Pékin a annoncé samedi 2 mai invoquer la « loi de blocage », interdisant aux entreprises chinoises de se conformer aux sanctions imposées par Washington fin avril contre cinq raffineries en raison de leurs achats de pétrole iranien.

Il s’agit de la première fois que la Chine utilise cet outil, mis en place en 2021 pour lutter contre l’extraterritorialité des lois étrangères, notamment américaines. Cette mesure pourrait accélérer le découplage des deux systèmes financiers.

  • Dans un communiqué, le ministère chinois du Commerce a évoqué sa volonté de « préserver la souveraineté nationale, la sécurité et les intérêts de développement, et de protéger les droits et intérêts légitimes des citoyens » 1.
  • En avril, le Trésor américain a placé plusieurs raffineries, dont Hengli Petrochemical (Dalian) Refining Co, sur la liste SDN (Specially Designated Nationals) de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC).
  • Contrairement aux autres raffineries dites « teapot » placées sur la liste de l’OFAC, dont la taille est limitée, Hengli exploite un méga-complexe dans la province de Liaoning capable de raffiner jusqu’à 400 000 barils de brut par jour.
  • Il s’agit du raffineur le plus important à faire l’objet de sanctions américaines depuis que Washington a durci sa politique visant les exportations de pétrole iranien en 2019.

En invoquant pour la première fois cette « loi de blocage », mise en place pendant la guerre commerciale lancée sous le premier mandat de Trump, Pékin permet aux entreprises chinoises de demander réparation devant les tribunaux si elles subissent des pertes liées à des sanctions étrangères. Cette règle place les entreprises chinoises dans une situation de conflit de conformité entre les exigences américaines et les obligations juridiques de Pékin.

  • Les entités chinoises ont été les plus visées par l’administration Trump en 2025 : 215 ont ainsi été placées sur la liste SDN de l’OFAC l’an dernier, soit plus que le nombre d’entités iraniennes (155) ou russes (74) sanctionnés, selon le CNAS.
  • Les raffineries teapot, qui représenteraient jusqu’à 90 % des importations chinoises de pétrole iranien, figurent parmi les entités les plus visées.

Hier, lundi 4 mai, Scott Bessent – qui accompagnera Trump en Chine la semaine prochaine – a accusé Pékin de « financer le plus grand État soutenant le terrorisme ». Le secrétaire au Trésor américain a également de nouveau appelé Xi Jinping à faire pression sur l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz 2.