Cela fait plus d’un an que nous écrivons, dans le Grand Continent, que les menaces d’annexion du Groenland doivent être prises au sérieux — des dizaines d’articles, d’analyses, de cartes pour comprendre ses plans. Si vous pensez que ce travail est utile et que vous souhaitez soutenir une rédaction indépendante, qui ne se développe que grâce à ses lectrices et ses lecteurs, découvrez nos offres pour s’abonner à la revue
Ce texte n’est ni un reportage, ni une enquête, ni un document officiel. C’est un scénario de fiction, rédigé à partir de mécanismes bien réels : l’asymétrie de puissance, la vassalisation heureuse, la capture du récit et le fait accompli. Il raconte comment, en trois jours, le Groenland pourrait cesser d’être un territoire autonome — sans déclaration de guerre, sans vote, sans traité.
Un basculement historique, rendu possible moins par la force que par la fatigue des élites européennes, l’effacement progressif des institutions américaines, l’alignement clanique de certains intérêts, la force du spectacle.
Rien de ce qui suit n’est présenté comme inévitable. Mais tout ce qui est décrit existe déjà à l’état de fragments.
Malgré le discours de défaite qui nous est désormais imposé, il dépend encore de nous que cette fiction le reste.
RIEN N’EST JAMAIS COMME IL Y PARAÎT
17 janvier – 18h30, quelque part au-dessus de l’Atlantique Nord
Ils sont cinq. Une journaliste, quatre techniciens, deux communicants et un factotum. Ils travaillent pour Fox News. Leur vol vient de quitter Copenhague. Destination : Nuuk, capitale du Groenland.
À Washington, le ton a changé. Pas brutalement, mais de manière insistante, presque obsessionnelle. Le président américain répète désormais le même message : l’annexion du Groenland est une question vitale. Si les États-Unis ne prennent pas le contrôle de la plus grande île du monde, la Russie — ou pire encore, la Chine — finira par le faire. L’OTAN, explique-t-il, ne peut pas rester passive. Elle doit devenir le moteur de cette opération historique. Il faut, dit-il, sauver l’Occident.
Pourtant, rien ne semble aller dans ce sens. Au Groenland, le parti pro-américain a nettement perdu les élections et recule dans les sondages. Une large majorité de la population — près de 85 % — rejette toute idée d’annexion américaine. Le Premier ministre groenlandais vient même de déclarer publiquement qu’il préférera toujours l’Union européenne aux États-Unis.
Aux États-Unis aussi l’enthousiasme est limité. Le public américain semble sceptique face à cet aventurisme hémisphérique. Même dans la base MAGA, les sondages sont mauvais, surtout lorsqu’une option militaire est évoquée. Au Sénat, fait rare, une dizaine de républicains commencent à s’insurger ouvertement.
Et pourtant, quelque chose a changé. Ce grand espace blanc, vide, encore plus immense sur les cartes Mercator, fascine. C’est une page blanche, une histoire qui reste à écrire et à raconter.
La direction de Fox News l’a compris. Être la première chaîne américaine installée à Nuuk, capable de diffuser en direct à tout moment, d’expliquer le Groenland aux Américains, c’est prendre une avance décisive dans la bataille du récit. Et dans ce genre de course à l’imaginaire, celui qui commence a déjà un avantage décisif.
C’est pour cette raison qu’ils se trouvent dans cet avion.
La reporter a remarqué quelque chose : quelques passagers d’apparence asiatique ont attiré son attention. Deux groupes distincts. Un couple sportif en classe affaires, trois autres — deux femmes et un homme — en classe économique. Ils ne se parlent pas et ne semblent pas étonnés de se retrouver ensemble sur ce vol. C’est un peu bizarre.
Elle s’ennuie un peu et décide donc de sortir son téléphone, en prenant quelques photos à la volée en se rendant aux toilettes juste avant de commencer la descente.
Grâce à la wi-fi à bord, elle les envoie via Telegram à un contact à Langley, au siège de la CIA. Message joint, faussement léger : « Le takeover de l’île a déjà commencé ? 🫣 »
Quand elle atterrit à Nuuk, la réponse la foudroie.
