Il s’agit des huitièmes élections législatives en Bulgarie depuis cinq ans. Les dernières enquêtes d’opinion donnent la coalition « Bulgarie progressiste » (Прогресивна България, BP), créée en mars par l’ancien président Roumen Radev, en tête des intentions de vote, avec environ 30 % des voix, devant l’union entre le GERB (PPE), dirigé par Boïko Borissov, et l’Union des forces démocratiques (SDS, PPE), autour de 21 %.
- Radev se positionne en candidat anti-système et a fait campagne sur la lutte contre la corruption, contre l’aide militaire à l’Ukraine et les sanctions européennes à l’encontre de la Russie.
- Il a également appelé à la reprise d’un dialogue avec Moscou.
- Ancien officier de l’armée de l’air, Radev avait été élu président en novembre 2016 contre la candidate du GERB, Tsetska Tsatcheva. Il a démissionné en janvier pour lancer sa candidature en vue des élections.
- Parmi ses prises de position passées, il avait notamment déclaré l’an dernier, lorsqu’il était encore président, son intention d’organiser un référendum sur l’entrée du pays dans la zone euro – effective depuis le 1er janvier – invoquant des « risques » quant à une hausse de l’inflation.
Depuis le début de l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine en 2022, Roumen Radev s’est toujours opposé à la livraison d’armes à Kiev. Il a vivement critiqué le démontage des monuments de guerre soviétiques, s’est tenu à distance des sommets transatlantiques, et a évoqué à plusieurs reprises le rôle supposé de l’OTAN dans l’« escalade » de la crise ukrainienne.
Sa victoire pourrait marquer un tournant dans la politique du pays, qui serait alors moins pro-ukrainien et plus critique envers les politiques européennes.
- Les sondages ne laissent pas entrevoir une éventuelle majorité pour BP à l’issue du scrutin, qui devrait tenter de constituer une coalition de gouvernement.
- Radev a exclu toute alliance avec le GERB et le Mouvement des droits et des libertés (DPS), un parti centriste crédité d’environ 10 % des voix.
- Selon les résultats, il pourrait se rapprocher des partis libéraux du PP-DB, voire de la formation d’extrême droite Renaissance, entrée au Parlement fin 2021.
De nombreux observateurs doutent toutefois que ces élections permettent de sortir du cycle d’instabilité politique qui dure depuis 2021.
- Selon une enquête réalisée avant le scrutin, 49 % des personnes interrogées estiment qu’un seul parti devrait disposer de la majorité et assumer l’entière responsabilité du gouvernement, contre 33 % en faveur d’une coalition 1.
- Selon un sondage Gallup, seulement 10 % des Bulgares font confiance à l’intégrité de leurs élections soit le niveau le plus faible dans l’Union mais aussi à l’échelle mondiale 2.
- La défiance envers le système judiciaire, auquel seulement 17 % des Bulgares accordent leur confiance, un taux qui les place derniers de l’Union et avant-derniers au niveau mondial, illustre à quel point la crise de légitimité dépasse le seul champ électoral et concerne l’ensemble de l’architecture institutionnelle du pays.
- Au printemps 2025, 51 % de la population était opposée à l’entrée du pays dans la zone euro. Alors que 62 % des citoyens européens jugent positivement l’appartenance de leur pays à l’Union, seuls 46 % des Bulgares partagent ce sentiment.
Sources
- Petya Petrova, Alpha Research Poll : 3.3 Million Expected to Vote on Sunday, Five Parties Certain to Enter Next Parliament, Bulgarian News Agency, 17 avril 2026.
- No One Trusts Elections Less Than Bulgarians, Gallup, 22 octobre 2024.