Géopolitique de Donald Trump

Après la capture de Maduro Trump annonce la prise du contrôle du Venezuela par les États-Unis : texte intégral de la conférence Mar-a-Lago

Dans un discours lu depuis son resort à Palm Beach, Donald Trump a présenté sa vision pour le Venezuela.

En se fondant sur sa doctrine de l’hégémonie hémisphérique, le président américain annonce un changement géopolitique radical pour l’Occident.

Nous le traduisons et commentons ligne à ligne.

Après les frappes sur Caracas et la capture du président Nicolas Maduro dans la nuit de vendredi à samedi, le président américain Donald Trump a pris la parole pour expliquer le sens de l’opération militaire menée en dehors du cadre du Congrès.

Cette opération militaire chirurgicale est une victoire clef dans la nouvelle doctrine de « sécurité hémisphérique » de Washington : par une preuve de force inédite, grâce à du renseignement humain au plus proche du pouvoir vénézuélien, les États-Unis ont capturé en quelques heures l’un des chefs d’État les plus protégés au monde, en frappant directement sa capitale avec des unités d’élite et en parvenant à le capturer vivant pour le soumettre à un procès sur leur territoire.

Interrogé par Fox News quelques heures avant sa prise de parole, Trump avait expliqué avoir regardé avec son épouse Melania Trump cette opération comme un spectacle sanglant, « exactement comme si c’était une émission de télévision », en ajoutant : « Vous auriez dû voir cette vitesse… cette violence… c’était vraiment incroyable. »

Mais cette géopolitique du coup spectaculaire — qui survient, comme l’a rappelé Donald Trump, six ans exactement après l’assassinat du général iranien Soleimani et quelques mois après les frappes sur le sol iranien — doit être comprise dans un contexte idéologique précis.

Le discours de Mar-a-Lago pourrait marquer un changement profond dans l’histoire géopolitique américaine avec le retour d’une forme d’impérialisme exprimée brutalement par une formule d’Erik Prince : « Si tant de pays à travers le monde sont incapables de se gouverner eux-mêmes, il est temps pour nous de remettre notre chapeau impérial et de dire : ‘Nous allons gouverner ces pays’. ».

C’est dans cette nouvelle forme de colonialisme — pour reprendre les mots d’Erik Prince : « Bring Colonialism Back » — où le public et le privé fusionnent dans une nouvelle forme de gouvernance permettant le contrôle et l’extraction à un petit groupe de personnes, qu’il faut comprendre les coordonnées géopolitiques du projet promis par le président américain au Venezuela.

Dans son discours, Trump n’a fixé aucune limite de temps à l’occupation américaine : il affirme explicitement que ce sont les États-Unis, de manière purement potestative, qui décideront quand rendre le pays sous le contrôle du Venezuela. 

Lors de la conférence de presse qui a suivi son discours, il a confirmé que les troupes américaines au sol sécuriseraient les zones stratégiques les plus rentables.

Après avoir écarté l’option d’une présidence intérimaire de la lauréate du prix Nobel de la Paix María Corina Machado, il a menacé les autorités politiques vénézuéliennes : sans capitulation à l’ensemble des conditions américaines, il y aurait des conséquences extrêmement graves.

Il serait difficile d’ajouter une plus longue introduction à ce discours, tant il est important et doit être lu et réfléchi avec attention — que signifie par exemple l’absence totale du mot « démocratie » ?

Il convient toutefois d’ajouter un dernier point. 

L’une des phrases clefs de cette prise de parole menaçante et violente — « personne ne remettra plus en question la domination américaine dans l’hémisphère occidental » — ne vise pas uniquement les adversaires canoniques des États-Unis comme la Chine.

Nous savons que la nouvelle Stratégie de sécurité des États-Unis annonçait une géopolitique hémisphérique radicale et qu’elle exposait également — dans la continuité des discours et des prises de parole du président et de son administration — une stratégie de vassalisation de l’Europe. 

Les États-Unis de Donald Trump traversent un moment décisif.

