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Le rapport qui a préparé la victoire démocrate aux élections de mi-mandat

Pouvoir d’achat, protection sociale, rupture avec les orthodoxies progressistes : derrière les victoires démocrates se dessine une stratégie de reconquête électorale.

Le rapport Deciding to Win en exposait la doctrine il y a un an.

Nous traduisons ce texte clef pour la première fois en français.

Publié le 27 octobre 2025, Deciding to Win est un rapport signé par Simon Bazelon, Lauren Harper Pope et Liam Kerr, trois figures emblématiques de Welcome, un réseau militant pour un recentrage majoritaire du Parti démocrate. 

Il paraît un an après la défaite de Kamala Harris, alors que Donald Trump entame un second mandat marqué par les droits de douane, les coupes dans Medicaid et les baisses d’impôts pour les plus riches, et à quelques jours de l’élection de Zohran Mamdani à New York, ainsi que de celles, plus centristes, d’Abigail Spanberger en Virginie et de Mikie Sherrill dans le New Jersey. 

Ce texte, dont la version intégrale compte 352 pages, repose sur un pari stratégique résumé par la formule : « Gagner est un choix. »

Ce diagnostic particulièrement articulé s’appuie sur une masse de données considérable. Une trentaine de graphiques, nourris notamment d’enquêtes menées auprès de plus de 500 000 électeurs par Blue Rose Research, décrivent un parti qui s’est déplacé vers la gauche sur pratiquement tous les sujets depuis la réélection de Barack Obama en 2012.

Selon les auteurs, depuis lors « des collaborateurs hautement diplômés, des donateurs, des groupes de pression, des experts et des élus ont redéfini le programme du Parti démocrate ». Ce glissement a produit un décrochage. En septembre 2025, 54 % d’entre eux estimaient que le Parti démocrate était « trop liberal », contre 49 % qui trouvaient le Parti républicain « trop conservateur ». Si 47 % des électeurs plaçaient l’économie parmi leurs trois priorités, seuls 17 % pensaient qu’elle figurait parmi celles des démocrates. Ce recul a surtout concerné les électeurs modérés et conservateurs des classes populaires et des minorités, comme dans le comté de Starr au Texas, hispanique à plus de 95 %, où le vote démocrate est passé de 86 % en 2012 à 42 % en 2024, en contribuant largement à la victoire à Donald Trump. 

Pour retrouver une nouvelle centralité majoritaire, les auteurs du rapport proposaient deux ruptures avec deux formes différentes d’« orthodoxie » qui nourrissaient à la fois une intense dynamique interne entre les courants du parti et une impasse politique face aux électeurs, afin de « davantage écouter les électeurs et moins les donateurs déconnectés de la réalité et les élites du parti détachées de la base ».

La première est une orthodoxie centriste, celle d’un parti apparaissant comme le défenseur de l’establishment et des institutions, alors qu’une large partie de l’électorat estime que le système est truqué en faveur des plus riches. Le rapport invite donc à dénoncer l’influence démesurée des lobbyistes et des grandes entreprises sur la politique américaine et à rompre avec un centrisme affairiste. Il rappelle toutefois que « les frustrations des électeurs face au statu quo ne sont pas synonymes d’un désir de socialisme », la grande majorité des Américains restant favorable au capitalisme.

La seconde est une orthodoxie progressiste qui désigne l’ensemble des positions devenues des marqueurs d’appartenance au camp démocrate depuis 2012, sous l’influence d’un personnel politique diplômé, de donateurs et de groupes militants situés plus à gauche que l’électeur moyen. Elle recouvre une ligne jugée laxiste en matière d’immigration et de sécurité publique, la volonté de restreindre la production d’énergie, des prises de position culturelles comme la défense de la discrimination positive à l’université ou de la participation des athlètes transgenres aux compétitions féminines.

Contre ces deux orthodoxies, il s’agit d’assumer « des positions populaires, souvent hétérodoxes ». Les démocrates doivent ainsi être « prêts à rompre avec les orthodoxies impopulaires du parti », que les demandes émanent « des grandes entreprises privées, des militants de gauche ou des donateurs », quitte à construire une ligne apparemment moins cohérente sur le plan idéologique ou moins portée par une base militante. 

Le rapport puise ses modèles dans toutes les ailes du parti, de l’attention portée par Bernie Sanders, Alexandria Ocasio-Cortez et Zohran Mamdani au coût de la vie, à la fermeté de Ruben Gallego concernant la frontière, car « chaque aile de notre parti a quelque chose à apporter ». Il place au cœur du programme des mesures largement soutenues, telles que la négociation du prix des médicaments, un salaire minimum à 15 dollars ou une contribution fiscale des plus riches équitable.

Le scrutin du 3 novembre 2026 en offre une illustration frappante. Au Texas, James Talarico est devenu le premier démocrate élu sénateur du Texas depuis 1988 en se présentant comme « un démocrate de la sécurité frontalière », avait reconnu les échecs de Joe Biden en matière migratoire et pris ses distances avec les appels progressistes à une sortie rapide des énergies fossiles en défendant l’industrie pétrolière et gazière, tout en faisant reposer sa campagne sur un populisme économique assumé et sur un message de réconciliation fondé sur l’empathie chrétienne. En Géorgie, Jon Ossoff, autre figure désormais promise à un destin présidentiel, a lui aussi été largement réélu en faisant de la lutte contre la corruption un axe central de sa campagne, en refusant l’argent des PAC d’entreprises et en se battant pour interdire aux parlementaires de spéculer sur les marchés financiers, a lui aussi été largement réélu. 

Il serait difficile de surestimer l’importance de ce rapport dans la stratégie qui a permis aux démocrates de remporter la victoire. Ses auteurs préviennent pourtant que réussir les élections de mi-mandat « ne garantit pas aux démocrates des résultats ne serait-ce qu’approximativement équivalents lors d’une élection présidentielle ». C’est aussi pourquoi il mérite d’être lu en Europe, avec les transpositions nécessaires, à l’approche des élections de 2027.

Résumé

Donald Trump et le Parti républicain nuisent à notre économie et menacent notre démocratie. Leurs droits de douane font grimper les prix, portent préjudice aux entreprises et entraînent des suppressions d’emplois. Leur programme législatif – qui finance les baisses d’impôts pour les riches en réduisant l’accès aux soins de santé pour les plus démunis et en augmentant massivement la dette nationale – nuit à tous les Américains et met en péril l’avenir de notre pays. Leurs attaques incessantes contre l’État de droit sont inacceptables. Vaincre les républicains aux urnes en 2026 et 2028 est un impératif moral et politique.

Pour reprendre le contrôle du Congrès et de la présidence, les démocrates doivent comprendre le contexte politique et stratégique auquel nous sommes confrontés. Deciding to Win vise à fournir l’analyse la plus complète à ce jour des raisons pour lesquelles les démocrates ont perdu et de ce que notre parti doit faire pour remporter à nouveau la victoire. Nous nous appuyons sur des milliers de résultats électoraux, des centaines de sondages d’opinion et d’articles universitaires, des dizaines d’études de cas, ainsi que sur des enquêtes menées auprès de plus de 500 000 électeurs depuis les élections de 2024. Deciding to Win défend l’idée que depuis 2012, des collaborateurs hautement qualifiés, des donateurs, des groupes de pression, des experts et des élus ont redéfini le programme du Parti démocrate, et ainsi réduit l’attention accordée par notre parti aux questions économiques qui constituent les principales préoccupations du peuple américain. Ces mêmes forces ont poussé notre parti à adopter des positions impopulaires sur un certain nombre de sujets importants pour les électeurs, notamment l’immigration et la sécurité publique. Pour remporter à nouveau la victoire, les démocrates doivent davantage écouter les électeurs et moins les donateurs déconnectés de la réalité, les élites du parti détachées de la base et les responsables politiques démocrates dont les résultats sont systématiquement inférieurs à ceux des têtes de liste.

Pour nous donner les meilleures chances de gagner, nous recommandons d’apporter les changements suivants à notre approche. Les démocrates doivent :

  1. Axer notre programme politique et notre communication sur un programme économique centré sur la réduction des coûts, la croissance économique, la création d’emplois et le renforcement du filet de sécurité sociale.
  2. Défendre des politiques économiques populaires (par exemple, étendre la négociation des prix des médicaments sur ordonnance, faire en sorte que les plus riches paient leur juste part d’impôts, porter le salaire minimum à 15 dollars de l’heure) plutôt que des politiques économiques impopulaires (par exemple l’annulation des prêts étudiants, les subventions pour les véhicules électriques, Medicare for All).
  3. Convaincre les électeurs que nous partageons leurs priorités en mettant davantage l’accent sur les questions auxquelles ils estiment que notre parti n’accorde pas suffisamment d’importance (l’économie, le coût de la vie, les soins de santé, la sécurité aux frontières, la sécurité publique), et en mettant moins l’accent sur les questions auxquelles ils estiment que nous accordons trop d’importance (le changement climatique, la démocratie, l’avortement, les questions identitaires et culturelles).
  4. Modérer nos positions lorsque notre programme est impopulaire, notamment sur des questions telles que l’immigration, la sécurité publique, la production énergétique et certaines questions identitaires et culturelles.
  5. Adopter une critique de fond comme rhétorique de l’influence politique et économique démesurée des lobbyistes, des grandes entreprises et des plus fortunés, tout en gardant à l’esprit deux considérations : premièrement, les frustrations des électeurs face au statu quo ne sont pas synonymes d’un désir de socialisme. Et deuxièmement, critiquer le statu quo permet de compléter la défense de politiques populaires sur les questions qui comptent le plus pour le peuple américain, sans s’y substituer.

Dans l’ensemble, on peut considérer que ces cinq changements reflètent, globalement, l’approche de Barack Obama en 2012, celle de Bernie Sanders (avant 2020) et celle de candidats tels que Dan Osborn, Ruben Gallego, Jared Golden, Marie Gluesenkamp Perez, Mary Peltola, Adam Gray, Kristen McDonald Rivet, Tom Suozzi, Marcy Kaptur et Vicente Gonzalez en 2024. Ce que ces candidats nous enseignent, c’est que nous devons éviter à la fois de basculer vers un centrisme pro-entreprises et de rechercher une pureté idéologique progressiste. Ils ont démontré que nous devons au contraire rester résolument concentrés sur les enjeux économiques qui constituent les principales priorités de la classe ouvrière américaine, tout en se rapprochant de la position des électeurs sur des questions telles que l’immigration et la sécurité publique.

Deciding to Win ne préconise pas d’abandonner les valeurs fondamentales de notre parti ni de refuser de défendre les groupes défavorisés. Deciding to Win ne préconise pas non plus de se montrer indécis ou faible. Les démocrates doivent rester fermes face à Trump et au programme extrême du Parti républicain. Mais nous devons également faire preuve de discipline et de stratégie dans le choix des combats que nous menons et dans la manière dont nous les menons, en concentrant l’essentiel de notre opposition sur les questions où l’opinion publique nous est le plus favorable (comme la protection de la Sécurité sociale, de Medicare et de Medicaid, l’opposition aux baisses d’impôts pour les riches et aux droits de douane de Trump).

Deciding to Win ne souscrit pas non plus à la culture timide et réfractaire au risque qui imprègne une grande partie de l’appareil du Parti démocrate. Les démocrates doivent faire preuve de courage – être prêts à rompre avec les orthodoxies impopulaires du parti, y compris si cela implique de rejeter les demandes des grandes entreprises privées, des militants de gauche ou des donateurs de notre parti. Et les démocrates doivent faire preuve d’audace – via l’utilisation des nouvelles plateformes médiatiques et via des rencontres improvisées avec les électeurs –, plutôt que d’écouter des consultants dont la plus grande crainte est de voir leur candidat faire un faux-pas.

Les démocrates doivent également comprendre que chaque aile de notre parti a quelque chose à apporter dans notre effort pour avancer. Nous avons beaucoup à apprendre de l’engagement sans relâche de Bernie Sanders, d’Alexandria Ocasio-Cortez et de Zohran Mamdani en faveur de la baisse du coût de la vie et de l’élargissement des opportunités pour la classe moyenne – tout comme nous avons beaucoup à apprendre de l’approche de Ruben Gallego en matière de sécurité aux frontières et de l’approche inclusive de Sarah McBride vis-à-vis de certaines questions culturelles complexes .

En fin de compte, décider de gagner signifie porter un regard lucide sur le paysage politique actuel, se concentrer sur des politiques économiques susceptibles d’aider les Américains des classes moyennes et populaires, et orienter le Parti démocrate vers le programme et le discours nécessaires pour obtenir une forte majorité électorale. Comme l’ont déjà montré les effets désastreux du second mandat de Trump, l’ampleur des enjeux ne nous permet pas de nous contenter de moins.

Deciding to Win est divisé en 11 sections, chacune consacrée à une facette différente du paysage politique et stratégique auquel notre parti est confronté.

1.Comment en sommes-nous arrivés là ?

Pour comprendre comment le Parti démocrate peut à nouveau remporter la victoire, nous devons comprendre comment notre parti en est arrivé là.

1.1. Le Parti démocrate s’est déplacé vers la gauche depuis 2012

Depuis la campagne de réélection réussie de Barack Obama, le Parti démocrate s’est déplacé vers la gauche sur pratiquement tous les sujets 1. La manière la plus simple d’illustrer ce glissement est d’observer l’évolution de la proportion de députés démocrates ayant coparrainé des projets de loi progressistes.

