1 — Les frappes des États-Unis et d’Israël continuent 

Les frappes américaines et israéliennes se poursuivent un jour après le lancement des opérations Epic Fury et Roaring Lion. En l’espace de 24 heures, les deux armées auraient frappé plus de 900 cibles iraniennes à travers le pays, principalement dans l’ouest.

  • Les cibles visées sont essentiellement des infrastructures militaires, des sites de stockage et de lancement de missiles, des radars et des défenses antiaériennes, ainsi que des personnalités politiques et militaires du régime.
  • Les efforts semblent ainsi se concentrer sur la neutralisation de la défense anti-aérienne, l’affaiblissement des capacités de riposte et la perturbation du commandement iranien.
  • Les bombardements ont également touché des civils, dont notamment une école primaire dans la ville de Minab, dans le sud du pays, qui aurait causé la mort de 148 personnes et blessé 95 autres 1.
  • Dans la matinée du 1er mars, Tsahal a visé Téhéran : selon un porte-parole de l’armée, « pour la première fois depuis le début de l’opération Roaring Lion l’armée israélienne frappe des cibles appartenant au régime terroriste iranien au cœur de Téhéran ». « Au cours de la dernière journée, l’armée de l’air israélienne a mené des frappes à grande échelle afin d’établir sa supériorité aérienne et d’ouvrir la voie vers Téhéran ».
  • Les Forces de défense israéliennes ont également annoncé dans la journée  avoir tué 40 cadres supérieurs iraniens, qualifiant cette opération de « frappe historique » rendue possible grâce aux renseignements militaires.

Pour le moment, il est difficile d’établir un bilan de la dégradation de l’infrastructure militaire iranienne, mais la question des stocks de munitions disponibles des deux côtés se posera bientôt. L’armée israélienne a également annoncé avoir détruit la moitié des lanceurs de missiles iraniens, ainsi que la moitié des réserves de missiles de Téhéran.

  • Les images satellites confirment la destruction du complexe du Guide suprême à Téhéran et d’un navire de guerre iranien à quai. Des images satellites montraient début février que Téhéran avait renforcé la protection de ses sites stratégiques, en préparation d’éventuelles frappes. 
  • L’armée israélienne a déclaré avoir largué plus de 1 200 munitions sur l’Iran au cours des 24 dernières heures.
  • Côté américain, l’armée a utilisé plusieurs centaines de missiles antibalistiques THAAD, SM-2, SM-3 et SM-6 l’an dernier, lors des frappes contre l’Iran et pour contrer les attaques houthistes en mer Rouge. Les stocks déplacés pour le moment dans la région permettraient de soutenir des frappes pendant 7 à 10 jours

Si l’objectif de la guerre est explicitement un changement de régime, il n’est pas exclu que les États-Unis révisent leur stratégie au cours de l’opération.

  • Après sa déclaration de la nuit de samedi, Donald Trump a appelé les Iraniens à se soulever, excluant vraisemblablement un scénario impliquant la présence de troupes au sol : « c’est la plus grande chance pour le peuple iranien de reprendre son pays ».
  • Dans un entretien avec Axios le 28 février, le président américain a déclaré disposer de plusieurs « portes de sortie » : « je peux prolonger les hostilités et prendre le contrôle total, ou y mettre fin en deux ou trois jours et dire aux Iraniens : ‘On se reverra dans quelques années si vous recommencez à reconstruire’. Dans tous les cas, il leur faudra plusieurs années pour se remettre de cette attaque » 2.

Le format Venezuela se préfigure ?

