Jusqu’au 20 août, le Grand Continent publiera en accès libre Le Vocabulaire de l’extrême droite, fruit du travail collectif d’un ensemble de chercheuses et de chercheurs — sociologues, historiens, politistes, socio-linguistes — venus de toute l’Europe sous la direction de Steven Forti. Pour recevoir chaque lemme dans votre boîte mail et soutenir le travail d’une rédaction indépendante, abonnez-vous
En l’espace d’une décennie environ, l’expression « crise de la masculinité » (crisis of masculinity) est passée des revues d’études de genre aux studios de podcasts, aux discours politiques, aux commissions parlementaires et aux commentaires en ligne, à travers l’Europe, l’Amérique du Nord et au-delà.
Plus récemment, elle a été associée à l’« épidémie de solitude masculine » (male loneliness epidemic) : les hommes seraient aujourd’hui plus isolés, auraient moins d’amis et seraient plus désorientés sur le plan émotionnel que par le passé. En 2023, Vivek Murthy, alors administrateur de la santé publique des États-Unis (Surgeon General), publiait un avis officiel mettant en garde contre une « épidémie de solitude et d’isolement » à l’échelle nationale 1. Des personnalités comme Andrew Tate – influenceur britannico-américain connu pour promouvoir un discours hypermasculin et antiféministe, arrêté à Miami le 18 juillet 2026 en vue de son extradition vers le Royaume-Uni 2, où il est poursuivi avec son frère Tristan pour viols et traite d’êtres humains, et que nous avons évoqué dans notre lemme consacré à la « Red Pill » – décrivent cette épidémie de solitude comme un phénomène spécifiquement masculin. Elles présentent la « crise de la masculinité » comme la conséquence d’une société qu’elles jugent féminisée et hostile, qui aurait privé les jeunes hommes de la place et du statut auxquels ils estiment avoir droit.
Fin 2025, Scott Galloway, professeur à l’Université de New York et personnalité médiatique, a publié Notes on Being a Man 3, un ouvrage qui a suscité un large écho médiatique, du Guardian à CNN en passant par le podcast d’Oprah Winfrey 4. Il y décrit une génération de jeunes hommes confrontés à un recul de leurs performances scolaires, à une précarité économique croissante et à un profond isolement social. Galloway se présente comme libéral, favorable au féminisme et attaché à une lecture fondée sur les données plutôt que sur l’idéologie. Sa lecture n’en épouse pas moins une trame bien connue : les hommes auraient perdu quelque chose, ils seraient désormais les premiers à décrocher, et la solution passerait par la restauration d’un rôle ou d’une mission masculine, un schéma qui revient, sous différentes formes, depuis plus d’un siècle.
Dans le même temps, l’expression « crise de la masculinité » sert à désigner aussi bien la vulnérabilité que l’agressivité masculines. En avril 2026, le syndicat enseignant britannique NASUWT publiait une enquête menée auprès de plus de 5 000 enseignants, avertissant qu’« une crise de la masculinité est en train de se développer dans les écoles britanniques » : près d’une enseignante sur quatre déclarait avoir subi des abus misogynes de la part d’élèves au cours de l’année écoulée, contre 17,4 % en 2023 5. Parmi les incidents rapportés figuraient des comportements de nature sexuelle : images dénudées d’enseignantes générées par intelligence artificielle, plaisanteries sur les agressions sexuelles ou encore refus d’obéir aux consignes données par des femmes. Le secrétaire général du syndicat, Matt Wrack, a mis en avant un lien entre ces comportements et les contenus d’Andrew Tate et Donald Trump 6.
Ces deux usages d’un même terme révèlent une caractéristique déterminante du moment actuel. Les garçons et les hommes sont simultanément représentés comme des victimes et comme des menaces : seuls et désorientés d’un côté, acteurs de harcèlement et de radicalisation de l’autre. Le récit de la crise établit généralement un lien entre les deux, en affirmant que la vulnérabilité engendre l’agressivité. La validité de cet argument, ainsi que ce qu’il dissimule, méritent d’être étudiés.
De quelle masculinité parle-t-on ?
