L'Allemagne de Merz

Le pouvoir de dire Nein

À Aix-la-Chapelle, le chancelier allemand a répondu à Mario Draghi en réaffirmant son opposition de principe à tout nouvel emprunt commun européen.

Nous commentons et traduisons cette prise de parole importante de Friedrich Merz.

Auteur
Pierre Mennerat
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© Henning Kaiser

Le 14 mars, Friedrich Merz a prononcé la laudatio en l’honneur de Mario Draghi, lauréat du prix Charlemagne 2026. En retraçant les mérites de l’ancien président de la Banque centrale européenne et Président du Conseil italien, le chef du gouvernement allemand a également décrit sa vision d’une Europe souveraine, dotée d’un budget ambitieux mais aussi plus stricte sur le plan financier.

Le discours est un hommage révérencieux à « Super Mario », dont le catholique Merz souligne l’éducation et l’éthique de travail inspirée du jésuite Ignace de Loyola. Draghi est ainsi élevé par Merz au rang d’elder statesman et maître à penser pour l’Europe. Mais au-delà de la circonstance, le chancelier se place dans les pas de son mentor et ami Wolfgang Schäuble, ancien ministre fédéral des finances de l’Allemagne de 2009 à 2017. Merz fait l’éloge du lauréat 2012 du prix Charlemagne, décédé en 2023 comme l’un des sauveurs de l’euro, au même titre que le lauréat 2026. L’Europe idéale de Friedrich Merz s’inspire en effet des conclusions tirées dès 1994 par Wolfgang Schäuble dans un document de réflexion signé avec son collègue au Bundestag Karl Lamers 1. Peu de temps après la conclusion du traité de Maastricht, Schäuble prévoyait à l’époque une Europe noyau (Kerneuropa) concentrée sur un moteur franco-allemand étendu capable de coopérations plus étroites et d’investissements en commun. 

Outre Schäuble, le chancelier fait référence à de nombreuses personnalités historiques marquantes de l’histoire européenne du siècle dernier comme l’Italien Alice de Gasperi, ou le Français Jacques Delors. Au présent, il rend un hommage appuyé à celle qui a succédé à Mario Draghi, Giorgia Meloni, en réaffirmant sa volonté de renforcer les liens germano-italiens. Kyriakos Mitsotakis fait lui aussi l’objet d’hommages appuyés pour le redressement économique et budgétaire spectaculaire de son pays. On peut noter de ce discours prononcé en une occasion particulièrement solennelle deux absents de taille : Angela Merkel et Emmanuel Macron, dont le discours de la Sorbonne de 2017 et la politique en faveur de nouveaux emprunts communs européens est une fois de plus à Aix-la-Chapelle explicitement rejetée. 

La réponse allemande au rapport Draghi est plus rapide et positive que la fin de non-recevoir adressée au président français il y a neuf ans. La vision allemande d’une Europe souveraine passe par une plus grande réactivité économique, mais pas par une concentration sur les fonctions centrales de l’Union : « compétitivité et défense ». 

Le chancelier l’affirme, les chefs de gouvernement européens auraient pris la pleine mesure du rapport Draghi et œuvreraient à sa prompte application. 

Cependant il en fait ici une interprétation largement alignée sur les principes ordo-libéraux défendus par son parti depuis les années 1950 2. Si la coalition a réalisé en mars 2025 une petite révolution en acceptant d’assouplir le frein à l’endettement inscrit depuis 2009 dans la loi fondamentale, cela ne signifie pas pour autant que la philosophie politique qui sous-tend la « Schwarze Null » aurait disparu. 

Friedrich Merz emploie ainsi à Aix-la-Chapelle des mots particulièrement durs envers l’état actuel de la programmation pluriannuelle de l’Union, assimilée à une économie planifiée, majoritairement consacrée à des dépenses improductives de « redistribution » et de « subvention ».

