Le gouvernement égyptien est en train de construire une nouvelle capitale à 35 kilomètres à l’est du Caire, sur une superficie totale de 170 000 feddan (presque 700 kilomètres carrés). La nouvelle capitale se trouve entre le périphérique régional, la route du Caire-Suez et la route Cairo-El Ain El Sokhna.

Pour l’instant elle n’a pas de nom, elle est simplement qualifiée de NAC (New Administrative Capital), mais certains l’appellent déjà Sissi City, du nom du président égyptien Al-Sissi.

L’annonce a été faite en mars 2015 par le ministre du Logement, Mostafa Madbouly, à l’ouverture de la conférence économique internationale de trois jours qui s’est tenue à Charm el-Cheikh et à laquelle ont participé des centaines de chefs d’entreprise et de dirigeants mondiaux. La première phase de cet ambitieux programme a consisté à agrandir la banlieue actuelle de la capitale à l’est, en y ajoutant 105 kilomètres de développement supplémentaires. Le gouvernement prévoit également l’extension du canal de Suez et la création d’une zone industrielle autour de celui-ci1.

Ce projet de nouvelle capitale de l’Égypte est le résultat d’un accord entre le gouvernement égyptien, la China State Construction Engineering Corporation (CSCEC) et China Fortune Land Development. Or connaître ces entreprises est utile pour comprendre les stratégies géo-économico-politiques de cette partie de la Méditerranée, terre de négociation des objectifs expansifs chinois, à la frontière de l’Europe2.

Ces deux entreprises présentent des profils très différents.

CSCEC est une entreprise du gouvernement central de rang vice-ministériel. Autrement dit : le secrétaire du comité du Parti de l’entreprise, le Chairman et le CEO sont des cadres jouissant d’un rang de vice-ministre et sont nommés directement par le département de l’Organisation du comité central du Parti communiste chinois. Ce groupe important n’est autre que le premier constructeur mondial en chiffre d’affaires, possédant en outre de grandes filiales, comme China State Construction International ou China Overseas Land and Investment (COLI)3.

China Fortune Land Development n’a rien à voir. C’est un constructeur dont le chiffre d’affaires représente un vingtième de celui de CSCEC. Le groupe a été fondé par un certain Wang Wenxue, entrepreneur originaire du Hebei. Sa holding en était le premier actionnaire jusqu’à ce qu’une filiale du groupe Ping An (un important groupe financier de Shenzhen) en rachète 25 %. Techniquement c’est une entreprise privée, même si elle a, sans surprise, un comité du Parti depuis 2007 – Wang Wenxue lui-même a été membre de la Conférence consultative politique du peuple chinois (l’assemblée consultative nationale) de 2013 à 20184. Manifestement, China Fortune Land Development est ou a été proche du pouvoir central.

« Connaître les entreprises en charge du projet est utile pour comprendre les stratégies géo-économico-politiques de cette partie de la Méditerranée, terre de négociations des objectifs expansifs chinois, à la frontière de l’Europe. »

Carlo de Nuzzo

Les raisons urbanistiques d’une nouvelle capitale

La nouvelle capitale est née d’une idée du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et suit le modèle d’autres capitales modernes créées pour remplacer les plus anciennes et les plus historiques : Brasilia, qui a remplacé Rio de Janeiro au Brésil, Abuja, qui est devenue la capitale du Nigeria au lieu de Lagos, ou Naypyidaw, qui a remplacé Yangon au Myanmar. Mais l’inspiration vient surtout des Émirats arabes unis, et de Dubaï en particulier. 