Comme le montre le tableau ci-dessous, entre 2013 et 2023, la proportion de coparrainants de projets de loi progressistes a considérablement augmenté 2 3.

1.2. Le Parti républicain a évolué entre 2012 et 2024

Entre 2012 4 et 2024 5, les républicains ont adopté des positions plus extrêmes sur des questions telles que la démocratie, l’État de droit, l’immigration et les droits des personnes transgenres. Mais ils se sont également rapprochés du centre sur plusieurs sujets, notamment en modérant leurs positions sur Medicare et la Sécurité sociale, et en renonçant à leurs promesses d’abroger la loi sur les soins abordables (Affordable Care Act), d’interdire l’avortement à l’échelle nationale et d’adopter un amendement constitutionnel visant à interdire le mariage entre personnes du même sexe 6 7.

1.3. La perception qu’ont les électeurs des deux partis a évolué depuis 2012

Les électeurs ont remarqué le glissement vers la gauche du Parti démocrate. D’après les sondages publics disponibles 8, la proportion d’électeurs qui considèrent le Parti démocrate comme « trop libéral » a considérablement augmenté depuis 2012.

En revanche, au cours de la période 2012-2024, la proportion d’électeurs qui considéraient les républicains comme « trop conservateurs » a diminué 9.

Depuis la deuxième investiture de Trump, la proportion d’électeurs estimant que le Parti républicain est « trop conservateur » a considérablement augmenté – probablement en réaction aux excès politiques du président et des républicains siégeant au Congrès. Bien que cela représente une opportunité politique majeure pour les démocrates, nous n’avons pas encore su en tirer parti. D’après le dernier sondage d’opinion sur le sujet – un sondage 10 réalisé par The Washington Post/Ipsos en septembre 2025 –, la proportion d’électeurs estimant que le Parti démocrate est « trop libéral » (54 %) reste nettement supérieure à celle des électeurs estimant que le Parti républicain est « trop conservateur » (49 %).

1.4. Les démocrates ont réorienté leurs priorités

Par rapport à 2012, le Parti démocrate se concentre aujourd’hui davantage sur des questions telles que le changement climatique, la démocratie, l’avortement, ainsi que les préoccupations identitaires et culturelles, et moins sur l’économie et la classe moyenne. Le tableau ci-dessous illustre cette évolution, à travers une analyse de la fréquence d’apparition de certains mots dans le programme du Parti démocrate de 2024 11, par rapport à celui de 2012. 12 13.

QU’EST-CE QUI CONDUIT LE PARTI DÉMOCRATE À CHANGER SES PRIORITÉS ?

Comme nous le verrons plus en détail dans la troisième partie, les électeurs démocrates hautement diplômés et aisés se soucient davantage que l’Américain moyen de questions telles que le changement climatique, la démocratie, l’avortement, ainsi que les questions identitaires et culturelles – et moins que l’Américain moyen de questions telles que le coût de la vie, le prix de l’essence, la sécurité aux frontières et la criminalité.

1.5. Les électeurs estiment que les démocrates accordent la priorité aux mauvaises questions

À mesure que notre parti a réorienté ses priorités, la part des électeurs considérant le Parti démocrate comme « déconnecté de la réalité » a augmenté de manière spectaculaire 14. Dans le même temps, la part des électeurs qui considèrent le Parti républicain comme « déconnecté de la réalité » a légèrement diminué 15. Il en résulte que le Parti démocrate est plus souvent jugé déconnecté de la réalité que le Parti républicain.

De plus, selon l’institut de sondage démocrate Navigator Research, seuls 39 % des électeurs estiment que le Parti démocrate a les bonnes priorités 16, tandis que 59 % des électeurs estiment que ce n’est pas le cas.

Afin d’examiner quelles questions sont à l’origine de la perception des électeurs selon laquelle les démocrates ne partagent pas leurs priorités, Deciding to Win a mené deux enquêtes. Tout d’abord, nous avons demandé aux électeurs dans quelle mesure, selon eux, le Parti démocrate devrait accorder la priorité à diverses questions. Les résultats de notre première enquête sont présentés dans le tableau ci-dessous.

Nous avons ensuite demandé aux électeurs dans quelle mesure, selon eux, les démocrates accordaient actuellement la priorité à chacune de ces questions.

Nous avons ensuite mesuré l’écart entre l’importance que les électeurs estimaient que les démocrates devraient accorder à chaque enjeu et celle qu’ils estimaient que les démocrates accordaient réellement à chacun d’entre eux. Le tableau ci-dessous présente les résultats de cette analyse.

Ces résultats sont corroborés par un sondage post-électoral réalisé par le New York Times 17, qui a révélé que si 47 % des électeurs citaient l’économie parmi leurs trois principales priorités, seuls 17 % estimaient que l’économie figurait parmi les trois principales priorités du Parti démocrate 18.

Ces résultats sont sans équivoque. Les électeurs estiment que les démocrates n’accordent pas suffisamment d’importance à des questions telles que le coût de la vie, l’économie, l’immigration, la santé, la fiscalité et la criminalité, qui constituent toutes des préoccupations majeures pour eux. Dans le même temps, ils considèrent que les démocrates accordent une importance excessive au changement climatique, à la démocratie, à l’avortement, ainsi qu’aux questions identitaires et culturelles.

À l’avenir, il sera essentiel pour notre parti de réduire l’écart entre ce sur quoi les électeurs souhaitent que les démocrates se concentrent et ce sur quoi ils pensent que nous nous concentrons réellement. Cela nécessitera probablement d’accorder une plus grande priorité à des questions telles que le coût de la vie, l’économie, les soins de santé, la sécurité aux frontières et la lutte contre la criminalité – tant dans notre communication que dans notre approche de la gouvernance – et de moins mettre l’accent sur des questions telles que le changement climatique, la démocratie, l’avortement et les questions identitaires et culturelles.

1.6. Joe Biden a gouverné à gauche – et les électeurs l’ont remarqué

Bien que Joe Biden n’ait pas été le candidat préféré des progressistes lors de la primaire démocrate de 2020, en tant que président, il a adopté des positions progressistes sur la plupart des sujets 19 20. Les sondages montrent ainsi qu’entre son investiture et la fin de son mandat, la part des électeurs le considérant comme « trop libéral » a explosé 21.

1.7. Les candidats démocrates à la présidence ayant récemment essuyé un échec ont été jugés « trop libéraux » par une majorité d’électeurs

Le tableau ci-dessous présente, d’après la moyenne des sondages publics disponibles pour chaque élection 22, la part d’électeurs qui estimaient que le candidat démocrate à la présidence était « trop libéral ».

Comme le montre le tableau, lors des deux dernières élections remportées par les républicains, une majorité d’électeurs considérait le candidat démocrate comme « trop libéral ». À l’inverse, lors des deux dernières élections remportées par les démocrates, une majorité d’électeurs considérait le candidat démocrate comme « à peu près dans la bonne ligne » ou « trop conservateur ».

1.8. Les démocrates ont perdu un soutien important parmi les électeurs issus de la classe ouvrière et des minorités

Le soutien aux démocrates a considérablement diminué parmi les électeurs issus de la classe ouvrière et des minorités depuis 2012. Le tableau ci-dessous illustre ces évolutions, d’après les données provenant de Catalist 23.

La part des voix en faveur des démocrates a diminué de manière particulièrement forte dans les régions où s’entrecroisent les questions raciales et sociales. Dans le comté de Starr, au Texas 24, par exemple – un comté où plus de 95 % des habitants sont hispaniques et où le taux de pauvreté est trois fois supérieur à la moyenne nationale –, la part des voix en faveur des démocrates a baissé, passant de 86 % en 2012 à 42 % en 2024 25. De même, le seul bureau de vote remportée par Trump à Manhattan était une circonscription qui abrite exclusivement un vaste ensemble de logements sociaux, dont les résidents sont en grande majorité d’origine chinoise et qui était auparavant un bastion démocrate 26.

1.9. Le recul du soutien aux démocrates s’est concentré parmi les électeurs modérés et conservateurs – et en particulier parmi les électeurs modérés et conservateurs issus de la classe ouvrière et des minorités

La part globale des voix en faveur des démocrates lors de l’élection présidentielle de 2024 était inférieure de 2,8 points de pourcentage à celle de 2012. Mais le recul du soutien aux démocrates entre 2012 et 2024 n’a pas été uniforme. Les pertes des démocrates ont été alimentées par le recul des voix parmi les électeurs se déclarant modérés ou conservateurs 27.

Par ailleurs, la baisse du soutien dont bénéficient les démocrates auprès des électeurs issus de la classe ouvrière et des minorités s’explique de manière disproportionnée par la baisse de ce soutien parmi les électeurs issus de la classe ouvrière et des minorités qui se définissent comme modérés ou conservateurs.

La baisse disproportionnée du soutien dont nous bénéficions auprès des électeurs modérés et conservateurs issus de la classe ouvrière et des minorités suggère que le glissement vers la gauche de notre parti depuis 2012 a contribué à nos défaites au sein de ces groupes.

1.10. Les institutions politiques américaines sont défavorables aux démocrates

Les démocrates doivent obtenir plus de 50 % des suffrages populaires au niveau national pour remporter la majorité au Congrès, ce qui oblige notre parti à séduire les électeurs des États situés plus à droite que la moyenne nationale.

La situation est particulièrement critique au Sénat 28, où 48 sénateurs représentent des États que Donald Trump a remportés avec une avance de 10 points ou plus en 2024 et où le siège médian se situe 2,8 points plus à droite que la moyenne nationale.

1.11. La baisse des taux de « vote mixte » a aggravé les difficultés électorales des démocrates, en particulier au Sénat

Le soutien accordé aux candidats démocrates au Congrès, tant au Sénat qu’à la Chambre des représentants, est devenu beaucoup plus étroitement lié aux résultats de l’élection présidentielle ces dernières années 29. Plus que jamais, le sort des candidats démocrates dans les États et les circonscriptions difficiles suit les aléas de l’image du parti au niveau national – ce qui signifie qu’il est essentiel d’améliorer l’image globale du parti.

1.12. Les démocrates sont passés du statut de parti des électeurs sporadiques à celui de parti des électeurs très assidus

Les démocrates ont désormais tendance à obtenir de meilleurs résultats lors des élections partielles et des élections de mi-mandat 30, où le taux de participation est plus faible, et de moins bons résultats lors des scrutins où le taux de participation est plus élevé – ce qui constitue un changement majeur par rapport à il y a 12 ans. En 2024, par exemple, des analyses faisant autorité ont généralement montré que les non-votants soutenaient davantage Trump que l’électorat dans son ensemble – ce qui signifie que si tous les électeurs inscrits avaient voté, la victoire de Trump aurait été plus large, et non plus faible.

1.13. Les jeunes électeurs se sont massivement tournés vers les républicains en 2024

En 2024, les jeunes électeurs – et en particulier les jeunes hommes – ont soutenu Trump à des taux bien plus élevés que ceux enregistrés pour les précédents candidats républicains à la présidence 31. Ce revirement des jeunes électeurs en faveur de Trump devrait faire comprendre aux démocrates que l’évolution démographique ne mènera pas inévitablement à une victoire démocrate – et souligner à quel point il est important de redorer l’image de notre parti.

POINTS CLEFS À RETENIR DE LA PARTIE 1 :

  • Les démocrates se sont déplacés vers la gauche depuis 2012 sur pratiquement tous les sujets.
  • Les démocrates ont également choisi de mettre l’accent sur des thèmes différents, accordant moins d’importance à la classe moyenne et à l’économie et davantage au changement climatique, à la démocratie, à l’avortement, ainsi qu’aux questions d’identité et de culture.
  • À mesure que nous avons modifié nos positions et nos priorités, les électeurs en sont venus à considérer de plus en plus notre parti comme trop libéral, insuffisamment axé sur l’économie, la sécurité aux frontières et la criminalité, et excessivement centré sur le changement climatique, la démocratie, l’avortement et les questions identitaires et culturelles.
  • Les électeurs sont désormais plus nombreux à penser que le Parti démocrate est trop libéral qu’à penser que le Parti républicain est trop conservateur – un changement significatif par rapport à 2012.
  • Tous ces changements ont coïncidé avec un recul du soutien dont bénéficient les démocrates auprès des électeurs modérés et conservateurs – preuve que le glissement vers la gauche de notre parti nous a coûté des voix.
  • Ces baisses ont été particulièrement marquées parmi les électeurs modérés et conservateurs issus de la classe ouvrière et des minorités – ce qui suggère que miser davantage sur un glissement vers la gauche n’est pas la bonne approche pour regagner ces électeurs.

2. L’électorat

Pour remporter les élections, le Parti démocrate doit avoir une compréhension précise de l’électorat américain.

2.1. Les caractéristiques démographiques de l’électorat 

La plupart des électeurs sont blancs, la plupart des électeurs n’ont pas fait d’études supérieures, et la plupart des électeurs ont plus de 50 ans 32.

2.2. La composition idéologique de l’électorat 

Une très large majorité d’Américains (71 %, selon Gallup 33) se définissent comme modérés ou conservateurs, y compris une majorité 34 d’électeurs indécis, de non-votants, d’électeurs issus de la classe ouvrière et d’électeurs issus des minorités 35.

2.3. Les opinions de l’électorat sur des questions abstraites

Sur un certain nombre de questions philosophiques, notamment concernant la fiscalité 36, la réglementation 37, le rôle de l’État 38 et l’immigration 39, une majorité d’électeurs défend des opinions modérées ou conservatrices.

