Face aux sanctions américaines et européennes et aux risques auxquels s’exposent les acheteurs en important du pétrole russe, Moscou a été contraint de baisser considérablement les prix de ses barils d’Oural afin de maintenir ses exportations. 

  • Les barils de pétrole russe provenant des ports occidentaux du pays se vendent désormais avec une décote moyenne de plus de 30 dollars par rapport au Brent, soit l’écart le plus important depuis le printemps 2023 1.
  • Malgré les réductions offertes par Moscou pour encourager les acheteurs, le nombre de barils de brut russe en mer a été presque multiplié par deux depuis janvier 2025, et atteint 135 millions de barils.
  • Selon le CREA, les revenus fossiles russes ont diminué de 19 % l’an dernier, et de 27 % par rapport à 2021, avant le lancement de l’invasion de l’Ukraine.

Malgré les propos du ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, qui a déclaré hier à Al Jazeera que Téhéran n’avait « aucune intention » de fermer le détroit, au moins trois pétroliers ont été ciblés par des frappes hier, dimanche 1er, vraisemblablement iraniennes. Les signaux numériques suggèrent que le trafic des pétroliers via Ormuz a quasiment cessé, après une baisse de 70 % du trafic maritime global enregistrée entre vendredi et samedi 2.

La crise énergétique qui se dessine au Moyen-Orient pourrait s’avérer très opportune pour la Russie.

  • La majeure partie des analyses anticipent une forte hausse du prix du baril, qui pourrait atteindre près de 110 dollars en cas de fermeture effective du détroit à la navigation, selon Bloomberg Economics.
  • Un tel scénario pourrait retirer 15 millions de barils par jour du marché, ce qui réduirait considérablement l’offre mondiale et pourrait rendre attractifs les 135 millions de barils d’Oural actuellement en mer.
  • Ceux-ci pourraient notamment être sollicités par l’Inde — qui représente 15 % du pétrole transporté par le détroit d’Ormuz —, dont les importations de pétrole russe ont chuté depuis le mois de décembre.

La capacité des exportateurs russes à tirer profit de la crise énergétique au Moyen-Orient dépendra en grande partie de sa durée. Une reprise des négociations entre les États-Unis et l’Iran, évoquée par Trump hier, dimanche 1er, pourrait produire une hausse limitée du baril et ainsi rassurer les assureurs et les marchés quant à la reprise d’un trafic maritime stable dans le détroit d’Ormuz.

Sources
  1. « Russian Oil Most Discounted Since 2023 on Western Sanctions », Bloomberg, 23 février 2026.
  2. Christiaan Triebert et Alexander Cardia, « Shipping Traffic Through Strait of Hormuz Plummets After Attacks on Iran », The New York Times, 28 février 2026.