En bref – D’après des proches de la Chancelière, Angela Merkel aurait mûri sa décision d’abandonner la piste d’une présidence allemande de la BCE au profit de celle de la Commission.

 

 

Perspectives

 

    • Septembre 2018 : début des négociations du Spitzenkandidat du Ppe

 

    • 22-25 mai 2019 : élections européennes

 

  • 31 octobre 2019 : fin du mandat de Mario Draghi
 

Francfort. En visite en Géorgie jeudi 23 août, la Chancelière allemande a indiqué n’avoir pris “aucune décision” à ce stade quant à ses préférences pour remplacer Mario Draghi à la présidence de la Banque centrale européenne 1, lorsque son mandat parviendra à son terme en novembre 2019. Si la déclaration peut paraître banale, elle constitue un revers pour Jens Weidmann, président de la Deutsche Bundesbank, qui faisait jusque-là figure de favori. M. Weidmann, considéré comme un faucon en raison de ses déclarations hostiles aux politiques de rachats d’actifs menées sous la présidence actuelle, a pu être jugé trop controversé à l’échelle de l’Union, dans un contexte où la sortie des politiques de crise apparaît dans tous les cas comme une priorité.

Surtout, suggère Handelsblatt 2 , Mme Merkel souhaiterait imposer un Allemand comme Spitzenkandidat du Parti populaire européen (PPE) en mai 2019, ce qui aboutirait automatiquement à sa nomination à la tête de la Commission. Parmi les noms qui circulent dans les cercles proches de la Chancellerie, le ministre fédéral de l’économie et de l’énergie Peter Altmaier (CDU), europhile, polyglotte et fonctionnaire européen de profession, occupe une place de choix. Fidèle de Mme Merkel, il représente l’aile gauche du parti et semble constituer une personnalité plus consensuelle au sein de la Grande coalition que Ursula von der Leyen, ministre de la Défense, ou Manfred Weber, porte-parole du Parti populaire au Parlement européen, aussi évoqués. La procédure de désignation des Spitzenkandidaten doit commencer en septembre.

Si cette nomination éventuelle, que Mme Merkel a refusé de commenter, n’est en rien certaine d’aboutir, son abandon de la piste Weidmann à Francfort a valeur d’opportunité pour d’éventuels concurrents. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, ne cache guère ses ambitions européennes, tandis qu’un autre Français, Benoît Cœuré, qui siège déjà au Comité exécutif de la BCE, emploie depuis quelques mois son regain d’exposition médiatique à défendre le bilan de la présidence actuelle. Mais le choix de Mme Merkel pourrait aussi se tourner vers le bloc scandinave ou les Pays-Bas, plus proches des intérêts allemands 3 .

Dans tous les cas, la nomination du candidat de Mme Merkel à la présidence de l’une des deux institutions constituerait une rupture, autant qu’un signe supplémentaire de l’influence politique croissante de l’Allemagne dans le paysage européen : alors que la BCE, sise à Francfort, n’a jamais été présidée par un Allemand, la Commission ne l’a été qu’à ses balbutiements (1958-1967), sous le mandat du père fondateur Walter Hallstein.

Perspectives

  • Septembre 2018 : début des négociations du Spitzenkandidat du Ppe
  • 22-25 mai 2019 : élections européennes
  • 31 octobre 2019 : fin du mandat de Mario Draghi
Sources
  1. CARREL Paul et KORANYI Balasz, ECB hawk Weidmann sees chances dimming of succeeding Draghi, Reuters, 23 août 2018
  2. JENNEN Birgit, The Complex Calculations Behind Merkel’s ECB Strategy, Bloomberg, 24 août 2018
  3. BERSCHENS Ruth et al., Kanzlerin Merkel ändert ihre Prioritäten im Kampf um Spitzenjobs in Europa, Handelsblatt, 22 août 2018