Pendant que le Venezuela structure l’agenda, l’administration est en train d’annuler de nombreux droits de douane et plusieurs sources indiquent qu’elle s’attend à perdre le procès devant la Cour suprême concernant les tarifs.

Comme le préconisait Curtis Yarvin, alors que l’économie et une partie des institutions risquent de se retourner contre ce projet de changement de régime, le projet trumpiste se trouve face à la nécessité d’une accélération en 2026.

À partir de ce soir, les États-Unis réactivent les pratiques coloniales du XVIIIe siècle et substituent l’État par une entité privée censée administrer, sécuriser et gouverner un territoire au-delà de toute légitimité.

Trois jours après le début de 2026, cette accélération a commencé.

Sous mon commandement, les forces armées américaines ont mené une opération militaire extraordinaire dans la capitale du Venezuela.

La puissance militaire écrasante des États-Unis — aérienne, terrestre et maritime — a été mise à profit pour lancer une attaque spectaculaire.

Une attaque comme nous n’en avions pas vu depuis la Seconde Guerre mondiale.

Une force a été déployée contre une forteresse militaire, lourdement armée, au cœur de Caracas, afin de traduire en justice le dictateur hors-la-loi Nicolas Maduro.

Dans l’histoire des États-Unis, cette opération a été l’une des démonstrations les plus impressionnantes, efficaces et puissantes de la puissance et de la compétence militaires américaines.

Pensez-y : il y a eu d’autres attaques réussies — comme celle contre Soleimani, contre al-Baghdadi, ainsi que la destruction des sites nucléaires iraniens tout récemment dans le cadre de l’opération « Marteau de Minuit ».

Le président américain évoque ici des opérations américaines ayant été menées sous son commandement. En 2020, il y a exactement six ans, l’exécution du général iranien Qassem Soleimani avait également eu lieu un 3 janvier : après les frappes en Syrie en 2017, c’était la première fois que Trump faisait usage de la puissance de l’armée américaine pour frapper un régime sur le territoire d’un pays souverain.

L’exécution du chef de l’État islamique al-Baghdadi avait été conduite par la même unité qui a frappé Caracas aujourd’hui — la force Delta.

Toutes avaient été parfaitement exécutées et menées à bien.

Mais aucune nation au monde n’aurait pu accomplir ce que les États-Unis ont accompli hier soir.

Aucune n’aurait pu le faire en si peu de temps.

Toutes les capacités militaires vénézuéliennes ont été neutralisées lorsque les hommes et les femmes de notre armée, en collaboration étroite avec les forces de police américaines, ont réussi à capturer Maduro — au beau milieu de la nuit.

Dans le passage qui suit, Trump met en scène ce que l’écrivain et ancien officier de Marine Phil Klay a pu qualifier de spectacle de la cruauté : une mise en récit de la puissance de frappe américaine censée parler au public américain.

Il faisait noir. 

Les lumières de Caracas avaient été en grande partie éteintes grâce à une certaine expertise dont nous disposons.

Il faisait noir — et la mort était partout.

Mais nous les avons capturés. 

Maduro et sa femme Cilia Flores seront désormais jugés par la justice américaine.

Ils ont été inculpés dans le district Sud de New York par le procureur Jay Clayton pour leur campagne contre le narco-terrorisme meurtrier, dirigé contre les États-Unis et leurs citoyens.

Je tiens à remercier les hommes et les femmes de notre armée qui ont remporté un succès extraordinaire en une nuit, avec une rapidité, une puissance, une précision et une compétence inouïes.

On voit rarement des choses pareilles.

On a pourtant connu des raids qui se sont mal passés — des épisodes de honte.

L’Afghanistan ou l’époque de Jimmy Carter — c’est du passé.

Nous sommes à nouveau un pays respecté.

Peut-être comme jamais auparavant.

Ces guerriers hautement entraînés, opérant en collaboration avec la police américaine, ont pris les coupables en flagrant délit.

La seule assise « légale » à laquelle Trump essaie de raccrocher ce qui est pourtant objectivement une opération extérieure contre un pays souverain concerne l’acte d’accusation et la mise en examen de Maduro dans l’État de New York — d’où un usage extensif dans son discours du champ lexical judiciaire.

