Trump avait ouvert son deuxième mandat, en 2025, sur la promesse de la construction d’une « Grande Amérique » en mettant en œuvre une politique d’extension territoriale. Le président américain revendiquait ainsi l’annexion du Canada, qui deviendrait le « 51e État » américain, du canal de Panama et du Groenland.

Moins d’un an depuis son retour au pouvoir, Trump a multiplié les menaces d’intervention militaire visant à déposer les gouvernements de plusieurs États.

  • Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a présenté durant le week-end la capture de Maduro au Venezuela, dans la matinée du 3 janvier, comme relevant d’une « opération de maintien de l’ordre ». 
  • Ces déclarations, en contradiction avec les propos de Trump, qui avait déclaré suite à l’extradition de Maduro que la Maison-Blanche allait « diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions nous assurer d’une transition sûre, appropriée et avisée », visent notamment à justifier l’absence d’informations fournies au Congrès.
  • Le pouvoir législatif, censé donner son accord pour mener des opérations militaires à l’étranger, a été maintenu dans le noir quant à l’opération militaire baptisée « Absolute Resolve ». Les entreprises pétrolières américaines ont pour leur part été prévenues en amont de l’imminence de la capture puis de l’extradition de Maduro.

Groenland

Depuis le 1er janvier, le président américain a réitéré ses menaces à l’encontre du Groenland exprimées à de nombreuses reprises l’an dernier.

  • Dans la nuit du 4 au 5 janvier, celui-ci a répété, à bord d’Air Force One : « Nous avons besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. C’est tellement stratégique ».
  • Trump a ajouté que le Danemark n’était pas en mesure de protéger le territoire face aux menaces posées par la Chine et par la Russie, concluant par : « L’Union européenne a besoin que nous l’ayons [le Groenland], et elle le sait […] Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois… discutons du Groenland dans 20 jours ».
  • Le 21 décembre, Trump avait nommé Jeff Landry, gouverneur républicain de Louisiane, au poste d’envoyé spécial pour le Groenland pour « faire du Groenland une partie des États-Unis ».
  • Samedi 3 janvier, Katie Miller, l’épouse de Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de Trump et l’un des membres les plus influents de la Maison-Blanche, avait publié une image du Groenland aux couleurs américaines avec le mot « Soon (bientôt) ».

Colombie 

Trump a également réitéré ses menaces à l’encontre du président colombien, Gustavo Petro.

  • Celui-ci a déclaré hier, 4 janvier, au cours du même vol vers Washington, que la Colombie était un pays « dirigé par un individu qui s’adonne à la fabrication de cocaïne et à sa distribution aux États-Unis […] et il ne le fera pas pendant longtemps ».
  • À une question d’une journaliste demandant si ces déclarations signifient qu’une opération américaine aura lieu prochainement en Colombie, Trump s’est contenté de répondre : « Ça m’irait très bien » (« Sounds good to me »).
  • Le Trésor américain avait imposé des sanctions sur Petro, des membres de sa famille et de son gouvernement le 24 octobre en raison d’accusations d’implication dans des activités de trafic de drogue.
  • Quelques jours plus tard, lors d’un meeting, Petro avait déclaré : « Nous ne nous inclinerons pas. Nous ne reculerons pas », en réaction aux sanctions américaines.

Cuba

Trump et des membres de son administration ont aussi multiplié les menaces à l’encontre de La Havane.

  • Trump semble avoir minimisé hier, dimanche 4 janvier, la probabilité d’une intervention militaire sur l’île de Cuba en assurant à des journalistes présents à bord d’Air Force One : « Je pense que [Cuba] est sur le point de s’effondrer […] Je ne pense pas que nous ayons besoin d’intervenir, il semble que le pays soit en train de tomber ».
  • Le secrétaire d’État Marco Rubio, dont les parents sont des immigrés cubains qui ont fui le pays dans les années 1950 et qui avait dénoncé lors de ses années au Sénat le régime de Castro/Díaz-Canel, a quant à lui présenté le gouvernement de l’île comme étant un « gros problème », lors d’un entretien avec NBC.
  • Rubio a ainsi déclaré que Cuba était dans une situation « très délicate » en réponse à une question portant sur la « prochaine cible » de l’administration Trump.
  • À bord d’Air Force One, le sénateur républicain et proche de Donald Trump, Lindsey Graham, affirmait : « Attendez de voir ce qui se passera à Cuba. Leurs jours sont comptés ».

Mexique 

  • Lors de cette même séquence, Donald Trump a déclaré qu’il « fallait faire quelque chose avec le Mexique. Le Mexique doit se ressaisir… chaque fois que je parle à [Sheinbaum], je propose d’envoyer des troupes. Elle a un peu peur ».
  • L’administration Trump accuse Mexico d’être « dirigé par les cartels » et de laisser passer les flux de drogue et de réfugiés depuis l’Amérique du Sud vers la frontière avec les États-Unis.
  • Dès son retour au pouvoir, en janvier 2025, Trump avait décrété que les cartels mexicains étaient des organisations terroristes étrangères, déclaré l’urgence nationale à la frontière sud et ordonné la fermeture des voies légales de migration. 
  • Avant cela, le président américain avait exigé que le Golfe du Mexique soit appelé « Golfe d’Amérique » par les institutions fédérales et les médias, ce à quoi la présidente mexicaine avait répondu : « On va appeler les États-Unis l’Amérique mexicaine, ça sonne bien ».

Iran

Enfin, alors que le pays connaît un important mouvement de protestation, Trump a menacé d’intervenir en Iran.

  • Depuis la fin du mois de décembre, des manifestations ont lieu dans les principales villes du pays, alors que le taux d’inflation annuel en Iran a atteint 42 %, tandis que le rial a enregistré une nouvelle dévaluation record par rapport au dollar.
  • Le 2 janvier, Donald Trump avait déclaré que Washington était « prêt à intervenir » dans le pays si le régime « tire et tue violemment des manifestants pacifiques, comme ils en ont l’habitude ».
  • L’ONG Human Rights Activists in Iran (HRANA) estime que 16 personnes ont été tuées au cours de la première semaine de manifestations, tandis que l’ONG de défense des droits humains kurde Hengaw dénombre 17 décès depuis le 28 décembre 1.
  • Le jour de l’opération militaire américaine à Caracas, l’ayatollah Ali Khamenei avait déclaré que la République islamique « ne céderait pas à l’ennemi » et que les émeutiers devaient être « remis à leur place ».
  • Le président Masoud Pezeshkian avait pour sa part demandé au ministère de l’Intérieur d’adopter une approche « bienveillante et responsable » envers les manifestants, selon les médias d’État iraniens.
Sources
  1. Elwely Elwelly, « Rights groups say at least 16 dead in Iran during week of protests », Reuters, 4 janvier 2026.