Le récit de la « crise de la masculinité » repose sur une logique bien connue : les fonctions traditionnelles des hommes, pourvoyeurs et protecteurs, auraient été érodées sans être remplacées. Il soulève pourtant une question : de quelle masculinité parle-t-on ? C’est ici que le concept de « masculinité hégémonique (hegemonic masculinity) », développé par la sociologue australienne Raewyn Connell à partir des années 1980, puis affiné avec James Messerschmidt dans un article largement cité publié en 2005 dans Gender & Society, devient indispensable 7. La masculinité hégémonique ne désigne pas un comportement moyen, mais l’idéal culturel dominant. La forme de virilité présentée comme la norme à laquelle tous les hommes sont comparés, mais que la plupart d’entre eux ne parviennent pas à atteindre : réussite économique, maîtrise des émotions, affirmation sexuelle, hétéronormativité, indépendance sont autant d’éléments qui définissent cette norme. La « crise » n’est donc pas une crise de tous les hommes ni de toutes les formes de masculinité, mais de cet idéal hiérarchique particulier qui constitue également, dans le cadre discursif de Connell, un mécanisme de pouvoir légitimant la domination des hommes sur les femmes et de certains hommes sur d’autres.
Lorsque des commentateurs parlent d’une « crise de la masculinité » sans préciser de quelle masculinité il s’agit, ils peuvent finir, consciemment ou non, par conforter les normes mêmes dont les effets sont les plus délétères. Le politologue franco-canadien Francis Dupuis-Déri, qui en a dressé l’« autopsie d’un mythe tenace » 8, a retracé la présence de ce discours dans la longue durée et à travers les régimes : structurellement constant, il serait toujours organisé autour de l’idée que les femmes prennent la place des hommes. Dans le débat académique européen, la sociologue allemande Sylka Scholz observe quant à elle que la notion de « masculinité toxique » (toxic masculinity) remplace de plus en plus celle de « crise de la masculinité » comme principal cadre d’interprétation, sauf dans les discours de droite, où le cadrage en termes de crise persisterait précisément parce qu’il est politiquement utile 9.
De fait, en Espagne, un sondage réalisé en janvier 2025 par le Centre de recherches sociologiques (CIS) plaçait le parti d’extrême droite Vox en tête de popularité chez les 18-24 ans, avec un soutien de 29 % chez les hommes contre 16,5 % chez les femmes 10. De même, lors des élections fédérales allemandes de 2025, l’AfD a recueilli le vote de 24 % des jeunes hommes, tandis que les jeunes femmes exprimaient leur préférence pour le parti de gauche Die Linke. Ce clivage ne s’explique évidemment pas par le seul rapport au genre (précarité, déclassement et défiance politique y ont leur part) mais celui-ci en constitue un ressort central 11. Comme l’a montré la politologue autrichienne Birgit Sauer, la stratégie de l’extrême droite autour de la masculinité est double : invoquer d’abord une crise, puis promettre une restauration de la domination masculine dans la famille, du droit à l’agressivité, de la clarté hétérosexuelle comme solution 12. La logique émotionnelle est reconnaissable d’un contexte à l’autre : quelque chose qui revenait de droit aux hommes leur a été retiré, cette perte n’est pas de leur faute et la restauration est le seul remède.
Ce que disent les données
La notion d’« épidémie de solitude masculine », dont l’usage s’est largement diffusé ces dernières années, s’inscrit dans le prolongement de ce même cadre narratif. L’idée centrale est que les hommes auraient aujourd’hui moins d’amis proches et de réseaux de soutien que les générations précédentes. Les données sur le sujet sont bien réelles, mais exigent de la prudence. Aux États-Unis, une enquête de l’American Perspectives Survey menée en 2021 a montré que la proportion d’hommes déclarant n’avoir aucun ami proche était passée de 3 % en 1990 à 15 %, tandis que celle des hommes comptant au moins six amis proches avait chuté de 55 % à 27 % 13. Les données comparatives nuancent toutefois l’idée d’un phénomène spécifiquement masculin. Une étude Gallup publiée en 2025 montre que, dans la plupart des pays de l’OCDE, les jeunes hommes ne déclarent pas des niveaux de solitude significativement supérieurs à la moyenne nationale, les États-Unis faisant figure d’exception 14. De son côté, un rapport de l’OCDE portant sur 22 pays de l’Union européenne indique que 8 % de la population n’a aucun ami proche, sans différence notable entre les femmes et les hommes, tout en soulignant que plusieurs pays, dont l’Allemagne, la Finlande et l’Espagne, ont mis en place des stratégies nationales de lutte contre la solitude 15.