L’expression « law enforcement » utilisée au fil du texte veut faire suggérer que les États-Unis auraient en fait procédé à une opération de police administrative dans le but d’instruire une affaire.

Ils nous attendaient.

Ils savaient que nous avions de nombreux navires en mer, prêts à agir.

Ils savaient que nous allions venir.

Ils étaient donc préparés.

Mais ils ont été complètement submergés et très rapidement neutralisés.

Si vous aviez vu ce que j’ai vu hier soir, vous auriez été époustouflés.

Je ne suis pas sûr qu’on puisse à nouveau être témoin de cela un jour — mais c’était incroyable à voir.

Là encore, c’est bien la dimension spectaculaire qui est mise au premier plan.

Aucun militaire américain n’a été tué et aucun équipement américain n’a été perdu.

De nombreux hélicoptères, de nombreux avions, de nombreuses personnes ont participé à cette bataille.

Pourtant, pas un seul équipement militaire n’a été perdu. 

Plus important encore : pas un seul soldat n’a été tué.

L’armée américaine est de loin la plus puissante et la plus redoutable de la planète.

Nous avons des capacités et des compétences que nos ennemis peuvent à peine imaginer.

Nous disposons du meilleur matériel au monde — rien ne peut s’y mesurer.

Prenez les bateaux : nous avons éliminé 97 % des drogues entrant par voie maritime.

Chaque bateau tue en moyenne 25 000 personnes : nous en avons éliminé 97 %.

Depuis plusieurs semaines dans les Caraïbes et au large des côtes vénézuéliennes, on assiste à un renforcement considérable de la présence militaire américaine. Plus de 10 % des forces navales actuellement déployées par Washington dans le monde se trouvent à proximité de Cuba, de Porto Rico, de Trinité-et-Tobago ainsi que du Venezuela.

Vendredi 24 octobre, l’administration Trump avait annoncé le déploiement du porte-avions Gerald R. Ford — le plus important au monde — ainsi que de son groupe aéronaval dans la région. En décembre, des avions-cargos C-17, principalement utilisés pour le transport de troupes et de matériel militaire, ont effectué au moins 16 vols vers Porto Rico depuis des bases militaires américaines. 

Le porte-parole du Pentagone avait justifié ce déploiement inhabituel par l’objectif de « démanteler les organisations criminelles transnationales (OCT) et de lutter contre le narco-terrorisme pour la défense du territoire national ».

La marine américaine a détruit au moins 15 embarcations dans les Caraïbes supposément impliquées dans le trafic de drogue depuis l’Amérique du Sud vers les États-Unis, provoquant plus de 60 victimes.

Ces drogues proviennent principalement d’un endroit : le Venezuela.

Nous allons diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions nous assurer d’une transition sûre, appropriée et avisée.

Dans cette phrase performative, peut-être la plus importante du discours, Donald Trump annonce que les États-Unis prennent de facto le contrôle du Venezuela.

Cette annonce met l’opposition vénézuélienne dans le flou : après avoir gardé un très long silence — qui laisse penser qu’elle n’avait pas été informée des plans américains, que va faire María Corina Machado qui a plusieurs fois demandé une telle opération ? 

Dans le communiqué qu’elle a publié sur X à 16h26 (heure de Paris), elle dit notamment : « C’est l’heure des citoyens. Ceux qui ont tout risqué pour la démocratie le 28 juillet. Ceux qui ont élu Edmundo González Urrutia comme président légitime du Venezuela, qui doit immédiatement assumer son mandat constitutionnel et être reconnu comme commandant en chef des forces armées nationales par tous les officiers et soldats qui la composent. »

Cependant, quand il a été demandé à Trump qui dirigera le Venezuela, il a fait un geste de la main vers lui-même et vers le secrétaire d’État américain Marco Rubio, en déclarant : « Ce seront principalement, pendant un certain temps, les personnes qui se tiennent juste derrière moi. »

Nous ne voulons pas que quelqu’un d’autre s’implique : nous serions alors dans la même situation que celle que nous avons connue pendant de longues années.

