Une analyse préliminaire, sur la base d’estimations réalisées par des experts et d’informations en source ouverte, suggère que l’Iran a tiré près de 700 missiles en quatre jours, depuis le lancement des opérations israélo-américaines le 28 février 1.

  • Hier, mardi 3 mars, seulement 50 missiles auraient été tirés par Téhéran, soit sept fois moins que lors du premier jour de la guerre.
  • L’analyste de l’Eurasia Group Firas Maksad note une baisse de près de 80 % des missiles tirés sur Israël : 90 samedi, contre seulement 20 hier 2.
  • C’est significativement moins que durant la Guerre des douze jours, en juin 2025, lorsque le territoire israélien avait été visé par plus de 500 missiles iraniens.

La forte baisse de la cadence iranienne de tirs de missiles en l’espace de quelques jours indique que les frappes américaines et israéliennes ont considérablement dégradé les capacités de riposte de Téhéran. Tsahal revendique avoir détruit à ce jour environ 300 lanceurs de missiles iraniens, ce qui représente plus de la moitié de la capacité totale de Téhéran.

  • Avec des stocks estimés à 2 500 missiles par l’armée israélienne au début de la guerre, Téhéran pourrait n’avoir épuisé à ce jour que 30 % de ses réserves 3.
  • Toutefois, sans lanceurs, ces missiles sont de facto inutilisables, ce qui contraint les forces iraniennes à se reposer principalement sur des drones, moins destructeurs mais disponibles en plus grand nombre.

Pour les pays du Golfe, et notamment les Émirats arabes unis, qui ont été visés par 65 % des projectiles tirés par l’Iran depuis le 28 février, l’épuisement des capacités iraniennes de frappes de missiles pourrait réduire considérablement les risques posés par la riposte de Téhéran 4.

  • Les drones, contrairement aux missiles, qui nécessitent des intercepteurs très coûteux, au prix unitaire de plusieurs millions de dollars, peuvent être détruits par des munitions moins onéreuses, comme des roquettes APKWS.
  • L’armée américaine notamment dispose également de systèmes C-RAM et Coyote, ainsi que de capacités de brouillage avec des moyens de guerre électronique, similaires à ceux utilisés par les armées russe et ukrainienne.

En privant Téhéran de sa capacité de riposter à l’aide de missiles balistiques, les armées américaine et israélienne pourraient consacrer plus de moyens au ciblage d’infrastructures nucléaires et de sites de production d’armement. L’armée israélienne a frappé hier, mardi 3, le complexe nucléaire de Minzadehei, dans la province de Téhéran, après avoir visé le 2 mars avec l’armée américaine le site de Natanz, dans la région d’Ispahan.

Sources
  1. Andrew Fox, « Lion’s Roar, Day Four update », Substack, 3 mars 2026.
  2. Publication de Firas Maksad sur X, 4 mars 2026.
  3. Lisa Beyer et Marissa Newman, « What Are Iran’s Missile and Drone Capabilities ? », Bloomberg, 3 mars 2026.
  4. Nadim Koteich, « Targeting the new Middle East : Iran attacked the UAE because it cannot defeat its model – opinion », The Jerusalem Post, 3 mars 2026.