Le 30 décembre, le ministre des Finances russe, Anton Silouanov, a déclaré ​​que la part des recettes pétrolières et gazières dans le budget fédéral avait « pratiquement diminué de moitié en quelques années ». Les recettes générées par les ventes de pétrole et de gaz pourraient, selon Silouanov, représenter 22 % du budget de la Russie cette année.

Celles-ci comptaient pour plus de 40 % en 2022, lors du lancement de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, et jusqu’à plus de 50 % en 2014 1.

  • La chute des revenus générés par l’extraction puis la vente d’hydrocarbures est une conséquence directe des sanctions, qui contraignent Moscou à vendre son pétrole moins cher.
  • Fin décembre, le baril d’Oural est passé sous la barre des 60 dollars pour la première fois depuis mars 2023. La valeur des exportations de pétrole russe est tombée à 950 millions de dollars par semaine, contre plus de 1,3 milliard au début de l’année 2025 2.
  • Il s’agit du chiffre le plus faible depuis 2022.

Si les revenus générés par les hydrocarbures ont diminué, en raison de la guerre, les dépenses de Moscou ont considérablement augmenté. Selon les chiffres compilés par l’économiste Janis Kluge, les dépenses de défense ont connu une hausse de 295 % par rapport à 2021 3.

Afin de maintenir ses finances à flot, le Kremlin a dû trouver de nouvelles sources de revenus.

  • Poutine a notamment mis à contribution les entreprises, dont le taux d’imposition est désormais de 25 % contre 20 % avant le lancement de la guerre.
  • Celles-ci ont également vu la suppression du taux forfaitaire d’imposition sur le revenu, de plusieurs avantages fiscaux et l’augmentation des droits d’accise, ainsi que des taxes foncières et immobilières 4.
  • Les ménages russes contribuent quant à eux à l’effort de guerre via une hausse de la TVA, qui est passée de 20 à 22 % le 1er janvier. 

La chute de Maduro et l’exploitation par les États-Unis des réserves du pays devraient davantage dégrader les perspectives du secteur pétrolier russe. En plus d’un potentiel remplacement par l’Inde du pétrole russe par du vénézuélien, une hausse de la production de Caracas pourrait maintenir au plus bas le prix du baril de brut.

Sources
  1. Publication sur Telegram de ВЕСТИ, 30 décembre 2025.
  2. Julian Lee, « Russian Crude Cargoes Pile Up on Tankers as Deliveries Falter », Bloomberg, 13 janvier 2026.
  3. Russia’s federal budget, Janis Kluge (base de données mise à jour le 22 août 2025).
  4. Олег Логинов, « Доходы от нефти поплыли. Где Россия возьмет деньги на войну ? », Deutsche Welle, 9 janvier 2026.