À Langley, les vérifications ont été immédiates et rapides. Les cinq passagers ont embarqué sous de faux noms. Officiellement : un couple de géologues singapouriens et trois représentants de constructeurs chinois de voitures électriques d’origine sud-coréenne. En réalité, selon les services américains, ces cinq ressortissants chinois ont tous suivi une formation secrète de l’Armée populaire de libération. Ils appartiennent à un réseau placé sous surveillance — leur spécialité : contre-insurrection et opérations d’influence.
La journaliste sent le sol se dérober sous ses pieds. Est-ce qu’elle tient un scoop mondial ?
Elle demande immédiatement si elle peut en faire son premier sujet et surtout si elle peut citer sa source.
La réponse arrive après quelques instants.
Un seul emoji.
👀
18 janvier — Nuuk, épicentre de l’événement
Fox News a désormais imposé l’agenda médiatique mondial. Toutes les unes reprennent l’information, la nuancent, la commentent, la critiquent — mais aucune ne peut l’ignorer.
Le récit s’installe.
Il tient en une seule question, répétée à l’infini — et peu importe la réponse : la Chine est-elle en train de préparer une insurrection au Groenland ?
Dans la matinée, des comptes sur X diffusent de nouvelles images satellites. On y distingue six navires chinois effectuant des manœuvres à environ cent kilomètres des côtes groenlandaises. Les trajectoires, explique-t-on, ne semblent pas habituelles.
Fox News les reprend à l’antenne et suggère, avec une prudence soigneusement dosée, qu’ils pourraient nourrir des intentions hostiles.
Sur le terrain, la journaliste interroge des jeunes Groenlandais méticuleusement sélectionnés : ces manœuvres militaires vous inquiètent-elles ? Qui peut vraiment vous protéger ?
Le soir, le secrétaire à la Guerre, un ancien habitué des plateaux de Fox News, est invité en direct pour rassurer l’opinion américaine.
Fait rarissime, l’entretien est brutalement interrompu par un appel de Donald Trump.
En avant-première mondiale, le président se lance dans une tirade décousue et hypnotique : « Nous avons les meilleurs services au monde. Les plus durs. Des gens qui tuent et qui savent tout. Ils savent tout… J’ai sous les yeux un rapport de nos services. Je ne devrais pas dire ça. Pete et mes conseillers m’ont dit qu’il ne fallait pas que je dise ça… Mais les Américains doivent savoir. Le Premier ministre groenlandais a été acheté par la Chine. Mille bitcoins. Des millions de dollars. Pour un homme qui est habitué à se promener avec des chiens sur la neige, c’est beaucoup d’argent. Beaucoup. Les Chinois l’ont acheté. En échange ce fils de p* devait laisser les agents chinois organiser une opération anti-américaine au Groenland. Ils voulaient nous virer. Mais on ne jette pas les États-Unis en dehors de l’Amérique. C’est impossible. »
La séquence tourne immédiatement en boucle.
Une heure plus tard, le ministère chinois des Affaires étrangères publie un communiqué. Il dénonce le « bellicisme impérialiste des États-Unis » et aligne, point par point, trois démentis officiels : 1) les navires repérés ne seraient que de simples bateaux de pêche aux crevettes ; 2) le Premier ministre groenlandais n’aurait jamais eu le moindre contact avec des membres du Parti communiste chinois ; 3) aucun des ressortissants présentés comme des agents chinois n’est, en réalité, de nationalité chinoise. Aucune preuve n’est fournie — et pour cause : il est toujours impossible de démentir ce qui n’a jamais été réellement établi.
Dans le spectacle trumpiste, la charge de la preuve n’incombe jamais à celui qui affirme, mais revient toujours à ceux qui envisagent de douter.
LA CHOSE QUE VOUS DÉSIREZ LE PLUS
19 janvier – 7h15, Copenhague, palais de Christiansborg (Borgen)
L’ambassadeur des États-Unis au Danemark a été reçu en urgence par la Première ministre. La demande de cet étonnant rendez-vous en tête à tête, « sans conseillers », est arrivée une dizaine de minutes plus tôt, bien avant l’aube, sans agenda ni préavis.
Il est pourtant impossible de refuser.