2.4. Les opinions de l’électorat sur les institutions et les idéaux

La plupart des électeurs ont une opinion favorable à l’égard d’institutions et d’idéaux tels que la police 40, l’armée 41, le capitalisme, les petites entreprises et les États-Unis, et une opinion défavorable à l’égard du socialisme.

2.5. Électeurs issus de la classe ouvrière vs électeurs diplômés de l’enseignement supérieur

Les électeurs issus de la classe ouvrière sont plus conservateurs que les électeurs diplômés de l’enseignement supérieur tant sur les questions sociales qu’économiques 42 43 44 45 46 47

POINTS CLEFS À RETENIR DE LA PARTIE 2 :

  • Les tendances modérées et/ou conservatrices de l’électorat sur un certain nombre de questions importantes soulignent les difficultés que le virage à gauche des démocrates a engendrées pour notre parti.

3. Les forces au sein du Parti démocrate

Dans la première partie, nous avons vu comment le Parti démocrate a évolué ces dernières années. La troisième partie nous aide à comprendre quels groupes au sein de notre parti ont été à l’origine de ces changements. Nous analysons comment les opinions des différents groupes au sein du Parti démocrate se distinguent les unes des autres et de celles de l’électorat dans son ensemble.

3.1. Les démocrates très diplômés par rapport aux démocrates moins diplômés 

Les démocrates très diplômés sont plus enclins que les démocrates n’ayant pas fait d’études supérieures à se définir comme libéraux. Les jeunes démocrates sont également plus libéraux que les démocrates plus âgés, et les démocrates blancs sont plus libéraux que les démocrates non blancs 48.

Les démocrates hautement diplômés ont également des opinions plus libérales que les démocrates issus de la classe ouvrière, tant sur les questions économiques que sociales 49 – et considèrent les questions économiques comme relativement moins prioritaires 50.

Des différences similaires dans la hiérarchisation des enjeux existent entre les démocrates aisés et ceux à faibles revenus : les premiers accordent une importance relativement plus grande à des enjeux tels que la division politique et le changement climatique, tandis que les seconds accordent une plus grande priorité à des enjeux comme la pauvreté, le chômage, la Sécurité sociale et le prix de l’essence 51.

3.2. Le personnel de campagne démocrate par rapport aux électeurs démocrates et à l’électorat dans son ensemble

La recherche académique montre que le personnel de campagne démocrate se situe plus à gauche que les électeurs démocrates dans leur ensemble 52. Il est également, en moyenne, plus jeune, plus diplômé, plus susceptible d’être blanc, plus susceptible d’être de sexe féminin et moins susceptible de fréquenter l’église que les électeurs démocrates et l’électorat dans son ensemble 53.

3.3. Les donateurs et les élites du Parti démocrate par rapport aux électeurs démocrates 

Certains affirment que les démocrates sont tirés vers le centre par notre classe de donateurs. Mais des recherches universitaires montrent que tant les grands 54 que les petits 55 donateurs démocrates sont plus à gauche que l’ensemble des électeurs du parti. De plus, des recherches menées par Data for Progress montrent que les élites démocrates se situent nettement plus à gauche que le grand public, et que l’écart entre les élites démocrates et le public est plus important que celui entre les élites républicaines et le public 56. En définitive, il est probable que les grands comme les petits donateurs, les équipes de campagne et les élites démocrates contribuent tous à tirer notre parti vers la gauche, et non vers le centre. 

3.4. Les démocrates hautement diplômés et les démocrates aisés par rapport aux électeurs de la classe ouvrière, aux électeurs indécis et à l’électorat général

Par rapport aux électeurs de la classe ouvrière, aux électeurs indécis et à l’électorat en général, les démocrates très diplômés accordent une importance nettement plus grande à des enjeux tels que le changement climatique, les armes à feu, les divisions politiques, le droit de vote et les inégalités de revenus, et une importance nettement moindre à des enjeux tels que la sécurité aux frontières, l’immigration, la criminalité, le prix de l’essence et le déficit budgétaire.

Le tableau ci-dessous présente ces différences sur la base des sondages que nous avons menés. Les chiffres positifs indiquent les enjeux auxquels les démocrates hautement diplômés accordent davantage d’importance, tandis que les chiffres négatifs indiquent ceux auxquels ils en accordent moins.

Les résultats sont similaires lorsque l’on examine les données en fonction des revenus. Les démocrates qui gagnent plus de 150 000 dollars par an accordent une plus grande importance à des questions telles que le changement climatique (+23 %), les armes à feu (+17 %) et les inégalités de revenus (+11 %) par rapport à l’électeur moyen 57. Dans le même temps, les démocrates les plus aisés accordent moins d’importance que l’électorat dans son ensemble à des questions telles que la sécurité aux frontières (-27 %), la criminalité (-13 %) et le prix de l’essence (-10 %).

Ces différences suggèrent que l’influence significative – et croissante – des électeurs hautement diplômés et aisés sur le programme et le discours du Parti démocrate pourrait expliquer pourquoi ce dernier s’éloigne de questions plus saillantes et concrètes (comme nous l’avons vu dans la première partie), ainsi que la perception des électeurs selon laquelle les démocrates ne se concentrent pas sur les bonnes questions.

Ces résultats indiquent également que renforcer l’influence des électeurs de la classe ouvrière sur le programme et le discours du Parti démocrate reviendrait probablement à accorder une plus grande priorité à des questions telles que la criminalité, le prix de l’essence, la sécurité aux frontières et le coût de la vie, et à accorder une moindre priorité à des questions telles que les divisions politiques, les armes à feu, le changement climatique et le droit de vote.

3.5. Les groupes de défense progressistes par rapport aux électeurs de la classe ouvrière et issus des minorités

Les électeurs blancs hautement diplômés ont tendance à être plus libéraux que les électeurs blancs de la classe ouvrière. Les électeurs issus des minorités et hautement diplômés ont également tendance à être plus libéraux que les électeurs issus des minorités et appartenant à la classe ouvrière 58. Cela peut entraîner un décalage entre les organisations militantes progressistes, généralement dirigées par un personnel très diplômé 59, et les groupes dont elles visent à défendre les intérêts, qui sont majoritairement issus de la classe ouvrière. Les élus démocrates auraient tout intérêt à garder à l’esprit que les préférences politiques des groupes militants progressistes peuvent ne pas toujours refléter celles des communautés qu’ils défendent 60 61 62 63.

3.6. Les électeurs démocrates accordent une grande importance à la victoire électorale

Lors des primaires démocrates de 2020, les sondages ont systématiquement révélé que les électeurs des primaires démocrates privilégiaient l’éligibilité à l’idéologie – une leçon pour les candidats démocrates de 2028. 64 65

POINTS CLEFS À RETENIR DE LA PARTIE 3 :

  • Les grands et petits donateurs démocrates, les membres du personnel de campagne démocrates, les élites démocrates, les électeurs démocrates hautement diplômés et aisés, ainsi que les groupes de défense progressistes tirent tous le Parti démocrate vers la gauche – et poussent notre parti à donner la priorité au changement climatique, à la démocratie, à l’avortement et aux questions identitaires et culturelles, au détriment des préoccupations quotidiennes telles que le coût de la vie.
  • Dans le même temps, les électeurs démocrates souhaitent ardemment que le parti gagne.

4. Le mythe de la mobilisation

Certains démocrates affirment que pour gagner, notre parti devrait se déplacer vers la gauche afin de mieux mobiliser notre base électorale. La présente section analyse en détail la théorie de la mobilisation et conclut qu’elle est contredite par la réalité. En effet, les démocrates les plus progressistes ont tendance à obtenir de moins bons résultats électoraux, tandis que les démocrates plus modérés s’en sortent généralement mieux. Il en va de même pour les républicains plus modérés, qui ont tendance à obtenir de meilleurs résultats que les républicains plus conservateurs 66 67 68 69 70 71.

4.1. Différences de résultats électoraux entre les différents types de candidats démocrates 

Lors des élections pour la Chambre des représentants et le Sénat, les démocrates modérés ont tendance à dépasser les attentes électorales, tandis que les démocrates progressistes ont tendance à obtenir des résultats inférieurs aux prévisions. Le tableau ci-dessous illustre cette tendance avec l’exemple des élections à la Chambre des représentants de 2024 72.

QU’ENTENDONS-NOUS PAR LE TERME « MODÉRÉ » ?

• Ce que nous entendons : adopter des positions populaires sur les questions que les électeurs ont le plus à cœur ; rompre avec l’orthodoxie démocrate sur des sujets tels que l’immigration et la sécurité publique, où la position dominante du Parti démocrate est impopulaire.

• Ce que nous n’entendons PAS : défendre par réflexe le statu quo, l’establishment ou les intérêts des grandes entreprises – ou adopter systématiquement une position centriste, même lorsque celle-ci est impopulaire.

En d’autres termes, la « modération » consiste à adopter des positions populaires, souvent hétérodoxes. La partie 8, « Ce qu’être modéré signifie et ne signifie pas », contient davantage de détails à ce sujet. 

4.2. Différences de résultats électoraux entre différents types de candidats républicains 

Les républicains modérés ont également tendance à dépasser les attentes électorales, tandis que les républicains conservateurs ont tendance à obtenir des résultats inférieurs aux prévisions 73.

4.3. Comment l’idéologie influe sur les résultats électoraux des deux partis 

Si l’on considère les deux partis ensemble, le tableau devient clair 74. Les candidats plus modérés ont tendance à obtenir de meilleurs résultats électoraux, tandis que les démocrates plus progressistes et les républicains plus conservateurs ont tendance à obtenir de moins bons résultats.

4.4. Comment l’idéologie perçue influe sur les résultats des candidats

D’après les données de sondages publics disponibles depuis 1960 75, les candidats à la présidence perçus comme plus modérés ont généralement obtenu de meilleurs résultats électoraux.

4.5. Une revue de la littérature scientifique sur l’impact électoral d’une position plus modérée

La littérature scientifique récente sur l’impact d’une idéologie modérée sur les résultats électoraux corrobore largement les conclusions ci-dessus : les candidats les plus extrêmes subissent une pénalité électorale, tandis que les candidats plus modérés obtiennent de meilleurs résultats, en particulier dans les scrutins pour les fonctions exécutives et lors d’élections à forte visibilité 76 77 78 79 80 81.

4.6. L’impact relatif de la participation électorale et de la persuasion lors des récentes élections nationales

Les effets des changements dans la manière dont les électeurs votent (persuasion) et les effets des changements concernant le nombre de personnes qui votent (participation électorale) tendent à aller dans la même direction 82 – mais les effets de la persuasion sont généralement plus importants. 83 84 85

4.7. Les électeurs indécis existent bel et bien

Oui, les électeurs indécis existent 86 – et lors d’élections serrées, ils font souvent la différence entre la victoire et la défaite 87.

4.8. Les changements de vote d’une élection à l’autre sont souvent liés aux enjeux

Les données suggèrent que les changements de vote d’une élection à l’autre sont corrélés à la nature des enjeux saillants lors des campagnes concernées, ainsi qu’à celle des opinions des électeurs sur ces sujets. 88 89 90

4.9. Les taux de participation des sous-groupes démographiques ont tendance à évoluer à l’unisson d’une élection à l’autre

Les taux de participation varient selon les sous-groupes démographiques. Mais les taux de participation de ces sous-groupes ont tendance à augmenter et à diminuer à l’unisson d’une élection à l’autre 91 92. Cette dynamique suggère que les campagnes peinent à mobiliser les groupes démographiques qui leur sont favorables. De plus, comme décrit dans la partie 1.12, les démocrates sont désormais le parti des électeurs à forte participation, ce qui signifie qu’une augmentation globale de la participation – parmi tous les groupes – est plus susceptible de profiter aux républicains qu’aux démocrates.

4.10. Le porte-à-porte, les campagnes téléphoniques et autres actions de terrain ne peuvent pas nous sauver et ne nous sauveront pas 

La recherche académique montre que les programmes de terrain tels que le porte-à-porte et les campagnes téléphoniques ont un impact minime sur le changement d’opinion des électeurs 93 et un faible impact sur l’augmentation du taux de participation 94 95. En fin de compte, peu d’éléments indiquent que notre parti sera capable de surmonter ses problèmes en frappant à davantage de portes. Si nous ne parvenons pas à convaincre les électeurs grâce à notre programme politique et à notre discours, nous avons peu de chances de l’emporter grâce à notre « travail de terrain ».

La quatrième partie examine également les différences et les similitudes entre les électeurs que les démocrates doivent convaincre et ceux qu’ils doivent amener aux urnes.

4.11. En quoi les électeurs modérés diffèrent-ils des libéraux et des conservateurs ? 

La recherche académique montre que les électeurs dont les opinions sont systématiquement libérales ou conservatrices sont moins susceptibles d’être convaincus que ceux dont les opinions sont systématiquement modérées ou qui ont à la fois des opinions libérales et des opinions conservatrices 96.

4.12. En quoi les démocrates qui votent sporadiquement diffèrent-ils de ceux qui votent régulièrement ? 

Dans les sondages politiques que nous avons menés (abordés plus en détail dans la cinquième partie), nous avons constaté que les électeurs que les démocrates ont perdus « au profit du canapé » en 2024 – ceux qui ont soutenu Biden en 2020 mais n’ont pas voté en 2024 – avaient des préférences politiques plus modérées que ceux qui ont voté pour Biden en 2020 et pour Harris en 2024. En d’autres termes, les électeurs de tendance démocrate qui votent de manière sporadique ont tendance à être plus modérés que les électeurs démocrates qui votent régulièrement 97.