  • Dans un entretien avec The Atlantic 3, Donald Trump a affirmé que la nouvelle direction iranienne souhaite ouvrir des discussions et qu’il a accepté de leur parler, estimant qu’un accord aurait pu être conclu plus tôt : « Ils veulent discuter, et j’ai accepté de discuter, donc je vais leur parler. Ils auraient dû le faire plus tôt. Ils auraient dû proposer plus tôt une solution très pratique et facile à mettre en œuvre. Ils ont attendu trop longtemps ». Interrogé sur le moment de son échange avec les responsables iraniens Trump est resté évasif : « Je ne peux pas vous le dire. »
  • Il a souligné que plusieurs interlocuteurs impliqués dans les négociations récentes ne sont désormais plus en vie. « La plupart de ces personnes ont disparu. Certaines de celles avec qui nous traitions ne sont plus là, car cela a été un coup dur, un très gros coup dur » en ajoutant qu’un accord aurait pu être conclu plus tôt : « Ils auraient dû agir plus tôt, Michael. Ils pouvaient conclure un accord. Ils ont trop joué la finesse (they played too cute). »
  • Ali Larijani, le proche de Khamenei que Donald Trump semble avoir choisi pour stabiliser le régime après la mort du Guide, présente plusieurs similitudes avec Delcy Rodríguez. Tout comme cette ancienne proche de Maduro devenue présidente par interim depuis l’arrestation de ce dernier, Ali Larijani incarne une figure loyale au régime, présentée comme pragmatique et diplomate, et capable d’assurer une continuité du pouvoir tout en donnant des gages aux États-Unis et à Donald Trump.

2 — Les représailles iraniennes 

L’Iran a répondu aux attaques beaucoup plus rapidement que ne l’attendaient de nombreux observateurs, ce qui signalerait qu’un plan de continuité ultra-redondant est bien en place : successions multiples, frappes préautorisées et chaîne de commandement décentralisée en cas de décapitation du régime.

L’absence d’informations sur l’étendue des destructions causées par les frappes américano-israéliennes laisse planer le doute quant aux capacités encore disponibles dans l’arsenal de Téhéran.

Pour le moment, l’Iran a riposté contre de nombreuses cibles en Israël, des bases militaires américaines réparties à travers le Moyen-Orient, ainsi que des infrastructures civiles telles que des aéroports, des hôtels et des ports, dans diverses grandes villes du Golfe.

  • Les Émirats arabes unis ont déclaré avoir intercepté 152 missiles (sur 165 lancés) et 506 drones (sur 541). Un hôtel a été touché par une frappe à Dubaï et trois personnes ont été tuées à Abou Dhabi par des débris de missiles. 58 ont été blessées. 
  • À Bahreïn, le quartier général de la 5e flotte américaine semble avoir été frappé par un drone. L’hôtel Crowne Plaza à Bahreïn a confirmé avoir été touché par un « incident » tôt ce matin. 
  • Plusieurs explosions ont été entendues dans la capitale saoudienne, tandis que des bases militaires au Koweït et en Jordanie ont été touchées par des missiles balistiques. L’Iran a lancé 97 missiles balistiques et 283 drones sur le Koweït, selon le ministère de la Défense. Les dégâts provoqués sont à ce jour incertains.
  • Les médias d’État d’Oman, qui a joué un rôle de médiateur entre les États-Unis et l’Iran dans le cadre des négociations sur le nucléaire, ont également déclaré dimanche 1er mars que le port de Duqm avait été frappé par deux drones. À ce propos, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé que les événements survenus à Oman n’étaient pas un choix de l’Iran, que des consignes ont été données aux forces armées pour faire preuve de prudence dans le choix de leurs cibles, et indique que les unités militaires agissent désormais de manière relativement autonome, selon des orientations générales.
  • L’aéroport irakien d’Erbil, où sont basés des soldats américains, semble lui aussi avoir fait l’objet de frappes.
  • Selon le secrétaire d’État à la Défense du Royaume-Uni, Téhéran aurait aussi tiré des missiles en direction de Chypre, pays membre de l’Union européenne abritant des bases britanniques. Les autorités chypriotes ont toutefois nié toute menace en provenance de l’Iran.
  • La chaîne CNN a également fait état de plusieurs fortes explosions survenues à 7h30, heure locale, dimanche matin, à Doha.
  • Les Gardiens de la Révolution ont également annoncé le 28 février, avoir ordonné aux navires commerciaux de cesser d’emprunter le détroit d’Ormuz — les assureurs maritimes ont annoncé avoir envoyé des avis de résiliation des polices couvrant les navires transitant par le détroit.
  • Des sources iraniennes affirment qu’une plateforme pétrolière émiratie dans le golfe Persique a été prise pour cible par des drones iraniens.
  • À ce jour, au moins deux navires commerciaux à proximité du détroit auraient été visés par des frappes, vraisemblablement iraniennes.
  • Selon le Pentagone, trois soldats américains sont morts depuis le début de l’opération.

