Les déclarations de Donald Trump interviennent alors que Téhéran a annoncé plus tôt dans la journée la réouverture du détroit d’Ormuz.
- Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a ainsi déclaré que le trafic maritime dans le détroit était désormais de nouveau ouvert à tous les navires commerciaux « sur l’itinéraire coordonné déjà annoncé par l’Organisation des ports et de la marine marchande de la République islamique d’Iran ».
- Donald Trump a réagi à cette annonce sur son réseau social Truth Social, dans une série de publications. Il a notamment déclaré que les États-Unis maintiendraient leur blocus, qui devrait rester en vigueur à plein titre et ne concerner que l’Iran, jusqu’à ce que l’accord avec Téhéran soit finalisé.
- Il a ajouté : « Les États-Unis récupéreront toute la “poussière” nucléaire produite par nos grands bombardiers B-2 — aucun argent ne sera échangé, sous aucune forme. Cet accord n’est en aucun cas dépendant du Liban. […] L’Iran, avec l’aide des États-Unis, a retiré toutes les mines marines, ou est en train de le faire ».
- Selon l’agence de presse iranienne Fars, Téhéran serait prêt à refermer le détroit si le blocus restait en place.
Dans un entretien accordé à Bloomberg, le président américain a affirmé que tous les points avaient été convenus avec Téhéran et qu’un accord serait conclu très prochainement. Il a toutefois précisé qu’il n’avait pas encore décidé qui dirigerait la délégation américaine lors des prochaines négociations avec les responsables iraniens en vue de la signature d’un accord 1.
- Selon des sources citées ce vendredi par Axios, la rencontre pourrait avoir lieu dès dimanche au Pakistan 2.
- À la question de savoir s’il se rendrait lui-même à Islamabad, Trump a répondu : « Je pourrais ».
- Le président américain a également démenti que le moratoire sur le programme nucléaire iranien expirerait au bout de 20 ans : « Pas de limite d’années, c’est illimité ». La clause de caducité contenue dans l’accord sur le nucléaire iranien conclu par Obama faisait partie des principaux reproches de Trump à l’encontre de l’accord.
- Selon plusieurs rapports, lors des précédentes discussions au Pakistan, les États-Unis auraient proposé à l’Iran une suspension de 20 ans de l’enrichissement de l’uranium. Téhéran aurait accepté une durée de cinq ans.
Selon des sources citées par Axios, si des progrès significatifs ont été réalisés et si les États-Unis et l’Iran semblent désormais sur le point de conclure un plan de paix de trois pages, des désaccords subsistent toutefois sur des points essentiels.
- Plusieurs questions semblent en effet difficiles à résoudre rapidement. Tout d’abord, si l’Iran est prêt à renoncer à son stock de 440 kg d’uranium enrichi à 60 %, conformément à sa position historique, le régime pourrait vouloir conserver son « droit d’enrichir » de l’uranium sur le territoire iranien, ce qui constituait une ligne rouge pour Washington avant les frappes du 28 février.
- Des désaccords persistent aussi sur la signification de la renonciation à l’uranium enrichi. Alors que Washington veut récupérer le stock, Téhéran proposerait de le diluer.
- La question de la gestion d’Ormuz complique également les discussions, alors que Téhéran insiste depuis plusieurs semaines pour garder le contrôle du détroit en imposant un droit de passage.
- De plus, la question du programme balistique et des proxys iraniens dans la région est également clef pour les pays de la région, et il n’est pas clair quelles concessions Washington aurait pu obtenir, alors que Téhéran a jusqu’à maintenant refuser de les inclure à l’ordre du jour.
- Selon des sources citées par Bloomberg, des dirigeants de pays arabes du Golfe et d’Europe estiment qu’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran prendra environ six mois à être conclu 3.
Axios avait également rapporté plus tôt dans la journée que l’administration Trump envisageait de débloquer 20 milliards de dollars de fonds en échange de la renonciation de l’Iran à son stock d’uranium 4. Téhéran aurait demandé 27 milliards de dollars.
- L’équivalent d’environ 6 milliards de dollars de recettes d’exportations iraniennes de pétrole sont détenues au Qatar depuis 2023.
- En addition, l’Irak doit environ 15 milliards de dollars à Téhéran pour ses importations d’électricité.
- Washington pourrait permettre à l’Iran de finalement percevoir ces fonds.
Sources
- Kate Sullivan, « Trump Says Iran to Suspend Nuclear Program, Won’t Get Funds », Bloomberg, 17 avril 2026.
- Barak Ravid, « Trump tells Axios he expects Iran deal « in a day or two » », Axios, 17 avril 2026.
- Alberto Nardelli et Sam Dagher, « US-Iran Deal Will Take Months, Gulf and Europe Officials Say », Bloomberg, 17 avril 2026.
- Barak Ravid, Marc Caputo, Scoop : U.S. considers $20 billion cash-for-uranium deal with Iran, Axios, 17 avril.