4.13. Le faux dilemme entre persuasion et mobilisation 

Le soutien aux politiques actuelles et passées du Parti démocrate parmi les électeurs indécis est étroitement lié à celui des électeurs peu assidus. Comme le montre le graphique ci-dessous, pour plus d’une centaine de politiques démocrates sur lesquelles nous avons mené notre enquête, il existe une forte corrélation positive entre le soutien à ces politiques parmi les électeurs indécis de 2024 (axe horizontal) et celui des non-votants de 2024 (axe vertical). Les politiques populaires sont appréciées tant par les électeurs indécis que par les non-votants, tandis que les politiques impopulaires ont tendance à obtenir de mauvais résultats auprès de ces deux groupes.

Par exemple, l’élargissement des négociations sur les médicaments sur ordonnance – une priorité de longue date du sénateur Bernie Sanders 98 – bénéficie d’un soutien plus important au sein de l’électorat général que 98 % des mesures démocrates que nous avons sondées, et se situe au-dessus du 95e centile de soutien tant chez les électeurs indécis que chez les non-votants. En revanche, l’augmentation du nombre de réfugiés autorisés à entrer aux États-Unis chaque année se situe au 8e centile de soutien auprès de l’électorat général par rapport à l’ensemble des mesures politiques démocrates que nous avons sondées – et se situe en dessous du 10e centile de soutien tant chez les électeurs indécis que chez les cibles de mobilisation électorale du Parti démocrate.

Les effets de persuasion des discours politiques sont également fortement corrélés entre les électeurs indécis et les non-votants – tout comme les enjeux auxquels les non-votants et les électeurs indécis accordent la priorité 99.

Ces résultats laissent entendre qu’il n’y a pas de compromis à faire entre, d’une part, un programme, un message et un ensemble de priorités susceptibles de séduire les électeurs que les démocrates doivent convaincre et, d’autre part, un programme, un message et un ensemble de priorités susceptibles de mobiliser les électeurs que les démocrates doivent amener aux urnes.

4.14. Corrélations dans le soutien aux politiques publiques entre d’autres groupes

Le soutien aux mesures de politique publique est aussi fortement corrélé entre d’autres groupes, tels que les électeurs blancs et les électeurs non blancs, les jeunes électeurs et les électeurs plus âgés, ainsi que les femmes et les hommes 100 101. En d’autres termes, il n’est généralement pas nécessaire d’adapter les discours ou les mesures pour séduire des groupes démographiques spécifiques.

4.15. Au-delà de la théorie de la mobilisation

Notre parti doit dépasser la théorie de la mobilisation et reconnaître que se concentrer sur nos partisans les plus fervents n’est pas la meilleure voie vers le succès électoral. Nous devons plutôt nous attacher à convaincre les électeurs du centre : beaucoup ont soutenu les démocrates par le passé et pourraient le faire à nouveau si notre parti proposait un programme, un ensemble de priorités et un message plus attrayants.

POINTS CLEFS À RETENIR DE LA PARTIE 4 :

  • Les démocrates progressistes affirment souvent que, pour gagner, le parti devrait se positionner plus à gauche afin de « mobiliser la base ».
  • Cependant, les données montrent que les démocrates progressistes obtiennent des résultats électoraux inférieurs à ceux des démocrates modérés, que les électeurs indécis existent et sont souvent décisifs, et que les électeurs démocrates occasionnels sont plus modérés que ceux qui votent régulièrement.
  • En fin de compte, persuasion et participation électorale vont de pair. Les électeurs de tous horizons politiques et de toutes catégories démographiques souhaitent que les démocrates se concentrent sur le coût de la vie. Et les meilleurs messages ainsi que les mesures les plus populaires – qui ont tendance à se concentrer sur les questions économiques du quotidien – séduisent tous les types d’électeurs, y compris indécis ou occasionnels.

5. Ce qui est populaire et ce qui ne l’est pas

Pour déterminer la voie que les démocrates devraient suivre une fois ces constats établis, nous devons comprendre quelles politiques sont populaires et lesquelles ne le sont pas. Cette section explique le manque de fiabilité des sondages traditionnels en matière de politiques publiques. Elle présente également ce que révèlent des sondages plus rigoureux sur le plan méthodologique concernant les volets réellement populaires du programme démocrate.

5.1. Pourquoi les sondages traditionnels sur les politiques publiques ne sont plus fiables 

La recherche académique qui compare les résultats des initiatives populaires aux moyennes des sondages thématiques montre que les sondages thématiques traditionnels 102 – tels que ceux menés par les groupes de pression – surestiment considérablement le soutien aux politiques libérales. 103 104 105

5.2. Une meilleure méthode de sondage

Nous appliquons une méthodologie différente pour nos sondages sur les politiques publiques 106 qui, selon nous, fournit des estimations plus précises du soutien aux mesures démocrates et républicaines – même si cette approche présente un tableau moins optimiste concernant certains volets du programme démocrate.

5.3. Confiance de l’électorat et importance des enjeux 

Avant d’examiner les résultats de nos sondages, il s’agit ici d’analyser les résultats des sondages que nous avons menés sur la confiance des électeurs et l’importance accordée aux différents sujets 107. Nous constatons que :

  • Des enjeux tels que le coût de la vie, l’économie, l’inflation, la fiscalité et les dépenses publiques, ainsi que les soins de santé, revêtent une importance primordiale pour les électeurs.
  • Les démocrates sont confrontés à un déficit de confiance sur la plupart des enjeux considérés comme hautement prioritaires par l’électorat, notamment l’économie, le coût de la vie et l’inflation. Ce déficit de confiance est particulièrement important en ce qui concerne les enjeux de sécurité aux frontières et de criminalité.

En revanche, les sujets sur lesquels les électeurs font davantage confiance aux démocrates – comme le changement climatique, l’avortement et les questions liées à la communauté LGBTQ – ont tendance à revêtir moins d’importance aux yeux des électeurs.

Notre sondage montre également que les questions de politique étrangère sont secondaires pour les électeurs, la « guerre au Moyen-Orient » se classant au 30e rang des enjeux les plus importants pour l’électorat dans son ensemble (sur les 36 enjeux que nous avons testés), et la « guerre en Ukraine » au 34e rang 108.

5.4. Mise en contexte de nos sondages sur les politiques publiques

Il s’agit ici de fournir des éléments de contexte et des nuances supplémentaires pour aider à comprendre les résultats de nos sondages thématiques 109. Nous encourageons les lecteurs à consulter le libellé complet de chacune des mesures de politique publique sur lesquelles nous avons mené notre sondage afin de mieux comprendre nos résultats 110.

5.5. Résultats des sondages 

Dans l’ensemble, nous constatons que les éléments les plus populaires du programme politique démocrate sont la protection et l’élargissement de l’accès aux soins de santé, la défense de la Sécurité sociale et de Medicare, la mise en place d’une fiscalité équitable pour les plus riches et la protection du droit à l’avortement.

Mais si de nombreuses mesures proposées par les démocrates sont populaires, environ la moitié de celles que nous avons examinées dans le cadre de notre sondage sont impopulaires. Les mesures impopulaires des démocrates sont généralement des propositions progressistes en matière d’immigration et de criminalité, des propositions visant à restreindre la production énergétique, ainsi que des propositions visant à créer de nouveaux programmes sociaux de grande envergure que les électeurs ne considèrent pas comme des priorités absolues.

Les mesures républicaines les plus impopulaires sont généralement les coupes budgétaires dans les programmes de santé et les prestations sociales, ainsi que les propositions visant à restreindre les droits en matière de santé reproductive.

Cependant, environ la moitié des mesures républicaines que nous avons sondées bénéficiaient d’un soutien majoritaire. Les mesures républicaines populaires ont tendance à mettre l’accent sur des approches plus strictes en matière de sécurité aux frontières et de lutte contre la criminalité, ainsi que sur la baisse des impôts, l’augmentation de la production énergétique et des positions conservatrices sur certaines questions identitaires et culturelles.

Nous avons sondé 190 mesures au total : 105 mesures démocrates et 85 mesures républicaines. Le soutien aux mesures démocrates s’élevait en moyenne à 49,3 %, tandis que celui aux mesures républicaines atteignait en moyenne 50,4 %.

Le soutien moyen à la position démocrate – c’est-à-dire le « pour » pour les mesures démocrates et le « contre » pour les mesures républicaines – sur l’ensemble des 190 mesures que nous avons sondées s’élevait à 49,4 %. Il est à noter que ce chiffre est remarquablement proche de la part globale des voix obtenues par Kamala Harris lors de l’élection de 2024 (49,2 %). Bien que cela ne prouve rien, cela indique que notre méthodologie et nos résultats sont en phase avec l’opinion publique réelle.

Les tableaux ci-dessus présentent une sélection de résultats issus de nos sondages concernant différentes politiques publiques. L’intégralité des résultats de ces sondages peut également être consultée par domaine thématique, notamment les soins de santé 111, la fiscalité 112, les autres politiques économiques 113, l’immigration 114, la criminalité, le maintien de l’ordre et la justice pénale 115, les droits de douane 116, le climat et l’énergie 117, les droits reproductifs 118, l’enseignement primaire et secondaire 119, l’enseignement supérieur 120, la politique familiale 121, les réformes démocratiques et le droit de vote 122, les questions LGBTQ 123, le DOGE, l’intelligence artificielle, l’abondance et d’autres politiques.

5.6. Synthèse générale 

Une image claire se dégage lorsque l’on combine les résultats de nos sondages sur l’adhésion aux mesures, la confiance accordée au parti et l’importance accordée aux enjeux.

Tout d’abord, les démocrates doivent mettre en avant leurs positions populaires sur les enjeux auxquels les électeurs accordent le plus d’importance. Cela implique de protéger et d’étendre Medicaid, Medicare et la Sécurité sociale, de lutter contre les baisses d’impôts pour les riches et de s’opposer aux droits de douane de Trump. Cela signifie également de proposer un programme économique destiné à aider les Américains de la classe ouvrière, notamment grâce à des mesures telles que l’élargissement des négociations sur le prix des médicaments sur ordonnance, la garantie que les plus riches paient leur juste part d’impôts, l’augmentation du salaire minimum, l’extension de Medicare aux soins dentaires, ophtalmologiques et auditifs, et la gratuité des repas scolaires pour tous les élèves.

Deuxièmement, les démocrates doivent modérer de manière proactive leurs positions sur les questions très médiatisées qui suscitent la méfiance des électeurs et pour lesquelles les politiques progressistes sont impopulaires – en particulier l’immigration, la criminalité et la politique énergétique. Ces questions comptent pour les électeurs, et il ne faut pas se contenter d’espérer qu’elles seront peu abordées. Si nous continuons à défendre des mesures impopulaires sur ces sujets, celles-ci risquent de continuer à nous coûter des voix 124.

Troisièmement, les démocrates devraient continuer à soutenir fermement les positions progressistes populaires sur les sujets jugés moins prioritaires, au premier rang desquels la défense des droits reproductifs.

Quatrièmement, les démocrates devraient revoir leurs positions sur certaines questions moins médiatisées, notamment culturelles (la discrimination positive dans les admissions à l’université, les athlètes transgenres) pour lesquelles leurs prises de position sont impopulaires. Les démocrates devraient en outre accorder moins d’importance à ces questions, jugées secondaires par les électeurs, et se concentrer davantage sur l’économie et le coût de la vie.

Enfin, bien que nous constations l’impopularité de certaines mesures démocrates, il convient de souligner que nos résultats offrent à tous les courants du Parti démocrate de nombreuses raisons d’être optimistes. Des mesures telles que l’augmentation du salaire minimum à 15 dollars de l’heure ; la protection du droit à l’avortement à l’échelle nationale ; l’élargissement des négociations sur les prix des médicaments sur ordonnance ; la restitution des pouvoirs douaniers au Congrès ; la suppression des niches fiscales pour les Américains les plus riches ; l’interdiction du découpage électoral partisan ; l’interdiction de la discrimination à l’encontre des Américains LGBTQ dans le logement et l’emploi ; l’investissement dans la réduction de la pollution au plomb ; la lutte contre l’évasion fiscale successorale ; l’extension de Medicare aux soins dentaires, ophtalmologiques et auditifs ; l’augmentation des prestations de sécurité sociale pour les personnes âgées à faibles revenus ; et la mise en place d’un programme universel de cantines scolaires gratuites sont toutes soutenues par une nette majorité d’Américains. Un gouvernement démocrate capable de mettre en œuvre toutes ces mesures signifierait un immense succès et une victoire majeure pour le mouvement progressiste.

POINTS CLEFS À RETENIR DE LA PARTIE 5 :

  • Les sondages thématiques traditionnels surestiment considérablement le soutien aux mesures progressistes.
  • En réalité, les démocrates ont à la fois des positions populaires (par exemple, sur la santé, la Sécurité sociale et les droits reproductifs) et des positions impopulaires (par exemple, sur l’immigration, la criminalité, la politique énergétique et certaines questions identitaires et culturelles).
  • Nous devons nous concentrer sur nos positions populaires, en particulier en matière de santé et d’économie, tout en modérant nos positions impopulaires, notamment sur l’immigration et la criminalité.
  • Un programme démocrate axé uniquement sur les politiques les plus populaires du parti offrirait de nombreux éléments susceptibles d’enthousiasmer tant les démocrates modérés que progressistes.

