la sécurité qui a été établie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. »

Pouvez-vous exclure avec certitude que les États-Unis tentent un jour de s’emparer du Groenland par la force ?

Stephen Miller

Revenons en arrière. Le président est clair depuis des mois maintenant — et vous traitez cela comme un scoop.

Le président a clairement indiqué depuis des mois que les États-Unis devraient être la nation qui possède le Groenland dans le cadre de notre dispositif global de sécurité.

Jake Tapper 

Mais votre femme a publié cela quelques heures après l’opération au Venezuela… D’où le regain d’intérêt sur le sujet…

Stephen Miller

Je pourrais en discuter avec vous pendant une heure, car je pense que c’est une conversation très importante à avoir.

Je tiens simplement à préciser que depuis le début de cette administration — et même depuis la précédente administration Trump — la position officielle du gouvernement américain est que le Groenland devrait faire partie des États-Unis. 

Le président a été très clair à ce sujet : c’est la position officielle du gouvernement américain.

Jake Tapper 

D’accord, mais pouvez-vous affirmer qu’une action militaire contre le Groenland est exclue ?

Stephen Miller

Il ne s’agirait pas d’une action militaire contre le Groenland.

Le Groenland compte 35 000 habitants, Jake.

La vraie question est donc la suivante : de quel droit le Danemark revendique-t-il son contrôle sur le Groenland ?

Sur quoi repose sa revendication territoriale ?

Sur quoi repose le statut de colonie danoise du Groenland ?

Les États-Unis sont LA puissance de l’OTAN.

Pour que les États-Unis puissent sécuriser la région Arctique, protéger et défendre l’OTAN et les intérêts de l’OTAN, il est évident que le Groenland devrait faire partie des États-Unis.

C’est donc une discussion que nous allons avoir en tant que pays. C’est un processus que nous allons mener en tant que communauté nationale…

Jake Tapper 

Vous n’écartez donc pas la possibilité que les États-Unis recourent à la force militaire pour s’emparer du Groenland ? Vous ne pouvez pas l’écarter ?

Stephen Miller (riant)

Je comprends, Jake, que vous vous efforciez de trouver le titre accrocheur qui dira « Miller refuse d’écarter etc… ». C’est votre travail et je le respecte, c’est formidable.

Mais je le redis : les États-Unis doivent avoir le Groenland comme partie intégrante des États-Unis.

Il n’est pas nécessaire d’en parler ou même d’y penser dans le contexte d’une opération militaire : personne ne va combattre militairement les États-Unis pour l’avenir du Groenland. 

Cela n’a aucun sens.

(…)

Les États-Unis utilisent leur armée pour défendre sans complexe leurs intérêts dans notre hémisphère.

Nous sommes une superpuissance et, sous la présidence de Trump, nous allons nous comporter comme une superpuissance. 

[À props du Venezuela:] Il serait absurde que nous permettions à une nation située dans notre arrière-cour de devenir le fournisseur de ressources de nos adversaires, mais pas le nôtre.