Connaissez-vous trois provinces chinoises ? Pour comprendre la Chine de Xi, il faut sortir de Pékin et de Shanghai. Notre nouvelle série part à la rencontre des espaces où se construit une autre figure du futur. Pour recevoir cette série, abonnez-vous au Grand Continent
Chengdu se situe dans la province du Sichuan, l’un des poumons verts de la Chine. La ville est entourée d’une zone humide où l’on compte de 250 à 300 jours couverts par an et où l’on mange la nourriture la plus pimentée du pays. Le ciel est gris et bas toute l’année, il pleut des pluies tropicales l’été et il fait froid l’hiver, bien que les températures ne descendent que rarement en dessous de zéro. C’est la ville « paradis » où il fait bon vivre, en tout cas c’est ce qu’on dit d’elle ailleurs en Chine. Sichuan c’est également l’une des provinces les plus endettées en volumes 1, aux côtés de collectivités bien plus riches, plus industrialisées et plus proches des centres du pouvoir, comme le Zhejiang ou Tianjin. Le Sichuan n’est pas pour autant à la traîne : cinquième économie provinciale, c’est la première de la Chine « occidentale ». La province et ses habitants sont connus pour leurs jeux d’argent. On dit qu’ils ont inventé des tables de mahjong recouvertes d’un tissu absorbant les sons pour échapper aux oreilles attentives des policiers qui reconnaissaient les lieux de jeu interdits au bruit des pièces qui s’entrechoquent. Avant leur interdiction par les autorités, on jouait au mahjong dans les maisons de thé, à la fraîcheur de petites forêts de bambou, plante qui participe au folklore du lieu ainsi qu’au régime du panda, animal emblématique de la région.
Si l’on devait la caractériser, le Sichuan serait l’opposé de Pékin : une province « informelle ». Cela se voit dans la chaleur étouffante de l’été, lorsque les Sichuanais boivent de la bière autour de fondues chinoises, le huoguo (dont la paternité est disputée avec la ville voisine de Chongqing), pour transpirer. C’est dans ce type d’établissement, avec un tablier en plastique autour du cou, que se nouent toutes sortes de contrats, légaux, illégaux, formels ou informels, parfois juteux. À la manière des récits d’aventure d’antan, on serait presque tenté d’expliquer que c’est ce « climat » particulier, combiné à la proximité d’universités de qualité, imbriqué dans un tissu économique dynamique et fort d’une tradition militaire liée à la présence de l’armée de l’air, qui fait aujourd’hui de Chengdu et de sa province l’un des hauts lieux des attaques cyber-offensives chinoises. Surprenant peut-être, mais corroboré par les faits. L’armée chinoise fait de plus en plus appel à des entreprises privées plutôt qu’à ses propres effectifs pour ses missions cyber. Et Chengdu est l’un des centres névralgiques de cette activité. Outre son vivier d’ingénieurs et son lien particulier avec l’armée, elle posséderait cette « touche », cette aisance dans les zones grises – bref, des caractéristiques plus ou moins objectivables qui font indéniablement d’elle un lieu propice au développement d’activités à la marge de la légalité. Toutefois, et comme pour tout sujet en Chine, le Sichuan est en concurrence avec d’autres provinces, principalement avec le Hubei, dans le secteur du cyber ainsi que dans d’autres domaines qui y sont intimement liés, comme l’intelligence artificielle. Cette concurrence oblige Chengdu à innover, mais aussi à être parfois peu regardante sur la sécurisation de cette activité, afin de continuer à remporter les contrats d’État qui la font vivre — l’épisode i-Soon en témoigne.
