Malgré sa rhétorique anti-interventionniste, mise en avant dans plusieurs discours comme en mai 2025, à West Point, lorsqu’il avait annoncé « la fin des croisades de nation building auprès de pays qui ne souhaitaient pas être associées à nous », Trump a multiplié les interventions à l’étranger depuis son retour au pouvoir 1. En à peine un an, il a ainsi ordonné plus de frappes que Biden durant ses quatre années de mandat : 637 contre 555.

Tout comme pour les frappes en Iran au mois de juin 2025, les opérations militaires de l’administration Trump au Venezuela sont impopulaires auprès des Américains.

  • Selon un sondage Ipsos mené entre le 4 et le 5 janvier, soit dès le lendemain des frappes menées par Washington à Caracas et de la capture du président Nicolás Maduro, seulement 33 % des sondés « approuvent » l’intervention militaire américaine », tandis que 34 % s’y opposent 2.
  • Parmi les électeurs républicains, le soutien à l’opération est toutefois bien plus important — 65 %, soit près des deux tiers —, tandis que celle-ci n’obtient l’approbation que de 11 % des électeurs démocrates.
  • On note toutefois une part très importante d’indécis : 33 % ne savent pas comment se positionner, dont 29 % de républicains et 25 % de démocrates.

Le soutien des électeurs républicains à l’opération Absolute Resolve témoigne de l’efficacité du rabâchage médiatique mené par les responsables de l’administration, comme Stephen Miller, et les principaux commentateurs conservateurs, comme Matt Walsh du Daily Wire, pour qui le droit international est « fake and gay » (« faux et gay ») 3. Ce soutien était pourtant loin d’être acquis : en septembre 2025, seulement un tiers (34 %) des républicain disait être favorable à l’utilisation de la force militaire pour destituer Maduro, selon YouGov 4.

Cette dynamique n’est pas nouvelle, et s’était déjà manifestée en juin suite aux frappes américaines sur l’Iran.

  • Une semaine avant le bombardement de Fordo, Natanz et Ispahan, seulement 23 % des Républicains disaient être favorables à une intervention dans le conflit entre l’Iran et Israël.
  • Dans le premier sondage réalisé après l’attaque américaine, l’opinion des électeurs républicains s’est renversée en quelques jours : 68 % disaient « approuver » les frappes ordonnées par Trump.

Ce ne sont pas les opinions des électeurs trumpistes qui guident nécessairement les actions de l’administration, notamment en politique étrangère, mais la Maison-Blanche qui est capable de façonner les opinions de ses électeurs. 

Dans une interview sur NBC lundi 5 janvier, Trump a déclaré : « MAGA, c’est moi. MAGA apprécie tout ce que je fais, et j’apprécie également tout ce que je fais » 5.

  • Il y a eu peu d’opposition à l’opération à Caracas parmi les cercles trumpistes. 
  • Des figures médiatiques majeures comme Matt Boyle, de Breitbart, le podcasteur Jack Posobiec ou Raheem Kassam, du site The National Pulse, ont défendu l’intervention militaire de Trump.
  • Marjorie Taylor Greene, qui a démissionné de la Chambre hier, lundi 5, en raison de désaccords répétés avec le leadership républicain, et Thomas Massie, un élu qui fera face à un autre candidat républicain soutenu par Trump en novembre lors des élections de mi-mandat, figurent parmi les seuls dans les rangs républicains à avoir exprimé leur désaccord avec l’opération.
Sources
  1. TRANSCRIPT : President Trump Remarks at West Point, Senate Democrats, 24 mai 2025.
  2. Jason Lange, « A third of Americans support US strike on Venezuela, Reuters/Ipsos poll finds », Reuters, 5 janvier 2026.
  3. Publication sur X de Matt Walsh, 4 janvier 2026.
  4. YouGov Survey : Venezuela, 5-8 septembre 2025.
  5. Kristen Welker et Jonathan Allen, « Trump says the U.S. isn’t at war with Venezuela », NBC News, 5 janvier 2026.