Malgré ce volontarisme et cet effort de se positionner en chef de file du conseil européen, le chancelier dispose pourtant de peu de marges de manœuvre pour l’incarner. En politique intérieure, il ne sort pas indemne de sa première année au pouvoir. Adepte d’une parole décomplexée et parfois provocatrice, il atteint des records d’impopularité auprès des Allemands. Le SPD, partenaire de coalition qui traverse lui-même une crise profonde, renâcle aux réformes de la protection sociale et cherche à défendre des acquis sociaux. La politique atlantiste de l’Allemagne depuis la « guerre des douze jours » à l’été 2025 n’a pas empêché le président américain Donald Trump d’annoncer un retrait de troupes américaines, semble-t-il en représailles d’une déclaration de Friedrich Merz critiquant l’absence de stratégie américaine lors d’une discussion avec les élèves d’une école de la circonscription du chancelier. Pendant ce temps, le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) est nettement en tête dans les sondages. 

Si l’héritier politique de Schäuble dispose bien de la volonté de mettre en application les idées de Mario Draghi, en aura-t-il encore bientôt les moyens ?

Monsieur le maire, cher Michael Simons, Monsieur le président du directoire du Prix Charlemagne, cher Armin Laschet, votre altesse Royale Guillaume V grand duc du Luxembourg, Madame la présidente de la commission chère Ursula von der Leyen, messieurs les premiers ministres, cher Kyriakos Mitsotakis, cher Edi Rama, Madame la président de la Banque centrale européenne, chère Christine Lagarde, Monsieur le ministre-président du Land de Rhénanie du Nord Westphalie, cher Hendrik Wüst, chers anciens lauréates et lauréats du prix charlemagne, chers membres du gouvernement du Land, chers collègues du parlement européen, du Bundestag et du Landtag de Rhénanie du Nord Westphalie, excellences, mesdames et messieurs — et avant tout : cher Mario Draghi.

Une thèse au Massachusetts Institute of Technology à Cambridge aux États-Unis. Professeur de sciences financières. Directeur exécutif à la Banque mondiale à Washington. Directeur général du Trésor italien — et participant dans ces fonctions aux négociations sur l’union économique et monétaire dans le traité de Maastricht. Enseignant à la Kennedy School of Governance à Harvard. Banquier d’investissement. Président du comité économique et financier de l’Union européenne. Gouverneur de la banque d’Italie, président de la Banque centrale européenne. Président du Conseil des ministres italien.

Mesdames et messieurs, ce que je viens de lister ne sont pas cinq carrières, mais une seule — les états de service de la vie professionnelle de Mario Draghi. Je crois que vous comprendrez que certains de ses amis l’appellent « Super Mario ». Il ne faut pas s’étonner de la discipline obstinée et de la sévère détermination chez un homme qui, comme vous cher Mario Draghi, est un admirateur affirmé d’Ignace de Loyola, le fondateur de l’ordre jésuite au XVIe siècle. Vous avez aussi été élève d’une école jésuite à Rome.

Disons-le simplement : vous, cher Mario Draghi, avez rendu de grands services à l’Europe. Cette phrase-là est si simple. Et vous continuez à le faire. Mais par où commencer, et où finir ? Le plus important peut-être : vous avez veillé sur l’euro dans une période dangereuse et vous avez stabilisé l’euro et la zone monétaire — avec des moyens qui étaient controversés. Ce fut courageux. Vous avez couru certains risques. Cela aurait pu échouer mais cela a fonctionné, et cela a payé. L’euro est aujourd’hui incontesté, et c’est un grand service pour lequel nous, Européens, vous sommes reconnaissants, cher Mario Draghi — profondément reconnaissants.

Les formules de Merz pour décrire le rôle de Draghi à la tête de la BCE — des « risques » aux « moyens controversés » — tranchent avec la présentation qui en est généralement faite : si l’interprétation extensive du mandat de la BCE à la suite du « whatever it takes » a pu choquer à l’époque, il est communément admis aujourd’hui que ces mesures ont contribué à sauver la zone euro — comme Merz le reconnaît d’ailleurs lui-même.

Si cela a été possible, c’est bien sûr grâce à vous, mais aussi grâce à tous ceux qui ont assumé leurs responsabilités durant cette crise. 

Je tiens à rendre hommage ici à Wolfgang Schäuble, ancien lauréat du prix Charlemagne. Lui aussi a contribué à sauver l’euro en insistant sans relâche sur le lien entre la stabilisation monétaire et les réformes dans les pays de la zone euro.