Chengdu et le renouveau du « Troisième front » dans le domaine aéronautique et cyber
À partir du milieu des années 2010, Xi Jinping a remis au goût du jour le « Troisième front » 2, un programme militaire majeur lancé par Mao Zedong. Le Sichuan avait intégré ce dispositif dès les années 1960. L’objectif affiché était de délocaliser les écosystèmes et les chaînes industrielles militaires des zones côtières vers des provinces enclavées et difficiles d’accès, comme le Sichuan, adossé au plateau tibétain et aux monts Hengduan, mais aussi le Ningxia, le Gansu ou le Hubei, afin de pouvoir mobiliser ce troisième « front » en cas de destruction des premier (les régions côtières) et deuxième (les villes intérieures jouxtant ces zones).
C’est à partir de cette période que la province a acquis une spécialisation militaire, d’abord dans le domaine de l’aérospatial, puis dans celui des capacités cyber. Cette orientation initiale s’explique par la présence d’une base de lancement satellitaire à Xichang, dans le sud de la province ; d’une base aérienne à Qionglai, à l’ouest de Chengdu ; et de la base de Fenghuangshan, au nord de la ville. L’actualité provinciale de 2026 témoigne d’une activité continue dans ce domaine : le Sichuan a accueilli la Journée nationale de l’espace 3, et Chengdu a organisé la quatrième édition de sa conférence sur l’industrie spatiale 4, en présence du gouverneur de la province. Des appareils militaires chinois inédits sont par ailleurs régulièrement aperçus survolant la ville, comme ce fut le cas en 2024 avec ce qui serait, selon les experts, un avion de sixième génération 5.
La doctrine du Troisième front a été abandonnée dans les années 1980, laissant derrière elle des usines désaffectées que la nature a peu à peu réinvesties 6. La réforme militaire de 2015 et la création de la Force de soutien stratégique, depuis lors démantelée en 2024, ont réactivé le Troisième front du Sichuan. Outre des zones escarpées et difficiles d’accès, la province dispose de plusieurs atouts revalorisés dans les nouvelles considérations géopolitiques de Pékin : un vivier continuellement renouvelé de jeunes recrues formées dans les universités locales, des entreprises proches des instances militaires et étatiques, ainsi qu’un sous-sol riche en matériaux critiques. Avec le temps, Chengdu s’est toutefois davantage tournée vers une industrie militaire tertiarisée, « de services », que de production, sans pour autant abandonner ce dernier objectif.
Le développement de forces cyber privées sichuanaises au service de l’État
Une activité plus secrète a été révélée par la fuite, sur GitHub en 2024, des données de l’entreprise sichuanaise i-Soon (Anxun Information Technology Co. ; 安洵信息技术有限公司). Cette société, aujourd’hui inactive, aurait mené des opérations cyber pour le compte du gouvernement chinois ou de branches provinciales de certains ministères, dont le ministère de la Sécurité d’État 7. Selon les documents fuités, l’entreprise aurait piraté, pour le compte de commanditaires d’État, des cibles telles que des ministères, des opérateurs de télécommunications ou des universités de pays tiers. En France, Sciences Po figure sur cette liste. Mais les pays les plus touchés, d’après les informations disponibles, seraient des pays voisins de la Chine.
Cet épisode n’est pas anecdotique. Il témoigne de l’expansion de l’industrie cyber chinoise. Selon le média technologique 36Kr, celle de Chengdu affiche, depuis 2018, une croissance annuelle supérieure à 20 % 8. Le secteur s’y structure autour de trois types d’acteurs : les leaders nationaux (奇安信 Qi An Xin, 启明星辰 Venustech, 华为 Huawei), les entreprises de rang national dotées d’entités provinciales (中国网安 China Cybersecurity, 亚信安全 Asiainfo Security) et les entreprises de rang provincial (科来 Colasoft, 迈普通信 Maipu Communication,), catégorie dans laquelle se range i-Soon 9. Plusieurs observateurs établissent un lien entre i-Soon, d’autres entreprises cyber sichuanaises (Chengdu 404 par exemple), et l’APT41 (Advanced Persistent Threat 41), un groupe de pirates informatiques criminels à l’origine, que Pékin mobilise depuis 2015 pour des opérations d’espionnage hors de Chine. Certains de ses membres suspectés, toujours recherchés par le FBI 10, seraient des employés de Chengdu 404.
