L’exercice militaire conjoint sino-biélorusse, qui porte le nom de code « Eagle Assault-2024 », a commencé lundi 8 juillet et devrait durer jusqu’au 19 juillet. Mercredi dernier, le 3 juillet, la garde d’honneur de l’Armée populaire de libération défilait dans les rues de Minsk à l’occasion du défilé qui commémore la libération en 1944 de la capitale biélorusse, alors occupée par la Wehrmacht, par l’armée soviétique.

Alors que les chefs d’État et de gouvernement des 32 pays membres de l’Alliance atlantique se réunissent à Washington à l’occasion du sommet annuel de l’OTAN, les États-majors des armées chinoise et biélorusse se sont accordés pour tenir cet exercice militaire conjoint aux alentours de la ville de Brest, située dans le sud-ouest du pays, à 5 km de la frontière polonaise et à 50 km de l’Ukraine.

  • Il s’agit de la première fois que Pékin envoie du personnel militaire au Bélarus1. Selon le ministère de la Défense de Minsk, les exercices « antiterroristes » conjoints consistent en des atterrissages de nuit, du franchissement d’obstacles ainsi que de la « conduite d’opération dans des zones peuplées »2.
  • Dans le même temps, à Washington, les dirigeants des pays de l’OTAN s’apprêtent à « adopter le langage le plus ferme jamais utilisé par l’alliance pour dénoncer le soutien militaire de la Chine à la Russie »3.
  • Tout en appelant publiquement à la résolution du conflit, Pékin continue d’approvisionner massivement l’industrie de défense russe en biens à « double usage » : des produits et équipements destinés à des applications civiles qui sont susceptibles d’être utilisés pour produire des missiles, drones, pièces d’artillerie…
  • « Je ne dis pas qu’il n’y a pas de preuves, mais pour le moment on ne les a pas vues ». Des sources européennes ayant participé à la préparation du Sommet de Washington indiquaient au Grand Continent ne pas avoir eu accès aux preuves matérielles qui auraient permis de démontrer une implication substantielle directe de la Chine à l’effort de guerre russe en Ukraine au-delà de biens à « double usage » ou d’autres contributions « marginales ». 

Si l’armée biélorusse n’a pas pris part directement à l’invasion russe de l’Ukraine, cette dernière est partiellement partie du territoire de Minsk en février 2022. En outre, des armes nucléaires tactiques russes sont déployées sur le territoire du Bélarus4.