Aujourd’hui, vendredi 28 août, marque six mois depuis le lancement par les États-Unis et Israël d’une guerre contre l’Iran. Présentée comme une campagne visant à détruire les infrastructures nucléaires et militaires du pays, l’opération s’est transformée en un conflit prolongé auquel les États-Unis peinent à mettre fin.

  • Sur les 41 interventions militaires américaines recensées depuis la Seconde Guerre mondiale – compilées à partir des données MIPS de Sullivan et Koch, complété par le Costs of War Project de Brown University et le UCDP/PRIO Armed Conflict Dataset pour les conflits post-2001 –, 22 ont duré plus de six mois.
  • Sur ces 22 interventions, en reclassant la guerre du Vietnam en défaite, les États-Unis comptent 9 défaites et 11 victoires. Pour deux d’entre elles, la guerre d’Irak et l’intervention en Libye, le résultat est mixte : un succès tactique immédiat suivi d’un échec stratégique à long terme.

Le taux de victoire pour les conflits de plus de six mois est ainsi significativement inférieur à celui des interventions plus courtes : 50 %, contre 89 %.

  • Cet écart traduit la difficulté croissante rencontrée par les États-Unis à obtenir des victoires décisives à mesure qu’un conflit s’enlise.
  • Cette réalité, qui s’applique aussi bien aux conflits interétatiques qu’aux guerres asymétriques, est illustrée par la guerre américaine contre l’Iran, mais également par la guerre de la Russie contre l’Ukraine, dont la durée a dépassé celle de la Première Guerre mondiale.

Les victoires militaires sont rares lors des affrontements contemporains.

  • Selon les données compilées par l’Uppsala Conflict Data Program (UCDP), moins de la moitié (46 %) des 63 conflits recensés sur la période 1946-2005 se sont soldés par un cessez-le-feu ou un accord de paix.
  • Seul un conflit sur cinq (21 %) débouche sur un scénario de gagnant/perdant, tandis qu’un tiers (33 %) se solde par une situation floue dans laquelle n’émerge ni accord de paix ni victoire claire.