Ce qui ressort le plus clairement n’est pas que les hommes sont plus seuls que les femmes, mais que leurs formes de connexion sont structurellement plus précaires. Le sociologue italien Manolo Farci décrit une amitié « spalla a spalla » (épaule contre épaule) : les hommes font des choses ensemble, mais ne se regardent pas dans les yeux. Les normes de la masculinité hégémonique rendent l’intimité émotionnelle entre hommes socialement risquée, tandis que les relations amoureuses deviennent le principal, voire l’unique, espace où la vulnérabilité peut s’exprimer, moins vécues, alors, comme une véritable forme de connexion que comme un marqueur du statut et de la réussite masculine 16.
Un autre argument fréquemment invoqué renvoie à la biologie, et plus précisément au déclin documenté des niveaux moyens de testostérone. Des études ont effectivement mis en évidence une baisse générationnelle d’environ 1 % par an depuis la fin des années 1980, indépendamment de l’âge, une évolution dont les causes, encore débattues, renvoient à des facteurs sanitaires et environnementaux (obésité, sédentarité, perturbateurs endocriniens) bien plus qu’à un quelconque recul de la virilité 17. Cette observation a toutefois été largement amplifiée et réinterprétée sur les réseaux sociaux. Une étude publiée en 2026 par l’Université de Sydney montre que de nombreux influenceurs présentent des expériences banales (fatigue, stress, baisse de libido) comme les symptômes d’une prétendue « déficience » en testostérone, tout en promouvant l’hormonothérapie comme solution et le taux de testostérone comme indicateur direct de la virilité 18. Les chercheurs qualifient ce phénomène de « médicalisation de la masculinité » (medicalization of masculinity) : une variation biologique ordinaire est transformée en crise appelant une intervention commerciale, au moyen de récits qui reprennent étroitement les ressorts analysés dans notre article précédent. Cette logique a désormais gagné la sphère étatique : le 15 juillet 2026, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth annonçait, dans une vidéo intitulée « High-T Department », un dépistage annuel de la « déficience en testostérone » pour les militaires de plus de trente ans, assorti d’une offre d’hormonothérapie de substitution, afin, disait-il, de garantir aux soldats « les bons niveaux de testostérone pour opérer au meilleur de [leurs] capacités » 19.
Les recherches en psychologie montrent de manière constante que les hommes socialisés selon les normes de la masculinité hégémonique (autosuffisance, contrôle des émotions, dureté) sont nettement moins enclins à solliciter de l’aide lorsqu’ils rencontrent des difficultés de santé mentale, et présentent un risque de suicide plus élevé 20. En Angleterre et au Pays de Galles, le taux de suicide des hommes est environ trois fois supérieur à celui des femmes ; aux États-Unis, il est près de quatre fois plus élevé 21. Le suicide demeure, certes, un phénomène multifactoriel, qu’aucune variable ne saurait expliquer à elle seule, mais il importe de souligner que les conséquences psychologiques documentées sont associées aux normes de la masculinité hégémonique elles-mêmes plutôt qu’aux critiques féministes qui les remettent en question 22.
Un mythe plus ancien que la vie en ligne
La « crise de la masculinité » n’est pas, contrairement à ce qu’elle prétend généralement être, un diagnostic nouveau. C’est un récit récurrent, réactivé et reconditionné à chaque époque où la position sociale des femmes a évolué. Dupuis-Déri le fait remonter au moins à l’Antiquité romaine. Comme l’a observé le sociologue britannique John MacInnes, « la masculinité a toujours été en crise d’une manière ou d’une autre » 23.
