Jeudi 9 juillet, l’entreprise de robotique américano-norvégienne 1X Technologies a dévoilé de nouvelles mains dotées de 25 degrés de liberté de mouvement – contre 27 pour les humains – qui devraient équiper son robot domestique Neo, un humanoïde de 1,68 m pour un poids de 30 kilos, dont les livraisons pourraient commencer dès 2026 aux États-Unis.

Pour la somme de 20 000 dollars, ou un abonnement de 500 dollars par mois, il sera désormais possible de confier des tâches ménagères, de demander des conseils sur une recette, de jouer à des jeux ou bien d’engager des conversations chez soi avec Neo.

  • Le degré de sophistication des nouvelles mains développées par 1X Technologies pourrait contribuer à résoudre l’un des plus grands défis auxquels fait face la robotique moderne, notamment pour les humanoïdes : la dextérité.
  • L’entreprise estime que ces nouvelles mains à tendons permettront à Neo d’approcher voire de dépasser le niveau humain en termes de force, de vitesse et de fiabilité.
  • Comme l’explique un investisseur dans l’industrie technologique chinoise : « Se spécialiser dans la fabrication de mains revient à vendre de l’eau ou des pelles pendant la ruée vers l’or » 1.

La mise sur le marché de Neo, qui doit débuter cette année, pourrait bousculer l’hégémonie chinoise qui s’est développée ces dernières années. Jusqu’à présent, 80 % des parts du marché mondial des mains robotiques dextères « à haut degré de liberté » étaient détenues par une seule entreprise chinoise : Linkerbot, qui a livré à elle seule 10 000 mains robotiques l’an dernier.

Plus globalement, le marché des robots humanoïdes est largement dominé par Pékin : 87 % de toutes les unités livrées dans le monde en 2025 ont été fabriquées en Chine.

  • Les entreprises chinoises de robotique Agibot et Unitree représentent à elles seules les deux tiers du marché mondial (plus de 9 000 robots livrés), tandis que les entreprises américaines comptent pour seulement 13 % de la production.
  • La banque d’investissement Barclays estime que la Chine pourrait se doter de 24 millions de robots humanoïdes d’ici 2035, soit 5 fois plus que le reste du monde (4,4 millions) 2.
  • Selon Morgan Stanley, le marché pourrait dépasser les 5 000 milliards de dollars d’ici 2050, avec un milliard de robots humanoïdes déployés (dont 90 % à des fins industrielles et commerciales) 3.

Le marché des robots humanoïdes, contrairement aux robots industriels, n’en est qu’à ses débuts et il y a des doutes quant à la demande réelle. En Chine, le gouvernement est le principal acheteur de ces robots, qui sont notamment utilisés pour servir de décoration lors de réceptions officielles – et non pas pour travailler 4.

  • Dans les rares usines où ces humanoïdes sont utilisés pour du travail, comme transporter des cartons, leur efficacité ne dépasse pas 40 % de celle d’un humain.

Le déploiement de robots domestiques fait quant à lui face à d’autres défis, notamment en matière de confidentialité et de respect de la vie privée.

  • Neo, l’humanoïde développé par 1X Technologies, est pour le moment en partie télépiloté, ce qui signifie que des opérateurs humains – appelés des « experts » – peuvent prendre le contrôle du robot à distance pour effectuer des tâches.
  • Cela donne toutefois accès aux opérateurs aux caméras qui équipent l’humanoïde : lorsque les oreilles de Neo s’allument en bleu, « l’expert » peut ainsi tout voir autour de lui, en temps réel.
Sources
  1. Zeyi Yang, « The $6 Billion Chinese Startup Trying to Build Hands for Every Robot », Wired, 28 mai 2026.
  2. Themos Fiotakis, Christian Keller et Zornitsa Todorova, Robots roll out, economies rewire, Barclays Research, 19 mai 2026.
  3. Humanoids : A $5 Trillion Market, Morgan Stanley, 14 mai 2025.
  4. « China’s humanoids are dazzling the world. Who will buy them ? », The Economist, 18 février 2026.