Nous allons donc diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions effectuer une transition sûre, appropriée et avisée.

Cette transition doit être avisée : c’est ce qui nous importe.

Ne fixant pas de terme, ne mentionnant pas une seule fois des élections ou la justice transitionnelle, le président américain est très clair sur la dimension purement unilatérale de cette prise de contrôle : les États-Unis annoncent décider eux-mêmes quand Caracas pourra redevenir un pays souverain.

Nous voulons la paix, la liberté et la justice pour le grand peuple vénézuélien — j’y inclus de nombreux Vénézuéliens qui vivent aujourd’hui aux États-Unis et qui souhaitent retourner dans leur pays, qui est pour eux leur patrie.

Et nous ne pouvons pas prendre le risque que quelqu’un d’autre prenne le contrôle du Venezuela — quelqu’un qui n’aurait pas le bien-être du peuple vénézuélien à cœur.

C’est la situation que nous avons connue pendant des décennies : nous ne la laisserons pas se reproduire.

Désormais, nous sommes là.

Ce que les gens ne comprennent pas, c’est que nous resterons jusqu’à ce qu’une transition appropriée puisse avoir lieu.

Comme tout le monde le sait, le secteur pétrolier au Venezuela est en crise depuis longtemps.

En s’emparant du Venezuela, les États-Unis de Donald Trump mettent la main sur la première réserve de pétrole au monde. 

Les Vénézuéliens ne produisaient presque rien par rapport à ce qu’ils auraient pu extraire.

Si Caracas ne compte que pour une part relativement très faible de la production de brut mondiale, les sols inexploités du pays contiennent un potentiel considérable.

Nous allons demander à nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus grandes au monde, d’intervenir, de dépenser des milliards de dollars, de réparer les infrastructures pétrolières gravement endommagées et de commencer à faire gagner de l’argent au pays.

Trump est ici particulièrement explicite sur le fait que les États-Unis prennent aussi le contrôle de ces ressources à travers les principales majors pétrolières américaines.

Nous sommes prêts à lancer une deuxième attaque, beaucoup plus importante, si nécessaire.

Nous l’étions déjà — et supposions qu’elle serait nécessaire. Ce n’est peut-être plus le cas.

La première vague a été un tel succès que nous n’aurons probablement pas besoin d’en lancer une deuxième. 

Mais si cela devait arriver, nous sommes prêts à en conduire une autre qui serait bien plus importante. 

Cette vague-là, la première, était un travail de précision.

Le partenariat entre le Venezuela et les États-Unis d’Amérique — un pays avec lequel tout le monde veut s’associer en raison de ce que nous avons pu faire et accomplir —, rendra le peuple vénézuélien riche, indépendant et assurera sa sécurité.

Dans ce qui relève mot à mot d’un discours de prédation, Trump expérimente avec le Venezuela la vassalisation par la force : il n’y a pas de « partenariat » mais bien un coup de force qui oblige les élites vénézuéliennes à coopérer s’ils ne veulent pas subir le même sort que Maduro.

Il rendra également très heureux les très nombreux Vénézuéliens qui vivent aux États-Unis.

Ces Vénézuéliens-là ont souffert.

On leur a tant pris.

Ils ne souffriront plus.

Le dictateur illégitime Maduro était le chef d’un vaste réseau criminel responsable du trafic de quantités colossales de drogues mortelles et illicites vers les États-Unis.

Comme on peut le lire dans son acte d’accusation, il supervisait personnellement le cartel néfaste connu sous le nom de Cartel de los Soles — qui a inondé notre nation de poison mortel et fut responsable de la mort d’innombrables Américains.

Au fil des années, des centaines de milliers d’Américains sont morts à cause de lui.

Maduro et sa femme vont bientôt faire face à toute la puissance de la justice américaine et être jugés sur le sol américain.

En ce moment même, ils sont sur un bateau. 

Ils se dirigeront finalement vers New York, puis une décision sera prise — je suppose, à New York ou Miami.

Les preuves accablantes des crimes de ces personnes seront présentées devant un tribunal.

