L’Inflation Reduction Act, qui devrait contribuer d’ici 2030 à la réduction des émissions américaines de gaz à effet de serre de moitié par rapport aux niveaux de 2005, prévoit des crédits d’impôt pour les acheteurs d’un véhicule électrique assemblé aux États-Unis. 

  • La moitié du crédit accordé aux consommateurs acheteurs — 7500 dollars de déductions fiscales pour l’achat d’un véhicule électrique — est réservée aux véhicules et aux batteries assemblés en Amérique du Nord ; l’autre moitié est subordonnée à la condition qu’au moins 40 % de la valeur des matériaux critiques contenus dans la batterie aient été extraits ou traités aux États-Unis, ou dans un pays signataire d’un accord de libre-échange avec les États-Unis. 
  • Ceci excluait potentiellement l’Union européenne et le Japon — d’où les négociations avec Tokyo ; le 9 mars dernier, la secrétaire d’État à l’Énergie Jennifer Granholm a aussi déclaré au Financial Times que Washington avait entamé des pourparlers avec l’Union sur le commerce des matériaux critiques, point présent également à l’ordre du jour de la visite d’Ursula von der Leyen à Washington le 10 février dernier1.

À l’issue des négociations, les États-Unis et le Japon ont conclu ce mardi un accord sur les matériaux des batteries de véhicules électriques.

  • L’accord interdit aux deux pays d’introduire des restrictions bilatérales à l’exportation de matériaux tels que le lithium, le nickel et le cobalt.
  • En vertu de cet accord, les véhicules électriques fabriqués par les constructeurs automobiles japonais bénéficieront aussi d’un accès plus large à de nouveaux allègements fiscaux aux États-Unis.

L’accord vise aussi à sécuriser l’approvisionnement américain et japonais en matériaux critiques, alors que la Chine reste un acteur indispensable pour la production et le raffinage grande partie d’entre eux

  • À travers des IDE et des prises de participation majoritaires dans différentes mines, la Chine contrôle plus de 50 % de la production mondiale de cobalt, plus de 60  % du lithium, plus de 80 % du magnésium et plus de 70 % du graphite. 
  • Pékin a aussi renforcé depuis le début des années 2000 son poids dans les activités de raffinage des minerais stratégiques ; la Chine est désormais le leader mondial en la matière, transformant 80 % des métaux présents dans les batteries de véhicules électriques.
  • En conséquence, l’accord engage les parties prenantes à la collaboration pour lutter contre les « politiques et pratiques non commerciales » d’autres pays dans le secteur ; les deux pays procéderont aussi à des examens des investissements étrangers dans leurs chaînes d’approvisionnement en minerais essentiels.

Cet accord survient alors que la banque Goldman Sachs a évalué le coût réel de l’Inflation Reduction Act au triple du budget prévu par le Congrès américain ; la banque estime le coût du paquet d’aides fiscales à 1200 milliards de dollars, le Congrès l’ayant estimé à 370 milliards.

Sources
  1. « US energy secretary offers olive branch to EU in green subsidies row », Financial Times, 10 mars 2023.