La défense du Groenland par Mette Frederiksen : « quoi qu’il arrive, nous resterons fermes »
Donald Trump a réaffirmé vouloir s’emparer du territoire de l’un des plus proches alliés des États-Unis, le Danemark.
Mais le 1er janvier, Mette Frederiksen a été très claire : même face à la pression impérialiste de Washington, elle ne se laissera pas faire.
Nous traduisons le discours de Nouvel An de la Première ministre danoise.
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- Le Grand Continent •
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Le 22 décembre 2025, le président américain Donald Trump est revenu sur la nomination de Jeff Landry comme envoyé spécial de la Maison-Blanche pour le Groenland, réitérant le fait que la conquête territoriale de l’île septentrionale rattachée au Royaume du Danemark — un allié des États-Unis — était la politique officielle de Washington.
Sa déclaration marque une rupture profonde dans la stratégie extérieure américaine, les États-Unis n’ayant pas eu recours à la prise de terre depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Face aux déclarations de Landry et de Trump, la Première ministre danoise Mette Frederiksen, et le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, ont publié le même jour une réaction conjointe, exigeant le respect de l’intégrité territoriale de l’île.
Moins de dix jours plus tard, dans le discours particulièrement grave prononcé à l’occasion de ses vœux pour le Nouvel An, la Première ministre danoise a adopté de nouveau une attitude de fermeté.
« Au cours de l’année écoulée, nous avons entendu beaucoup de choses : des menaces, des pressions et des propos condescendants, même de la part de nos plus proches alliés depuis des siècles. Il a été question de vouloir s’emparer d’un autre pays et d’un autre peuple, comme s’il s’agissait de quelque chose que l’on pouvait acheter et posséder. […] Que personne n’ait de doute : quoi qu’il arrive, nous resterons fermes sur ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. »
Tandis que les États-Unis de Trump et se désengagent de l’Europe, Frederiksen réitère son soutien à l’Ukraine :
« Nous continuons bien sûr à soutenir l’Ukraine. Pour certains, cela peut encore sembler être un conflit lointain ; pourtant, tout est lié. Si nous laissons un pays tomber, la voie sera ouverte pour que la Russie puisse s’avancer plus loin en Europe. »
Au-delà de sa dimension géopolitique explicite et évidente vis-à-vis des prétentions territoriales de Trump, ce discours est aussi à lire à un autre niveau.
Alors que le Danemark est traditionnellement marqué par un État-providence fort, Frederiksen tire les leçons des inégalités de développement qu’a suscitées la mondialisation économique. Esquissant un programme de réforme du système de santé — en particulier pour pallier aux déserts médicaux — et détaillant plusieurs mesures pour réduire le coût de la vie, elle se saisit du problème de l’Utkantsdanmark, le « Danemark périphérique » et économiquement fragile.
Cette fragilité est aussi celle des jeunes Danois, exposés à un marché de l’emploi rendu précaire par la fracture numérique. Face à l’alliance techno-césariste entre l’administration Trump et les géants de la tech, poussant pour la déréglementation du numérique en Europe — et alors que l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents est de plus en plus documenté — la Première ministre danoise appelle à un sursaut :
« Certains volent actuellement l’enfance de nos jeunes : les géants de la technologie. Je pense qu’ils devraient être réglementés plus sévèrement. Les propriétaires des réseaux sociaux ont gagné des milliards au détriment d’autres personnes, en particulier de nos enfants. Il est temps qu’ils commencent à rembourser, afin que leurs énormes fortunes soient également investies dans le bien-être. »
Voilà maintenant plus de six ans que je suis votre Première ministre.
Ce fut pour moi un grand honneur.
Alors que nous nous acheminons vers de nouvelles élections plus tard cette année, il se peut que ce discours du Nouvel An soit mon dernier.
Je me permets donc ce soir d’être un peu plus directe, tant sur le plan politique que personnel.
Je suis devenue social-démocrate parce que je crois en la justice ; et je suis devenue Première ministre parce que je crois que nous pouvons rendre ce pays fantastique encore meilleur.
J’ai fait de mon mieux pour y parvenir ; mais en même temps, la période a été très différente de ce que j’avais imaginé.
Nous avons d’abord connu le Covid ; la guerre est ensuite revenue en Europe.
Maintenant, nous connaissons un conflit autour du Groenland et du Royaume.
Je pense que ces crises ont contribué à nous façonner.
Elles m’ont façonnée moi aussi, en me rendant plus dure ; non pas dans mon for intérieur, mais dans les débats : je peux en voir les marques sur les photos.
Une partie des critiques à mon égard est justifiée, et je les accepte.
Je me suis concentrée pour que nous aidions ensemble le Danemark et l’Europe à traverser une période difficile ; mais en cours de route, je ne vous ai pas toujours écouté comme il le fallait.
