L’un des phénomènes marquants qui ont accompagné la crise sanitaire est la spectaculaire baisse des émissions de CO2 due aux mesures de confinement. Entre retour à la normale et questionnement sur l’approvisionnement énergétique, plusieurs perspectives se dessinent pour l’après-crise.

  • La baisse des émissions est importante mais conjoncturelle : l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime à 10 % la baisse des émissions européennes pour cette année de pandémie.
  • La transition énergétique pourrait aussi ralentir. En Europe, le rythme d’installation d’infrastructures de production d’énergies renouvelables a été ralenti du fait du confinement et de la rupture d’approvisionnement de certains maillons de la chaîne. 
  • L’éolien et le solaire pâtissent d’une très forte dépendance à l’égard d’un nombre restreint de pays comme la Chine et l’Inde. La réflexion doit désormais s’orienter sur le renforcement de certains maillons stratégiques et la sécurisation de la trajectoire de la transition énergétique en Europe.1
  • Et le nucléaire ? La prise de conscience de l’importance de source d’approvisionnement en électricité fiable (notamment pour les systèmes de santé et de communication) relance le débat sur la place du nucléaire en Europe. Le consensus est loin d’être atteint sur la place que devrait avoir l’énergie nucléaire dans la classification des activités économiques durables, qui déterminera son éligibilité au financement des investissements du Green Deal.2

Nota bene : S’approprier l’écologie semble être une nouvelle priorité des partis politiques de tous bords. Nous avons analysé pour vous l’intégration de l’écologie au néonationalisme du parti de Marine Le Pen et la démarche de l’artisan de cette nouvelle doctrine du RN : c’est ici.

Sources
  1. PELEGRIN Clémence, RALLO Renato, COVID-19 et risques pour la transition énergétique européenne, 25 juin 2020
  2. ICHORD Jr. Robert, L’avenir de l’énergie nucléaire en Europe, Le Grand Continent, 30 juin 2020