6. Ce que font et disent les candidats a son importance

Comme l’a clairement montré l’impact de l’inflation sur les élections de 2024, la situation économique est probablement le facteur le plus déterminant pour les résultats électoraux du parti du président sortant. Mais l’économie n’est pas le seul élément qui influence les élections.

6.1. Le positionnement sur le fond influe sur les résultats électoraux 

Ces dernières années, une théorie politique fondée sur le « ressenti » s’est imposée, qui affirme que les résultats électoraux n’ont que peu, voire aucun rapport avec les positions de fond des candidats sur les questions de politique publique. Cette section apporte des preuves que le positionnement sur le fond influe bel et bien sur les résultats électoraux.

Dans le tableau ci-dessous, nous examinons la relation entre les positions adoptées par les députés démocrates sortants et leurs résultats électoraux. Nous constatons une relation claire 125 : les candidats démocrates sortants dont le positionnement est plus modéré sur les différents enjeux ont tendance à mieux performer lors des élections, tandis que ceux dont les positions sont plus progressistes obtiennent généralement de moins bons résultats. Nous constatons que cette relation vaut également pour les élus républicains sortants de la Chambre des représentants, ainsi que pour les deux partis au Sénat 126. Nous constatons également – pour les deux partis dans les deux chambres – que les candidats qui adoptent plus fréquemment des positions modérées ont tendance à obtenir de meilleurs résultats électoraux 127.

De nombreuses études universitaires corroborent les conclusions du tableau ci-dessus. 128 129 130 131

6.2. Le positionnement sur le fond influe sur la manière dont les candidats sont perçus

Nous avons mené une étude à grande échelle afin de déterminer où les électeurs situaient chaque candidat à la Chambre des représentants de 2024 sur un spectre idéologique gauche-droite 132. Les résultats démontrent qu’il existe une corrélation entre le positionnement des candidats sur le fond et la perception qu’ont les électeurs de leur idéologie : les démocrates dont les positions sont plus modérées sont perçus comme plus modérés, tandis que ceux dont les positions sont plus libérales sont perçus comme plus libéraux. De même, les républicains aux positions plus modérées sont perçus comme plus modérés, et ceux aux positions plus extrêmes sont perçus comme plus conservateurs.

6.3. Études de cas sur l’impact électoral du positionnement sur le fond

Plusieurs études de cas portant sur des personnalités politiques dont les positions ont évolué au fil du temps – notamment Bernie Sanders, Tim Walz et Joe Biden – témoignent du lien qui existe entre positionnement sur le fond et résultats électoraux ou perception des électeurs 133.

6.4. Comprendre comment et pourquoi le positionnement sur le fond influe sur les résultats électoraux 

Nous présentons un modèle permettant de comprendre les mécanismes par lesquels le positionnement sur le fond influe sur les résultats électoraux, en nous appuyant sur les données présentées dans les parties 6.1 à 6.3 134.

POINTS CLEFS À RETENIR DE LA PARTIE 6 :

  • Il existe des preuves solides indiquant que les positions de fond des candidats – le bilan de leurs votes au Congrès, leurs prises de position pendant la campagne, leurs décisions en matière de gouvernance une fois en fonction – influencent leurs résultats électoraux.
  • La manière dont les électeurs perçoivent les candidats a son importance – mais ces perceptions sont influencées par le positionnement sur le fond, et ne s’en détachent pas.

7. Les thèmes abordés par les candidats démocrates les plus performants

7.1. Publicités de campagne des démocrates ayant obtenu des résultats nettement supérieurs à la moyenne nationale du Parti démocrate lors des dernières élections

Pour comprendre quels messages politiques et quel positionnement sur les enjeux sont les plus efficaces pour les démocrates, un bon point de départ consiste à examiner les messages diffusés par les démocrates dans les circonscriptions pivots, en particulier ceux qui obtiennent des résultats supérieurs à la moyenne. Ce sont les candidats qui disposent de la marge d’erreur la plus faible et qui ont le plus clairement intérêt à se présenter avec un programme aussi solide que possible.

Notre analyse des publicités de certains des candidats démocrates en première ligne les plus performants montre qu’ils tendent à axer leurs campagnes publicitaires sur des thèmes tels que le pragmatisme, les priorités économiques et à privilégier un discours qui rompt avec l’orthodoxie progressiste sur des questions comme l’immigration, la criminalité et la production énergétique, et qui se concentre aussi sur des positions populaires sur des sujets tels que les soins de santé, la sécurité aux frontières et les droits reproductifs. 135 136

Alors que notre parti cherche à se reconstruire et à former une majorité électorale nationale pour l’avenir, nous devrions prendre l’approche de représentants comme Jared Golden 137 ou de sénateurs comme Ruben Gallego 138 comme point de départ.

7.2. Publicités de campagne de républicains ayant obtenu des résultats nettement supérieurs à ceux du Parti républicain national lors des dernières élections

Les républicains qui obtiennent des résultats électoraux nettement supérieurs ont également tendance à mettre l’accent sur le bipartisme et sur des positions modérées concernant des questions telles que les soins de santé et la Sécurité sociale. 139 140

7.3. Étude de cas : l’élection sénatoriale du Nebraska

Dan Osborn, candidat indépendant au Sénat dans le Nebraska, a suscité un vif intérêt en raison de ses excellents résultats électoraux relativement au niveau de polarisation de cet État. Si Osborn a adopté une rhétorique anti-élite 141 et défendu certaines mesures progressistes 142 lors de sa campagne, il a également défendu des positions conservatrices 143 sur un certain nombre de questions importantes, et en particulier sur l’immigration. 144 145

POINTS CLEFS À RETENIR DE LA PARTIE 7 :

  • Pour déterminer quels messages sont les plus efficaces, il convient d’étudier la stratégie des candidats démocrates qui ont obtenu les meilleurs résultats par rapport au score national.
  • Ces démocrates s’appuient principalement, dans leur campagne, sur des messages économiques, des thèmes liés au bipartisme et au pragmatisme, ainsi que sur des mesures populaires, y compris des mesures en rupture avec l’orthodoxie progressiste sur des questions telles que l’immigration, la criminalité et la politique énergétique.

8. Ce qu’être modéré signifie et ne signifie pas

Tout au long de ce rapport, nous avons soutenu que les démocrates doivent adopter une position modérée. Dans cette section, nous examinons de plus près ce que signifie exactement être « modéré », et notamment comment être modéré s’articule avec le fait d’être un outsider et/ou d’adopter une posture critique vis-à-vis de l’establishment.

8.1. Être modéré signifie adopter des positions populaires et hétérodoxes – et non défendre l’establishment

Les électeurs expriment un scepticisme considérable à l’égard du statu quo 146, de l’establishment 147 et des élites politiques 148. Une grande partie des électeurs estime que le système est truqué au détriment des personnes qui leur ressemblent et en faveur des plus fortunés 149. La grande majorité de l’électorat estime qu’un candidat qui améliore la vie des gens par le changement est préférable à un candidat qui préserve l’état actuel des institutions 150 151.

Rien de tout cela n’est en contradiction avec les sections précédentes de ce rapport. Se présenter en tant qu’outsider ou en tant que critique de l’establishment peut se révélér non seulement compatible avec une campagne modérée mais aussi complémentaire de celle-ci. 152 Ainsi, selon nous :

  • Être modéré signifie adopter des positions populaires concernant les questions importantes pour les électeurs et être prêt à rompre avec la ligne officielle de son parti sur les sujets où elle est impopulaire.
  • Être modéré ne signifie pas mener une campagne pour défendre l’establishment politique, les élites, les intérêts des grandes entreprises ou le statu quo. Cela ne signifie pas non plus se comporter de manière docile ou adopter une position centriste sur toutes les questions 153.

Distinguer la « modération » de la « défense de l’establishment » laisse toutefois ouverte la question de savoir si les démocrates devraient se montrer plus critiques à l’égard de l’establishment politique, s’aligner sur le sentiment anti-élite et/ou désigner un outsider en 2028. À notre avis, les arguments en faveur d’une posture davantage anti-establishment sont solides – avec quelques réserves importantes :

Premièrement, la rhétorique anti-establishment ne peut pas résoudre les problèmes causés par des prises de position impopulaires : les candidats démocrates qui critiquent l’establishment mais qui font campagne sur des positions impopulaires concernant des enjeux importants pour les électeurs, comme l’immigration ou la sécurité, ont tendance à obtenir de mauvais résultats électoraux 154. Autrement dit, la rhétorique anti-establishment vient compléter un programme politique populaire, mais ne le remplace pas.

Deuxièmement, les candidats jeunes ne résoudront pas tous nos problèmes : il y a de bonnes raisons de penser que le Parti démocrate aurait tout à gagner à ce que les élus démocrates plus âgés passent le flambeau plus rapidement. Mais le simple fait de rajeunir le Parti démocrate n’est pas une panacée. Un afflux de jeunesse devrait venir compléter un repositionnement de fond et une réorientation des priorités, et non s’y substituer.

Troisièmement, la frustration face au statu quo n’est pas synonyme de désir de socialisme : bien que de nombreux électeurs ressentent de la frustration face au statu quo et à leur situation économique, une grande majorité d’Américains continue d’avoir une opinion positive du capitalisme, et une grande majorité continue d’avoir une opinion négative du socialisme. 155 156

Comme l’a expliqué le sénateur démocrate Ruben Gallego – qui a largement dépassé les attentes lors de la course au Sénat de l’Arizona en 2024 – dans une interview accordée après les élections au New York Times au sujet des erreurs commises par les démocrates concernant les électeurs issus de la classe ouvrière et des minorités 157 :

Ces gens veulent être riches. Ils veulent être riches ! Et il n’y a rien de mal à cela. Notre travail consiste à dénoncer les abus commis par les riches, les nantis et les puissants. C’est ainsi que nous amènerons les personnes qui aspirent à cela à voter pour les démocrates…

Nous avons peur de dire, par exemple : « Hé, nous allons vous aider à trouver un emploi pour que vous puissiez devenir riches. » Nous utilisons des expressions comme « apporter plus de stabilité économique ». Ces gens-là ne veulent pas de ça. Ils ne veulent pas de « stabilité économique ». Ils veulent vraiment vivre le rêve américain…

Les gens issus de la classe ouvrière, les pauvres, ne considèrent pas forcément les ultra-riches comme leurs concurrents. Ils veulent devenir riches un jour. Et donc, ils ne reprochent pas forcément aux riches d’être riches. C’est quand cela les affecte, qu’ils commencent à leur faire des reproches.

POINTS CLEFS À RETENIR DE LA PARTIE 8 :

  • Être modéré n’est pas incompatible avec le fait de critiquer l’establishment, le statu quo ou les intérêts des grandes entreprises.
  • Critiquer l’establishment ne remplace pas le fait d’adopter des positions avec lesquelles les électeurs sont d’accord, sur les enjeux qui leur tiennent à cœur 158.

9. Les leçons des années Biden

Pour aller de l’avant, nous devons examiner en toute honnêteté les erreurs commises par notre parti au cours des quatre dernières années. La neuvième partie passe en revue ce que nous considérons comme les principales leçons politiques de l’ère Biden, notamment :

9.1. L’inflation 

Les électeurs ont détesté l’inflation 159 et en ont tenu l’administration Biden pour responsable 160. L’inflation a probablement été le facteur le plus déterminant dans la défaite des démocrates en 2024. Cependant, si celle-ci constitue une clef de compréhension essentielle, elle n’explique pas tout ce qui s’est passé lors de cette élection, ni les tendances à plus long terme que nous avons mises en lumière dans les premières parties 161.

9.2. L’immigration

L’immigration est un sujet important pour les électeurs 162, et l’approche adoptée par l’administration Biden sur la question au cours de ses premières années de mandat s’est avérée très impopulaire 163. Cela a probablement coûté des voix aux démocrates lors des élections de 2024.

9.3. La décision de Biden de se présenter

La décision du président Biden de se présenter à sa réélection a été une erreur désastreuse 164.

9.4. Parler de démocratie ou d’économie

Les normes démocratiques sont menacées par la présidence de Trump. Mais les messages axés sur la menace que Trump et d’autres républicains font peser sur la démocratie se sont révélés moins convaincants pour les électeurs en 2024 que ceux axés sur des politiques économiques concrètes 165. De plus, un sondage du New York Times montre que les électeurs considèrent que les démocrates se concentrent trop sur la démocratie, au détriment de questions telles que le coût de la vie 166.

9.5. Droits reproductifs

Le droit à l’avortement bénéficie d’un large soutien, et les tentatives visant à restreindre l’avortement entraînent un retour de bâton politique 167. Cela dit, les électeurs estiment que le Parti démocrate accorde trop d’importance à l’avortement, notamment par rapport à des enjeux tels que l’économie et le coût de la vie 168.

POINTS CLEFS À RETENIR DE LA PARTIE 9 :

  • Plus important encore : l’inflation et l’immigration ont nui aux démocrates en 2024.

10. La nouvelle politique de l’esquive

Depuis novembre, plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer les difficultés rencontrées par les démocrates lors des élections de 2024. Cette section examine quelques-unes des hypothèses les plus courantes, notamment celles qui attribuent la responsabilité des défaites démocrates à la campagne « rêve des modérés » de Kamala Harris, aux médias traditionnels, à l’utilisation d’un langage académique par les démocrates, à l’impact des réseaux sociaux et à un programme économique démocrate insuffisamment de gauche. Nous constatons que, si certaines de ces explications contiennent un fond de vérité, aucune ne parvient à expliquer pleinement les récents échecs électoraux du parti.