Nous n’avons pas suffisamment fait face à la hausse des prix des denrées alimentaires.
Nous n’avons pas suffisamment fait face à l’augmentation des inégalités.
Nous n’avons pas fait assez pour les enfants et les jeunes maltraités.
Cela doit changer — et cette responsabilité m’incombe.
C’est pourquoi je m’adresse d’abord à vous, parents et grands-parents, qui nous regardez ce soir.
Nous connaissons tous un enfant ou un jeune qui ne va pas bien ; un dont l’enfance est marquée par l’angoisse, l’école, le mal-être ou le manque de confiance en soi et en la vie.
Même si, heureusement, la plupart des enfants et des jeunes au Danemark mènent une vie agréable et heureuse, voient un monde s’ouvrir à eux, ont des rêves et de l’espoir pour l’avenir, il y a beaucoup trop d’enfants et de familles qui luttent contre l’obscurité — soit dans leur esprit, soit dans leur expérience de la lutte contre le système.
En d’autres termes, trop nombreux sont ceux qui se retrouvent seuls dans une situation difficile.
Que faites-vous, qui êtes père ou mère ? Hier, vous êtes allés courageusement au travail ; vous faites de votre mieux, mais le doute vous ronge. L’école va-t-elle encore appeler ?
Votre adolescent passe peut-être trop de temps seul à la maison, sans véritable lien social avec les autres ; vous êtes inquiet du temps passé devant les écrans, les téléphones portables et les réseaux sociaux, d’une inclusion ratée à l’école primaire.
Vous êtes nombreux à être très tendus : nous devons, en tant que société, être plus solidaires sur ce sujet.
Nous sommes en train de changer l’école publique ; et nous sommes en train de renforcer la psychiatrie.
Davantage de jeunes ont désormais un emploi à temps partiel. Je pense que nous savons tous qu’il n’y a pas de solution unique, et que nous avons tous une responsabilité.
Certains volent actuellement l’enfance de nos jeunes : les géants de la technologie. Je pense qu’ils doivent être réglementés plus sévèrement.
Les propriétaires des réseaux sociaux ont gagné des milliards au détriment d’autres personnes, en particulier de nos enfants.
Il est temps qu’ils commencent à rembourser, afin que leurs énormes fortunes soient également investies dans le bien-être, en particulier celui des enfants et des jeunes — pas seulement au Danemark, mais dans toute l’Europe.
Je souhaite prendre la tête de ce travail.
Je suis moi-même née dans les années 1970. C’était une époque sans téléphones portables ni réseaux sociaux. En revanche, en ce temps-là, le chômage était élevé et l’économie mauvaise.
C’était une époque où John Mogensen chantait : « Il y a quelque chose qui ne va pas au Danemark. Tant que votre porte-monnaie est plein, vous pouvez obtenir tout ce que vous voulez. »
Je me demande ce qu’il aurait dit s’il avait vécu aujourd’hui.
Même si le Danemark est manifestement une société meilleure et plus riche, et même si nous vivons plus longtemps et que beaucoup plus de personnes ont bénéficié d’une bonne scolarité et d’une bonne formation, les inégalités se sont également accrues.
C’est une évolution à laquelle j’ai tenté de m’opposer en tant que Première ministre.
Nous avons introduit un droit à la retraite anticipée pour ceux d’entre vous qui ont eu la vie professionnelle la plus longue et la plus difficile.
Nous avons augmenté les salaires, en particulier dans les professions féminines qui s’occupent de nos enfants, de nos personnes âgées et de nos malades.
Nous avons l’association Ældre Sagen, de même qu’un système d’allocations chômage plus solidaire pour les salariés danois.
Association de plus de 900 000 membres, elle propose un accompagnement social aux personnes âgées isolées.
Nous avons aidé des milliers de personnes bénéficiant de l’aide sociale à entrer sur le marché du travail.
Nous avons lutté contre les spéculateurs immobiliers et nous avons injecté bien plus d’argent dans notre système de protection sociale commun.
Mais nous n’en avons pas fait assez.
Car il y a quelque chose qui ne va pas quand des familles aux revenus tout à fait normaux ont du mal à trouver un appartement abordable à Copenhague, alors qu’ailleurs dans le pays, on a du mal à obtenir un prêt pour acheter une maison individuelle.
Il y a quelque chose qui ne va pas quand certains sont devenus riches simplement parce qu’ils vivent au bon endroit, tandis que d’autres ont du mal à joindre les deux bouts quand ils font leurs courses au supermarché.
Il y a quelque chose qui ne va pas quand certains peuvent prendre leur retraite à un âge précoce, tandis que pour la plupart des autres l’âge de la retraite continue à augmenter.
Je ne pense pas que tout le monde doive être identique, mais à mon avis, le Danemark est trop petit pour accepter de trop grandes différences — y compris en matière de santé.