Plus inquiétant encore : aucune des demandes de concertation envoyées dans la précipitation aux autres chancelleries européennes, pas même à la Commission, n’a reçu la moindre réponse. C’est comme si personne n’avait voulu se réveiller aujourd’hui.
Dès l’ouverture de l’entretien, l’ambassadeur est explicite. Il agit sur instruction directe du président Donald Trump.
La situation est grave. Il a de mauvaises nouvelles, une bonne nouvelle — et une solution.
La Première ministre tente un réflexe diplomatique : « … Vous savez que nous sommes des alliés de longue date, que nous avons toujours été fidèles. »
« Je le sais », la coupe l’ambassadeur sans hausser la voix : « aujourd’hui, il va simplement falloir nous le prouver… »
Il commencera, annonce-t-il, par les mauvaises nouvelles.
« Le rapport présenté aux Américains par le Président n’est pas seulement exact — il est beaucoup plus détaillé. »
L’ambassadeur esquisse un sourire contrôlé : « Comme vous le savez, notre président Trump n’aime pas perdre son temps dans les nuances de la diplomatie. Il s’est contenté de partager avec ses concitoyens l’élément le plus spectaculaire du rapport. Mais le reste, soigneusement documenté, est plus particulièrement grave — ou pour être plus exact, il est plus grave… pour vous. »
« Je ne peux évidemment pas vous communiquer au premier venu l’ensemble des éléments dont nous disposons, précise-t-il, mais je suis autorisé à vous transmettre quelques chiffres. Ils sont, à eux seuls, suffisamment explicites : les services américains ont identifié 137 ressortissants chinois employés à bord de 56 porte-conteneurs de Maersk. 87 ont suivi une formation de l’Armée de libération nationale et 34 sont membres du parti. C’est évidemment une situation intolérable. »
Avec une certaine grossièreté, l’ambassadeur rappelle à la Première ministre ce qu’elle sait déjà. Maersk constitue le cœur des recettes en devises du Danemark et assure près d’un tiers du commerce maritime américain. Et ce n’est là, précise-t-il sans ménagement, qu’un exemple parmi d’autres des dépendances existentielles qui rattachent le Royaume de Danemark aux États-Unis.
« Pour éviter de nous perdre dans les détails, ajoute-t-il, nous avons résumé l’essentiel dans cette note, vous pourrez l’étudier le moment venu. » Il fait alors glisser une chemise cartonnée dorée sur la table 1.
« Dans ces conditions », poursuit l’ambassadeur, « la présence de ce que Washington considère comme des agents ennemis à bord de ces navires constitue un risque tout simplement inacceptable pour la sécurité nationale du peuple américain. La conséquence est simple : à l’issue de cet entretien, l’ensemble des navires de Maersk se verront refuser l’accès aux ports américains. »
Il marque une pause.
Le message a été compris.
La Première ministre, elle, n’a pas encore compris que ce n’est pas son tour de parler. « Laissez-moi terminer, si vous le voulez bien », reprend l’ambassadeur.
Les services américains ont repéré une flottille de navires chinois en route vers les côtes du Groenland. Selon les renseignements disponibles, ils transportent des soldats spécialement entraînés, recrutés en Mandchourie et sélectionnés pour leurs traits physiques proches de ceux des Inuits, afin d’infiltrer discrètement la population locale.
« La conclusion est évidente, dit-il en la regardant fixement dans les yeux. Une opération militaire est imminente au Groenland. »
La Première ministre avale d’un trait sa tasse de café danois.
« Mais rassurez-vous », ajoute aussitôt l’ambassadeur, comme s’il parlait d’un simple contretemps… « Nous avons une solution. »
Le Pentagone, explique-t-il, a anticipé ce scénario. Conformément au traité de défense de 1951, quatre unités de soldats américains d’élite peuvent désormais être déployées au Groenland dans les prochaines heures. Elles sécuriseront les points stratégiques, prendront le contrôle des infrastructures critiques et empêcheront toute invasion.