10.1. Mais Kamala Harris n’a-t-elle pas mené la campagne « de rêve » des modérés, pour finalement perdre ? 

Harris a bien tenté d’adopter des positions plus modérées au cours de sa campagne présidentielle écourtée 169. Bien qu’elle ait perdu l’élection, son virage vers le centre a coïncidé avec une hausse significative de sa cote de popularité – ce qui incite à douter que ses efforts en faveur de davantage de modération lui aient coûté des voix 170.

Plus important encore, malgré ses tentatives d’adoption d’une ligne plus modérée, la plupart des électeurs ont continué de considérer Harris comme trop libérale 171. Ses efforts pour modérer son discours n’ont rencontré qu’un succès limité, principalement en raison :

  • de son bilan, marqué par la défense de positions politiques très libérales tout au long de sa carrière 172 ;
  • de ses liens étroits avec un président que la grande majorité des Américains n’appréciaient pas 173 et jugeaient trop à gauche 174 ;
  • de son refus explicite de se démarquer du président Biden sur les grandes questions 175.
    La campagne de Harris nous rappelle qu’être modéré n’est pas quelque chose que les candidats démocrates peuvent simplement « activer » pendant la campagne électorale. Nous ne pouvons pas espérer nous positionner et/ou gouverner en tant que progressistes, adopter une ligne modérée pendant une élection, puis réussir à convaincre les électeurs que nous adhérons sincèrement à des opinions et à des positions politiques modérées.

10.2. Blâmer les médias traditionnels

Les médias traditionnels sont moins puissants que jamais, et les personnes qui y travaillent et les consomment sont des membres 176 des 177 groupes démographiques qui ont le plus basculé vers les démocrates depuis 2012. Blâmer le New York Times et sa couverture électorale pour les difficultés des démocrates en 2024 ne tient pas la route 178.

10.3. Accuser les réseaux sociaux (« le problème Joe Rogan ») 

Les démocrates ont perdu la bataille des réseaux sociaux en 2024, ce qui a probablement coûté des voix à notre parti. Il sera important pour les démocrates, à l’avenir, d’accroître la part de voix de notre camp sur des plateformes telles que TikTok, Instagram, YouTube et X, où de plus en plus d’électeurs s’informent.

Cela dit, les théories qui prétendent que les démocrates peuvent à nouveau l’emporter simplement en améliorant les « canaux » de diffusion de leur discours – sans modifier leurs priorités ni leur positionnement – font de l’extrapolation 179. En fin de compte :

  • Il est impossible de dissocier les difficultés des démocrates sur les réseaux sociaux des difficultés du parti – pour des raisons de fond – auprès des catégories d’électeurs qui s’informent via ces réseaux.
  • Les théories sur l’élection de 2024 qui s’appuient sur la dynamique des réseaux sociaux ne tiennent pas compte des variations de résultats parmi les démocrates au Congrès. Les résultats électoraux supérieurs aux attentes des candidats démocrates étaient corrélés à un positionnement plus modéré, et non à une plus grande popularité sur TikTok.
  • En effet, lorsque l’on examine l’ensemble des candidats démocrates au Congrès pour 2024, la relation entre le nombre total d’abonnés sur les réseaux sociaux et les résultats des candidats par rapport aux attentes est en réalité légèrement négative, comme le montre le graphique ci-dessous.

Essayer d’être plus présents sur les réseaux sociaux est une bonne idée, mais se fixer cet objectif ne répond pas à la question de savoir ce que les démocrates doivent dire aux électeurs peu engagés qui s’informent via des plateformes telles que TikTok.

Par exemple, au lendemain des élections de 2024, on a beaucoup débattu de la question de savoir si Kamala Harris aurait dû participer au podcast de Joe Rogan 180. Les questions moins souvent posées – mais plus importantes – sont les suivantes : si Harris avait participé à l’émission de Rogan, qu’aurait-elle dit ? Comment aurait-elle répondu à des questions difficiles sur l’inflation, la frontière, la criminalité ou sur les sujets liés à la guerre culturelle ? Comment son message aurait-il été perçu par le public de Rogan ?

En fin de compte, la meilleure réponse à la question de savoir comment les démocrates devraient aborder les réseaux sociaux est que nous devrions utiliser ces plateformes pour parler des positions populaires sur les sujets qui importent le plus aux électeurs.

10.4. Blâmer le jargon

Les démocrates auraient tout intérêt à utiliser moins de jargon issu du milieu universitaire ou du monde des associations militantes progressistes 181. Mais se contenter de changer les mots que nous employons ne suffira probablement pas si nous ne modifions pas également nos positions impopulaires et si nous ne redéfinissons pas nos priorités.

10.5. Un programme économique jugé insuffisamment de gauche 

Dans cette section, nous examinons l’idée selon laquelle les démocrates peuvent reconquérir les électeurs de la classe ouvrière en menant une campagne fondée sur un programme économique plus à gauche que celui que le parti défend actuellement. À notre avis, l’argument populiste économique de gauche est en partie bon et en partie mauvais. Nous préconisons notamment de faire la distinction entre :

Priorité : nous pensons que les démocrates devraient mettre davantage l’accent sur les questions économiques, telles que la réduction des coûts et la garantie de l’équité économique, dans leur programme et leurs communications. Cela implique également de mettre moins l’accent sur les questions que les électeurs de la classe ouvrière ne considèrent pas comme prioritaires, telles que le changement climatique, la démocratie, l’avortement, ainsi que les préoccupations identitaires et culturelles. À cet égard, nous devrions nous inspirer de personnalités politiques telles que Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez. L’accent qu’ils ont mis, lors de leur tournée « Fighting Oligarchy », sur les efforts de l’administration Trump visant à réduire les impôts des riches tout en démantelant la couverture santé des Américains à faibles revenus montre comment les démocrates devraient établir leurs priorités. Nous devons nous concentrer sans relâche sur la critique des politiques républicaines qui favorisent les riches et sur la promotion de nos propres politiques en faveur de la classe moyenne 182.

Positionnement de fond : de nombreuses politiques économiques démocrates sont populaires, mais certaines le sont moins. Les démocrates devraient axer leur campagne sur les politiques économiques populaires susceptibles d’aider les familles à faibles revenus et de la classe moyenne, que ces politiques proviennent de l’aile « progressiste » ou « centriste » du Parti démocrate. Mais nous devons également éviter de mener campagne sur des politiques économiques impopulaires, qu’elles soient qualifiées de « centristes » ou de « progressistes ». Cela signifie éviter les positions centristes impopulaires, comme l’opposition de l’ancienne sénatrice démocrate Kyrsten Sinema à la réglementation des prix des médicaments sur ordonnance – mais cela signifie aussi éviter les positions progressistes impopulaires, comme l’annulation des prêts étudiants 183.

Mettre l’accent sur les questions économiques dans notre communication ne suffit pas non plus. Parler davantage de l’économie n’empêchera pas les candidats démocrates d’être attaqués sur des sujets où nos positions sont impopulaires, comme l’immigration, la sécurité publique, la production énergétique et les questions culturelles. Pour désamorcer les attaques sur ces sujets, il faudra plus que simplement essayer de changer de sujet : il faudra adopter des positions plus populaires – et plus modérées – sur ces questions. Ce changement devrait s’accompagner d’une attention accrue portée aux questions économiques.

POINTS CLEFS À RETENIR DE LA PARTIE 10 :

  • Si certaines de ces hypothèses contiennent une part de vérité, elles présentent toutes des failles, et aucune n’est suffisante pour expliquer les difficultés rencontrées par notre parti.
  • Plutôt que d’éviter d’examiner le rôle qu’ont joué le positionnement et les priorités de notre parti dans notre défaite, nous devrions nous attaquer de front à ces problèmes. 184

Partie 11 : Perspectives d’avenir

Le terrain sur lequel se dérouleront les campagnes de 2026 et 2028 n’est pas encore défini et dépendra en grande partie des décisions que prendront l’administration Trump et les républicains du Congrès au cours des prochaines années, ainsi que des événements aux États-Unis et à l’international. Néanmoins, les éléments présentés dans les sections précédentes démontrent que, dans un large éventail de circonstances possibles, les démocrates auraient tout intérêt à adopter des positions plus populaires sur des sujets où nos points de vue sont impopulaires. Les questions sur lesquelles notre parti doit modérer sa position continueront très certainement d’inclure l’immigration, la sécurité, la production énergétique, ainsi que certaines préoccupations identitaires et culturelles. Les démocrates devraient également se concentrer davantage sur les questions auxquelles les électeurs estiment que nous n’accordons pas assez d’importance – en particulier l’économie et le coût de la vie –, et moins se concentrer sur celles que les électeurs jugent surestimées, comme le changement climatique, la démocratie, l’avortement, ainsi que les questions identitaires et culturelles.

En outre, la partie 11 aborde plusieurs autres choix stratégiques clefs que les démocrates devraient opérer, notamment notre communication concernant l’administration Biden, les stratégies de lutte contre l’administration Trump et l’importance de recruter des candidats ayant fait leurs preuves en matière d’hétérodoxie, de modération et de résultats électoraux supérieurs aux attentes.

11.1. Les démocrates devraient prendre leurs distances avec l’administration Biden

L’administration Biden a à son actif un certain nombre de réalisations législatives importantes, mais les électeurs n’ont pas considéré cela comme un succès 185. Les démocrates devraient prendre leurs distances par rapport à l’administration Biden, notamment en critiquant son approche vis-à-vis de la sécurité aux frontières et du coût de la vie.

11.2. Les démocrates doivent faire preuve de discipline et de stratégie dans le choix des combats qu’ils mènent

Décider de gagner ne signifie pas que les démocrates doivent céder à l’administration Trump. Nous devons nous y opposer vigoureusement, mais nous devons également faire preuve de discipline et de stratégie dans la manière dont nous le faisons. Nous devons concentrer notre opposition à Trump sur les questions où les électeurs sont le plus de notre côté, comme les droits de douane, les coupes dans Medicaid et les réductions d’impôts pour les riches, plutôt que sur les questions où les électeurs se méfient de nous, comme l’immigration.

11.3. L’importance de recruter des candidats non conformistes en 2026

Tout comme 186 nous 187 l’avons 188 fait 189 en 190 2006 191, les démocrates devraient désigner des candidats qui rompent avec l’orthodoxie progressiste pour les élections législatives de 2026, où la compétition s’annonce serrée. Cela revêt une importance particulière au Sénat, où l’obtention de la majorité nécessite de remporter des victoires dans des États où les opinions conservatrices dominent comme l’Iowa, le Nebraska, le Texas, le Kansas et l’Alaska. Dans certains États profondément républicains, les démocrates devraient également envisager de se retirer pour laisser des candidats officiellement non affiliés au Parti démocrate se présenter face aux candidats républicains.

11.4. Ce que les démocrates devraient rechercher chez notre candidat à la présidence de 2028

Notre parti doit réfléchir mûrement au choix de notre candidat en 2028. Lors de l’évaluation des candidats, nous devrions examiner attentivement :

  • Leurs résultats électoraux : Lorsqu’ils évaluent des candidats ayant déjà brigué un mandat, les démocrates devraient prêter une attention particulière à savoir s’ils ont obtenu des résultats supérieurs ou inférieurs à ceux du ticket national lors de leurs précédentes campagnes. Le tableau ci-dessous montre les performances des candidats démocrates potentiels pour 2028, par rapport aux attentes, lors de leurs dernières élections 192.

Nous devrions également examiner de près :

  • Leurs positions actuelles sur les enjeux : Les candidats qui adoptent des positions populaires sur des enjeux importants pour les électeurs – notamment la politique économique, l’immigration, la sécurité publique, la production énergétique et certaines questions identitaires et culturelles – ont plus de chances d’être des candidats solides lors de l’élection générale.
  • L’historique de leurs prises de position : En 2024, les tentatives de modération de Kamala Harris ont été compromises par les positions qu’elle avait adoptées lors de campagnes précédentes 193. Le candidat démocrate de 2028 obtiendra de moins bons résultats si ses tentatives de mener une campagne fondée sur un programme populaire et de bon sens sont en contradiction avec un passé marqué par des prises de position impopulaires.
  • Décider de gagner : Les démocrates devraient choisir un candidat qui comprend ce qu’il faut pour remporter des élections dans un contexte difficile – et qui est prêt à mener une campagne sur des positions soutenues par la majorité des Américains, même si cela implique parfois de rompre avec les revendications impopulaires des organisations militantes progressistes, des intérêts des entreprises ou de la classe des donateurs démocrates.


Maintenant que notre coalition est celle qui mobilise le plus d’électeurs, les démocrates doivent également éviter de conclure que de bons résultats lors d’élections partielles ou des élections de mi-mandat de 2026 signifient que l’élection de 2028 sera facile. Les électeurs moins engagés que nous avons perdus ces dernières années sont moins susceptibles de voter lors des élections de mi-mandat ou des élections partielles, mais ils reviendront probablement en 2028. Comme nous l’avons vu entre 2017 et 2024, obtenir de bons résultats lors des élections de mi-mandat et des élections partielles ne garantit pas aux démocrates des résultats ne serait-ce qu’approximativement équivalents lors d’une élection présidentielle.