J’ai vu ces preuves. 

Il est à la fois horrible et stupéfiant que de tels actes aient pu être commis.

Pendant de nombreuses années, après l’expiration de son mandat de président du Venezuela, Maduro est resté au pouvoir et a mené une campagne incessante de violence, de terreur et de subversion contre les États-Unis d’Amérique, menaçant non seulement notre peuple, mais aussi la stabilité de toute la région. 

Vous en étiez tous témoins. 

En plus d’organiser le trafic de quantités gigantesques de drogues illégales qui ont causé des souffrances et des destructions humaines incommensurables dans tout le pays, Maduro a envoyé des gangs sauvages et meurtriers — notamment le gang sanguinaire de prisonniers Tren de Aragua — pour terroriser les communautés américaines.

Ces gangs se trouvaient dans le Colorado. Ils ont pris le contrôle d’immeubles d’habitation, coupé les doigts des personnes qui osaient appeler la police.

Ces gangs étaient brutaux.

Ils ne le sont plus autant aujourd’hui.

Je félicite notre armée, Pete Hegseth, et tous les membres de notre Garde nationale : ils ont fait un travail formidable, par exemple à Washington D.C. qui était devenue l’une des villes les plus dangereuses au monde.

Aujourd’hui, elle est totalement sûre et plus aucun meurtre, plus aucun crime ne s’y déroule.

Il y a quelques semaines, nous avons certes été confrontés à une menace d’un genre un peu différent — une attaque terroriste. Mais nous n’avons pas connu de meurtre depuis six ou sept mois.

Nous en avions auparavant deux par semaine, en moyenne.

Aujourd’hui, il n’y en a plus un seul dans notre capitale ; les restaurants ouvrent partout à Washington D.C. et attirent du monde ; chacun est heureux, les gens sortent, promènent leurs enfants, leurs femmes.

Je tiens donc à remercier la Garde nationale, nos militaires et les forces de l’ordre.

Ils ont été formidables et devraient poursuivre ce travail dans d’autres villes. Comme vous le savez, depuis quelques semaines, nous faisons la même chose à Memphis, dans le Tennessee, et la criminalité a baissé de 77 %.

Le gouverneur de Louisiane — qui est une personne formidable — nous a appelés pour nous demander de l’aider.

Nous avons répondu à l’appel.

C’était une région difficile, mais nous avons réussi à la stabiliser.

Je crois comprendre que la criminalité a déjà presque disparu — à La Nouvelle-Orléans, par exemple — bien que nous ne soyons là que depuis deux semaines et demie.

Et je ne comprends pas pourquoi les gouverneurs ne voudraient pas de notre aide. 

Nous sommes également venus en aide à Chicago, où la criminalité a légèrement diminué. 

Nous avons apporté une aide très modeste, car nous ne pouvions pas travailler avec le gouverneur — lui comme le maire de Chicago se comportaient d’une façon épouvantable, mais nous avons pu faire baisser la criminalité. Nous nous sommes retirés de la ville alors qu’ils avaient besoin de nous.

Il en va de même pour Los Angeles, où nous avons sauvé la ville : le chef de la police a déclaré que si le gouvernement fédéral n’était pas intervenu, nous l’aurions perdue.

Je vous parle d’un temps bien après les incendies, au moment des émeutes : nous avons alors fait un excellent travail, mais nous n’en avons tiré aucun mérite. 

Ce n’est pas grave, cela n’a pas d’importance. Nous n’avons pas besoin d’en tirer quelque chose.

Nous nous sommes retirés. Quand ils auront besoin de nous, ils nous appelleront ou nous reviendrons, si cela est nécessaire.

Quoi qu’il en soit, nous avons fait un excellent travail dans différentes villes ; cependant, c’est de Washington D.C. dont nous sommes très fiers, car c’est la capitale de notre nation.

Nous avons transformé Washington D.C. d’une ville en proie à la criminalité en l’une des villes les plus sûres du pays.