« Il vous suffit simplement de le demander et mon gouvernement viendra à votre rescousse, en évitant que cette escalade se transforme en un bain de sang. »
Il se penche légèrement en avant, baisse la voix : « Je m’adresse directement à vous parce que, comme vous le savez déjà, le Premier ministre du Groenland est totalement compromis dans cette tentative insurrectionnelle hostile. Il devra donc être capturé et jugé. Nous organiserons ensuite des élections, naturellement dans des conditions de paix et de stabilité, pour garantir un futur au Groenland. »
Il marque un silence, puis ajoute, en la fixant toujours dans les yeux, l’air à la fois amusé et gourmand : « J’ai souhaité vous voir en tête-à-tête aujourd’hui, en dehors des usages diplomatiques, parce que ce que le président voulait vous communiquer relevait d’un niveau de confidentialité particulier et s’établissait dans une relation plus personnelle. Nous avons en effet reçu une information qui n’a pas pour le moment été intégrée au rapport transmis au président — personne ou presque n’est au courant, y compris dans les services de renseignement américains. Selon cette information, vous auriez reçu, sur votre portefeuille numérique, près de mille bitcoins en provenance d’un compte chinois, dans les heures suivant votre conférence de presse conjointe avec le Premier ministre du Groenland, en échange de votre soutien discret mais décisif à son insurrection. »
« Vous savez que c’est un mensonge », répond-elle.
« Dans ce cas, dit-il calmement, ouvrez votre application Coinbase et montrez-moi les flux des vingt-quatre dernières heures. »
Le frisson est immédiat lorsqu’elle obéit — elle n’a jamais eu d’application Coinbase.
Mais lorsque l’écran s’allume. L’icône est là.
Elle l’ouvre. Elle a bien un compte. Et sur ce compte, une série de transactions récentes.
Un historique s’affiche. Vingt-quatre heures. Des flux entrants.
Une mention en bas d’écran : fonds liés à des adresses localisées en Chine.
L’ambassadeur commente : « J’ai souvent observé qu’entre alliés, on ferme souvent les yeux sur beaucoup de choses. Jusqu’au jour où quelqu’un décide de les ouvrir… »
« Vous êtes seule. Mais heureusement pour vous un plan est déjà prêt. Il a reçu l’appui informel — mais explicite — du secrétaire général de l’OTAN et il a été accompagné par le silence le plus total de tous les autres membres de l’Alliance. Pour le déclencher, il vous suffit d’envoyer le message qui s’affiche en ce moment dans votre conversation WhatsApp avec le président américain. »
Il se lève, ajuste sa veste.
« Le président Trump m’a autorisé à vous dire qu’il s’occupera personnellement du reste. Et je suis certain que personne, en dehors de cette pièce, ne saura jamais quelles applications vous avez — ou n’avez pas — téléchargées. »
LA FRONTIÈRE EST OUVERTE
19 janvier — 10h Mar-a-Lago
Est-ce la capture d’écran la plus célèbre de l’histoire ?
Peut-être.
En tout cas, elle restera comme l’une de celles qui auront le plus profondément marqué la carte du monde — sans sommet, sans traité, sans signature officielle.
Un clic. Un écran. Un texto.
On y lit ces mots.
« Cher Président Trump, Je vous implore, en tant que leader du monde occidental, de sauver le Groenland d’une invasion étrangère par des forces hostiles, comme le prévoit clairement notre traité de 1951. Je sais que nous pouvons compter sur le gouvernement américain pour respecter la population du Groenland autant que le Danemark l’a fait pendant trois siècles. Que Dieu bénisse l’Amérique. »
La capture d’écran est accompagnée de ce commentaire.
DADDY IS ON HIS WAY.
WE ARE MAKING AMERICA BIGGER, THAN EVER BEFORE — LIKE NOBODY HAS EVER SEEN.
THANK YOU FOR YOUR ATTENTION ON THIS VERY IMPORTANT MATTER.
GOD BLESS YOU, GOD BLESS GREENLAND AND AMERICA.
DONALD J. TRUMP
PRESIDENT OF AMERICA
Quelques heures plus tard, une seconde capture d’écran est partagée, moins décisive — mais dans chaque tragédie on a besoin de farce.
C’est un SMS. L’expéditeur est Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN.
“Daddy”, Monsieur le Président d’Amérique, cher Donald,
Je ne sais comment vous remercier pour cette opération rapide et réussie, menée pour assurer la sécurité du monde occidental et de ses valeurs.
Vive la grande Amérique.
Vive Donald Trump ! ! ! !
