Les Italiens se sont rendus aux urnes hier et aujourd’hui — les bureaux ferment à 15h — pour se prononcer sur une réforme constitutionnelle de la justice portée par le gouvernement Meloni. 

  • Le texte prévoit de séparer les carrières des juges et des procureurs, de scinder le Conseil supérieur de la magistrature en deux organes distincts et d’introduire le tirage au sort pour la désignation de leurs membres.
  • Même si la portée immédiate de cette réforme reste circonscrite, l’opposition souligne qu’elle pourrait ouvrir la voie à une transformation institutionnelle plus profonde. Surtout, le scrutin fait figure de test politique majeur pour la chef d’un gouvernement d’une durée inédite pour le système italien.
  • Ce référendum confirmatif ne prévoit pas de quorum en Italie, mais la mobilisation atteint des niveaux inédits : à 19h hier soir, la participation s’élevait déjà à 38,90 %, contre seulement 16 % à la même heure lors du précédent référendum. Selon les projections, elle pourrait frôler les 60 %, un chiffre proche de celui des dernières législatives (63,9 %).
  • Le spectre de Renzi hante la majorité : en décembre 2016, le président du Conseil avait soumis sa propre réforme constitutionnelle à référendum, l’avait personnalisée en engageant son mandat — et l’avait perdue avec 59 % de « non », entraînant sa chute. 
  • Meloni a insisté pour que le vote ne soit pas perçu comme un plébiscite sur son gouvernement, précisément pour éviter ce piège. Toutefois, avec ce niveau de participation, une défaite constituerait le premier revers pour Meloni depuis son arrivée au pouvoir en 2022, à un an des élections législatives de 2027. 
  • Les sondages donnaient un très léger avantage au « non », mais une participation plus forte semblerait favoriser l’option soutenue par le gouvernement, « à moins qu’il existe de réserves de voix anti-Meloni non mesurées jusqu’ici », analyse Lorenzo Castellani

Giorgia Meloni a été la première chef de gouvernement parmi les principaux pays européens à miser sur la victoire de Donald Trump. Pourtant elle est aujourd’hui de plus en plus portée à prendre des distances d’une figure qui est devenue clivante pour son propre électorat. La cote de popularité de Trump auprès des Italiens a chuté de 35 % à 19 % entre mars 2025 et mars 2026 et près de deux tiers des Italiens s’opposent à l’intervention en Iran. L’Italie a signé la déclaration avec 21 autres pays, dont la France, exprimant la volonté de contribuer aux « efforts nécessaires » pour rouvrir le détroit d’Ormuz.