L’expert de la Chatham House, David Butter, a expliqué à The Independent que le projet de la ville était basé sur le modèle des Émirats arabes unis : « C’est semblable à Dubaï, et l’hôtel Al Massa a déjà été ouvert dans cet esprit. »

D’une part, l’idée est d’avoir une ville plus fonctionnelle, plus moderne et moins chaotique. D’autre part, le message politique est clair : après le printemps arabe de 2011, la chute de Moubarak et la brève parenthèse des Frères musulmans, l’Égypte d’al-Sissi veut offrir une image de stabilité et de solidité au niveau international. Les villes « artificielles » sont un moyen politique d’exprimer leur grandeur nationale.
Aussi The Independent parle-t-il de rebrand : « Nous avons le devoir de rêver », a expliqué au journal britannique Khaled al-Husseini, porte-parole du mégaprojet. Pour mettre définitivement aux archives les 30 ans de gouvernement de Moubarak (1981-2011) et les turbulences qui ont suivi, la NAC doit représenter la nouvelle Égypte, celle du futur, et la démonstration que « Al-Sissi est un homme fort, proposant un lieu dédié aux affaires, par opposition à l’Égypte du passé » explique Daniel Brook, auteur de A History of Future City.

Pour le gouvernement égyptien, elle sera « plus grande, plus belle et plus nouvelle » que toute autre métropole du monde. Le projet est né de la nécessité d’avoir une mégalopole moderne pour remplacer l’ancien Caire (chaotique et désordonné), qui « éclate » à cause de ses 19 millions d’habitants.

La nouvelle capitale soulagera la congestion de la population à forte densité du Grand Caire qui devrait doubler d’ici 2050. La vision a été soigneusement planifiée pour répondre aux besoins d’une population croissante de plus de sept millions de personnes. L’objectif de la création d’une ville nouvelle est aussi de présenter une idée résolument moderne de l’Égypte, qui n’est plus seulement liée à l’archéologie et aux fonds marins. Un pays qui attire de nouveaux investisseurs pour relancer son économie, avec des palais de cristal, des formes nouvelles, des gratte-ciel et des espaces verts (à commencer par un système de parcs de 200 kilomètres carrés).

Ce projet représente un grand rêve, la promesse d’une nouvelle ville puissante et brillante. Selon les auteurs du projet, le site est défini par des oueds et une topographie unique, qui seront préservés et mis en valeur pour les générations futures. La future ville sera compacte sous forme urbaine et s’articulera autour de quartiers de développement concentrés, dont un quartier d’affaires central (CBD), un quartier administratif gouvernemental, un quartier culturel, un quartier de la connaissance et de l’innovation, et plus de 100 quartiers résidentiels divers.

« Selon les auteurs du projet, le site est défini par des oueds et une topographie unique, qui seront préservés et mis en valeur pour les générations futures. »

Carlo de Nuzzo

En plus des bâtiments institutionnels, le NAC devrait disposer également du plus haut gratte-ciel du continent africain, du plus grand minaret et d’une église catholique, mais aussi d’un immense parc d’attractions, plus grand que Disneyland.

Le cabinet Skidmore, Owings & Merrill LLP (ci-après, SOM) dirige l’aménagement de « Le Caire capitale. »

SOM, l’un des principaux cabinets d’architecture, de design intérieur, d’ingénierie et d’urbanisme au monde, a élaboré le cadre initial et les principes fondamentaux d’une nouvelle ville durable du Caire, en Égypte. La vision de The Capital Cairo est le fruit de la collaboration entre le ministère égyptien du Logement et de Capital City Partners Ltd, un fonds privé d’investisseurs mondiaux. Le Parlement égyptien et ses ministères et départements gouvernementaux, ainsi que les ambassades étrangères, prévoient de déménager dans la nouvelle métropole à son achèvement. La version officielle, selon les promoteurs, est que la nouvelle ville comprendrait près de 2 000 écoles et collèges et plus de 600 établissements de soins de santé. Ils prétendent que le projet créera plus d’un million d’emplois. Il est prévu qu’il soit construit sur 700 kilomètres carrés et qu’il abrite environ cinq millions d’habitants.

Selon la version officielle de SOM, la nouvelle planification urbaine est dirigée par Phillip Enquist, associé de SOM en charge de l’urbanisme, Daniel Ringelstein, directeur de l’urbanisme et de l’aménagement, et George J. Efstathiou, associé conseil de SOM. Les urbanistes du cabinet ont élaboré le cadre initial et les principes de base d’une nouvelle ville durable. Conçue en harmonie avec l’environnement local et façonnée par le paysage naturel, la vision de cette nouvelle ville a été créée pour répondre spécifiquement aux besoins d’une ville moderne avec une économie florissante.

