Selon les dernières données fédérales analysées par l’économiste Janis Kluge, les dépenses militaires de la Russie ont atteint un niveau particulièrement élevé au premier trimestre 2026 par rapport aux objectifs fixés initialement dans le budget fédéral 1.

  • Les dépenses militaires se sont établies à 5 900 milliards de roubles (70 milliards d’euros), contre 4 500 milliards un an plus tôt (55 milliards), soit une hausse d’environ 30 % en un an.
  • L’essentiel de cette hausse provient des dépenses classifiées (non publiques), en augmentation de 43 % sur un an, qui sont passées de 3 400 (40 milliards) à 4 900 milliards de roubles (60 milliards).
  • Ainsi, sur un total de 12 800 milliards de roubles (150 milliards d’euros) de dépenses fédérales, 38,2 % concernaient des lignes classifiées. Selon la loi budgétaire russe pour 2026, environ 85 % de ces dépenses seraient consacrées au secteur militaire.

La loi de finances prévoyait une diminution de l’effort de guerre, ramené à 6,2 % du PIB en 2026, contre 7,8 % en 2025.

  • Sur ce seul trimestre, les dépenses militaires équivalent déjà à 2,5 % du PIB annuel attendu, et à environ 12 % du PIB nominal de la période (estimé à 48 400 milliards de roubles, soit environ 580 milliards d’euros).
  • Si ces dépenses ont tendance à se modérer habituellement au deuxième et au troisième trimestre (par exemple, en cas de paiements anticipés de contrats d’armement), un niveau de 9 à 10 % du PIB sur l’année serait envisageable si le rythme actuel se maintenait.
  • Selon des sources citées par Bloomberg, des responsables du ministère des Finances et de la Banque centrale russes auraient averti Vladimir Poutine que les dépenses liées à la guerre en Ukraine suivaient une trajectoire insoutenable 2.

Cette hausse pourrait également s’expliquer par un simple exercice comptable : le ministère des Finances aurait en effet pu reporter sur 2026 des dépenses initialement prévues pour 2025, afin de ne pas dépasser l’objectif de déficit affiché l’an dernier.

  • Selon Kluge, plusieurs éléments pourraient aller dans ce sens, notamment des dépenses fédérales étonnamment faibles en décembre 2025 et un volume de dépenses classifiées anormalement bas au quatrième trimestre de la même année.
  • Bloomberg notait également au mois de janvier que les dépenses budgétaires russe de décembre ont baissé de 19 % par rapport à l’année précédente 3.