L’essor de Chengdu dans l’écosystème de la défense s’inscrit dans une redistribution des cartes au plus haut sommet de l’État. Avec la réforme de l’Armée populaire de libération et la création, en 2015, de la Force de soutien stratégique, démantelée en 2024, l’armée se serait délestée des opérations d’espionnage industriel et de vol de propriété intellectuelle au profit du ministère de la Sécurité d’État 11. Toutefois, dans les faits, le ministère de la Sécurité publique (l’équivalent des forces de police) est également souvent cité comme donneur d’ordre – ce qui témoigne de la concurrence de ces deux ministères dans la sphère cyber. Ces deux instances auraient recours à la contractualisation avec des entreprises provinciales, du Sichuan et d’ailleurs. Le choix des cibles revient le plus souvent aux bureaux locaux des ministères de la Sécurité d’État et de la Sécurité publique. Les analystes, toutefois, n’en présentent jamais de preuves irréfutables. Le Département de la Justice américain semble néanmoins établir un lien clair entre les employés d’i-Soon et des opérations menées pour le compte du Ministère de la Sécurité publique et de la Sécurité d’État, puisque certains d’entre eux sont encore activement recherchés 12.
Le Sichuan, contributeur à la politique chinoise de fusion civilo-militaire dans le secteur de la cybersécurité
Chengdu ne cache pas son ambition de devenir le leader chinois de la cybersécurité : la ville entend contribuer ouvertement au projet de Xi Jinping de faire de la Chine une « Puissance cyber de premier plan » (网络强国) 13. Dès 2018, Chengdu incite les entreprises, les universités, l’État et la municipalité à former un « cluster » et à travailler horizontalement. Un document municipal propose ainsi un « Plan cybersécurité » 14 pour la ville, qui se donne pour ambition de devenir une « zone d’innovation pour l’intégration civilo-militaire » :
« Nous mettrons en place un institut de recherche et une base industrielle d’intégration civilo-militaire pour la cybersécurité, établirons des mécanismes de transfert bidirectionnel des résultats scientifiques et technologiques dans ce domaine entre les secteurs militaire et civil, formerons des talents polyvalents, encouragerons l’innovation collaborative dans les technologies militaires et civiles et le partage des ressources d’innovation scientifique et technologique, et formerons un modèle d’intégration et de développement approfondis des technologies, des talents et des industries militaires et civiles. »
Depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, la politique de fusion civilo-militaire a pris une tournure bien plus ambitieuse que sous ses prédécesseurs. Il ne s’agit plus seulement de mettre en place des « pipelines » clairement identifiés entre les sphères civile et militaire, à l’image des sept universités financées par le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’Information (MIIT) et baptisées « Sept fils de la défense nationale » (国防七子). Xi pousse la logique plus loin : il faudrait tisser des liens entre les secteurs civil et militaire dans tous les domaines, aussi bien dans la R&D privée que dans les universités civiles les plus reconnues. C’est ainsi que l’université du Sichuan (四川大学), établissement civil situé au cœur de Chengdu, a été choisie par le ministère de l’Éducation et l’Administration chinoise du cyberespace 15 pour y créer un centre de recherche et une école formant des talents en cybersécurité jusqu’au niveau du doctorat 16. La municipalité indique que l’université a déjà mis en place des conventions de stage et des laboratoires communs avec des entreprises du secteur, dont Chengdu 404, l’une des sociétés privées déjà associées à des activités cyber offensives pour le compte du gouvernement chinois.
L’université d’électronique de Chine (UESTC, 电子科技大学), également basée à Chengdu, est rattachée depuis 2016 à la SASTIND (Administration d’État pour la science, la technologie et l’industrie de défense nationale) et au ministère de l’Éducation 17. Elle forme elle aussi des talents en cybersécurité. Son École de sécurité du cyberespace, fondée en juillet 2015 18, s’appuie notamment sur le Laboratoire national de technologie anti-brouillage des communications, un domaine proprement militaire. L’UESTC ne semble toutefois pas entretenir de liens particuliers avec les entreprises soupçonnées de conduire des opérations offensives et semble institutionnellement plus proche des institutions militaires que du tissu entrepreneurial flou dans lequel évolue Chengdu 404.