While we are at the earliest stages of design, the new city will be built on core principles that include places of education, economic opportunity, and quality of life for Egypt’s youthful population” a déclaré Philip Enquist, avant d’ajouter : “The new city will be designed and built in harmony with nature as a showcase of environmentally sensitive development.”5

La dimension politique de la NAC

La place Al-Tahrir – l’endroit où sont implantées les institutions administratives les plus importantes telles que le parlement, le ministère de l’intérieur, la présidence des ministères – est toujours liée à la révolution de 2011. Le régime politique actuel est conscient du contexte qui a mené à une telle révolte populaire. De ce fait, le président Al-Sisi n’a pas seulement interdit les manifestations, mais a également découpé la place Al-Tahrir au moyen de barrières surveillées dans l’objectif d’empêcher tout nouveau rassemblement de masse dans ce lieu symbolique. Les militaires et barricades de bétons entourant tous les bâtiments officiels témoignent également des craintes du régime, toujours plus crispé sur une politique de dissuasion. Dans ce contexte, ce régime a fait le choix de rebâtir une autre capitale loin des lieux d’expression des revendications politiques6.

Un nouveau lieu est donc nécessaire pour accueillir un nouveau Parlement, une banque centrale, un aéroport et un palais présidentiel, qui fera, selon le projet, huit fois la taille de la Maison Blanche. La NAC contribuera également, toujours selon ses promoteurs, à renforcer et à diversifier le potentiel économique de l’Égypte en créant de nouveaux lieux de vie, de travail et de visite. Afin d’attirer les gens dans cette nouvelle capitale, une série de développements clés seront mis en place au cœur de celle-ci, notamment un nouveau quartier administratif et gouvernemental, un quartier culturel et une grande variété de quartiers urbains.

La décision prise par Al-Sissi visant à la construction d’une nouvelle capitale aboutira à vider le Caire de son importance politico-administrative. Le fait de déplacer les ministères, le parlement et toutes les institutions étatiques revient en effet à gommer le poids politique du Caire. La nouvelle capitale administrative donnerait alors lieu à une sorte de recentralisation de l’appareil étatique égyptien, car celui-ci ne serait plus au cœur du Caire mais plutôt au milieu de la nouvelle capitale et du gouvernorat de Suez.

« La décision prise par Al-Sissi visant à la construction d’une nouvelle capitale aboutira à vider le Caire de son importance politico-administrative. »

Carlo de Nuzzo

Le contexte politique actuel marqué par le mécontentement populaire – à l’égard des décisions politiques prises – a poussé le régime en place à fonder la nouvelle capitale administrative. Une telle décision vise à l’isolement des institutions étatiques vis-à-vis de toutes mobilisations contestataires potentielles.

Or dans un contexte marqué par un déficit économique, une grande partie de la population égyptienne n’est pas favorable à la construction d’un tel projet qui coûte environ 45 milliards de dollars.

Le nouveau canal de Suez est un exemple qui consolide la représentation de la population défavorable aux projets fondés par le président Al-Sissi. Le président égyptien a confirmé que le projet du nouveau canal de Suez qui aurait coûté huit milliards7 de dollars n’a pas d’intérêt économique mais qu’il s’agit plutôt de « remonter le moral du peuple égyptien »8.

Des motifs économiques et sociaux

Le Caire est une ville de clôtures, de communautés fermées, de portes infranchissables, de garnisons, de faux palmiers cachant des caméras, de villas inaccessibles, de quartiers privés entiers qui mettent à disposition de leurs résidents : la mairie, les écoles, les terrains de sport, la mosquée, le souk, les allées boisées, les massifs fleuris bien entretenus. Un rêve en boîte pour ceux qui peuvent se le permettre. En quelques années seulement, de nouveaux quartiers, de nouvelles villes sont apparus autour du centre historique du Caire pour accueillir une population qui croît au rythme de deux millions d’habitants par an et qui se déplace de la campagne vers les villes, en particulier vers la capitale, à la recherche d’opportunités.