11.5. Raisons d’être optimiste 

Le programme radical du second mandat de Trump a déjà rebuté de nombreux électeurs qui souhaitaient des prix bas et une frontière sûre, et non des coupes dans le programme Medicaid, des guerres commerciales et des baisses d’impôts pour les riches. Si les démocrates font preuve de discipline, de stratégie et sont prêts à se concentrer sur les principales priorités des électeurs et à adopter une position modérée sur les questions clefs, nous avons de fortes chances de reprendre le contrôle du Congrès en 2026 et de la Maison Blanche en 2028.

POINTS CLEFS À RETENIR DE LA PARTIE 11 :

  • Bien que les démocrates aient connu des difficultés en 2024, il y a des raisons d’être optimistes pour l’avenir. Notre parti sera toutefois le mieux placé pour remporter les élections de 2026 et 2028 si nous désignons des candidats dont les opinions et les priorités correspondent à celles de l’électorat.

Conclusion

« L’espoir n’est pas un optimisme aveugle… L’espoir, c’est cette chose en nous qui insiste, malgré toutes les preuves du contraire, sur le fait que quelque chose de mieux nous attend si nous avons le courage de tendre la main vers cet objectif, de travailler pour l’atteindre et de nous battre pour lui. »
– Barack Obama 

Pour remporter les élections, les démocrates doivent opérer les changements suivants. Premièrement, nous devons nous concentrer davantage sur les enjeux que les électeurs estiment que nous ne privilégions pas assez (l’économie, le coût de la vie, les soins de santé, la sécurité aux frontières, la sécurité), et moins sur ceux qu’ils jugent trop prioritaires (le changement climatique, la démocratie, l’avortement, ainsi que les questions identitaires et culturelles). Deuxièmement, nous devons modérer nos positions sur les sujets où notre programme est impopulaire, notamment l’immigration, la sécurité, la production énergétique et certaines questions identitaires et culturelles.

Nous devons également mieux écouter les électeurs et répondre à leurs frustrations vis-à-vis de la classe politique, notamment en nous appuyant sur les critiques de la corruption politique et du pouvoir démesuré des lobbyistes, des grandes entreprises et des plus riches. Mais nous devons comprendre que critiquer le statu quo vient en complément de la défense de politiques populaires sur les questions qui comptent le plus pour le peuple américain, et non en remplacement de celles-ci.

Il est essentiel que nous opérions ces changements stratégiques, car il est essentiel que nous gagnions. Si nous ne parvenons pas à gagner, nous serons incapables d’empêcher les conséquences désastreuses des politiques républicaines ou d’améliorer la vie de tous les Américains.

Mais la victoire n’est pas le fruit du hasard. Gagner est un choix : celui d’être discipliné et stratégique, et d’être prêt à affronter les vérités difficiles concernant l’électorat.

Nous devons faire ce choix. Les enjeux sont trop importants pour que nous puissions nous contenter de moins.