Les gangs dont je vous parlais comme Tren de Aragua — ceux qui ont violé, torturé ou assassiné des femmes et des enfants américains —, se trouvaient pourtant dans toutes les villes que j’ai mentionnées. Ils ont été envoyés par Maduro pour terroriser notre peuple.

Maintenant, Maduro ne pourra plus jamais menacer un citoyen américain ou quiconque au Venezuela.

Il n’y aura plus de menaces.

Pendant des années, j’ai mis en lumière les histoires de ces Américains innocents dont la vie a été si cruellement ôtée par cette organisation terroriste vénézuélienne.

L’une des histoires les plus horribles est celle de l’Américaine Jocelyn Nungari, originaire de Houston.

La belle Jocelyn Nungari avait douze ans.

Que lui est-il arrivé ?

Ces animaux l’ont kidnappée, agressée et assassinée ; ils ont assassiné Jocelyn et laissé son corps sous un pont.

Pour beaucoup de gens qui ont assisté à ce qui s’était passé, ce pont ne sera plus jamais le même.

Comme je l’ai dit à maintes reprises, le régime Maduro a vidé ses prisons et envoyé aux  États-Unis ses pires monstres — les plus violents qui soient, pour voler des vies américaines.

Ils venaient de prisons, d’établissements psychiatriques et d’asiles d’aliénés. 

Un établissement psychiatrique n’est pas aussi dur qu’un asile d’aliénés. Les prisons sont plus hostiles, plus dures. 

Nous avons eu droit aux deux. 

Ils ont envoyé des gens provenant de leurs institutions psychiatriques.

Ils ont envoyé des gens provenant de leurs prisons, de leurs centres de détention.

Ces gens-là étaient des trafiquants, des barons de la drogue.

Ils avaient envoyé tous les mauvais éléments aux États-Unis.

Aujourd’hui, c’est fini. 

Nous avons maintenant une frontière où personne ne peut entrer. 

Le Venezuela a en outre saisi et vendu unilatéralement du pétrole américain, des actifs américains et des plateformes américaines [sur son territoire] — nous coûtant des milliards et des milliards de dollars. 

Nous n’avons jamais eu de président qui ait fait quoi que ce soit à ce sujet. 

Ils ont pris toutes nos propriétés — nos propriétés, car c’est nous qui les avions construites. 

Et nous n’avions jamais eu de président qui ait décidé de faire quoi que ce soit à ce sujet. 

Au lieu de cela, ils ont mené des guerres à des dizaines de milliers de kilomètres de distance. 

Nous avons construit l’industrie pétrolière vénézuélienne grâce au talent, au dynamisme et aux compétences américains. 

Et le régime socialiste nous l’a volée sous les administrations précédentes. 

Et ils nous l’ont volée par la force.

Cet acte a constitué l’un des plus grands vols de biens américains de l’histoire de notre pays — sans doute le plus grand.

Des infrastructures pétrolières massives ont été saisies comme si nous étions des bébés. Et nous n’avons rien fait pour y remédier. 

Moi, j’aurais fait quelque chose. 

Les États-Unis ne permettront jamais à des puissances étrangères de voler notre peuple et de nous chasser hors de notre hémisphère. 

Ce récit de Trump dessine en creux sa manière de concevoir la géopolitique hémisphérique qu’il a mise en pratique au Venezuela : tout actif américain, toute présence américaine est interprété comme un acte de souveraineté.

Or c’est ce qu’ils ont fait.

De plus, sous le dictateur Maduro, désormais destitué, le Venezuela accueillait de plus en plus d’adversaires étrangers dans notre région et acquérait des armes offensives menaçantes qui pouvaient mettre en danger les intérêts et les vies des États-Unis. 

Ils ont d’ailleurs utilisé ces armes hier soir, peut-être même en collaboration avec les cartels opérant le long de notre frontière.

Toutes ces actions constituaient une violation flagrante des principes fondamentaux de la politique étrangère américaine qui remontent à plus de deux siècles — à la doctrine Monroe. 

Et la doctrine Monroe est très importante, mais nous l’avons largement, très largement dépassée

On l’appelle maintenant la doctrine Donroe.