« En quelques années seulement, de nouveaux quartiers, de nouvelles villes sont apparus autour du centre historique du Caire pour accueillir une population qui croît au rythme de deux millions d’habitants par an et qui se déplace de la campagne vers les villes, en particulier vers la capitale, à la recherche d’opportunités. »

Carlo de Nuzzo

Tout cela se déroule sur des terrains appartenant à l’armée, qui sont négociés de manière opaque avec les investisseurs. C’est ainsi que les nombreux Caires grandissent non pas par vision ou projet, ni comme les fruits d’ensemencement conscient, mais à la suite de la libération de diverses pressions. Et à l’intérieur du Caire, il y a d’autres petits Caires, des compounds protégés, des quartiers de logements sociaux dégradés, des centres commerciaux étincelants et des quartiers sablonneux informels.

Les autorités affirment que la NAC déclenchera une renaissance de l’économie. Si l’idée est d’éloigner les Égyptiens de l’étalement chaotique du Caire, où la congestion et la pollution semblent aussi constantes que les eaux du Nil, d’autres projets phares ont stagné dans le passé.

Pour les détracteurs du projet de la Nouvelle capitale, celui-ci suit le schéma adopté pour le New Cairo : il apparaît ainsi conçu au moins autant pour désengorger la capitale actuelle que pour mettre les plus riches à l’abri des plus pauvres9, dans un contexte où la mort des classes moyennes a transformé la ville en poudrière. Au Caire, les quartiers les plus plus pauvres cohabitent avec ceux des anciennes classes moyennes supérieures : l’ancienne aristocratie d’État vit généralement à Zamalek, voire à Maadi, où on voit aussi beaucoup d’immigrés aisés. S’ajoutent ceux qu’on appelle les « nouveaux riches », lesquels s’installent dans les compounds d’October City ou de Mohandessin après s’être exilé dans le Golfe pour y « faire de l’argent. » Entre ces extrêmes, la classe moyenne a quasiment disparu. Il en résulte une tension croissante : en l’absence d’étape intermédiaire entre leur situation privilégiée et la misère des masses, le spectre du déclassement apparaît particulièrement terrifiant.

De fait, les pauvres le sont toujours davantage. Loin de réagir par des mesures sociales, le pouvoir s’attache le soutien des plus aisés en favorisant les projets urbains abritant leurs familles derrière des murs et des vigies. La nouvelle capitale continue ainsi la logique des compounds, qui prolifèrent déjà en bordure du Caire, à ceci près qu’elle concerne cette fois aussi bien les possédants que les institutions étatiques. La clientélisation des premiers et l’éloignement géographique des secondes ont ainsi vocation à neutraliser les conditions pratiques d’une nouvelle révolution, tout en sécurisant les investisseurs étrangers. Dans un pays où le prix de l’essence prohibe les longs déplacement pour nombre de personnes, l’Égyptien moyen n’aurait pas la possibilité de financer l’aller-retour entre le Caire et la nouvelle capitale. Or à ce jour, aucun projet sérieux de transport en commun abordable n’a été présenté. Dans la continuité des compounds et du New Cairo, tout laisse à penser que le projet de nouvelle capitale a pour objectif de vider le Caire de la partie de la population dont le régime veut s’assurer du soutien, les masses supposément menaçantes étant maintenues dans une ville transformée en mouroir.

« Loin de réagir par des mesures sociales, le pouvoir s’attache le soutien des plus aisés en favorisant les projets urbains abritant leurs familles derrière des murs et des vigies. La nouvelle capitale continue ainsi la logique des compounds, qui prolifèrent déjà en bordure du Caire, à ceci près qu’elle concerne cette fois aussi bien les possédants que les institutions étatiques. »

Carlo de Nuzzo

Cependant, la réalité risque d’être un peu différente. Le rêve pourrait rapidement se transformer en cauchemar. Sur les cinq millions d’habitants attendus, pas moins d’un cinquième devrait se déplacer, et les bâtiments administratifs ne sont pas du tout prêts. Une partie considérable de la population ne voit favorablement le projet compte tenu des coûts élevés de la nouvelle ville, lesquels n’ont pas encore été révélés, car couverts par le secret militaire.