Les travaux du sociologue américain Michael Kimmel sur la masculinité aux États-Unis montrent que, dès la fin du XIXe siècle, l’industrialisation et l’émergence du premier mouvement pour les droits des femmes ont suscité une réaffirmation anxieuse des idéaux masculins. Le XXe siècle a reproduit cette dynamique. Le modèle du chef de famille qui s’impose après la Seconde Guerre mondiale reposait sur le cantonnement des femmes à la sphère domestique. Lorsque le féminisme de la deuxième vague a remis en cause cet ordre dans les années 1960 et 1970, le récit d’une « crise de la masculinité » a refait surface. Au début des années 1980, ce qui était né comme un mouvement de libération des hommes (men’s liberation) s’était d’ailleurs largement mué en mouvement pour les droits des hommes (men’s rights movement), présentant le ressentiment masculin comme la conséquence d’une victimisation imputable au féminisme 24.
Dupuis-Déri a également montré comment le récit masculiniste de cette crise constituait un pilier structurel du fascisme italien et du national-socialisme, qui présentaient l’un et l’autre la crise de la masculinité comme une trahison commise par une élite féminisée et proposaient une restauration virile comme solution. Le cas espagnol est tout aussi instructif : comme l’a montré la sociologue espagnole Zira Box, le nationalisme franquiste reposait sur une conception explicitement virile de la nation, dans laquelle la masculinité militaire servait d’antidote à la faiblesse et à la féminisation supposées de la République 25. En France, cette filiation passe par Alain Soral et Éric Zemmour, qui ont publié des textes masculinistes avant même de devenir des idéologues de premier plan de l’extrême droite. Dans Vers la féminisation ? (1999), Soral prétend démonter un « complot antidémocratique » dans lequel « la féminisation des esprits » viendrait compléter « la ‘maastrichtisation’ des institutions » 26. Dans Le Premier Sexe (2006), Zemmour soutient quant à lui qu’« en se féminisant, les hommes se stérilisent, ils s’interdisent toute audace, toute innovation, toute transgression », allant jusqu’à attribuer la « stagnation intellectuelle et économique de l’Europe » à sa « féminisation » 27.
La journaliste américaine Susan Faludi a analysé ce retour de bâton antiféministe dans Backlash : The Undeclared War Against American Women (1991), puis dans Stiffed : The Betrayal of the American Man (1999), où elle soutient que les hommes de la classe ouvrière ont bel et bien été abandonnés par les mutations économiques et sociales et qu’on leur a surtout proposé, en guise de substitut, une « masculinité ornementale » (ornamental masculinity) fondée sur l’image et la performance 28. Cette logique trouve un écho dans la culture contemporaine du looksmaxxing, où l’optimisation systématique de l’apparence physique devient un substitut à l’identité productive ou sociale qu’offraient autrefois les anciens rôles masculins.
Dans Iron John (1990), le poète américain Robert Bly exhortait les hommes à renouer avec ce qu’il appelait le « masculin profond » (deep masculine), une énergie brute et instinctive incarnée par une figure mythique d’homme sauvage, réprimée par la civilisation et la domesticité 29. L’ouvrage se voulait davantage thérapeutique que dénonciateur, mais sa structure de fond – l’idée qu’il existerait une masculinité authentique, force primitive affaiblie par la société moderne – anticipe déjà la logique de figures comme le « Chad » de la manosphère contemporaine 30 : un archétype idéalisé de masculinité naturelle et dominante, norme implicite à partir de laquelle les autres hommes sont comparés et jugés insuffisants. Dans les deux cas, l’archétype reste reconnaissable. Ce qui change, c’est son usage : d’outil supposé d’intégration psychologique, il devient un instrument de hiérarchisation sociale.
