Malgré des investissements considérables dans les infrastructures de l’intelligence artificielle par les États-Unis et la Chine — centres de données, nouvelles capacités de production d’électricité, laboratoires de recherche… —, c’est en Europe que l’IA générative est la plus utilisée.
- Selon un nouveau rapport de Microsoft publié jeudi 8 janvier, 28,3 % des Américains et 16,3 % des Chinois ont utilisé au moins un produit d’IA générative au cours du deuxième semestre 2025 1.
- Si ce chiffre est en hausse par rapport au premier semestre (+2 points pour les États-Unis et +0,9 point pour la Chine), il est bien plus faible qu’en Irlande (44,6 %), en France (44 %), en Espagne (41,8 %) ou aux Pays-Bas (38,9 %).
À l’échelle de l’Union, le taux d’adoption de l’IA générative est de 30 %, avec toutefois d’importantes disparités.
- En Roumanie et en Grèce, celui-ci est inférieur à 20 %, mais continue de croître : respectivement +0,9 et +1,4 point entre le premier et le deuxième semestre 2025.
- C’est en France où le taux d’adoption a le plus augmenté au cours de l’année dernière : +3,1 points.
- En Allemagne le taux d’adoption de l’intelligence artificielle augmente mais demeure toujours en-deçà de la moyenne européenne (28,6 % au deuxième semestre).
Selon l’institut de recherche Epoch AI, près de la moitié des organisations à l’origine du développement de grands systèmes d’intelligence artificielle depuis 2019 se trouvent aux États-Unis (154 sur 331), suivis par la Chine avec 112 organisations. Les principaux chatbots d’IA générative sont d’ailleurs quasiment tous américains ou chinois (ChatGPT, Gemini, Claude, DeepSeek…), à quelques exceptions près (comme Le Chat, développé par l’entreprise française Mistral).
Ainsi, si l’IA générative est principalement créée et développée aux États-Unis et en Chine, c’est avant tout dans les pays européens et du Golfe qu’elle est utilisée.
- Les gains de productivité susceptibles d’être débloqués par une utilisation de l’IA à grande échelle dépendent, selon la Banque centrale européenne, de plusieurs facteurs : le développement futur de la technologie, son utilisation par les travailleurs et la capacité des entreprises à tirer parti des nouvelles technologies 2.
Avant la publication du rapport de Microsoft, les chiffres du Bureau du recensement américain suggéraient que la demande pour les produits d’IA pourrait avoir atteint un plateau aux États-Unis, notamment dans les grandes entreprises de plus de 250 salariés.
- Depuis, l’administration a reformulé la question posée aux entreprises pour quantifier l’adoption de l’IA, ce qui a conduit à faire bondir le taux, qui est passé de 13 % pour les grandes entreprises à 33 % lors de la dernière vague, fin décembre 3.
- Plutôt que de leur demander si elles ont utilisé l’IA « dans la production de biens ou de services », les entreprises doivent désormais dire si elles y ont eu recours dans le cadre de « l’une de ses fonctions commerciales » (apprentissage automatique, traitement du langage naturel, agents virtuels, reconnaissance vocale, etc…)
La Russie, avec un taux d’adoption de seulement 8 %, est quant à elle en retard par rapport aux grandes puissances mais également aux pays dont la population présente un niveau de vie similaire, comme la Pologne (28,5 %) ou la Hongrie (30 %).
- L’imposition de sanctions suite au lancement de l’invasion de l’Ukraine a mis fin à une grande partie des exportations de semi-conducteurs et de cartes graphiques utilisées pour entraîner les modèles d’IA.
- La guerre a également créé un environnement défavorable pour les entreprises technologiques russes, qui dépendent d’un écosystème financier, technique et commercial largement mondialisé.
- Suite à la suspension de la cotation de son action sur le Nasdaq en 2022 en raison des sanctions, Yandex N.V., holding du géant technologique russe Yandex, a vendu ses actifs en Russie à bas-prix à l’été 2024 pour s’installer à Amsterdam sous un nouveau nom, Nebius.
- Nebius est désormais l’un des leaders du secteur du cloud computing. Le géant américain Nvidia détient par ailleurs une participation évaluée à 60 millions de dollars dans la start-up.
Sources
- Global AI Adoption in 2025 A Widening Digital Divide, Microsoft AI Economy Institute, 8 janvier 2026.
- Antonin Bergeaud, Guzmán González-Torres Fernández, Vincent Labhard et Richard Sellner, AI can boost productivity – if firms use it, Banque centrale européenne, 28 mars 2025.
- BTOS AI Core Question Updates, U.S. Census Bureau, 3 décembre 2025.