Dans ce contexte, il y a fort à parier que le projet de nouvelle capitale répète l’échec du New Cairo.

L’échec du New Cairo

La tentative de désengorger la ville du Caire de la part du gouvernement égyptien n’est pas nouvelle : elle rappelle le projet New Cairo. Sa construction avait commencé en 2001 et la ville devait initialement accueillir quatre millions d’habitants. Elle n’en comptait qu’un million et demi en 201710. Les loyers exorbitants empêchent l’exode des populations du centre ville.

New Cairo peut être considérée d’une part comme la preuve générale de ce déplacement vers l’est et, d’autre part, comme l’une des nombreuses promesses non tenues dans le paysage des projets urbains cairotes.

Elle devait être une nouvelle agglomération urbaine destinée à la bourgeoisie égyptienne et aux nouveaux habitants qui arrivent en masse dans une ville déjà immense, attirés par le rêve de la croissance, l’odeur de l’argent et la séduction du marketing. Aujourd’hui, c’est un quartier fragmenté entre résidences surveillées et centres commerciaux, entre chalets entourés de verdure, et le désert qui regagne du terrain. Mais ce n’est qu’une des nombreuses contradictions d’une ville surstratifiée et plurielle, où le cosmopolitisme fait partie de la vie quotidienne, qui oscille entre désir et réalité, dans une danse de progrès et de retard qui en fait finalement une ville unique.

« C’est le vrai sens de ces projets : on ne construit pas pour répondre à une question, ni pour répondre à un besoin, mais pour transférer des ressources au sol, pour mettre l’économie en mouvement. »

Carlo de Nuzzo

Malgré cela, on continue à construire, à promettre. Une publicité apparaît souvent sur les panneaux d’affichage au Caire : Invest in Egypt. Your Gateway to Africa and the World. C’est le vrai sens de ces projets : on ne construit pas pour répondre à une question, ni pour répondre à un besoin, mais pour transférer des ressources au sol, pour mettre l’économie en mouvement. C’est la version moderne et améliorée de la théorie keynésienne du creusement et du recouvrement de trous. Il n’y a pas besoin de trous, mais à travers eux, l’économie se met en mouvement, ou du moins donne l’apparence de le faire, pour intercepter également la richesse des pays voisins.

Invest in Egypt, est souvent juste une illusion, fiction bien construite, ou peut-être un jeu pour adultes riches.

Comme New Cairo, la nouvelle capitale, en construction par étapes forcées, a été conçue au milieu du désert pour une population de cinq à sept millions d’habitants. Parmi les innombrables affiches du Caire, la nouvelle capitale sera une ville qui brille, séduit, appelle, promet. C’est une course pour vendre au mieux le nouveau rêve égyptien dans un style immobiliaritste. Une jubilation de terrasses, de piscines, de centres commerciaux, de bureaux et de parcs. Le tout pour générer un désir qui répond à la question : « Où serez-vous dans un avenir proche si ce n’est dans la nouvelle capitale de l’Égypte ? » L’Eldorado moderne est une terre promise par mille opportunités. Un projet qui s’adresse d’abord aux nouveaux habitants et acheteurs puis aux ministères, et enfin aux chancelleries du monde entier. Tout cela sous la bannière d’un marketing débridé pour un projet controversé, hors du temps, et qui voudrait résoudre le problème des espaces, mais qui risque de compliquer encore plus la vie du Caire après l’échec de New Cairo.

Le risque est grand de concevoir en rêve une ville magnifique pour se réveiller avec une ville fantôme à des fins gouvernementales seulement. Pour l’instant, on parie sur le fait que la Ville Sissi, sera soit une nouvelle Dubaï, soit un échec total.