Dans un entretien paru hier avec le média arabe libanas, Al-Modon, Kyrylo Budanov 1, chef de cabinet du président Zelensky, a fait le point sur l’état des négociations avec la Russie et sur la vision stratégique de Kyiv.
- Une phrase en particulier a retenu l’attention : « Tout ce que je peux dire, c’est que l’équipe de négociation russe est consciente qu’elle devra accepter les garanties de sécurité accordées à l’Ukraine par les États-Unis, que cela lui plaise ou non. »
- Zelensky a souvent déclaré que les garanties de sécurité constituaient « une question clef, un point de départ pour mettre fin à la guerre ».
- Jusqu’à présent, la Russie avait systématiquement rejeté toute implication de tiers, en particulier des États-Unis ou de l’OTAN, dans l’architecture de sécurité post-conflit pour l’Ukraine. Moscou considérait que toute garantie occidentale constituait une menace directe pour ses intérêts stratégiques et proposait plutôt un format exploré à Istanbul, qui faisait de la Russie elle-même un garant contre toute future invasion.
- Le fait que l’équipe de négociation russe aurait, selon Budanov, implicitement accepté ce principe représenterait donc une rupture rhétorique majeure, voire un recul de ligne rouge.
Alors que la guerre en Iran a été déclenchée hier par les États-Unis et Israël, les négociations devraient se poursuivre entre l’Ukraine et la Russie.
- Des responsables ukrainiens ont rencontré Jared Kushner et Steve Witkoff à Genève, jeudi 26 février, pour discuter d’un programme de prospérité proposé pour l’Ukraine, de mécanismes de soutien et de relance économiques, ainsi que d’outils d’investissement.
- Le président ukrianien Zelensky avait déclaré le même jour que le prochain cycle de négociations entre la Russie et l’Ukraine, sous l’égide des États-Unis, devrait se tenir à Abu Dhabi début mars. Il n’est pas certain que la location pourra être maintenue, alors que les Émirats arabes unis ont été frappés par l’Iran le 28 février.
Les derniers pourparleurs entre la Russie, l’Ukraine et les États-Unis à Genève, les 17-18 février, n’ont débouché sur aucune avancée.
- Le porte-parole du Kremlin, Peskov, avait qualifié le processus de « complexe » et « laborieux » alors que les négociations sont toujours bloquées sur la question du Donbass, que la Russie considère comme un préalable à tout cessez-le-feu. Le 14 février, le vice-président de la commission de défense de la Douma a déclaré que la Russie « ne se contenterait pas » de simplement obtenir Louhansk, Donetsk, Zaporijia et Kherson, mais qu’elle devait également parvenir à un changement de régime à Kiev.
- Zelensky a déjà insisté qu’un accord sur les garanties de sécurité devait précéder tout accord sur la fin de la guerre.
Malgré les cycles répétés de discussions, la position russe reste inflexible. Des sources proches du ministère des Affaires étrangères ont confirmé, lors d’un entretien le 25 février, que Moscou n’avait pas l’intention de renoncer à ses objectifs de guerre, notamment la reconnaissance de l’annexion illégale des territoires ukrainiens et l’exclusion des troupes de l’OTAN du sol ukrainien, considérés comme non négociables 2.
Sources
- في ذكرى الغزو الروسي : « المدن » تحاور رئيس مكتب زيلينسكي, Al-Madina, 28 février 2026.
- Russian Offensive Campaign Assessment, February 25, 2026, Institute for the Study of War, 25 février 2026.