Résultat pour : la chine


Face à la synthèse impériale islamo-nationaliste incarnée par Erdoğan, l’OTAN et l’Union ont fait preuve de passivité — voire d’aveuglement.

La politique étrangère ouvertement révisionniste de l’AKP va à l’encontre des valeurs européennes.

Tout en continuant de viser une relation améliorée et apaisée, l’Union ne peut pas exclure, à court terme, une politique de fermeté envers Ankara.

Pensée pour tout offrir «  sauf les institutions  » selon le mot de Romano Prodi, la politique de voisinage européenne s’est brisée dans les engrenages bureaucratiques et l’illusion du soft power.

De la Crimée à la Tunisie, de la Syrie au Sahel, l’Union a perdu la main — et parfois même la parole.

Pourtant, elle a plus que jamais besoin de s’unir pour comprendre qui sont ses voisins et comment les traiter.

En ce jour de sommet de la Communauté politique européenne, Stefano Manservisi propose des pistes clefs.

Présenté comme un succès géopolitique et économique, le grand élargissement de 2004 est aujourd’hui rattrapé par des fractures démocratiques et stratégiques qu’il n’avait pas anticipées.

Dans une étude historique, Pierre Mirel en retrace les promesses, les angles morts et les leçons — alors que l’Europe, secouée par la guerre et la rivalité des empires, doit repenser ses frontières et son projet.

Une archive stratégique, à lire alors que s’ouvre à Tirana le Sommet de la Communauté politique européenne.

À l’Est, le retour de la guerre.

Au Sud, des recompositions sécuritaires.

Partout aux frontières de l’Europe, la concurrence stratégique de puissances tierces menace de déstabiliser le continent.

L’Union ne peut plus penser ses marges uniquement comme des périphéries à intégrer.

Pour Pierre Vimont, la politique de voisinage doit commencer à parler le langage de la géopolitique.

Devant MBS et sa cour, Donald Trump a fait un numéro de charme à l’Arabie Saoudite — mais il a aussi prononcé quelques phrases potentiellement historiques qui laissent entrevoir le projet d’une nouvelle géopolitique du Moyen-Orient.

Au début d’une tournée dans le Golfe qui le voit aussi s’arrêter à Doha et Abu Dhabi, Trump a loué un modèle de développement arabe autonome vis-à-vis des «  nation-builders  » américains et ouvert la porte à un nouvel accord avec l’Iran, s’inscrivant dans la filiation du discours du Caire d’Obama.

Nous le traduisons.

«  Nous investirons de nouveau en Europe massivement.

Nous nous attaquerons aux droits acquis qui font obstacle à notre futur, en nous fondant sur l’innovation, contre les privilèges.

Et nous protégerons et préserverons notre liberté.  »

Au Portugal, devant plusieurs chefs d’État européens, Mario Draghi a établi un nouveau diagnostic et fixé un cap.

Nous traduisons son appel de Coimbra.

En 1985, les accords du Plaza eurent pour effet de convaincre les élites allemandes de la pertinence de la monnaie unique.

En 2025, les menaces américaines convaincront-elles Berlin d’accepter une dette européenne commune  ?

Alors que Trump disrupte l’économie mondiale en faisant vaciller l’hégémonie du dollar, l’Allemagne a un moyen de prendre le contrôle de l’avenir du système monétaire international — et faire faire à l’Europe un bond en avant.

Plus d’un Européen sur trois (34  %) pense que les laboratoires pharmaceutiques bloquent la mise sur le marché de remèdes contre le cancer pour des raisons commerciales. Ils sont encore plus nombreux (35  %) à considérer que les gouvernements sont à l’origine de la propagation de virus afin de «  contrôler leur liberté  ».

Considérablement renforcé durant la pandémie, le complotisme sanitaire nourrit aujourd’hui un projet autoritaire à l’échelle mondiale — de Trump aux États-Unis à Simion en Roumanie.