Non seulement Chengdu forme les talents, mais la ville s’enorgueillit aussi de dénicher les « pépites » nationales, pour le secteur privé comme pour le secteur public, y compris militaire. Depuis 2018, la ville accueille ainsi la « Coupe de Tianfu » (天府杯), l’équivalent chinois des hackathons français ou du Pwn2Own américain. Des équipes universitaires et des laboratoires d’entreprises s’y affrontent pour percer les vulnérabilités de différentes cibles. Ces compétitions sont organisées en vase clos, les équipes chinoises ne participant plus, depuis cette date, aux compétitions internationales similaires, afin d’éviter toute fuite des cerveaux. Certains rapports estiment probable 19 que les vulnérabilités découvertes sur des produits « non chinois » soient ensuite transmises au ministère de la Sécurité publique et que les meilleurs hackers soient directement approchés par ses services. La compétition permet ainsi d’identifier à la fois les talents les plus prometteurs et des vulnérabilités encore inconnues, ancrant un peu plus le territoire sichuanais dans une logique de promotion des capacités offensives.
Le développement de la cyber imbriqué dans le maillage de la ville de Chengdu
À Chengdu, des lieux et des événements permettent d’observer les liens directs entre les sphères privée, publique, civile et militaire dans le cyberespace. Le « cluster » cyber s’organise autour de sites voués à la cybersécurité ou à la fusion civilo-militaire. En 2022, la ville obtient avec Chongqing la labellisation par le MIIT d’un parc industriel national de cybersécurité interrégional (成渝地区), distinguant quatre sites à Chengdu.
Gaoxin (高新园) constitue la base R&D de l’écosystème cyber du Sichuan, tournée vers le secteur militaire. On y trouve le premier parc industriel chinois entièrement dédié à la cybersécurité : le Parc national de l’industrie de la sécurité de l’information de l’Ouest (国家西部信息安全产业园). Il a été créé autour du laboratoire de cryptographie de l’entreprise publique d’électronique de défense CETC, l’Institut n°30 (中国电科第三十研究所), et de ses filiales commerciales.
Tianfu (四川天府新区) abrite les infrastructures scientifiques les plus avancées de la ville (supercalculateurs, laboratoires nationaux, incubateurs d’entreprises innovantes). Créée en 2014, cette zone soutient les forces scientifiques et technologiques stratégiques nationales dans tous les domaines ciblés par la Chine, dont la cybersécurité, et précède ainsi les politiques cyber chinoises. Elle attire des scientifiques et des ingénieurs de renom grâce à des financements spécifiques.
Shuangliu (双流园) abrite un pôle industriel aérospatial préexistant, en adéquation avec la vocation de Chengdu de servir le secteur cyber tout en maintenant une activité de production. Cette zone concentre la chaîne de production de l’innovation de la ville.
Jinjiang (锦江园), enfin, se spécialise dans les applications commerciales du cyber 20.
Les quatre pôles remplissent ainsi, en théorie, des fonctions différenciées, un secteur tout entier étant irrigué par les talents formés dans les universités de la ville.
