Guerre

Long format

Cette semaine, le président de la Russie a un nouveau visage — non plus celui qui menace ou qui massacre les traîtres, mais celui qui temporise, qui concède et qui louvoie. Dans le chaos d’une guerre qui s’étend jusqu’au Kremlin, la politique devient elle aussi une simple épreuve de force et Poutine, un chef de gang de plus en plus au pied du mur — qui prononce ces mots rapides que nous traduisons et commentons ligne à ligne.

Dans le cœur incandescent de la guerre étendue — comment raconter l’histoire d’un conflit en train de se faire  ? Michel Goya et Jean Lopez s’y sont essayés dans L’ours et le renard (Perrin, 2023). Dans cet entretien à deux voix, ils prolongent leur échange, décrivant la guerre telle qu’elle se déroule depuis février 2022 jusqu’au coup avorté de Prijogine.

Une armée irrégulière russe avance vers Moscou — ou peut-être pas  ; l’armée russe est enlisée face à la contre-offensive ukrainienne — ou peut-être pas. Alors que l’étendue de la crise semble entrer dans une dimension quantique, le président ukrainien vient de prendre la parole pour définir la position de l’Ukraine — espace de stabilité dans le chaos des guerres poutiniennes  : «  la sécurité du flanc oriental de l’Europe ne dépend que de notre défense.  »

Hier dans la nuit, le chef de la milice Wagner, l’ancien cuisinier du Kremlin Evgueni Prigojine, s’est soulevé contre son maître. C’est un pronunciamento  : une milice de plus en plus centrale dans l’ordre de l’État se lance à l’assaut du Kremlin. Il en appelle à l’armée et à la population russe pour renverser Vladimir Poutine. Dans ce brouillard où rien n’est sûr, nous traduisons et commentons son discours solennel de ce matin — sa première contre-attaque.

Qu’est-il en train de se jouer sur le territoire ukrainien  ? Alors que l’opération très attendue de contre-offensive se déploie, nous avons interrogé Joseph Henrotin sur la nature particulière de cet objet militaire, ses modèles historiques et ses chances de succès.