Dans une publication sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a affirmé que « des pétroliers vides provenant de nombreux pays font tous route vers les États-Unis pour se RAVITAILLER en pétrole. »
- Dans un entretien avec Fox News hier, 12 avril, il a ajouté : « La Chine peut envoyer ses navires chez nous. La Chine peut envoyer ses navires au Venezuela. »
- Si le président américain tente de présenter le blocus du détroit d’Ormuz, annoncé hier, 12 avril, comme bénéfique pour l’industrie pétrolière américaine, en réalité, dans le meilleur des scénarios, les États-Unis peuvent être un amortisseur du choc pétrolier, mais pas un substitut viable au retrait de l’offre de pétrole transitant par le détroit.
En effet, environ 20 millions de barils par jour de pétrole brut, de condensats et de produits pétroliers transitent par le détroit d’Ormuz, soit environ un cinquième de la consommation mondiale de produits pétroliers.
- La production américaine de brut a atteint un niveau record en 2025, avec 13,6 millions de barils par jour, mais ce chiffre correspond à la production totale du pays et non à sa capacité d’exportation 1.
- Les exportations américaines de pétrole brut ont quant à elles atteint en moyenne 4,0 millions de barils par jour en 2025 — une baisse par rapport à 2024 2.
- Les exportations de produits pétroliers, tels que l’essence, le kérosène et le diesel, sont globalement en hausse et ont atteint 7,9 millions de barils par jour la dernière semaine de mars, selon l’EIA 3.
Si la production américaine pourrait augmenter, il ne s’agit pas d’une hausse automatique ou immédiate. Selon l’EIA, les États-Unis ont enregistré une hausse d’environ 350 000 barils par jour en 2025 par rapport à 2024.
- Une hausse plus conséquente serait particulièrement difficile à atteindre en raison d’un manque d’infrastructures, lui-même dû à un prix du baril trop faible pour que l’activité soit rentable.
- Selon les données compilées par le cabinet Baker Hughes, qui publie chaque semaine le décompte des plateformes de forage de gaz et de pétrole en activité aux États-Unis — une donnée essentielle pour anticiper la production future —, le pays ne comptait que 549 plateformes actives début décembre 2025.
- Ce chiffre est trois fois inférieur aux quelque 2 000 plateformes en activité en 2012, durant le premier mandat de Barack Obama.
- De plus, une grande partie des exportations du Golfe sont constituées de bruts moyens et lourds, que les nombreuses raffineries asiatiques sont en mesure de traiter. En revanche, le boom du schiste américain a principalement produit des bruts plus légers, ce qui serait difficile à traiter immédiatement par les infrastructures existantes.
Quant au brut vénézuélien, que les États-Unis contrôlent depuis la capture de Maduro en janvier, le pays possède les plus grandes réserves de pétrole au monde — potentiellement surévaluées —, estimées à plus de 300 milliards de barils, soit plus que l’Arabie saoudite (297 milliards). Toutefois, il ne représente aujourd’hui que moins de 1 % des exportations mondiales.
- En 2025, le Venezuela a exporté en moyenne plus de 600 000 barils par jour de pétrole brut, principalement lourd. En mars 2026, le pays a connu une hausse de ses exportations mensuelles, qui ont dépassé le million de barils par jour 4.
- Si le contrôle américain favorise une plus grande implication des entreprises américaines et donc une hausse de la production, il est peu probable que celle-ci se redresse rapidement.
- À titre d’exemple, quatorze ans après la destitution de Mouammar Kadhafi, la production pétrolière de la Libye est toujours en baisse de 30 %.
Sources
- U.S. crude oil production rose in 2025, setting new record, EIA, 21 mars 2026.
- Yearly US crude oil exports decreased in 2025 for first time since 2021, EIA says, Reuters, 10 mars 2026.
- Petroleum & Other Liquids, EIA.
- Marianna Parraga, Mircely Guanipa, Venezuela’s oil exports surpassed 1 million bpd for the first in 6 months, shipping data shows, Reuters, 2 avril 2026.