Politique

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Quels sont les livres qu’il faudra lire pour comprendre la Maison-Blanche  ?

Cela peut paraître un paradoxe, tant Trump s’est construit à partir d’une rhétorique dégagiste et antipolitique, mais autour de sa figure dans les dernières années s’est réunie une élite — hétérogène mais structurée  : de la Silicon Valley au monde du venture capitalism.

La victoire de Trump a été nette. Mais une observation granulaire des données à jour permet déjà de montrer qu’elle a reposé sur un assemblage assez inédit — une impressionnante bascule pro-Trump chez les jeunes hommes latinos couplée à un décrochage des Démocrates dans les banlieues blanches aisées.

Une leçon clef de l’élection, souvent négligée, guidera pour les années à venir  : le tipping-point state. Malgré le succès de Trump, la coalition républicaine a perdu en efficacité électorale. Une recomposition profonde est en cours — synthèse en 10 points et 10 cartes et graphiques.

20 points. Tous rédigés en lettres capitales. Comme des tweets — dans le plus pur style de Donald Trump.

Malgré sa forme inhabituelle, la plateforme synthétique adoptée par le Parti républicain à Milwaukee est bel et bien un programme. En Europe, où les priorités qu’il met en avant semblent lointaines, il faut prendre ce document très au sérieux  : il pourrait constituer la matrice politique du deuxième mandat Trump.

«  Vivre dans un monde nouveau/Avec l’esprit des anciens  ».

Le manifeste du mouvement qui vient d’amener Donald Trump à la Maison Blanche n’est pas un article de journal ou un grand discours, mais une chanson country — Rich Men North of Richmond — publiée sur Youtube par un chanteur presque anonyme à l’époque, Anthony Oliver, il y un peu plus d’un an. Écoutée des millions de fois, presque inconnue en Europe, elle réunit l’ensemble des thèmes qui structurent la nouvelle coalition trumpiste.

Pour comprendre Trump en 2024, il faut l’écouter et la lire entre les lignes.

À Budapest, devant Orbán et une trentaine de chefs d’États et de gouvernement, deux jours après l’élection de Trump, le président Zelensky a appelé les Européens à refuser de faire des concessions à Poutine — «  inacceptables pour l’Ukraine et suicidaires pour toute l’Europe  » — en s’engageant dans la recherche de «  la paix par la force  ».

Après la déclaration de Poutine aujourd’hui, nous traduisons cet autre discours clef.

Aux portes de la Russie de Poutine, comment a-t-on vécu l’élection de Trump  ?

Pour Jonatan Vseviov, secrétaire général des Affaires étrangères de l’Estonie et ancien ambassadeur aux États-Unis sous le premier mandat Trump, le message est clair  : «  ne pas paniquer, ne pas hyperventiler — se réveiller et se mettre au travail.  »

La coalition «  feu tricolore  » est tombée. Dans un discours d’une brutalité à l’opposé de son style politique, Scholz a défendu le bilan des trois ans de gouvernement SPD-Verts-FDP et attaqué frontalement Christian Lindner, limogé quelques heures plus tôt de son poste de ministre des Finances.
Pour comprendre où va l’Allemagne alors que le pays s’apprête à entrer dans une campagne hivernale, il faut partir de cette traduction inédite et du commentaire ligne à ligne que nous proposons d’un discours historique — sans doute le moins «  scholzien  » d’Olaf Scholz.