L’armée russe n’a occupé que 14 km² de territoire ukrainien supplémentaire au cours du mois de mai, selon le groupe d’analystes ukrainiens Deep State 1. Il s’agit de son rythme de progression le plus faible depuis octobre 2023, lorsque le front s’est stabilisé suite à la libération de Kherson, la chute de Bakhmout puis la destruction du barrage de Kakhovka.

  • Si le chiffre établi par Deep State est toujours positif, le groupe affirme que l’armée russe a dans les faits reculé le mois dernier.
  • Deep State ne publie pas toutes les avancées de l’armée ukrainienne en temps réel pour des raisons de sécurité, et intègre parfois avec du retard certaines évolutions du front dans ses données.
  • Le mois dernier, l’Institute for the Study of War estimait que l’armée russe avait déjà perdu 116 km² de terrain en avril 2.

Le ralentissement de la progression de l’armée russe sur le front est à mettre en parallèle avec la hausse du nombre d’assauts, qui a bondi de 37,5 % en mai, dépassant 7 000 attaques – soit environ 225 par jour.

  • Ce phénomène de ralentissement malgré une intensification des attaques, déjà observé en avril, suggère une détérioration considérable de la qualité des assauts russes.
  • De nombreuses vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent en effet des assauts menés par seulement quelques soldats.
  • Parfois, un combattant est envoyé seul. Celui-ci est alors généralement éliminé par un drone ou un tir avant d’atteindre son objectif.

Il est difficile de voir comment l’état-major russe pourrait renverser la tendance à son avantage sur le front, tant les raisons de son incapacité à progresser sont structurelles.

  • L’avantage dont jouit Moscou en matière de personnel et de matériel ne suffit plus à lui assurer une domination tactique sur le front.
  • La saturation du front par des drones FPV de reconnaissance et d’attaque a permis d’étendre la zone de combat jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres en profondeur.
  • Tandis que les troupes et les véhicules situés à proximité du front sont systématiquement repérés puis ciblés, Kiev mène également des frappes contre des dépôts de carburant et de munitions, des centres de commandement, des nœuds logistiques, etc. 

Si cet équilibre venait à perdurer, l’Ukraine devrait continuer d’allouer des ressources considérables à son armée pour maintenir une pression suffisante sur le front. Cela témoigne toutefois de l’échec de Moscou, qui subit toujours environ 1 000 pertes par jour, soit autant qu’il y a un an, sans parvenir à obtenir de résultats significatifs.