En 2025, sur la période janvier-novembre, 38 % des importations européennes de gaz naturel liquéfié provenaient des États-Unis, selon les données de la Commission.

  • Il s’agit d’une hausse considérable en comparaison des années précédentes : +8,9 points par rapport à 2024, +6,6 par rapport à 2023 et +7,1 par rapport à 2022. 
  • En moyenne, le volume des importations de GNL américain a augmenté de 37 % entre 2022 et 2025, passant de 3,4 milliards de m³ par mois à 4,6.

Lorsqu’on regarde le montant des « importations totales d’énergie »(GNL, pétrole et combustible nucléaire), les importations européennes en provenance des États-Unis étaient toutefois en baisse en 2025 par rapport à 2024. Sur la période janvier-novembre, les Européens ont payé 59,9 milliards d’euros, contre 66,2 milliards sur la même période l’année précédente.

  • Cette baisse a été causée par une diminution des volumes importés, notamment de pétrole brut : -13,6 % de moins l’an dernier qu’en 2024.
  • La baisse des prix mondiaux du pétrole et du gaz a elle aussi joué un rôle significatif : le Brent est passé d’un prix moyen de 79,9 dollars en 2024 à 68 dollars en 2025.

Dans le cadre de l’accord signé entre la Commission et les États-Unis à Turnberry, à l’été 2025, l’Union s’est engagée à acheter du gaz naturel liquéfié, du pétrole et des produits nucléaires américains pour un montant de 750 milliards de dollars jusqu’en 2028 (640 milliards d’euros au taux de conversion actuel).

  • Le processus de ratification de l’accord a été suspendu aujourd’hui, mercredi 21 janvier, en raison des menaces de Donald Trump concernant l’annexion du Groenland et l’imposition de droits de douane par les États-Unis à partir du 1er février sur six États membres, suite à l’envoi de personnel militaire sur l’île 1.
  • À l’échelle de l’Union, la demande de gaz est en baisse depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine (-21 % au premier semestre 2025 par rapport à 2021), bien qu’elle ait augmenté de 4 % en glissement annuel au cours du premier semestre l’an dernier.
  • Dans le même temps, la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique des 27 croît rapidement et représentait 25,2 % de l’énergie consommée dans l’Union en 2024.

Lors de son discours à Davos prononcé aujourd’hui, mercredi 21 janvier, Donald Trump a qualifié les Européens de « gens stupides » en raison de leurs achats d’éoliennes chinoises qui se trouveraient « partout en Europe ».

  • Le secrétaire américain au Commerce, Lutnick, a lui aussi profité de sa présence à Davos pour critiquer l’Europe pour avoir encouragé les énergies renouvelables sans en considérer les conséquences.
  • Si le déploiement rapide des énergies renouvelables semble une véritable chance pour le continent d’assurer sa sécurité et son indépendance énergétique, une forte hausse des importations de GNL américain conduirait à une dépendance accrue de l’Europe vis-à-vis des États-Unis, à un moment politique particulièrement fragile. 
  • Cette dépendance remplacerait celle qui liait le bloc à la Russie avant 2022.
Sources
  1. Philip Blenkinsop, EU lawmakers stall US trade deal in protest over Greenland, Reuters, 21 janvier 2025.