Depuis de nombreuses années, il y a moins de médecins dans les régions du Danemark où vivent le plus grand nombre de personnes malades.
Cela devrait en fait être l’inverse.
Une telle inversion se produit aujourd’hui : davantage de médecins arrivent à Vendsyssel-Thy
Île située à l’extrême nord du Danemark.
et sur l’île de Lolland.
Île au sud de celle de Seeland — la plus grande île de l’archipel danois, où se situe la capitale Copenhague.
Vous qui vivez dans ces lieux avec une maladie chronique — le diabète, une maladie cardiaque, le cancer — vous pouvez enfin espérer bénéficier d’un traitement plus cohérent.
C’est maintenant à votre tour d’obtenir des droits en tant que patients.
Vous qui avez heureusement survécu à la maladie, mais qui souffrez peut-être de séquelles, vous allez désormais bénéficier d’une aide supplémentaire.
Vous souvenez-vous de la politique de santé d’il y a quelques années ? Les délais d’attente dans les hôpitaux étaient longs et nous manquions à la fois d’infirmières et de sages-femmes.
Nous avons remédié à cela.
Mais dans un autre domaine — l’une des maladies les plus cruelles qui soient — l’aide fait encore défaut.
Il s’agit de la démence.
D’abord, on commence à oublier, puis on change peut-être de comportement. Au terme, on n’est plus du tout reconnaissable.
Être proche d’une personne qui disparaît sous vos yeux est insupportable, et beaucoup d’entre nous ont vécu une telle situation.
« J’ai le droit d’avoir des souvenirs », chante si joliment Liv Avel — ce n’est pourtant qu’une maigre consolation pour les proches.
Même si la science ne parvient pas encore à guérir la démence, nous devons devenir bien meilleurs pour détecter la maladie plus rapidement, pour la prévenir et la soulager, et pour voir la personne qui se cache encore derrière ; nous pouvons aussi apporter plus d’aide et plus de soutien aux proches.
Tout cela fait partie du plan national sur la démence que le gouvernement présentera au cours de la nouvelle année.
Nous créons également le premier centre national de recherche sur la santé des femmes.
Nous le faisons parce que les maladies féminines ont malheureusement été négligées pendant trop longtemps ; c’est là quelque chose que nous voulons changer.
Nous allons examiner comment nous pouvons mieux aider celles d’entre vous qui souffrent de douleurs pelviennes ou de lésions après un accouchement.
Je pense qu’un discours un peu démodé a été tenu dans notre société et dans notre système de santé : nous, les femmes, devrions simplement serrer les dents et prendre quelques analgésiques.
Les lésions post-partum doivent en vérité être prises au sérieux et traitées : cette manière de faire devrait aller de soi.
La politique peut encore faire la différence, même lorsqu’elle est menée par un gouvernement étrange.
Je ne regrette pas que nous ayons formé il y a trois ans un gouvernement centriste.
Dans un monde marqué par les divisions et les troubles, nous avons choisi de coopérer ; cela n’a manifestement pas profité à nos partis, mais je n’ai aucun doute sur le fait que cela a servi les intérêts du Danemark.
C’est ce qui est le plus important.
Ce soir, je voudrais lancer un appel aux partis politiques représentés au Parlement pour qu’ils ne s’éloignent pas trop les uns des autres dans leurs discours, notamment en ce qui concerne les prix des denrées alimentaires.
Nous ne pouvons pas contrôler les prix mondiaux des matières premières, mais nous pouvons en atténuer certaines conséquences.
Regardez votre prochaine fiche de paie, votre prochain versement ou votre prochaine facture d’électricité, alors que nous allons supprimer la taxe sur celle-ci : grâce à de bons accords, à l’augmentation des salaires, à la hausse des retraites et à la réduction d’impôt qui profite notamment aux parents célibataires, la grande majorité des Danois disposeront cette année de plus d’argent, même après avoir fait les courses pour le dîner ou les repas des enfants.
Faire ses courses reste cependant trop cher. Malheureusement, ce sont surtout les Danois ayant déjà peu d’argent à dépenser qui en souffrent.
J’ai dit précédemment que nous n’avions pas fait assez pour lutter contre la hausse des prix des denrées alimentaires.
Nous allons maintenant y remédier.
Le gouvernement proposera cette année la mise en place d’un chèque alimentaire ; il sera notamment destiné aux retraités qui n’ont pas beaucoup d’argent en banque, aux chômeurs et aux familles avec enfants qui n’ont pas de revenus élevés.
Ce chèque sera simplement un transfert en espèces. Il vous permettra de faciliter les courses au supermarché.
Ce chèque ne fera pourtant pas baisser les prix.
