L’accélération antilibérale selon José Antonio Kast : le discours intégral du nouveau président du Chili
Au balcon de la Moneda, le nouveau président chilien et admirateur de Pinochet a annoncé mettre en place un « gouvernement d’urgence » pour « récupérer » le pays.
Pour comprendre le nouveau conservatisme « antilibéral » qu’il entend incarner, nous le traduisons et le contextualisons.
- Auteur
- François Meunier •
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- © AP Photo/Esteban Felix
Mercredi 11 mars, à 21 heures à Santiago, José Antonio Kast est apparu à l’un des balcons du palais présidentiel de La Moneda pour faire sa première intervention en tant que président en exercice.
Face à des Chiliens réunis place de la Constitution — moins nombreux que lors de l’investiture du président sortant Gabriel Boric il y a quatre ans, le 11 mars 2022, Kast a lu un discours d’une vingtaine de minutes pour annoncer qu’il allait mettre en place immédiatement un « gouvernement d’urgence ».
Après avoir critiqué l’administration précédente en soulignant qu’« ils nous livrent un pays dans un état pire que nous n’aurions pu l’imaginer », le nouveau président a annoncé qu’il allait s’en prendre aux « adversaires » du pays — avec « caractère » et « autorité » — pour « récupérer » le pays. Il a rappelé les principaux axes de sa campagne qui guideront son mandat : la lutte contre la corruption et l’insécurité.
Après que des manifestations plus tôt dans la journée avaient donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre, José Antonio Kast a fini son allocution en appelant à « l’unité » de tous les Chiliens, même « ceux qui doutent » et ceux qui n’ont pas voté pour lui — cherchant sans doute ainsi à rassurer ses nombreux détracteurs. Car l’extrême droite est donc maintenant officiellement au pouvoir à Santiago. Kast est le premier président depuis la fin de la dictature à avoir voté « oui » lors du plébiscite national en faveur de maintenir le dictateur Augusto Pinochet à la présidence de la République.
Dans l’effet domino trumpiste en Amérique latine, Kast a rappelé lors de son discours son attachement au conservatisme catholique en en appelant à plusieurs reprises à Dieu.
Il existe au Chili une pensée fortement conservatrice se réclamant du christianisme. Faute d’un meilleur mot, on peut l’appeler antilibéralisme, à savoir une critique morale et philosophique du libéralisme et du type de société auquel il conduirait.
L’antilibéralisme reste favorable aux libertés politiques de sorte qu’il faut clairement le distinguer de l’illibéralisme, par lequel on entend maintenir au pouvoir un dirigeant initialement élu démocratiquement en sapant de l’intérieur ses contrepoids institutionnels — justice, médias, ordre législatif…
Bukele au Salvador et Orban en Hongrie en sont aujourd’hui des exemples — et les États-Unis de Donald Trump sont en train de se transformer radicalement.
Depuis une bonne quinzaine d’années, ce mouvement antilibéral a pris une ampleur nouvelle au Chili. Des think-tanks ou des cercles universitaires l’organisent, d’obédience catholique le plus souvent — avec la participation des courants évangéliques. Des penseurs comme Patrick Deneen, dont le vice-président états-unien J. D. Vance se réclame, ou Chantal Delsol y sont hautement célébrés. La raison avancée pour expliquer l’échec du libéralisme par ses critiques est celle de son individualisme qui aurait déstructuré nos sociétés, érodé le sens de l’esprit public, lancé des fausses promesses de méritocratie et qui produirait des citoyens se prétendant maîtres de leur liberté parce qu’ils savent mettre à distance le souci d’autrui. La société deviendrait alors plus conflictuelle. On n’arriverait pas à traiter les maux du libéralisme par davantage de libéralisme, ajoutent ces anti-libéraux. Car ses défauts s’accumuleraient. Comme les liens horizontaux dans la société ont été abîmés, il ne resterait que la structure étatique pour prendre en charge les nécessités d’appui collectif. L’individualisme aboutirait alors à s’en remettre davantage à la tutelle administrative de l’État.