Et en présence de Kyriakos Mitsotakis, Premier ministre grec, nous pouvons le dire : Monsieur le Premier ministre, cette voie de réforme a été difficile pour la Grèce, pour beaucoup de vos compatriotes. Mais elle s’est avérée la bonne. Cher Kyriakos, votre pays a depuis longtemps pu rembourser les emprunts contractés à l’époque — et même avec de l’avance — entièrement par ses propres moyens. Ces efforts ont porté leurs fruits, et nous vous en sommes reconnaissants. Nous vous félicitons, ainsi que tout le peuple grec, pour cette réussite.

Cher Mario Draghi, lorsque vous avez reçu le prix Princesse des Asturies en octobre dernier, vous avez déclaré : « construire l’Europe a été une mission centrale de ma carrière. Mais aujourd’hui, les perspectives pour l’Europe sont plus sombres que jamais. Presque tous les principes fondateurs de l’Union sont aujourd’hui menacés. »

Dans son discours prononcé en octobre 2025 à Oviedo, Mario Draghi traçait la voie d’un « fédéralisme pragmatique ».

Quelques semaines auparavant, vous aviez déclaré : « Pendant des années, l’Union européenne a cru que le poids économique de son marché de 450 millions de consommateurs conférerait au continent une influence politique considérable dans le domaine du commerce international. 2025 restera dans les mémoires comme l’année où cette illusion s’est brisée. »

Mesdames et Messieurs, c’est vrai, nous, Européens, avons trop misé sur le pouvoir des idées humanistes et occidentales pour transformer comme par magie le monde en un havre de liberté et de paix. Nous nous sommes trompés. Mais reconnaître aujourd’hui l’erreur de ce faux optimisme ne signifie pas renoncer à croire que les peuples peuvent vivre ensemble en liberté et en paix. L’Europe a l’opportunité de contribuer à façonner le nouvel ordre mondial, un ordre régi par des normes et des règles, et non par l’arbitraire et la loi du plus fort. Cette opportunité nous appartient !

Car c’est une évidence : le monde est en pleine mutation. Chaque semaine apporte ses nouvelles crises. Dans ce contexte, l’Europe doit garder le cap et rester lucide. Nous devons définir clairement nos intérêts et être prêts à agir pour les défendre.

Je vous cite à nouveau, cher Mario Draghi. Il y a quelques semaines à peine, vous disiez : « une Europe incapable de défendre ses intérêts ne pourra pas préserver ses valeurs à long terme. »

Mesdames et Messieurs, nous autres Européens, l’Europe elle-même doit s’affirmer aujourd’hui. Et je le dis : l’Europe l’a compris. L’Europe s’est réveillée. L’Europe se renforce économiquement et en matière de sécurité. L’Europe renforce rapidement ses capacités de défense au sein de l’OTAN. Elle identifie ses ressources et les maintient prêtes à l’emploi. Elle tisse de nouveaux partenariats commerciaux à travers le monde, réduisant ainsi sa dépendance. Elle soutient résolument l’Ukraine dans son combat contre la Russie.

Mesdames et Messieurs, nous sommes réunis aujourd’hui pour la remise des prix 2026, pour la cinquième année consécutive dans le contexte de cette guerre. En 2023, Volodymyr Zelensky et le peuple ukrainien en ont été les lauréats. Nous le réaffirmons aujourd’hui, comme il y a trois ans : nous soutenons l’Ukraine dans son combat pour la liberté, car c’est aussi un combat pour notre liberté.

Nous, Européens, prenons conscience de notre force et de nos capacités, surtout lorsque nous restons unis et résolus. Permettez-moi d’ajouter ceci : nous voulons contribuer à mettre fin à cette terrible guerre au plus vite. Les attaques aériennes de la nuit dernière ne vont pas dans cette direction. Car la capacité de dialoguer exige une volonté de part et d’autre.

Enfin, et surtout : nous, Européens, décidons nous-mêmes qui parle en notre nom — et personne d’autre.