C’est pourquoi, dans le plan économique que nous présenterons au début de l’année prochaine, le gouvernement prévoit également d’allouer des fonds à la réduction de la TVA ; soit les denrées alimentaires deviendront globalement un peu moins chères, soit la TVA sera supprimée sur les fruits et légumes. Nous allons maintenant entamer des négociations avec les partis représentés au Parlement.
Une autre mesure que nous présenterons cette année est une réforme de l’expulsion ; elle permettra d’expulser encore plus de criminels étrangers du Danemark.
Laissez-moi d’abord dire ceci, à ceux d’entre vous qui êtes venus ici et avez adopté le Danemark, comme à ceux d’entre vous dont nous avons besoin dans notre société.
On peut très bien être Danois même si l’on n’aime pas les boulettes de viande, ou les sandwichs au hareng.
Nous, les Danois, nous ne nous ressemblons pas — et nous n’avons pas besoin de nous ressembler — mais nous devons nous accepter les uns les autres.
Au Danemark, lorsque la démocratie et la religion s’affrontent, Dieu doit céder le passage.
C’est pourquoi, à ceux qui sont venus chez nous et qui commettent des crimes, je dis : vous n’avez pas votre place ici.
Nous ne supportons pas votre conduite folle et votre culture dominante.
Vous détruisez le plus beau pays du monde, et nous ne pouvons tout simplement pas vous le permettre.
Personne ne comprend pourquoi un Irakien condamné pour avoir brutalement agressé une personne innocente avec un club de golf ne peut être expulsé ; ou pourquoi un homme du Kosovo, déjà condamné, qui a été jugé coupable d’avoir maltraité ses enfants et son épouse pendant plusieurs années, est autorisé à rester au Danemark.
Le gouvernement propose donc qu’à l’avenir, les étrangers soient expulsés s’ils commettent des crimes graves et sont condamnés à au moins un an de prison ; ce quel que soit leur lien avec le Danemark. Il sera ainsi clairement établi que si une personne est condamnée pour viol, violence grave ou tout autre type de crime que nous qualifions également de grave, elle ne pourra plus rester au pays.
Grâce à une politique danoise stricte en matière d’immigration, qui nous amène déjà aux limites prévues par les conventions, nous expulsons aujourd’hui déjà de nombreux étrangers malheureusement venus au Danemark pour commettre des crimes.
Si nous pouvons maintenant aller plus loin, c’est parce qu’avant Noël, le Danemark et l’Italie ont réussi à obtenir le soutien de vingt-sept pays pour une nouvelle interprétation de la Convention européenne des droits de l’homme.
Désormais, ce sont avant tout les populations et les victimes qui doivent être protégées — et non les auteurs des crimes.
Plutôt que d’attendre plusieurs années pour que cela se traduise dans la pratique judiciaire, nous prenons les devants au Danemark et adopterons une législation avant l’été.
Mon discours de ce soir n’a pas porté sur la politique étrangère.
Cela aurait pu être le cas. Mais vous connaissez mon analyse et vous savez quelle est la position de notre gouvernement.
Nous sommes en train de renforcer la défense et la préparation du Danemark.
Jamais auparavant nous n’avons armé notre pays de manière aussi significative et aussi rapide.
Nous continuons bien sûr à soutenir l’Ukraine.
Pour certains, cela peut encore sembler être un conflit lointain ; pourtant, tout est lié.
Si nous laissons un pays tomber, la voie sera ouverte pour que la Russie puisse s’avancer plus loin en Europe.
Nous sommes également en train de renforcer la sécurité dans l’Arctique.
Le Royaume est grand par sa taille et petit par sa population.
Au cours de l’année écoulée, nous avons entendu beaucoup de choses : des menaces, des pressions et des propos condescendants — même de la part de nos plus proches alliés depuis des siècles.
Il a été question de vouloir s’emparer d’un autre pays et d’un autre peuple, comme s’il s’agissait de quelque chose que l’on pouvait acheter et posséder.
Ces agissements n’ont leur place nulle part.
Nous assumons nos responsabilités dans le monde et ce n’est pas nous qui chercherons le conflit.
Que personne n’ait de doute cependant : quoi qu’il arrive, nous resterons fermes sur ce qui est juste et ce qui ne l’est pas.
Je comprends tout à fait que l’on aborde la nouvelle année sans grand optimisme pour le monde.
Ces dernières années, tout se passe comme si l’espoir se cachait trop bien.
Peut-être n’avons-nous en réalité pas besoin de le chercher bien loin ; peut-être est-il sous nos yeux : dans notre attention les uns envers les autres, notre confiance envers les autres, notre façon danoise de faire les choses.
Peut-être devons-nous croire un peu plus en nous-mêmes, et aux valeurs sur lesquelles nous avons bâti le Danemark — où peu ont trop et moins ont trop peu.
Peut-être est-ce tout particulièrement dans les années difficiles que nous devons retrouver la foi en un avenir meilleur.
C’est ce à quoi je me tiendrai.