19 janvier — 10h00 Secteur Atlantique Nord
Les forces américaines débarquent simultanément à quatre points stratégiques du Groenland, dont Nuuk — les bases militaires installées sur place s’activent.
Des images, soigneusement cadrées, circulent très vite.
Des avions se posent dans l’aéroport. Les ports sont sécurisés. Les communications passent sous contrôle américain.
À Nuuk, la maison du Premier ministre groenlandais est fouillée — le premier ministre est neutralisé et capturé. Les services américains annoncent avoir trouvé deux joints et un colis vide portant le logo de Shein. Le paquet semble avoir contenu des armes.
On s’amuse d’une anecdote, déjà promise aux manuels d’histoire militaire : le Commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) devient ce jour-là le premier général à devoir planifier simultanément la défense et l’attaque d’un même territoire.
Le Groenland, c’est le plus important, est enfin protégé.
Pendant ce temps, Fox News retransmet en direct. Les caméras sont idéalement placées. Les présentateurs les plus populaires sont sur place, emmitouflés dans des parkas neuves, trinquant à ce qu’ils appellent une opération incroyable.
Ils martèlent le message particulièrement convaincant : alors que la Chine préparait un bain de sang, il n’y a eu ni morts, ni blessés.
Pas un coup de feu. Pas une goutte de sang. Preuve, répètent-ils, que l’intervention américaine était non seulement nécessaire, mais morale.
L’histoire est bouclée avant même que la journée ne commence vraiment.
Les faits n’ont qu’à suivre le récit.
20 janvier — 11h Washington, Maison-Blanche
Un an jour pour jour après son intronisation au Capitole, le président des États-Unis a deux moments à l’agenda.
Une adresse à la nation, le soir, précédée par une courte rencontre avec les nouvelles autorités groenlandaises à la Maison-Blanche.
Dans la matinée, l’ancien leader de l’opposition indépendantiste et pro-américaine — devenu presque naturellement le chef d’une coalition nationale de transition — est reçu à la Maison Blanche avec les honneurs militaires. La symbolique est soigneusement calibrée.
Devant les caméras, Donald Trump ne résiste pas à l’exercice qu’il affectionne le plus. Il le désigne du menton, sourit, puis lâche pour le séduire : « Great guy. Really great. Maybe the best governor we have. Possibly ever… »
Ces mots sont immédiatement repris partout.
Un peu plus tard, dans un anglais hésitant mais appliqué, le nouveau gouverneur du Groenland lit une déclaration conjointe avec le gouvernement danois.
Il y exprime le soulagement du peuple groenlandais face à « la gestion impeccable » d’une situation de très forte tension internationale pouvant basculer en « une guerre sanglante », ainsi que sa volonté de coopérer étroitement avec ses « anciens alliés, le Danemark et l’Union européenne, notamment sur des sujets prioritaires tels que les droits de douane sur les crevettes décortiquées ».
En coupant court à cette déclaration, Donald Trump fait une remarque ironique : « Jusqu’à hier, la présidente Ursula von der Leyen était la dirigeante la plus puissante d’Europe… Aujourd’hui, la Première ministre du Danemark est montée au même niveau. Si j’étais Ursula, je serais inquiet de me faire dépasser… »
20 janvier — 19h Bureau ovale, bureau du président des États-Unis
C’est un discours solennel depuis le Bureau ovale.
Un moment rare.
Préparé méticuleusement, mot par mot, image par image.
Quand l’histoire s’écrit, il serait maladroit de ne pas la raconter comme il se doit.
Le décor a été soigneusement choisi.
Le texte ajusté, relu, répété.
Pour une fois, il faudra le lire sans improviser.
ON EST LIVE.
Le président apparaît à son bureau.
Derrière lui, on voit d’emblée la carte d’un monde nouveau.
Un discours historique se limite souvent à une seule idée — et le message de ce discours a la puissance radicale de la simplicité.
Nous le traduisons, mais il suffit vraiment de regarder.
« Mes chers compatriotes,
Depuis que je suis de retour à la Maison-Blanche — il y a tout juste un an — les États-Unis n’ont jamais été aussi forts, aussi riches, aussi puissants.
Jamais.
C’était ma promesse.
Avec l’aide de Dieu, nous avons maintenu notre promesse.
