Les établissements européens d’enseignement supérieur ont vu leurs inscriptions d’étudiants internationaux progresser pour la rentrée de janvier-mars 2026 par rapport à la même période en 2025, tandis que les universités états-uniennes ont enregistré un net recul.
- Le nombre d’arrivées d’étudiants internationaux aux États-Unis a diminué de 12 % en janvier 2026 par rapport à janvier 2025, selon les chiffres d’arrivées à la frontière du département du Commerce américain.
- Dans une enquête menée au printemps auprès de 254 établissements d’enseignement supérieur répartis dans 36 pays, les deux tiers (67 %) des répondants ont cité les « problèmes de visas et de politique gouvernementale » comme le facteur ayant eu l’impact négatif le plus important sur leurs inscriptions 1.
Les universités européennes semblent tirer parti du durcissement des politiques migratoires et de la hausse des coûts au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada.
- Alors que les inscriptions d’étudiants étrangers ont chuté de 20 % en bachelor en glissement annuel aux États-Unis, et de 24 % en master, les établissements européens affichent une croissance respectivement de 5 et de 1 %.
- Celle-ci est également alimentée par une baisse du nombre d’inscriptions au Canada (-24 % et -19 %) et au Royaume-Uni (-11 % et -15 %), deux pays qui attirent chaque année plusieurs centaines de milliers d’étudiants étrangers.
Les pays anglo-saxons sont toutefois moins attrayants pour les étudiants internationaux en raison du coût élevé de la vie et des frais de scolarité par rapport à l’Europe.
- L’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH), l’une des 20 meilleures universités au monde selon le dernier classement de Shanghai, facture ainsi 4 380 francs suisses (environ 4 700 euros) par an aux étudiants étrangers 2.
- L’inscription dans un établissement similaire au Royaume-Uni, comme l’University College London (UCL), coûterait entre 6 et 10 fois plus cher, et jusqu’à 9 fois plus cher aux États-Unis, où un étudiant international à l’Université de Californie à San Diego doit débourser près de 48 000 dollars de frais de scolarité et frais annexes par an.
Aux États-Unis, le recul du nombre d’étudiants internationaux pourrait coûter 3,4 milliards de dollars aux économies locales et mettre en danger jusqu’à 40 000 emplois, selon une analyse de la NAFSA 3. Les établissements les plus dépendants des frais de scolarité des étudiants étrangers pourraient quant à eux être contraints de revoir leur modèle économique.
Sources
- The Global Enrolment Benchmark Survey – Global Summary Report, NAFSA, Oxford Test of English, studyportals, janvier-mars 2026.
- Andrew Jack, « Mainland Europe seizes edge in global student race », Financial Times, 31 août 2026.
- Jessica Dickler, « International student enrollment falls amid tighter U.S. visa policies, reports show », CNBC, 21 août 2026.