Dans les six jours suivant le début de l’offensive contre l’Iran, le 28 février, l’ONG Armed Conflict Location & Event Data (ACLED) a recensé plus de 1 000 manifestations à travers le monde, menées par des opposants ou des soutiens au régime iranien et à l’intervention militaire israélo-américaine.
- Dans leur grande majorité (81 %), ces mouvements ont dénoncé l’attaque contre l’Iran.
- Si la majeure partie de ces manifestations contre la guerre a eu lieu au Moyen-Orient (43 %), plus de 300 mouvements ont également été recensés en Asie, soit plus d’un tiers (35 %) du total.
- 60 manifestations contre la guerre israélo-américaine ont eu lieu en Europe (7 %), 129 en Amérique du Nord (15 %) et 8 en Afrique (1 %).
Le lendemain du début de la guerre, soit le dimanche 1er mars, plusieurs centaines de manifestants ont pris d’assaut le consulat général des États-Unis à Karachi, la capitale économique du Pakistan. L’ouverture du feu par les Marines qui gardaient le bâtiment a fait une dizaine de morts et plusieurs dizaines de blessés.
- Avec Téhéran, Karachi est la ville qui a connu le plus grand nombre de manifestations contre la guerre, avec 20 événements recensés par ACLED.
- Plusieurs manifestations ont également eu lieu dans les villes indiennes de Bandipora, Budgam, New Delhi et Srinagar, ainsi que dans la capitale du Bangladesh, Dhaka.
Les manifestations en faveur de la guerre (62 ont été recensées par ACLED, soit moins de 6 % du total) sont avant tout concentrées en Europe et en Amérique du Nord.
- Samedi 28 février, dans l’après-midi, 1 600 Iraniens en exil se sont rassemblés sur la Potsdamer Platz de Berlin pour afficher leur soutien aux frappes et remercier le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou.
- Des mouvements spontanés similaires ont eu lieu dans plusieurs grandes villes européennes dès le premier jour de la guerre, comme à Bologne, à Copenhague, à Glasgow ou à Helsinki.
- Des participants à ces mouvements ont brandi des drapeaux israéliens et américains, ainsi que des portraits de Reza Pahlavi, le fils du shah.
Une part similaire (57 manifestations, soit un peu plus de 5 %) consiste en des mouvements avant tout dirigés contre le régime iranien et la République islamique.
- Ces mouvements ont principalement eu lieu en Europe, avec toutefois quelques manifestations isolées comme à Moscou le 1er mars, à Dhaka au Bangladesh le 3 mars, ou à Kameshli, en Syrie, où des résidents kurdes ont dénoncé les attaques du régime contre les régions kurdes en Irak et en Iran.
- Les manifestants ayant pris part à ces regroupements ont célébré la fin annoncée de la République islamique et remercié Trump et Netanyahou pour avoir ouvert la voie vers un changement de régime.
- Des slogans dénonçant la violence de la répression du régime, notamment l’exécution de manifestants lors de la vague de protestation du mois de janvier, étaient également scandés par les manifestants.
Autour de 8 % des manifestations recensées par ACLED ont témoigné de soutien à la République islamique d’Iran.
- Ces mouvements ont principalement eu lieu au Moyen-Orient (70 % des 89 manifestations recensées), notamment en Iran mais également au Bahreïn et en Irak.
- Le 4 mars, une centaine de personnes se sont rassemblées à Manchester à l’appel des « Amis du Centre islamique de Manchester », pour exprimer leur attachement à l’idéologie de la République islamique et condamner la guerre.
- Le mouvement a donné lieu à une contre-manifestation composée principalement de 300 à 400 personnes issues de la communauté iranienne, qui ont exprimé leur soutien à la guerre et brûlé des images d’Ali Khamenei.