Une double concurrence féroce : l’IA et Wuhan
En réalité, la plupart de ces sites préexistent aux politiques de développement cyber et ne visent pas uniquement à faire progresser la cybersécurité. L’intelligence artificielle et les biotechnologies sont également des sujets de préoccupation pour les décideurs publics chinois. La soutenabilité du secteur cyber peut être interrogée alors qu’il entre désormais en concurrence, pour les moyens humains et financiers, avec le développement à marche forcée de l’intelligence artificielle inscrit dans le Plan quinquennal 21. Ce changement de cap est documenté depuis 2024 par les analystes du géant national de la cybersécurité Qi An Xin 22, qui constatent une allocation nette du capital vers l’IA. Si les entreprises de cybersécurité ont continué d’être financées en 2024, c’est presque exclusivement parce qu’elles se sont recentrées sur des points de recoupement avec l’IA, comme la sécurité des données et la détection de deep fakes, plutôt que sur la cybersécurité « classique ». Un autre rapport sur les financements privés 23 en Chine souligne l’accentuation de cette tendance : le nombre d’entreprises de cybersécurité financées via la bourse a diminué de 60 à 20 entre 2024 et 2025. Après 2023, les données sur les financements publics de Chengdu et du Sichuan sont introuvables. Il est donc difficile de dire si la province suivra la trajectoire nationale. Tout pousse néanmoins à le croire : le Sichuan compte parmi les provinces les plus endettées en volume de Chine (la cinquième) et subit de plein fouet la crise du secteur de l’immobilier depuis l’effondrement d’Evergrande en 2021. Il est probable qu’elle cherchera à s’insérer dans les grands programmes nationaux de sciences et de technologie pour continuer à se financer — des programmes très largement tournés vers l’IA.
Le secteur cyber de Chengdu n’est pas seulement concurrencé par l’essor de l’IA. Il doit également compter avec une autre rivale : Wuhan, et l’ensemble de la province du Hubei. En 2016, Wuhan a reçu un mandat direct de l’Administration chinoise du cyberespace pour créer une base de formation des talents et d’innovation dans le domaine de la cybersécurité 24. Parmi les 200 entreprises qui y sont accueillies, figurent la moitié des 50 plus grandes entreprises chinoises du secteur 25. Par ailleurs, le Hubei devance aujourd’hui le Sichuan en matière de formation 26 aux métiers de la cybersécurité. Si le Sichuan demeure classé par la presse spécialisée 27 parmi les provinces leaders du secteur, le Hubei reste quant à lui dans la catégorie des « challengers » (挑战者梯队). Chengdu dispose toutefois d’atouts non négligeables pour opérer un virage « IA + sécurité » 28 qui lui permettrait de faire monter en puissance ses deux secteurs de manière parallèle, un pari plus difficile à tenir pour le Hubei qui n’a pas encore de cluster consolidé.
L’ambiguïté de Chengdu
Chengdu incarne un cas d’école de la fusion civilo-militaire version Xi Jinping : moins une politique pilotée depuis Pékin par un petit nombre d’institutions dédiées qu’un maillage diffus, où universités civiles, entreprises privées, parcs industriels et compétitions de hackers convergent vers les mêmes objectifs stratégiques, sans qu’aucun acteur isolé ne porte seul la responsabilité — ni la preuve irréfutable — du lien avec l’appareil de sécurité de l’État. C’est cette porosité, entretenue depuis le Troisième front maoïste jusqu’aux laboratoires de l’UESTC, en passant par les stages proposés par Chengdu 404, qui rend la ville difficile à cerner pour les chancelleries étrangères : elle n’est ni purement civile, ni ouvertement militaire, elle fonctionnant à la lisière des deux mondes.
Cette ambiguïté constitutive pourrait toutefois se heurter, dans les années à venir, à une contrainte plus prosaïque : l’argent. Le ralentissement du financement cyber au niveau national, la préférence des investisseurs pour l’IA, et l’endettement chronique du Sichuan dessinent un scénario dans lequel Chengdu devra réinventer son positionnement, en misant, comme elle semble déjà le faire, sur la convergence « IA et sécurité » plutôt que sur la cybersécurité seule.
Reste à savoir si cette stratégie suffira à maintenir son avantage concurrentiel en Chine. Ce que cette dynamique confirme, en tout cas, c’est que la cybersécurité offensive chinoise n’est plus seulement une affaire d’État centralisée : elle est devenue un marché, avec ses pôles de compétitivité, ses logiques d’investissement et ses arbitrages budgétaires — un marché que Pékin encadre, oriente et arme, sans toujours le contrôler entièrement.