Non seulement en matière de politique de sécurité, mais aussi sur le plan économique, l’Europe possède incontestablement une force considérable. D’autres dépendent de nous, et nous ne sommes pas les seuls à dépendre d’eux. Et si nous démontrons que nous sommes prêts, le cas échéant, à utiliser cette puissance économique, nous pourrons accomplir de grandes choses. L’Europe s’est engagée à devenir une puissance — une puissance capable de résister aux tempêtes de cette nouvelle ère. Dans le même temps — et cela demeure notre ambition — c’est par la liberté et la justice, par la paix et la prospérité qu’elle pourra convaincre, gagner en influence et rallier les citoyens de notre Europe.

Cette nouvelle détermination européenne repose sur la force économique et la capacité de défense militaire. Cette année, les négociations sur le cadre financier pluriannuel détermineront si nous prenons la bonne direction. 

Je souhaite saisir cette occasion — notamment au regard des propositions du lauréat d’aujourd’hui — pour présenter notre point de vue : le budget de l’Union est resté pratiquement inchangé dans son contenu et sa structure au cours des dernières décennies. 

Presque comme dans une économie planifiée, nous déterminons encore sept ans à l’avance qui recevra quel montant de financement. Et plus des deux tiers des fonds européens sont toujours consacrés à la redistribution et aux subventions. Nous ne pouvons relever les défis du XXIe siècle avec un budget du XXe siècle. Une modernisation en profondeur est donc essentielle.

Mario Draghi l’a exprimé avec la même clarté. Il nous appelle à concentrer nos ressources communes sur le financement d’investissements communs. Et je partage son avis : une Europe souveraine a besoin d’un budget « Draghi-approved ». C’est pourquoi nous soutenons fermement les efforts de réforme de la Commission européenne pour le prochain cadre financier pluriannuel : des structures simplifiées, des investissements dans la compétitivité et la défense, et des fonds européens en priorité pour les politiques européennes. Tout cela est nécessaire car les ressources sont limitées. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons définir de nouvelles priorités.

Cet appel à définir un petit nombre de priorités pour l’investissement est une ligne poursuivie par Merz depuis le début de son mandat.

Certains pensent que nous pouvons nous soustraire à cette tâche difficile en contractant une nouvelle dette européenne, en finançant les dépenses courantes par l’emprunt. L’Allemagne ne peut emprunter cette voie, ne serait-ce que pour des raisons constitutionnelles. 

Mesdames et Messieurs, nous avons également besoin de ressources pour les crises futures. De plus, la réalité est qu’une dette excessive menace notre souveraineté et limite notre capacité d’action. Permettez-moi d’être franc : certains pays dépensent déjà davantage en intérêts qu’en défense en raison de leur dette colossale. Nous ne devons pas permettre que le budget européen atteigne un tel point. Nous devons rester indépendants, capables d’agir — en un mot, souverains — même face aux crises futures.

Ce passage est une critique profonde de la ligne portée notamment par la France qui réclame depuis le discours de la Sorbonne un recours à des emprunts communs pour financer la transition énergétique ou la défense en Europe. Après avoir accepté de réformer son frein à l’endettement, l’Allemagne s’est lancée dans une politique d’investissements massifs notamment en matière de défense. Le chancelier insiste ici sur le fait qu’il ne souhaite pas pour autant prolonger cet effort dans le sens d’un endettement commun — là où pourtant Mario Draghi s’est, dans différentes interventions, montré relativement ouvert à cette possibilité pour financer les dépenses stratégiques chiffrées dans son rapport.

Et c’est précisément pourquoi nous souhaitons aujourd’hui libérer le potentiel encore inexploité du marché unique européen — le potentiel d’un marché européen plus vaste que celui des États-Unis d’Amérique. Afin de revitaliser enfin le marché unique tel que nous l’avions initialement imaginé.

J’ai participé — et certains d’entre vous le savent — ​​à l’élaboration de la législation sur le marché unique européen à Bruxelles et à Strasbourg au début des années 1990. J’ai été témoin des réformes dont l’Union européenne est capable, de son dynamisme, notamment en période de bouleversements. En une seule législature, le Parlement européen a mis en œuvre les propositions de l’ancien président de la Commission, Jacques Delors, pour achever le marché unique. L’identification des problèmes a été suivie de solutions rapides, impulsant une dynamique de croissance sans précédent en Europe.

Et j’en reviens à Mario Draghi. 