Les années 1990 ont également vu les communautés de défense des droits des hommes issues de cette mutation migrer vers les premiers forums en ligne. Ces espaces ne se contentaient pas de diffuser des griefs, ils fournissaient aussi quelque chose qui manquait réellement aux hommes seuls et désorientés 31 : une communauté, un langage partagé et un sentiment de reconnaissance. L’ironie douloureuse, souvent oubliée par la littérature sur la solitude, est que la manosphère offre à certains hommes une forme de communauté qu’ils ne trouvent pas facilement ailleurs, précisément en raison des normes dominantes de la masculinité. Elle est donc à la fois une réponse à la solitude masculine et une cause de ses formes les plus problématiques. Ses franges les plus radicales ont déjà basculé dans la violence : aux États-Unis, la tuerie d’Isla Vista, en 2014 dont l’auteur, Elliot Rodger, avait diffusé un manifeste misogyne annonçant vouloir « punir » les femmes qui l’avaient rejeté, avant d’assassiner six personnes, puis la fusillade d’un studio de yoga à Tallahassee, en 2018, ont été commises par des jeunes hommes se réclamant de la mouvance « incel » (célibataires involontaires), au sein de laquelle Rodger fait depuis l’objet d’une véritable vénération 32.
La crise de la masculinité et l’épidémie de solitude masculine renvoient à des difficultés bien réelles. Les données sur les réseaux de soutien entre hommes, les taux de suicide ou les niveaux de testostérone ne sont pas imaginaires et c’est précisément parce qu’elles décrivent un malaise tangible que les forces politiques qui s’en saisissent en tirent un tel écho. Ces problèmes méritent une attention sérieuse ; encore faut-il en identifier correctement les causes. Or le récit de la « crise » les attribue au féminisme et aux avancées des femmes, tout en défendant les normes mêmes (stoïcisme, retenue émotionnelle, interdiction implicite de demander de l’aide) qui produisent ces dommages. Il recycle ainsi une structure argumentative qui réapparaît, avec une régularité frappante, chaque fois que les relations de genre évoluent, et ce depuis le XIXe siècle.
La conversation la plus honnête – et, sans doute en définitive, la plus utile – sur le bien-être des hommes est celle qui distingue deux éléments : les difficultés réelles, qui appellent des réponses politiques et sociales, et le récit idéologique qui instrumentalise ces difficultés pour s’opposer à l’égalité de genre. Elle suppose aussi de ne pas congédier ce malaise d’un revers de main : le tourner en dérision, c’est laisser à la manosphère le monopole de sa prise en charge. C’est une conversation plus exigeante que celle que propose l’industrie de la « crise de la masculinité ». Et c’est précisément pour cela qu’elle est nécessaire.
Sources
- Vivek H. Murthy, Our Epidemic of Loneliness and Isolation : The U.S. Surgeon General’s Advisory on the Healing Effects of Social Connection and Community, U.S. Department of Health and Human Services, 2023.
- Le 23 juillet, la Maison-Blanche a déclaré qu’elle « n’interviendrait pas » dans la procédure d’extradition, qui requiert l’approbation du département d’État – laissant entendre que l’administration Trump, dont des responsables étaient pourtant intervenus en 2025 en faveur des frères Tate auprès des autorités roumaines, est disposée à la laisser aboutir.
- Scott Galloway, Notes on Being a Man, New York, Simon & Schuster, 2025.
- Voir notamment Steve Rose, « Scott Galloway on the masculinity crisis : ‘I worry we are evolving a new breed of asexual, asocial males’ », The Guardian, 3 décembre 2025 ; Brad Wilcox, « ‘Notes on Being a Man’ Review : Protect, Provide, Even Procreate », The Wall Street Journal, 9 décembre 2025 ; Maureen Dowd, « Bros Need Some Bros », The New York Times, 1er novembre 2025.
- « Teachers cry for help as misogyny in schools hits new high », NASUWT, avril 2026.
- « Influencers fuelling misogyny in schools, teachers say », BBC News, avril 2026.
- R. W. Connell et James W. Messerschmidt, « Hegemonic Masculinity : Rethinking the Concept », Gender & Society, vol. 19, n°6, pp. 829-859, 2005.
- F. Dupuis-Déri, La crise de la masculinité. Autopsie d’un mythe tenace, Montréal, Éditions du remue-ménage, 2018.