C’est dans ce contexte qu’on peut comprendre l’appel à l’unité mené par Kast dans son discours d’investiture, où il répète qu’il a besoin que tous les Chiliens travaillent avec lui pour y arriver.
Contre cette dérive du libéralisme, il s’agirait de retrouver des repères, une identité faite d’un attachement affectif à des choses anciennes telles que la famille, les proches, le pays. L’exemple du divorce est souvent mis en avant au Chili : il serait libérateur par excellence si le cadre marital devient oppressant. Mais cela avant tout pour les classes aisées qui en ont les moyens alors qu’il est souvent destructeur, économiquement et socialement, pour les moins bien lotis – et leurs enfants. L’antilibéralisme s’accompagne donc d’un discours social, reprenant certains thèmes du catholicisme, mais avec une tonalité conservatrice extrême.
Kast déclare : « J’inclus aussi cette grande classe moyenne qui a peur de perdre ce qu’elle a et de tomber dans la pauvreté. Aucun héritage ne survivra si on ne se soucie pas des plus pauvres et des plus démunis de notre société. Nous allons nous consacrer avec force à vaincre la pauvreté et à améliorer la qualité de vie de tous les Chiliens. »
On ne doit pas être surpris que nombre de penseurs clairement situés à gauche, Michael Sandel, Charles Taylor ou Robert Castel, formulent le même genre de critiques. On a pu les taxer de communautaristes, mais le mot inconsidérément dépréciatif porte une toute autre vision que celle de la droite culturaliste ; par les attaches électives qui conviennent à une bonne société, par la nature du bien qu’il faut importer dans la définition de la justice et surtout par l’importance de la délibération politique — une notion quasiment absente sur l’autre bord.
Mais la frustration initiale est la même, celle d’une société devenue anomique pour avoir dépersonnalisé les relations humaines et s’en être trop remise au pouvoir libérateur du contrat et du marché.
Au-delà de ses thèmes habituels, l’extrême droite du nouveau président chilien embarque sous sa bannière les nouveaux champs investis par la gauche en les mettant dans un grand sac, le wokisme ou, comme l’a dit récemment José Antonio Kast devant des partis d’extrême-droite du parlement européen, les « -ismes » : féminisme, écologisme, indigénisme — comme allusion à la lutte politique au sein de la minorité mapuche du Chili.
Sans surprise que, dans la montée de cette droite extrême, la bataille culturelle met à l’arrière-plan les thématiques économiques, c’est-à-dire l’axe marché vs. État qui structure d’habitude le débat entre la gauche et la droite.
Pour le Chili, l’ancrage « néo-libéral » reste parce qu’il fait depuis quarante ans partie de l’arrière-plan culturel. Ce n’est plus un objet de discussion à droite.
C’est à partir de ces éléments qu’on peut établir le grand contexte de la victoire, de l’investiture et de ce premier discours hier de José Antonio Kast à la tête du Chili — et de cette nouvelle donne politique.
Mes chers compatriotes, bonsoir,
Je me trouve ici, sur ce balcon historique, le balcon du palais de la Moneda, pour vous remercier de m’avoir fait l’honneur et le privilège de m’élire président de la République.
De l’extrême nord à Visviri jusqu’à l’extrême sud à Puerto Williams, tout le Chili continental et insulaire, mon cœur est rempli de gratitude, mais plus encore, mon âme est enflammée par l’énorme responsabilité que le peuple chilien nous a confiée.
À partir de ce soir, aux côtés de Pía, notre première dame, le palais de la Moneda sera notre foyer. Nous n’avons pas remporté cette élection pour vivre dans un palais ou occuper un poste.
Nouvelle première dame du Chili, l’avocate María Pía Adriasola, se trouve aux côtés de José Antonio Kast sur le balcon de la Moneda tout au long du discours.
Nous avons remporté cette élection pour travailler pour les Chiliens, avec les Chiliens — et le travail commence aujourd’hui.