Lui aussi a formulé des propositions précises dans son rapport de septembre 2024. Avec son analyse sans concession de l’avenir de la compétitivité européenne, Mario Draghi a appelé à un changement de cap fondamental pour l’Union européenne. Son analyse des problèmes est très précise : il identifie les faiblesses de l’Union dans l’application des nouvelles technologies. Il souligne que si l’Europe dispose d’une structure économique bien établie, elle manque de dynamisme. Que les résultats de la recherche sont trop rarement et trop lentement traduits en modèles économiques. Que les jeunes entreprises innovantes, en particulier, pourraient connaître une croissance bien plus forte au sein du marché unique. Ce qui rend son rapport particulièrement remarquable, c’est qu’il ne se contente pas d’analyser les problèmes. Il formule des recommandations très concrètes pour l’action. Ses réponses sont claires et ambitieuses.

Tout cela reflète la personnalité de Mario Draghi. Lors de nos rencontres, j’ai pu constater qu’il était une personne réfléchie et posée, qui recherche avec calme et rigueur des solutions constructives et pour qui le bien commun de l’Europe est primordial. 

Nous avons rencontré Mario Draghi et d’autres chefs d’État et de gouvernement européens lors de notre séminaire en février dernier à Aldenbiesen, tout près d’Aix-la-Chapelle, en Belgique. Ce que lui et Enrico Letta, également ancien Président du Conseil italien, nous ont si clairement communiqué, était remarquable, tant sur le fond que sur la forme. Je trouve cela remarquable — et je me permets de le dire : je suis reconnaissant à deux Italiens, dans la plus pure tradition d’Alcide De Gasperi, de nous avoir montré la voie à suivre en Europe.

Les conclusions récentes du Conseil européen de mars reflètent précisément l’esprit des recommandations et des analyses de Mario Draghi et d’Enrico Letta. Et c’est ainsi que cela devrait se passer : un homme sage et expérimenté formule des propositions mûrement réfléchies au moment opportun. Ceux qui occupent actuellement des postes à responsabilité en Europe les reprennent et les traduisent en décisions contraignantes, contribuant ainsi à renforcer l’Europe.

Mesdames et Messieurs, Kyriakos Mitsotakis est le prochain orateur à rendre hommage à Mario Draghi aujourd’hui. Un Grec et un Allemand rendent hommage à un Italien : ce type de coopération transfrontalière est assurément le meilleur, et une condition essentielle à la réussite de l’Europe.

À ce propos, une autre allusion à l’Italie : il y a quelques semaines à peine, nous avons commencé à jeter les bases d’une coopération germano-italienne. Lors des consultations gouvernementales qui se sont tenues à Rome en début d’année, nous avons élaboré des propositions communes pour un programme de réformes en Europe, inspirées des idées de Mario Draghi. La coopération avec le gouvernement italien et avec la Présidente du Conseil Giorgia Meloni est étroite et harmonieuse ; nous nous en félicitons en Allemagne.

Mesdames et Messieurs, si nous agissons correctement, ces années de grands bouleversements historiques mondiaux seront, rétrospectivement, perçues comme des années de développement et de renforcement d’une Europe unie. Le Conseil d’administration du Prix Charlemagne a décrit l’attribution du Prix Charlemagne de cette année à Mario Draghi comme un signal clair adressé aux décideurs bruxellois. Je cite le Conseil : « nous appelons la Commission européenne et les chefs d’État et de gouvernement européens à mettre en œuvre sans délai le rapport Draghi. »

En mon nom propre — mais je pense au nom de la quasi-totalité des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne — je conclurai ainsi : l’appel, cher Mario Draghi, a été entendu. Nous sommes en train de le mettre en œuvre.

Félicitations, Mario Draghi, pour l’obtention du Prix Charlemagne international à Aix-la-Chapelle en 2026. Nous vous remercions pour l’œuvre d’une vie remarquable que vous avez consacrée à l’Europe.

Sources
  1. Das Schäuble-Lamers Papier, 1994.
  2. C’est cette constante qu’a analysé Mathieu Dubois dans son livre L’économie sociale de marché à la conquête de l’Europe, La diplomatie allemande et le modèle européen (1953-1993), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2024.
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