- Sylka Scholz, « Vom ‹toxischen Mann› zur ‹Krise der Männlichkeit› ? », transcript Blog, 2025 ; voir aussi, de la même autrice, Männlichkeitsforschung, UTB, 2025.
- Centro de Investigaciones Sociológicas, Barómetro de enero de 2025, janvier 2025.
- Voir John Burn-Murdoch, « A new global gender divide is emerging », Financial Times, 26 janvier 2024.
- Birgit Sauer, « Authoritarian Right-Wing Populism as Masculinist Identity Politics : The Role of Affects », in Gabriele Dietze et Julia Roth (dir.), Right-Wing Populism and Gender : European Perspectives and Beyond, Bielefeld, transcript, 2020.
- Daniel A. Cox, « The State of American Friendship : Change, Challenges, and Loss », Survey Center on American Life / American Perspectives Survey, juin 2021.
- « Younger Men in the U.S. Among the Loneliest in West », Gallup, 20 mai 2025.
- OCDE, Social Connections and Loneliness in OECD Countries, Paris, Éditions OCDE, octobre 2025.
- Manolo Farci, Quel che resta degli uomini. Sulla mascolinità, Nottetempo, 2025.
- Thomas G. Travison et al., « A Population-Level Decline in Serum Testosterone Levels in American Men », The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, vol. 92, n°1, 2007.
- Emma Grundtvig Gram, Ray Moynihan, Brooke Nickel et al., « Selling masculinity – A qualitative analysis of gender representations in social media content about ‘low T’ », Social Science & Medicine, janvier 2026. Doi : 10.1016/j.socscimed.2025.118903.
- Post sur le profil X de Pete Hegseth (@SecWar), 15 juillet 2026.
- Michael E. Addis et James R. Mahalik, « Men, Masculinity, and the Contexts of Help Seeking », American Psychologist, vol. 58, n°1, 2003 ; American Psychological Association, Guidelines for Psychological Practice with Boys and Men, 2018.
- Office for National Statistics, « Suicides in England and Wales : 2023 registrations », 2024 ; Centers for Disease Control and Prevention, « Suicide Data and Statistics », 2024.
- Y. Joel Wong et al., « Meta-Analyses of the Relationship Between Conformity to Masculine Norms and Mental Health-Related Outcomes », Journal of Counseling Psychology, vol. 64, n°1, 2017.
- John MacInnes, The End of Masculinity, Buckingham, Open University Press, 1998.
- Michael Kimmel, Manhood in America : A Cultural History, New York, Free Press, 1996 ; Michael A. Messner, Politics of Masculinities : Men in Movements, Thousand Oaks, Sage, 1997.
- Zira Box, España, año cero. La construcción simbólica del franquismo, Madrid, Alianza Editorial, 2010.
- Alain Soral, Vers la féminisation ? Démontage d’un complot antidémocratique, Paris, Blanche, 1999.
- Éric Zemmour, Le Premier Sexe, Paris, Denoël, 2006.
- Susan Faludi, Backlash : The Undeclared War Against American Women, New York, Crown, 1991 ; Stiffed : The Betrayal of the American Man, New York, William Morrow, 1999.
- Robert Bly, Iron John : A Book About Men, Reading (Mass.), Addison-Wesley, 1990.
- Dans l’argot de la manosphère, « Chad » désigne l’archétype de l’homme conventionnellement beau, athlétique, dominant et sexuellement à succès, censé occuper le sommet de la hiérarchie masculine et monopoliser l’attention des femmes. Apparu de façon ironique sur les forums américains au tournant des années 2010, le terme s’est imposé dans les communautés incels comme la figure inversée de leur propre échec supposé – aux côtés de son pendant féminin, la « Stacy », et par opposition aux hommes « beta ».
- Debbie Ging, « Alphas, Betas, and Incels : Theorizing the Masculinities of the Manosphere », Men and Masculinities, vol. 22, n°4, 2019.
- Alexander Meleagrou-Hitchen, Seamus Hughes, « (Re)Assessing the Threat from Incel Violence : A Study of Violent Incel-Related Federal Cases in America », Studies in Conflict & Terrorism, 2026.