Au mois de décembre, en préparation de la Stratégie de sécurité nationale américaine, la Maison-Blanche avait formulé son « corollaire Trump à la doctrine Monroe » que nous avions analysé dans ces pages.

Je ne sais pas si ce qui se passe aujourd’hui relève de la doctrine Monroe — car nous l’avons en quelque sorte oubliée. Elle est très importante, mais nous l’avons oubliée. 

Aujourd’hui, nous ne l’oublions plus.

Dans le cadre de notre nouvelle Stratégie de sécurité nationale, la domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question. 

Il s’agit d’une des phrases les plus importantes du discours : l’acte extrajudiciaire consistant à déposer par la force un souverain étranger sur son territoire s’inscrit dans une stratégie d’accaparement géographiquement annoncée dans le document stratégique américain de référence. Trump explique ici que le Venezuela est la première étape de cette nouvelle géopolitique hémisphérique.

Cela n’arrivera pas. 

Pour conclure, pendant des décennies, d’autres administrations ont négligé, voire contribué à ces menaces croissantes pour la sécurité dans l’hémisphère occidental. 

Sous l’administration Trump, nous réaffirmons la puissance américaine de manière très forte dans notre région d’origine. 

Et notre région d’origine est très différente de ce qu’elle était il y a peu de temps encore. 

L’avenir, aussi, sera différent. 

Pendant mon premier mandat, nous avions déjà une grande domination — mais elle est bien plus grande aujourd’hui.

Tout le monde revient vers nous. 

L’avenir sera en grande partie déterminé par la capacité à protéger le commerce, le territoire et les ressources qui sont au cœur de la sécurité nationale — et qui sont essentiels à notre sécurité nationale.

Pensez aux droits de douane : ils ont enrichi notre pays et renforcé notre sécurité nationale, plus forte que jamais. 

Ce sont les lois d’airain qui ont toujours déterminé la puissance mondiale, et nous allons continuer ainsi. 

Nous sécuriserons nos frontières. 

Nous arrêterons les terroristes.

Nous démantèlerons les cartels et nous défendrons nos citoyens contre toutes les menaces, étrangères et intérieures.

D’autres présidents ont peut-être manqué de courage — ou d’autre chose… — pour défendre l’Amérique, mais je ne permettrai jamais aux terroristes et aux criminels d’agir en toute impunité contre les États-Unis.

Cette opération extrêmement réussie devrait servir d’avertissement à tous ceux qui menaceraient la souveraineté américaine ou mettraient en danger la vie des Américains.

Notez bien une chose : l’embargo sur tout le pétrole vénézuélien reste pleinement en vigueur.

L’armada américaine reste en position — et les États-Unis conservent toutes les options militaires jusqu’à ce que leurs exigences soient pleinement satisfaites. 

Toutes les personnalités politiques et militaires du Venezuela doivent comprendre que ce qui est arrivé à Maduro peut leur arriver — et que cela leur arrivera si elles ne sont pas justes envers leur peuple.

Le dictateur et terroriste Maduro a enfin disparu du Venezuela. 

Le peuple est libre. Il est à nouveau libre. 

Cela aura pris beaucoup de temps, mais il est libre. 

Et l’Amérique est une nation plus sûre ce matin. 

C’est une nation plus fière ce matin, car elle n’a pas laissé cette horrible personne et ce pays qui nous faisaient du mal agir à leur guise — elle ne l’a pas permis. 

Et l’hémisphère occidental est désormais une région beaucoup plus sûre. 

Je tiens donc à remercier tout le monde ici. 

Je tiens à remercier le général Razin Caine.

C’est un homme fantastique. 

J’ai travaillé avec beaucoup de généraux — avec certains que je n’aimais pas, avec certains que je ne respectais pas, avec certains qui n’étaient tout simplement pas bons — mais cet homme est fantastique. 

Hier soir, j’ai assisté à l’une des attaques les plus précises contre la souveraineté.

Je veux dire, c’était une attaque pour la justice. 

Et je suis très fier de lui.

Et je suis très fier de notre secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, à qui je vais demander de dire quelques mots. 

Merci beaucoup.

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