Il n’est pas certain que la stratégie iranienne visant à pousser les États arabes à faire pression sur Washington pour mettre fin aux frappes produise les effets escomptés, d’autant que ces pays pourraient au contraire se rapprocher davantage de Washington.

  • Le Qatar a condamné les frappes iraniennes et déclaré qu’il se réservait le droit d’y répondre, une déclaration similaire venant également des Émirats arabes unis et du Koweït. L’Arabie saoudite a mis en garde contre des « conséquences désastreuses ».
  • Les monarchies du Golfe, auparavant équilibristes entre les États-Unis, la Chine et l’Iran, pourraient être en train de basculer dans la confrontation en mettant fin à la neutralité régionale et remettre en question leur modèle géopolitique et économique.
  • Le Pakistan, pays avec lequel l’Iran entretient des liens de longue date et où se trouve la population la plus favorable au régime, a vu la mort d’au moins neuf manifestants qui avaient pris d’assaut le consulat américain de Karachi pour protester contre l’action militaire. 

3 — Que se passe-t-il en Iran ? 

L’annonce de la mort d’Ali Khamenei a donné lieu à de nombreuses scènes de liesse dans les rues des villes iraniennes. On y voit des gens danser et on y entend des slogans scandés depuis les fenêtres des immeubles, les toits de Téhéran 4 ou les rues de Karaj 5 et de Chiraz 6.

Les commémorations de deuil de la disparition d’Ali Khamenei sont également organisées durant les célébrations religieuses du ramadan. La mort du Guide suprême est présentée par l’ensemble des représentants du régime comme un martyre, s’inscrivant ainsi dans la tradition de valorisation du sacrifice, ou martyrologie, au cœur de l’identité de la République islamique.

  • Un deuil de 40 jours a été décrété à l’annonce de la mort du Guide à la télévision nationale. 
  • Sept jours fériés ont également été décrétés, ce qui ouvre une séquence qui conduira aux vacances annuelles de la nouvelle année iranienne, le 21 mars 2026. 
  • De nombreuses manifestations de deuil d’une ampleur exceptionnelle ont été organisées pour lui rendre hommage. Des vidéos montrent la place principale d’Ispahan, la « moitié du monde », longue de 560 mètres et large de 160, entièrement remplie de manifestants scandant « Allah Akbar » 7.
  • Des scènes similaires ont été filmées sur la place de la Révolution, à Téhéran, ou à Mazandaran, au nord de la capitale, près de la mer Caspienne, où l’on voit des milliers de personnes défiler dans la rue 8.
  • Sur Telegram, toutes les chaînes d’informations iraniennes ont changé le fond de leur logo pour du noir.

Selon le site NetBlocs, Internet est à nouveau presque entièrement coupé en Iran depuis hier en début d’après-midi, ce qui rend plus difficile l’obtention d’informations auprès de la population. Les médias officiels diffusent toutefois des informations en continu 9.

  • Les autorités iraniennes incitent la population à rester « calme » et à se rendre, si possible, dans des zones sécurisées, sans toutefois préciser lesquelles.

La continuité de l’État iranien est pour l’instant assurée par Ali Larijani, désigné en février par le Guide pour garantir la sécurité du pays.