Sources
  1. Nous prenons l’année 2012 comme point de départ de notre analyse, car il s’agit de la dernière année lors de laquelle un président démocrate a été réélu et parce que la campagne de 2012 illustre parfaitement comment une approche disciplinée et stratégique peut mener les démocrates à la victoire dans un contexte politique difficile.
  2. « Share of Congressional Democrats Cosponsoring (2013-2014 / 2023-2024) ».
  3. Pour plus d’éléments illustrant le glissement vers la gauche du Parti démocrate, voir ici.
  4. Republican Party, « 2012 Republican Party Platform », The American Presidency Project, 27 août 2012.
  5. Republican Party, « 2024 Republican Party Platform », The American Presidency Project, 8 juillet 2024.
  6. Pour un compte rendu plus détaillé de l’évolution de la position des républicains, voir ici.
  7.  Le second paragraphe de la première partie se concentre sur l’évolution des républicains entre 2012 et 2024. L’administration Trump gouverne toutefois selon un programme plus extrême que celui sur lequel les républicains avaient fait campagne en 2024, ce qui suscite un rejet électoral et offre une opportunité politique considérable aux démocrates
  8. Simon Bazelon et al., « Deciding to Win Supplementary Resources : Perception of the Democratic Party, 2012-2025 », Deciding to Win, 27 octobre 2025.
  9. Simon Bazelon et al., « Deciding to Win Supplementary Resources : Perception of the Republican Party, 2012-2025 », Deciding to Win, 27 octobre 2025.
  10. The Washington Post et Ipsos, « Washington Post-Ipsos poll, Sept. 11-15, 2025 », The Washington Post, septembre 2025.
  11. Democratic Party, « 2024 Democratic Party Platform », Democratic National Committee, 19 août 2024.
  12. Democratic Party, « 2012 Democratic Party Platform », Ballotpedia, 4 septembre 2012.
  13. Même si les programmes électoraux n’influencent pas directement les résultats des élections, ils constituent des indicateurs des opinions et des priorités d’un parti, et en particulier de celles des élites qui façonnent l’image de ce parti. Suivre l’évolution du langage utilisé dans ces programmes nous aide donc à comprendre comment le Parti démocrate a évolué au fil du temps.
  14. Simon Bazelon et al., « Deciding to Win Supplementary Resources : Perception of the Democratic Party, 2012-2025 », Deciding to Win, 27 octobre 2025.
  15. Simon Bazelon et al., « Deciding to Win Supplementary Resources : Perception of the Republican Party, 2012-2025 », Deciding to Win, 27 octobre 2025.
  16. Elena Schneider, « Dems’ own polling shows massive brand problem ahead of 2026 », Politico, 11 mars 2025.
  17. The New York Times et Ipsos, « New York Times/Ipsos Poll, Jan. 2-10, 2025 », The New York Times, 2 février 2025.
  18. Un récent sondage réalisé par Searchlight/Hart Research Associates fait état de tendances pratiquement identiques.
  19. « Joe Biden Governed From the Left – and Voters Noticed ».
  20. « How Biden Surprised Progressives », The New York Times, 15 janvier 2025.
  21. Simon Bazelon et al., « Deciding to Win Supplementary Resources : Perception of Joe Biden, 2019-2024 », Deciding to Win, 27 octobre 2025.
  22. Simon Bazelon et al., « Deciding to Win Supplementary Resources : Perceptions of Recent Presidential Nominees, 1960-2024 », Deciding to Win, 27 octobre 2025.
  23. Catalist, « What Happened in 2024 », Catalist, mai 2025.
  24. Data USA, « Starr County, TX », Data USA, consulté le 3 novembre 2026.
  25. @PviGuy, « Publication sur X », X, 12 décembre 2024.
  26. Maria Tsvetkova, « Trump’s only Manhattan electoral win is this block on the Lower East Side », Reuters, 27 novembre 2024.
  27. Toutes les données proviennent de l’étude électorale coopérative (CES) ; voir ici pour l’analyse complète. Les résultats de la CES font écho à des conclusions similaires issues des sondages à la sortie des urnes de CNN (exit polls), ainsi qu’à celles d’autres sources, qui font toutes état d’une baisse disproportionnée du soutien aux démocrates parmi les électeurs modérés et conservateurs, en particulier parmi les électeurs modérés et conservateurs issus de la classe ouvrière et des minorités. Il convient également de noter que ces baisses du soutien aux démocrates chez les modérés et les conservateurs ont été partiellement compensées par une augmentation de la part de l’électorat se déclarant libérale. Cependant, cette augmentation de la part des libéraux n’a pas entièrement compensé les baisses enregistrées chez les modérés et les conservateurs, comme en témoigne la baisse globale de la part des voix en faveur des démocrates entre 2012 et 2024.
  28. Daniel Block, « The Democrats’ Senate Nightmare », The Atlantic, novembre 2024.
  29.  Geoffrey Skelley, « Why Only 16 Districts Voted For A Republican And A Democrat In 2020 », FiveThirtyEight, mars 2021.
  30. Simon Bazelon et al., « Deciding to Win Supplementary Resources : Democratic Special Election Overperformance, 2023 and 2024 (Source : The Downballot) », Deciding to Win, 27 octobre 2025.
  31. Catalist, « What Happened in 2024 », Catalist, mai 2025.
  32. Catalist, « What Happened in 2024 », Catalist, mai 2025.
  33. Jeffrey M. Jones, « U.S. Political Parties Historically Polarized Ideologically », Gallup, 16 janvier 2025.
  34. Jeffrey M. Jones, « U.S. Political Ideology Steady ; Conservatives, Moderates Tie », Gallup, 17 janvier 2022.
  35. De nombreux éléments indiquent que l’identification idéologique revêt une grande importance. Pour en savoir plus, voir ici.
  36. Jeffrey M. Jones, « Americans Revert to Favoring Reduced Government Role », Gallup, 14 octobre 2021.
  37. « Public Firm in View Government Doing Too Much, Too Powerful », Gallup, octobre 2023.
  38. « Public Firm in View Government Doing Too Much, Too Powerful », Gallup, octobre 2023.
  39. Lydia Saad, « Surge in U.S. Concern About Immigration Has Abated », Gallup, 11 juillet 2025.
  40. David Baker, « Recent Polls on Policing Show Positive Trends for U.S. Law Enforcement », Lexipol, 2024.
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  53. Ryan D. Enos et Eitan D. Hersh, « Party Activists as Campaign Advertisers : The Ground Campaign as a Principal-Agent Problem », American Political Science Review, mai 2015.
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  66. DaMareo Cooper et Analilia Mejia, « How Progressives Can Mobilize to Win », The Nation, 18 novembre 2021.
  67. Branko Marcetic, « Progressives Are About to Expand Their Numbers in Congress », In These Times, octobre 2022.
  68. Sean McElwee et Colin McAuliffe, « The Future of the Party : A Progressive Vision for a Populist Democratic Party », Data for Progress, avril 2018.
  69. Steve Phillips, « Move Left, Democrats », The New York Times, 21 février 2017.
  70. Ronald Brownstein, « With New Support Base, Obama Doesn’t Need Right-Leaning Whites Anymore », The Atlantic, février 2013.
  71. Katie Glueck et Lisa Lerer, « Democrats’ Internal Battle Isn’t Over Ideology, but How Hard to Fight Trump », The New York Times, 18 mars 2025.
  72. La performance par rapport aux attentes correspond à la différence entre le résultat réel d’une élection donnée et le résultat « attendu », compte tenu de facteurs tels que l’orientation partisane de la circonscription, le fait que le candidat soit ou non sortant, ainsi que les taux historiques de vote mixte dans la circonscription. Les estimations de surperformance présentées dans la partie 4 proviennent du site web d’analyse électorale non partisan Split Ticket. Pour consulter l’intégralité des données et de l’analyse, cliquez ici.
  73. Lakshya Jain et Harrison Lavelle, « The real overperformers of the 2024 election might rankle you », The Washington Post, 25 février 2025.
  74. Ibid.
  75. Simon Bazelon et al., « Deciding to Win Supplementary Resources : Perceptions of Recent Presidential Nominees, 1960-2024 », Deciding to Win, 27 octobre 2025.
  76. Michael A. Bailey et Benjamin F. Reese, « Ideological Moderation and Success in U.S. Elections, 2020-2022 », document de travail, 9 octobre 2024.
  77. Michael A. Bailey, « Measuring Candidate Ideology from Congressional Tweets and Websites », SSRN, 1ᵉʳ février 2023.
  78. Jamie L. Carson et Ryan D. Williamson, « Candidate ideology and electoral success in congressional elections », Public Choice, juillet 2018.
  79. David Broockman et Joshua L. Kalla, « Candidate Ideology and Vote Choice in the 2020 US Presidential Election », American Politics Research, 13 décembre 2023.
  80. Devin Caughey et Christopher Warshaw, « Electoral Penalties for Ideological Extremism in U.S. Federal and State Elections », document de travail, 2019.
  81. Adam Bonica et al., « The Electoral Consequences of Ideological Persuasion : Evidence from a Within-Precinct Analysis of U.S. Elections », SSRN, 14 août 2025.
  82. Yair Ghitza, « Revisiting What Happened in the 2018 Election », Medium, mai 2019.
  83. Seth J. Hill et al., « Not by Turnout Alone : Measuring the Sources of Electoral Change, 2012 to 2016 », Science Advances, avril 2021.
  84. Yair Ghitza, « Revisiting What Happened in the 2018 Election », Medium, 21 mai 2019.
  85. Jonathan Mellon, « What Drives Electoral Change ? Evidence From 104 Inter-Election Panel Surveys in 18 Countries », SSRN, 29 août 2026.
  86. Alan I. Abramowitz, « How Donald Trump Turned Off Swing Voters in 2020 », Sabato’s Crystal Ball, 25 août 2021.
  87. Même si le nombre absolu d’électeurs indécis a diminué, ceux-ci n’en ont pas pour autant perdu de leur importance. En effet, les élections sont, en moyenne, devenues plus serrées, ce qui amplifie l’influence de chaque électeur indécis pris individuellement. (Voir les recherches de Shiro Kuriwaki pour une analyse approfondie de ce phénomène).
  88.  Enrijeta Shino et al., « The fall of Trump : mobilization and vote switching in the 2020 presidential election », Political Science Research and Methods, 6 septembre 2023.
  89. David Shor, « Publication sur X », X, 19 juillet 2024.
  90. Seth Ackerman, « David Shor and the End of the « 2016 Era » », Informer, 11 mars 2021.
  91. University of Florida Election Lab, « Voter Turnout Demographics », University of Florida Election Lab, consulté le 3 novembre 2026.
  92. Lorsque le taux de participation des électeurs d’une tranche d’âge donnée augmente, par exemple, cela s’explique généralement par une hausse générale du taux de participation, plutôt que par une augmentation spécifique au sein de cette tranche d’âge.
  93. Joshua L. Kalla et David E. Broockman, « The Minimal Persuasive Effects of Campaign Contact in General Elections : Evidence from 49 Field Experiments », American Political Science Review, février 2018.
  94. Christopher B. Mann et Katherine Haenschen, « A meta-analysis of voter mobilization tactics by electoral salience », Electoral Studies, février 2024.
  95. La publicité télévisée a en général un impact plus important – en particulier à l’approche du jour du scrutin – mais ses effets restent limités, notamment dans les scrutins très médiatisés comme une élection présidentielle.
  96. Anthony Fowler et al., « Moderates », American Political Science Review, mai 2023.
  97. Des recherches antérieures corroborent cette conclusion – voir ici et ici, par exemple.
  98. Berkeley Lovelace Jr., « Sen. Bernie Sanders says ‘we will end’ Big Pharma ‘greed’ as lawmakers push bills aimed at slashing prescription drug prices », CNBC, 10 janvier 2019.
  99. Blue Rose Research, « 2024 Retrospective and Looking Forward », Blue Rose Research, mars 2025.
  100. « Correlations in Policy Support Across Demographic Groups ».
  101.  Cliquez ici pour consulter l’ensemble des données.
  102. Jonathan Robinson et al., « When Mass Opinion Goes to the Ballot Box : A National Assessment of State Level Issue Opinion and Ballot Initiative Results », présentation à la conférence de l’AAPOR, 2022.
  103. Nate Cohn, « Voters Say They Want Gun Control. Their Votes Say Something Different. », The New York Times, 3 juin 2022.
  104. Nate Cohn, « New Yorkers Support Free Buses, but They Don’t Think It Should Happen », The New York Times, 10 septembre 2025.
  105. Pour une analyse plus détaillée de ce phénomène, voir ici.
  106. Cette méthode est décrite en détail ici.
  107. Les résultats de notre sondage sur la confiance sont corroborés par des conclusions similaires tirées par The Wall Street Journal et Reuters/Ipsos ; les résultats de notre sondage sur la pertinence sont quant à eux corroborés par des sondages réalisés par The New York Times/Ipsos, Searchlight/Hart Research Associates et le Yale Youth Poll.
  108. Bien que le conflit russo-ukrainien et le conflit israélo-palestinien soient des enjeux humanitaires importants, nos sondages sur la pertinence des enjeux suggèrent que la position du Parti démocrate sur ces questions ne constituent pas l’une des causes majeures des difficultés électorales de notre parti (c’est pourquoi Deciding to Win se concentre sur les enjeux politiques nationaux, qui constituent généralement les principales priorités des électeurs).
  109. « Contextualizing Our Issue Polling ».
  110. Consultez l’intégralité de notre ensemble de données sur les sondages relatifs à ce sujet ici.
  111. « Policy Polling : Health Care ».
  112. « Policy Polling : Taxes ».
  113. « Policy Polling : Other Economic Policies ».
  114. « Policy Polling : Immigration ».
  115. « Policy Polling : Crime, Policing and Criminal Justice ».
  116. « Policy Polling : Tariffs ».
  117. « Policy Polling : Climate and Energy ».
  118.  « Policy Polling : Reproductive Rights ».
  119. « Policy Polling : K-12 Education ».
  120. « Policy Polling : Higher Education ».
  121. « Policy Polling : Family Policy ».
  122. « Policy Polling : Democracy Reforms and Voting Rights ».
  123. « Policy Polling : LGBTQ Issues ».
  124. Adopter une position modérée en matière d’immigration ne signifie pas, soyons clairs, que les démocrates doivent approuver le recours à la Garde nationale par Trump dans des villes comme Los Angeles, ni la détention illégale de citoyens américains – des mesures que les Américains ont tendance à considérer comme allant trop loin.
  125. « Issue Positioning and Candidate Performance Relative to Expectations, Part 1 ».
  126. Ibid.
  127. « Issue Positioning and Candidate Performance Relative to Expectations, Part 2 ».
  128. Brendan Nyhan et al., « One Vote Out of Step ? The Effects of Salient Roll Call Votes in the 2010 Election », American Politics Research, 6 mars 2012.
  129. Stephen Ansolabehere et Shiro Kuriwaki, « Congressional Representation : Accountability from the Constituent’s Perspective », American Journal of Political Science, janvier 2022.
  130. Jacqueline Colao et al., « Issues, Endorsements, and Vote Choice : A Panel Study of Congressional Primary and General Elections », OSF Preprints, 27 mai 2025.
  131. Brandice Canes-Wrone et al., « Out of Step, Out of Office : Electoral Accountability and House Members’ Voting », American Political Science Review, mars 2002.
  132. N = 522 345 réponses provenant de 69 988 répondants distincts.
  133. « Case Studies on the Electoral Impact of Substantive Positioning ».
  134. « Understanding How and Why Substantive Positioning Impacts Electoral Outcomes ».
  135. « Campaign Ads From Democrats Who Significantly Overperformed the National Democratic Party in Recent Elections ».
  136. Ben Krauss, « How frontline Democrats talk to swing voters », Slow Boring, 7 septembre 2024.
  137. Jared Golden for Congress, « Weather », YouTube, 2024.
  138. Sen. Ruben Gallego, « Safe and Secure », YouTube, 2024.
  139. « Campaign Ads From Republicans Who Significantly Overperformed the National Republican Party in Recent Elections ».
  140. Ben Krauss, « How frontline Republicans talk to swing voters », Slow Boring, 14 septembre 2024.
  141. Osborn for Senate, « Jackets », YouTube, 2024.
  142. OnTheIssues, « Dan Osborn on the Issues », OnTheIssues, consulté le 3 novembre 2026.
  143. Osborn for NE Senate, « Swamp Creatures », ADMO, 2024.
  144. Osborn for NE Senate, « Send In Osborn », ADMO, 2024.
  145. Cliquez ici pour consulter une analyse plus détaillée de la campagne d’Osborn et d’initiatives similaires menées par d’autres candidats indépendants.
  146. Marquette Law School, « Marquette Law School National Survey, 2025 », Roper Center for Public Opinion Research, 2025.
  147. The New York Times et Ipsos, « New York Times/Ipsos Poll, Jan. 2-10, 2025 », The New York Times, 2 février 2025.
  148. Pew Research Center, « Americans’ Dismal Views of the Nation’s Politics », Pew Research Center, 19 septembre 2023.
  149. The New York Times et Ipsos, « New York Times/Ipsos Poll, Jan. 2-10, 2025 », The New York Times, 2 février 2025.
  150. Blue Rose Research, « 2024 Retrospective and Looking Forward », Blue Rose Research, mars 2025.
  151. Blue Rose Research, « 2024 Retrospective and Looking Forward », Blue Rose Research, mars 2025.
  152. En effet, selon notre sondage, les électeurs percevaient Dan Osborn comme étant plus modéré que n’importe quel autre candidat démocrate à la Chambre des représentants en 2024 – ce qui illustre bien le fossé entre la manière dont la « modération » est traditionnellement interprétée dans le discours politique et la façon dont les électeurs perçoivent réellement les candidats.
  153. Par exemple, l’opposition de l’ancienne sénatrice Kyrsten Sinema à la réforme de la tarification des médicaments sur ordonnance a été mal perçue (voir la partie 5). Nous ne recommandons pas aux candidats démocrates d’adopter une position centriste lorsque celle-ci est impopulaire.
  154. Voir « Performances des candidats à la Chambre des représentants en 2024 par rapport aux attentes, par critère ».
  155. Jeffrey M. Jones, « Socialism, Capitalism Ratings in U.S. Unchanged », Gallup, 6 décembre 2021.
  156. Pew Research Center, « Modest Declines in Positive Views of ‘Socialism’ and ‘Capitalism’ in U.S. », Pew Research Center, 19 septembre 2022.
  157. Lulu Garcia-Navarro, « Senator Ruben Gallego on the Democrats’ Problem : ‘We’re Always Afraid’ », The New York Times Magazine, 15 février 2025.
  158. Pour une analyse plus détaillée de ce que signifie – et de ce que ne signifie pas – être modéré, cliquer ici.
  159. Pew Research Center, « Public’s Positive Economic Ratings Slip ; Inflation Still Widely Viewed as Major Problem », Pew Research Center, 23 mai 2024.
  160. « Biden is close to the point of no return with Americans on the economy », CNN, 5 mai 2022.
  161. En particulier, l’inflation ne peut expliquer les écarts de résultats par rapport aux prévisions observés entre les différents députés démocrates de la Chambre des représentants – évoqués dans la partie 4.1 –, car l’inflation était un phénomène national.
  162.  Megan Brenan, « Economy, Immigration, Abortion, Democracy Driving Voters », Gallup, 1er novembre 2024.
  163. Megan Brenan, « Biden’s Job Approval Edges Down to 38 % », Gallup, 23 février 2024.
  164. « Cross-Tabs : February 2024 Times/Siena Poll of Registered Voters Nationwide », The New York Times, 2 mars 2024.
  165. Shane Goldmacher et Maggie Haberman, « Pro-Harris Super PAC Raises Concerns About Focusing on Trump and Fascism », The New York Times, 27 octobre 2024.
  166. A survey of the American general population (ages 18+), Ipsos, 2-10 janvier 2025.
  167. Publication sur X (Twitter) de David Shor, 16 novembre 2022.
  168. Jeremy W. Peters, Ruth Igielnik et Lisa Lerer, « Many Americans Say the Democratic Party Does Not Share Their Priorities », The New York Times, 2 février 2025.
  169. Yasmeen Abutaleb et Tyler Pager, « Harris’s policies have shifted and are still taking shape », The Washington Post, 14 août 2024.
  170. Zachary Basu, « Kamala Harris’ polling renaissance », Axios, 17 septembre 2024.
  171. Cross-Tabs : September 2024 Times/Siena Poll of the Likely Electorate, The New York Times, 8 septembre 2024.
  172. Kamala Harris presidential campaign, 2020, Ballotpedia.
  173. How unpopular is Joe Biden ?, FiveThirtyEight, 20 janvier 2025 (archive).
  174. Megan Brenan et Lydia Saad, « Age, Issues Working to Trump’s Advantage Pre-Debate », Gallup, 27 juin 2024.
  175. Hanna Panreck, « Kamala Harris tells ‘The View’ she can’t think of anything she would have done differently from Biden », Fox News, 8 octobre 2024.
  176. Key Findings From The 2022 American Journalist Study, The American Journalist.
  177.  A demographic profile of U.S. journalists who cover each beat, Pew Research Center, 31 mars 2023.
  178. Dan Froomkin, « If Trump wins, blame the New York Times », Presswatchers, 22 octobre 2024.
  179. Publication sur X (Twitter) de Nicholas Bagley, 1er février 2025.
  180. Jesus Mesa, « The Real Reason Why Kamala Harris’ Interview With Joe Rogan Was Called Off », Newsweek, 13 nocembre 2024.
  181. Jonathan Martin, « Brian Schatz to Democrats : Please, Stop With ‘Center’ and ‘Making Space’ », Politico, 27 décembre 2024.
  182. La campagne de Zohran Mamdani à la mairie de New York – articulée autour de la promesse de construire « une ville à la portée de tous » – devrait également servir de modèle aux démocrates de tout le pays pour définir leurs priorités politiques, même si certaines des mesures spécifiques qu’il défend ne seraient peut-être pas pertinentes pour le programme électoral du Parti démocrate au niveau national.
  183. Consultez la partie 5 pour connaître les résultats des sondages sur les politiques. En moyenne, les politiques économiques de centre-gauche, plus gradualistes, ont tendance à être plus populaires que les politiques économiques plus progressistes (voir ici). Cela signifie que se concentrer sur les volets les plus populaires de notre programme économique impliquera le plus souvent – mais pas toujours ! – de mener campagne en faveur de réformes économiques plus modestes plutôt que de changements plus radicaux.
  184. By Reid J. Epstein et Shane Goldmacher, « Democrats’ 2024 Autopsy Is Described as Avoiding the Likeliest Cause of Death », The New York Times, 19 juillet 2025.
  185. New YorkTimes/Ipsos Survey, 2-10 janvier 2025.
  186. Claire McCaskill on Immigration, OnTheIssues, 20 mars 2020.
  187. Tim Craig et Michael D. Shear, « Webb Fervently Defends Novels », The Washington Post, 29 octobre 2006.
  188. David Catanese, « Tester draws ire of liberals », Politico, 20 décembre 2010.
  189. Josh Mandel, « Says that Sherrod Brown is an “Obama rubber stamp” for “supporting the job-killing cap and trade plan.” », Politifact, 31 octobre 2012.
  190. « He used to be an anti-abortion Democrat. Now he’s Biden’s secret weapon », The Independent, 9 juin 2024.
  191. Adam Jentleson, « To Oppose Trump, Democrats Should Remember How They Opposed George W. Bush », The New York Times, 4 mars 2025.
  192. Cliquez ici pour découvrir des éléments démontrant que les résultats électoraux passés permettent de prédire les résultats électoraux futurs.
  193. Yasmeen Abutaleb et Tyler Pager, « Harris’s policies have shifted and are still taking shape », The Washigton Post, 14 août 2024.
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