Aujourd’hui, je peux vous le dire clairement.
Notre nation n’a jamais été aussi grande.
Notre territoire n’a jamais été aussi étendu.
J’ai donné des instructions très claires aux dirigeants de la tech, à l’administration, à toutes les branches de notre formidable gouvernement.
À partir de maintenant, toutes les cartes disent la même chose.
Le Groenland est un territoire américain.
Pour la première fois depuis des décennies qui nous ont paru des siècles — et personne ne l’avait fait avant moi —, les États-Unis ont recommencé à s’étendre.
Regardez vos téléphones. Regardez vos applications. Allez sur Internet.
À partir d’aujourd’hui, la plus grande nation de l’histoire est devenue encore plus grande.
Nous avons découvert un nouveau monde.
Des possibilités immenses s’ouvrent à nous.
Dès demain, je me rendrai personnellement au Groenland pour fonder, dans le Grand Nord, une ville nouvelle.
Une ville américaine.
Une ville du futur.
Avec des investissements massifs et de nouvelles lois.
Elle portera mon nom.
Tous les Américains qui le veulent pourront s’installer dans cette nouvelle capitale.
Tous.
À partir de demain, des vols quotidiens relieront nos principaux aéroports au Groenland.
Nous avons déjà commencé à construire de nouveaux aéroports, de nouvelles routes, à produire de l’énergie et toutes les infrastructures pour que les Américains puissent vivre, travailler, réussir sur cette terre immense.
Cette terre riche.
Cette terre qui s’ouvre à nous.
Et j’ai une annonce très importante, peut-être la plus importante de la soirée.
Si vous avez moins de 35 ans et que vous voulez réussir dans ce nouvel État de notre grande fédération, écoutez-moi bien.
Je vous annonce ce soir que non seulement vous ne paierez aucun impôt — zéro, rien, pas un dollar — pendant 10 ans, mais que vos dettes étudiantes seront intégralement remboursées.
Toutes.
Entièrement.
Et ce n’est pas tout.
Tous les Américains qui s’installeront au Groenland pour faire de cet État le plus grand État des États-Unis se verront offrir une parcelle de terre.
Votre terre.
Pour vous installer, pour construire, pour réussir.
C’est comme ça qu’on forgera une nouvelle nation.
C’est comme ça qu’on gagne la course vers l’avenir.
Personne n’a jamais fait ça avant… Personne. Et croyez-moi — ça va marcher.
Amérique, je te promets un monde nouveau.
Ce soir, mes chers compatriotes, je vous dis des paroles nouvelles.
Des paroles de force.
Des paroles de victoire.
La frontière est de nouveau ouverte.
Notre destinée manifeste n’a jamais changé.
Elle a toujours été la même : la domination.
Nous avons dominé le monde dans le passé.
Grâce à moi, nous le dominons de nouveau.
Et, faites-moi confiance, nous le dominerons pour toujours.
Que Dieu bénisse l’Amérique.
Que Dieu protège son grand président, Donald J. Trump. »
Sources
- CONFIDENTIEL. Deux dossiers distincts requièrent une attention immédiate, en raison de leur niveau de criticité et de leurs implications potentielles pour les intérêts danois. Premièrement, la Food and Drug Administration (FDA) a procédé à la réouverture du dossier d’autorisation relatif à la commercialisation du traitement anti-obésité de Novo Nordisk sur le marché américain. Des irrégularités préoccupantes ont été identifiées lors du réexamen. À ce stade, une suspension de l’autorisation n’est pas exclue, sauf résolution rapide et satisfaisante des points soulevés. À titre de rappel, Novo Nordisk représente environ 7 % du PIB danois. Deuxièmement, les installations éoliennes offshore d’Ørsted au large de la Nouvelle-Angleterre font l’objet d’allégations d’atteintes environnementales majeures (oiseaux marins, cétacés). Plusieurs organisations environnementales américaines se préparent à engager des actions judiciaires. Le dossier est actuellement en circulation au sein de différentes administrations à Washington. Appréciation générale : compte tenu du contexte stratégique actuel, ces deux dossiers dépassent leur dimension strictement technique et sont susceptibles d’évoluer rapidement en fonction d’une appréciation politique.