Ces dernières semaines, le Premier ministre israélien, qui pourrait perdre sa majorité à la Knesset à l’issue des élections d’aujourd’hui, mardi 27 octobre, a tenté à plusieurs reprises de convaincre Trump de reprendre les frappes contre l’Iran. Contrairement à l’armée américaine, Tsahal n’est plus actif offensivement autour de l’Iran.

Selon les données d’ACLED, les dernières frappes israéliennes remontent au 8 juin.

  • Netanyahou aurait plaidé directement auprès de Trump pour la reprise des frappes à grande échelle au cours de plusieurs appels téléphoniques.
  • Tsahal s’était notamment préparé à une opération de bombardement de grande envergure, prévue pour durer plusieurs jours à partir du week-end du 10 octobre, qui aurait eu pour cible des centrales électriques, des installations nucléaires et des cibles liées au régime 1.

Selon un responsable américain, le dirigeant israélien, arrivé au pouvoir pour la première fois en 1996, « estime que sa force réside dans le fait d’être un Premier ministre en temps de guerre » 2.

Netanyahou semble avoir multiplié les tentatives visant à provoquer une escalade dans les jours qui ont mené au scrutin.

  • Lundi 19 octobre, plusieurs dizaines d’avions de l’armée israélienne, dont des chasseurs et des ravitailleurs, ont volé jusqu’à la frontière iranienne dans ce qui a été présenté par Israël comme un « exercice d’entraînement ». Selon Axios, cette sortie « aurait pu conduire à une erreur d’appréciation, déclenchant une riposte iranienne et ravivant la guerre » 3.
  • Vendredi 23, Netanyahou a annoncé le lancement d’opérations militaires en Cisjordanie suite à la mort de deux soldats israéliens près d’Hébron. Dans une allocution filmée, il a déclaré : « Le ministre de la Défense et moi-même envisageons une opération de très grande ampleur, comme il n’y en a pas eu depuis la guerre des Six-Jours ».

Dimanche 25, la chaîne israélienne Channel 12 a rapporté que des tensions avaient éclaté ces derniers jours entre le chef d’état-major de l’armée, Eyal Zamir, et Netanyahou au sujet d’une instruction donnée par le Premier ministre « concernant une action militaire non précisée » 4.

  • Des responsables de la Défense estiment que celle-ci pourrait conduire à une « rapide confrontation avec l’Iran » peu avant les élections.
  • Netanyahou a démenti, mais Galeï Tsahal, la radio de l’armée israélienne, a publié des informations similaires hier, citant deux responsables de la sécurité.
  • Début octobre, Zamir avait prévenu son homologue américain, Dan Caine, qu’une reprise de la guerre dans les semaines suivantes pourrait conduire au report des élections.

Le bloc de Netanyahou devrait perdre une vingtaine de sièges lors du scrutin d’aujourd’hui, et plafonner à environ 50 députés, selon les derniers sondages.

  • L’ancien chef d’état-major Gadi Eizenkot et ses alliés ne seraient en avance que de justesse, avec entre 54 et 56 sièges.
  • Crédités d’une quinzaine de sièges, les partis arabes pourraient jouer un rôle décisif malgré les réticences d’une partie de la droite à s’allier avec eux.

Faute de majorité alternative, Netanyahou resterait à la tête d’un gouvernement de transition jusqu’à de nouvelles élections. Selon plusieurs sources proches du dossier, le Premier ministre privilégierait ce scénario, misant sur l’affaiblissement de son principal rival, Gadi Eisenkot, et sur de nouveaux succès militaires.