  • Un Conseil de direction de l’État par intérim a été nommé, composé d’Alireza Arafi, membre du Conseil des gardiens de la Constitution, du président de la République, Massoud Pezhekian, et du chef du système judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei. 
  • Il est toutefois difficile d’imaginer que ce Conseil dispose d’un rôle opérationnel dans le contexte de la guerre en cours, compte tenu du profil de ses membres.

Pour le moment, l’État iranien semble tenir. Dans la matinée, Larijani a déclaré : « nous connaîtrons des hauts et des bas dans les jours à venir, mais les perspectives seront prometteuses ».

  • Alors que Donald Trump a déclaré hier soir que « bon nombre de membres du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, de l’armée et d’autres forces de sécurité et de police ne veulent plus se battre et cherchent à obtenir l’immunité de notre part », il n’y a pas de signal dans ce sens pour le moment. 
  • L’armée conventionnelle iranienne présente d’ailleurs un front uni avec le Corps des Gardiens de la Révolution, ce qui est un indicateur clef de la cohésion du régime.
  • Le commandant en chef de l’armée iranienne, Amir Hatami, a ainsi déclaré : « l’armée, aux côtés de nos frères des Gardiens, participe pleinement aux opérations offensives et défensives ».

Si le régime survit, l’Assemblée des experts, composée de 88 clercs, devra élire un nouveau guide suprême pour la première fois depuis 1989.

  • Elle pourrait choisir une personnalité qui assurerait une grande continuité avec Ali Khamenei, tout en ayant dans les faits beaucoup moins de pouvoir. Dans ce scénario, le fils d’Ali Khamenei, Mojtaba Khamenei, pourrait conserver un rôle central dans la gestion du bureau du Guide.
  • Un autre choix pourrait être Ali Khomeini le petit-fils de Rouhollah Khomeini, qui est marié à la petite-fille du grand ayatollah basé en Irak Ali al-Sistani. Ce choix permettrait de réactiver le récit révolutionnaire en optant pour une figure plus jeune et charismatique, tout en bénéficiant d’une double légitimité religieuse des clergés chiites d’Iran (Qom) et d’Irak (Najaf).

Il est également possible que la situation actuelle d’urgence et de transition, sous la double supervision d’Ali Larijani et du triumvirat du Conseil intérimaire, se prolonge, même si le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré qu’un nouveau guide suprême pourrait être choisi dans les prochains jours : « Vous verrez peut-être la désignation d’un guide suprême d’ici un jour ou deux. »

Enfin, si le chaos des bombardements et de l’incertitude s’intensifiait dans les jours à venir, de nouvelles ou anciennes figures pourraient émerger et tenter de se positionner comme personnalités de transition, à l’instar de Hassan Rouhani, l’ancien président de la République, ou de Mohammad Qalibaf, président du Parlement, qui fait partie des rares personnalités à s’être exprimées publiquement.

4 — Une guerre de choix ? 

En rompant avec ses promesses de campagne, le président américain ouvre une séquence qu’il n’est pas certain de contrôler. L’opération américaine, baptisée Epic Fury, pourrait s’avérer plus longue et intense que la guerre de douze jours de juin 2025. Les parallèles avec l’invasion américaine de l’Irak en 2003 risquent de devenir de plus en plus évidents, alors que les États-Unis choisissent une nouvelle fois de prendre un engagement stratégique majeur au Moyen-Orient.

Ces frappes, qui interviennent deux mois après l’opération menée au Venezuela, tranchent avec la rhétorique anti-interventionniste de Trump mise en avant durant sa campagne de 2024 et dans plusieurs discours, comme en mai 2025 à West Point, lorsqu’il avait annoncé « la fin des croisades de nation-building auprès de pays qui ne souhaitaient pas être associés à nous », ou à Riyad, où il avait déclaré : « Non. Les merveilles étincelantes de Riyad et d’Abou Dhabi n’ont pas été créées par les soi-disant ‘nation-builders’ ou les ‘neocons’ ».