Nous nous sommes préparés à assumer nos responsabilités avec sérieux et rigueur, car nous ne sommes pas seulement venus pour travailler, nous sommes venus pour accomplir notre mission.
Ils nous ont laissé un pays dans un état pire que nous ne pouvions l’imaginer.
Un pays dont les finances publiques sont affaiblies. Un pays où le crime organisé et le trafic de drogue ont progressé. Un pays où les familles se sentent abandonnées par l’État.
Dire que nous avons reçu le pays en mauvais état n’est pas une excuse.
Nous le disons parce que le Chili mérite de connaître la vérité, car lorsque le diagnostic est caché, les traitements échouent. Et nous voulons affronter les situations avec la vérité, car les citoyens ont tout à fait le droit de savoir ce qui a été fait — et ce qui n’a pas été fait.
Pour faire face à ces urgences en matière de sécurité, de santé, d’éducation, d’emploi et bien d’autres encore, le Chili a besoin d’un gouvernement d’urgence.
Et c’est ce que nous allons avoir — un gouvernement d’urgence.
Ce n’est pas un slogan.
C’est la réalité que nous allons vivre. C’est l’ordre là où règne le chaos. C’est le soulagement là où règne la douleur.
C’est une main ferme là où règne l’impunité. Et c’est aussi un espoir réel, concret et possible pour ceux qui ont été ignorés pendant trop longtemps.
Diego Portales était un homme clair et il nous accompagne au début de notre marche sur la place.
Diego Portales (1793-1837) est l’une des figures centrales de l’organisation et de la consolidation de l’État chilien. Militaire et homme politique conservateur, il s’est imposé comme la principale référence des milieux conservateurs et nationalistes chiliens qui flirtent avec l’autoritarisme. Portales a notamment joué un rôle de premier plan dans la rédaction de la Constitution de 1833.
Cette évocation par Kast n’est pas anodine et se confirme dans le paragraphe suivant : le nouveau président gouvernera avec « caractère » et « autorité ».
Nous nous sommes arrêtés là et Diego Portales nous a laissé un enseignement qui reste pleinement d’actualité : un pays ne peut pas être gouverné uniquement avec des idées, il doit être gouverné avec du caractère, et le caractère n’est pas l’arbitraire. Le caractère, c’est être prêt à faire ce qui doit être fait, même si c’est inconfortable, même si c’est impopulaire, même si cela coûte cher.
Nous allons le faire.
Et l’autorité doit être forte parce que notre pays l’exige en ce moment, non pas pour soumettre, mais pour protéger nos compatriotes.
Le Chili a aujourd’hui de réels adversaires, et ce ne sont pas ceux qui pensent différemment de nous en politique, ce ne sont pas ceux qui votent différemment de nous. Ce sont ceux qui ont pris le contrôle de nos quartiers, ceux qui ont corrompu nos jeunes, ceux qui ont semé la terreur dans les populations, et ce sont aussi les adversaires du Chili qui ont franchi nos frontières pour commettre des délits, pour exploiter les autres ou pour transformer notre sol en no man’s land.
À ces véritables adversaires du Chili, je dis que nous ne négocierons pas.
Nous allons les poursuivre, nous allons les trouver, nous allons les juger et nous allons les condamner. Nous voulons dire haut et fort à nos carabiniers, surtout en ce jour si douloureux, à nos policiers chargés des enquêtes, à nos gendarmes, à nos forces armées, qu’ils auront tout le soutien de la loi, les ressources de l’État et surtout la volonté politique qui leur a tant manqué.
Plus jamais un agent des forces de l’ordre et de la sécurité ne sera seul face à la violence tandis que certains détournent le regard.
Ce gouvernement n’est pas là pour gérer ce qui existe déjà, il est là pour corriger ce qui ne va pas, pour récupérer ce qui a été perdu et pour construire ce qui n’a jamais été fait.
Ce sera la marque de fabrique de ce gouvernement.
Dès le premier jour, dès aujourd’hui, le travail commence.
Le Chili a également une autre plaie ouverte : la corruption.