Sources
- Voir le Rapport d’étude sur les risques liés à la dette des collectivités locales et des sociétés d’investissement urbain – Partie consacrée au Sichuan.
- Tan, Gangyi, Yizhuo Gao, Charlie Q. L. Xue, and Liquan Xu, « ‘Third Front’ construction in China : planning the industrial towns during the Cold War (1964–1980) », Planning Perspectives, vol. 36, n°6, p.1149–71, 2021.
- Tan, Gangyi, Yizhuo Gao, Charlie Q. L. Xue, and Liquan Xu, « ‘Third Front’ construction in China : planning the industrial towns during the Cold War (1964–1980) », Planning Perspectives, vol. 36, n°6, p.1149–71, 2021.
- « “七秩问天路 携手探九霄”,2026年“中国航天日”主场活动在蓉启动 », 川观新闻, 24 avril 2026.
- Alisha Rahaman Sarkar, « China unveils novel advanced military aircraft », The Independent, 28 décembre 2024.
- Amy Hawkins, « The ‘Third Front’ : China resurrects Mao’s military capabilities », The Guardian, 31 mars 2026.
- Le ministère de la Sécurité d’État chinois n’a pas d’équivalent en France puisque c’est un ministère en soi. Dans le système français, il serait le plus proche de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), rattachée au ministère des Armées.
- Xiao Yao, « 成都16条新经济优势赛道解读之人工智能&网络信息安全 », 36Kr, 14 août 2020.
- « i-Soon : Another Company in the APT41 Network », Natto Thoughts, 27 octobre 2023.
- Seven International Cyber Defendants, Including “Apt41” Actors, Charged In Connection With Computer Intrusion Campaigns Against More Than 100 Victims Globally, U.S. Department of Justice, 16 septembre 2020.
- Garrett O’Brien, « Who is APT41 ? », The Wire China, 31 juillet 2022.
- Sanctions on China-Based Hacker and Data Broker, United States Department of State, 5 mars 2025.
- « 学习资料| 习近平总书记关于网络强国的重要思想 », 共产党员网, mai 2026.
- « 成都市人民政府办公厅关于加快推进网络信息安全产业体系建设发展的意见 », 14 septembre 2018.
- 四川大学网络空间安全学院
- 网络与信息安全学报, « 探索“网安医生”人才培养模式- 安全内参 », 2 août 2019.
- Chen Wei et Wang Xiaogang, « 国防科工局和教育部继续共建电子科技大学 », University of Electronic Science and Technology of China, 5 juillet 2016.
- 电子科技大学计算机科学与工程学院(网络空间安全学院)电子科技大学计算机科学与工程学院(网络空间安全学院)
- Eugenio Benincasa, « From Vegas to Chengdu : Hacking Contests, Bug Bounties, and China’s Offensive Cyber Ecosystem », Center for Security Studies (CSS), juin 2024.
- « 国家网络安全产业园区(成渝地区)授牌 », 四川日报, 25 février 2023.
- 商务部等8部门关于加快“人工智能+消费”发展的实施意见, 市场建设司, 9 juin 2026.
- « 厚雪翻长坡,平淡不平凡:2024年网安产业发展态势剖析及2025年趋势展望- 安全内参 », 虎符智库账号, 23 janvier 2025.
- 安在盘点| 2025国内网络安全融资, 信息安全知识库, 9 janvier 2026.
- 国家网络安全人才与创新基地.
- 组建30亿产业基金,武汉加速建设国家网络安全人才和创新基地.
- 园区简介武汉市东西湖区人民政府-武汉临空港经济技术开发区管委会, 2025年东西湖年鉴, 28 avril 2026.
- « 赛迪顾问:中国网络安全区域竞争力研究 », 赛迪顾问, 20 mai 2025.
- « ”2025IT云图-中国IT产业区域竞争力研究”重磅发布! », 赛迪顾问, 7 mai 2025.