Rystad Energy, un cabinet d’études de marché américain, estime qu’un prix du baril de pétrole brut à 100 dollars en moyenne pour le reste de l’année 2026 pourrait générer 162 milliards de dollars de revenus pour les principaux producteurs américains de pétrole de schiste (BP, Chevron, ConocoPhillips, ExxonMobil et Shell) 1.
C’est 63 milliards de dollars de plus par rapport à un prix du baril autour de 70 dollars, soit le prix moyen avant le lancement de la guerre contre l’Iran.
- Le prix du baril de Brent a bondi de plus de 70 % entre le 1er janvier et le 24 mars.
- Aux États-Unis, le prix moyen d’un gallon d’essence est sur le point de passer la barre des 4 dollars, selon les données d’AAA, alors qu’il se situait à moins de 3 dollars il y a un mois, avant le lancement de la guerre.
La Maison-Blanche a tenté de présenter la hausse des prix comme une bonne nouvelle pour l’économie américaine en arguant sur X le 12 mars : « lorsque les prix du pétrole augmentent, nous engrangeons d’importants bénéfices ».
- Pourtant, comme le montrent Gregor Semieniuk et Isabella Weber, 50 % des bénéfices tirés des énergies fossiles aux États-Unis reviennent aux 1 % des individus les plus riches.
- Les 50 % des citoyens les plus pauvres — soit 66 millions de ménages — ne perçoivent quant à eux que 1 % de ces bénéfices, qui transitent via des sociétés cotées, des holdings de capital-investissement et des fonds de pension.
- Ainsi, les 0,1 % les plus riches — soit environ 131 000 foyers — reçoivent 26 fois plus de bénéfices que la moitié la plus pauvre des États-Unis.
La plupart des analystes considèrent que l’instabilité des prix sur les marchés de l’énergie ne conduira pas les producteurs à investir pour accroître leur production, à la fois par prudence mais aussi en raison du manque de puits forés mais non-achevés qui pourraient être rapidement mis en service.
- Argus Media, spécialiste des marchés de l’énergie, anticipe que les principaux producteurs américains « préféreront reverser les liquidités supplémentaires aux actionnaires » 2.
La plupart des analystes ne voient pas — encore — un prix moyen du baril de brut à 100 dollars pour le reste de l’année. Goldman Sachs, dans une note publiée dimanche 22 mars, plaçait le prix moyen du baril à 85 dollars sur l’année 2026 pour le Brent (contre 77 dollars dans sa précédente estimation), et 79 dollars pour le WTI (contre 72 dollars auparavant).
- La Maison-Blanche a allégé ses sanctions sur les exportations de pétrole brut russe et iranien.
- Washington s’est également coordonné avec les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie pour libérer 172 millions de barils de sa Réserve stratégique de pétrole.
- Des responsables de l’industrie pétrolière américaine redoutent que la prochaine mesure de Trump ne soit l’interdiction des exportations de brut américain 3.
Sources
- Megan Cerullo, « U.S. oil producers could get $63 billion boost from high crude prices, analysis shows », CBS News, 19 mars 2026.
- Stephen Cunningham, « US oil firms weigh risks and rewards of Mideast crisis », Argus Media, 23 mars 2026.
- Javier Blas, « The White House Is Using the Wrong Oil Price for the Iran War », Bloomberg, 19 mars 2026.