Une blessure profonde qui a affaibli la confiance, la confiance détériorée de tous les citoyens, qui a fait que la majorité des Chiliens ont cessé de croire en leurs institutions. Nous avons demandé aux ministres de réaliser des audits complets afin de connaître l’état de la nation. Car cela ne se résout pas par un discours, cela se démontre par des faits.
Si les choses ont été bien faites, nous en serons reconnaissants. Et s’il y a des choses qui ont été mal faites, nous les corrigerons.
C’est pourquoi nous serons implacables envers ceux qui volent l’argent des Chiliens, ceux qui abusent de leur pouvoir, ceux qui utilisent l’État pour s’enrichir.
Peu importe leur nom, leur parti ou leur appartenance politique, car je vous demande le respect, nous sommes dans une période de transition républicaine. Les audits viendront en premier. Je vous demande le respect qui s’impose pour cette journée, qui est une journée historique pour la république, où nous devons tout faire dans l’ordre.
Tous ceux qui exercent la fonction de Premier magistrat le font avec conviction. Je ne doute pas que les présidents précédents l’aient fait avec conviction. Cela n’implique pas de ne pas être clair et ferme sur ce qu’il faut faire, car notre engagement en prenant les rênes du gouvernement chilien est que le président, les ministres et tous les fonctionnaires s’occupent de servir les Chiliens.
On ne vient pas pour s’approprier les biens d’autrui, on ne vient pas pour tromper, on ne vient pas pour se dérober.
Toutes les autorités, tous les fonctionnaires seront au service de la patrie — et ceux qui ne s’y conformeront pas devront partir.
Je sais que certains doutent.
Je sais que certaines familles en ont assez d’entendre des promesses. Je pense à ces parents, à ces personnes de la classe moyenne qui travaillent deux fois plus et qui n’arrivent toujours pas à joindre les deux bouts. Je pense à ces femmes, à ces jeunes qui marchent vite la nuit parce qu’ils ont l’impression que les rues ne leur appartiennent plus.
Je pense à ce jeune qui étudie avec acharnement et qui ne sait pas si ses efforts en vaudront la peine.
Je leur dis quelque chose de très simple : nous ne sommes pas arrivés ici grâce à un sondage. Nous sommes arrivés ici, au Palais de la Moneda, la maison de tous les Chiliens, après des années de travail, après avoir écouté les Chiliens, après avoir réuni des personnes compétentes et honnêtes qui sont prêtes à gouverner.
Et nous allons travailler pour vous avec toute l’énergie et le dévouement dont nous sommes capables.
Pour vous, qui vous levez tôt chaque jour, qui prenez soin de vos familles.
Pour vous, qui avez peur, qui ne demandez qu’une chance de vous en sortir.
Pour vous tous, nous allons commencer à travailler dès aujourd’hui.
Je tiens à remercier la ministre de la Sécurité, qui se trouve déjà dans le sud avec le directeur général des Carabineros. Merci d’avoir commencé à travailler dès le premier jour.
Mais cela, et j’attire ici l’attention de tous, cela ne dépend pas seulement du gouvernement. Les citoyens, chacun d’entre vous, ceux qui sont ici présents et ceux qui nous écoutent dans tout le Chili, ont également une énorme responsabilité.
Ce n’est pas l’œuvre d’une seule personne ou d’une seule équipe, c’est l’œuvre de tous. Nous devons saisir ensemble cette formidable opportunité, et nous ne le ferons que si chacun d’entre vous, chaque Chilien, travaille et prend soin de la patrie. Des plus petites choses aux plus grandes, nous devons tous nous employer à faire le bien et à remplir nos obligations de manière responsable.
Nous sommes tous responsables.
Le Chili nous appartient à tous et nous construisons tous ensemble l’avenir, tous, oui, tous les travailleurs, tous les étudiants, les collaborateurs, les fonctionnaires, tous dans ce Chili du nord, dans ce Chili où nous nous trouvons, dans le sud, dans ce Chili insulaire. Personne n’est superflu au Chili, nous sommes tous importants.