  • En un an, Donald Trump a ordonné plus de frappes que Joe Biden durant ses quatre années de mandat.
  • Les États-Unis ont ainsi bombardé 7 pays depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche — le Yémen, la Syrie, l’Irak, l’Iran, la Somalie, le Nigeria et le Venezuela —, éliminant par la force deux dirigeants de premier plan.

Un sondage YouGov mené le jour des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran révèle une nette impopularité de l’opération militaire.

  • 44 % des sondés s’y déclarent opposés, contre seulement 34 % qui l’approuvent.
  • Ces chiffres globaux masquent toutefois un clivage partisan particulièrement marqué : 69 % des républicains approuvent l’opération, reflétant le soutien habituel de la base conservatrice aux décisions du président.
  • À l’inverse, seuls 10 % des démocrates y sont favorables et 20 % des indépendants soutiennent les frappes. Ces derniers joueront un rôle crucial dans plusieurs scrutins clefs à la Chambre et au Sénat en novembre 10.

Donald Trump est particulièrement impopulaire, y compris sur ses sujets de prédilection, l’immigration et l’économie. La plupart des sondages suggèrent que les républicains perdront le contrôle de la Chambre après les élections de mi-mandat et pourraient voir leur courte majorité davantage réduite au Sénat.

  • Par le passé, Donald Trump lui-même avait affirmé que les présidents américains pouvaient utiliser des frappes contre l’Iran pour sauver leur mandat. En 2011, il avait posté : « Afin d’être réélu, Barack Obama va déclencher une guerre contre l’Iran ».

Avec l’annonce de la mort du guide suprême, Trump cherchera certainement à éviter de reproduire le lourd bilan des États-Unis en matière de changement de régime dans la région — de l’Irak à l’Afghanistan en passant par la Libye.

  • Dans les prochains jours, les discussions sur la légalité des frappes, non autorisées par le Congrès, devraient dominer les débats.
  • Dès samedi 28 février, les démocrates ont demandé un vote immédiat sur deux résolutions visant à empêcher toute nouvelle action militaire 11.
  • Un vote sur une résolution similaire suite à l’opération américaine au Venezuela, en janvier, avait échoué au Sénat et à la Chambre.

Ce mardi 3 mars marquera l’ouverture des primaires pour les élections de mi-mandat dans plusieurs États, dont le Texas. 

5 — La réaction illisible des Européens

La réaction des pays européens — qui n’ont pas été briefés en amont des frappes — est particulièrement illisible : si la plupart des États ont exprimé leur préoccupation, peu — à part l’Espagne, la Finlande et la Norvège — ont fait appel au respect du droit international. 

  • La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré aujourd’hui s’être entretenue avec le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman et vouloir coopérer étroitement afin de favoriser la désescalade et de préserver la stabilité régionale.
  • La Commission organisera demain, lundi 2 mars, un Collège de sécurité sur l’Iran.

La guerre, qui est une défaite supplémentaire pour les Nations unies, apparaît aussi comme un désastre complet pour l’Europe.

  • Dans un communiqué, les pays de l’E3 (l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni), qui regroupe les négociateurs de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, n’ont pas condamné les frappes américaines et israéliennes, mais ont souligné ne pas y avoir participé tout en dénonçant les représailles iraniennes. Ils ont appelé à un retour à la table des négociations.
  • Ce silence relatif est d’autant plus paradoxal que les thèmes stratégiques pour l’Europe sont nombreux et d’une importance capitale.
  • La région constitue l’une de ses principales sources d’approvisionnement énergétique — la perturbation du trafic dans le détroit d’Ormuz  met en danger les 10 % des importations européennes de GNL provenant du Qatar —, un corridor vital pour le transit des marchandises, et un espace dont la déstabilisation se traduit directement en risques de contagion — qu’il s’agisse d’une extension du conflit, d’une résurgence du terrorisme ou de nouvelles vagues migratoires.