Je veux aussi m’adresser à ces Chiliens qui ont été oubliés.
Aucun gouvernement ne peut se dire efficace tant qu’il y a un seul Chilien qui dort le ventre vide. Aucune croissance n’a de valeur si elle ne profite pas à ceux qui en ont le plus besoin.
J’inclus aussi cette grande classe moyenne qui a peur de perdre ce qu’elle a et de tomber dans la pauvreté. Aucun héritage ne survivra si on ne se soucie pas des plus pauvres et des plus démunis de notre société. Nous allons nous consacrer avec force à vaincre la pauvreté et à améliorer la qualité de vie de tous les Chiliens.
Chers compatriotes, chères compatriotes, je veux également lancer un appel à l’unité, non pas à une unité qui efface les différences, car la critique est légitime et le débat est nécessaire pour renforcer notre démocratie.
Cet appel à l’unité concerne les causes urgentes du Chili, celles qui transcendent nos différences. L’unité qui invite à travailler ensemble pour les enfants qui méritent de grandir dans une société plus sûre.
L’unité qui invite à travailler ensemble pour les personnes âgées qui méritent de vivre dans la dignité. L’unité qui nous fera travailler ensemble pour les travailleurs et les étudiants qui méritent que leurs efforts soient reconnus.
Pour eux, pour vous, nous gouvernerons dans l’unité pour tous les Chiliens.
Ce n’est pas le moment de la rancœur — c’est le moment de faire le travail.
Il y a trop à faire pour gaspiller notre énergie dans des tranchées. L’invitation de ce gouvernement s’adresse à tous, à tous ceux qui ont voté pour nous et à ceux qui n’ont pas voté pour nous.
À ceux qui ont des doutes, nous vous invitons également à faire partie de cette unité. À ceux qui nous critiquent, nous vous invitons également à faire partie de cette unité. Nous ne demandons qu’une seule chose : que nous donnions une chance au Chili, cette chance que nous méritons et que nous avons retrouvée aujourd’hui.
Travaillons ensemble pour ce qui nous unit, car le Chili est plus grand que nos divisions. Beaucoup, beaucoup plus grand.
Le Chili est une histoire commune, une histoire d’efforts, de sacrifices et d’espoir.
Le Chili sera libre ou ne sera pas, disait Bernardo O’Higgins.
José Antonio Kast fait ici référence à un autre politique et militaire historique du pays : Bernardo O’Higgins Riquelme (1778-1842), considéré comme l’un des pères de la patrie chilienne pour son rôle dans le processus d’indépendance du Chili vis-à-vis de l’Empire espagnol. Il a été le premier chef d’État du Chili indépendant (Director Supremo).
Et cette liberté, nous l’avons atteinte aujourd’hui. Et cette liberté que nous avons atteinte aujourd’hui est remise en question, remise en question par le crime, remise en question par la corruption, remise en question par ceux qui pensent que le Chili doit se résigner à la violence et à la décadence. Mais ils se trompent, car les Chiliens ne sont pas un peuple résigné.
Nous sommes un grand peuple, nous ne sommes pas un peuple vaincu, nous sommes un peuple qui se relève. Nous nous relevons après la crise, nous nous relevons après les tremblements de terre et les catastrophes, nous nous relevons après les injustices, et nous nous relevons toujours parce que le cœur du Chili, au cœur du Chili, vit quelque chose de plus fort que la peur : il y vit le courage de son peuple.
Il y vit l’effort de ses travailleurs, l’amour de ses familles.
Notre hymne national qualifie le Chili de « copie heureuse de l’Éden ».
Et ce n’est pas seulement de la poésie. C’est l’aspiration de millions de personnes qui se lèvent chaque matin avec l’espoir de vivre en paix. De marcher tranquillement dans les rues, de faire confiance à leurs institutions, d’être fières de leur patrie.
Ce Chili est possible.
C’est ce Chili que nous allons construire ensemble. Vive le Chili !
Et avant de terminer, je ne peux m’empêcher de remercier ma famille pour son soutien indéfectible, Pía, merci beaucoup, chacun de nos enfants, chacun de mes frères et sœurs, ceux qui sont ici avec nous et ceux qui nous accompagnent depuis le ciel, nos parents.
Et de toute la famille élargie. Sans ma famille, et vous le comprenez très bien, je ne pourrais pas être ici ce soir. Sans ma famille, je ne pourrais pas relever cet énorme défi qui nous a été confié.
Comme le dit Pía, nous avons besoin de plus d’étreintes, de plus d’affection, de plus de famille, de plus de rencontres pour affronter cette vie qui est dure et difficile. Chacun trouvera la formule pour avoir des étreintes, des rencontres, des conversations, de la croissance.
Merci pour tout le soutien que vous m’avez apporté, que vous nous avez apporté. Merci d’être toujours à mes côtés. Merci beaucoup.
Chers amis, depuis ce balcon, depuis la maison de tous les Chiliens, je vous dis franchement que nous allons récupérer notre pays, nous allons récupérer nos rues, nous allons récupérer nos institutions, nous allons récupérer l’espoir, car les Chiliens ne veulent plus gérer la médiocrité, ils veulent construire la grandeur.
Avec l’aide de tous, le Chili se relève. Il se relève avec du travail, il se relève avec de l’ordre, il se relève avec du caractère, et surtout, il se relève avec cet espoir que nous avons vu aujourd’hui dans les yeux, dans le regard de ces enfants du lycée Augusto D’Halmar.
La première activité de Kast en tant que président investi a consisté à visiter, avec la nouvelle ministre de l’Éducation, María Paz Arzola, le lycée Augusto D’Halmar. Par ses résultats, ce lycée est considéré comme l’un des meilleurs établissements publics scolaires du pays.
Le but était évidemment de montrer que l’éducation sera une des priorités de son mandat.
Ils sont un phare de l’éducation publique au Chili. Nous voulons retrouver l’éducation publique pour tous nos enfants. Je remercie les enseignants, chaque professeur qui consacre des heures à ses élèves, les parents qui consacrent des heures à accueillir et à accompagner leurs enfants.
Je le répète, lorsque le Chili se relève, rien ni personne ne peut l’arrêter.
Et ce soir, ce n’est pas seulement un gouvernement qui commence. Ce soir, nous pouvons dire que nous avons une chance, si nous faisons bien les choses et si nous les faisons ensemble, d’entamer une nouvelle ère pour le Chili, une ère d’ordre, de liberté et de justice, une époque, j’insiste, d’espoir.
Ce ne sera pas facile, nous commettrons des erreurs, nous sommes humains, nous pouvons nous tromper, mais nous parlerons toujours avec vérité, franchement, en regardant les gens dans les yeux, sans rien cacher.
Personne n’a dit que ce serait facile, mais je suis sûr qu’avec l’aide de Dieu, avec les efforts de chacun d’entre nous et un amour sincère pour notre culture et notre tradition, le Chili retrouvera le chemin d’un avenir radieux.
Avant de terminer, je tiens à appeler nos ministres, chacune des personnes qui ont pris la décision courageuse et patriotique de nous accompagner dans ce défi.
J’appelle nos sous-secrétaires, j’appelle toutes les autorités et tous les fonctionnaires qui nous accompagneront dans ce défi. J’appelle également ceux qui travaillent pour le Chili depuis longtemps. Nous avons un État formidable, nous avons des fonctionnaires formidables qui ont besoin d’une occasion de retourner travailler librement et en toute confiance pour ce Chili qui grandit et qui avance dans l’unité.
Nous n’avons pas de temps à perdre.
Que Dieu bénisse le Chili, que Dieu bénisse nos familles, que Dieu nous donne la sagesse de gouverner avec justice, la force d’agir lorsque cela est nécessaire et l’humilité de toujours servir notre peuple.
Vive le Chili, vive le Chili, vive le Chili.
Bonne nuit, merci beaucoup.