Les critiques sont nombreuses à l’encontre du bilan écologique et humain de cette Coupe du monde. Celles-ci concernent également des accusations de corruption ayant conduit la FIFA à attribuer au Qatar l’organisation de la compétition cette année.

  • L’ex-président français Nicolas Sarkozy serait intervenu directement afin de favoriser l’attribution de l’accueil de la compétition au Qatar, selon une enquête de la justice française1.
  • En 2020, le département américain de la Justice révélait que des représentants travaillant pour la Russie et le Qatar avaient soudoyé des fonctionnaires de la FIFA pour obtenir les droits d’organisation de la Coupe du monde.2.

Selon une enquête du Guardian publiée en février 2021, au moins 6 750 travailleurs immigrés seraient morts au Qatar depuis que le pays a été choisi pour accueillir la compétition en 20103. Un chiffre qui a sûrement augmenté depuis.

Les appels au boycott visent également à mettre la lumière sur le traitement réservé aux personnes homosexuelles et de la communauté LGBTQIA+. 

  • Le Qatar fait partie des 69 pays au monde dans lesquels être une personne LGBT peut conduire à des poursuites judiciaires, selon l’ONG Human Dignity Trust. Les peines prononcées peuvent aller jusqu’à la peine de mort.
  • Symboliquement, les capitaines de plusieurs nations européennes dont l’Angleterre, la France, le Danemark et l’Allemagne porteront pendant les matchs des brassards aux couleurs arc-en-ciel ornés du message « One Love ».

En Europe, une dizaine de grandes villes ont annoncé ne pas projeter les matchs dans des espaces publics dédiés, comme c’est traditionnellement le cas pour les compétitions sportives internationales. Celles-ci se trouvent surtout en France. À Berlin, certains bars en addition des autorités municipales ont lancé le hashtag #keinkatarinmeinerkneipe : « Pas de Qatar dans mon bar ».

Le faible nombre de villes ayant pris cette décision semble peu refléter le sentiment général chez les populations des pays participants à la Coupe du monde.

  • Selon un sondage réalisé par YouGov dans 15 pays, plus de la moitié de la population dans 14 de ces pays souhaite que leur association nationale de football s’exprime publiquement sur les questions de droits de l’homme liées à l’organisation de la Coupe du monde au Qatar. En moyenne, le chiffre est de 67 %4.
  • En addition, 73 % des personnes interrogées sont d’accord avec le fait que la FIFA devrait reverser une partie des revenus de la compétition pour indemniser les travailleurs immigrés au Qatar.

En Italie, pays non qualifié pour la Coupe du monde, le soutien de la population au boycott est bien moindre que dans les autres grandes nations européennes du football.

L’appel au boycott de la Coupe du monde au Qatar est majoritairement un phénomène européen, dont l’expression est la plus visible en France. Les sondages indiquent toutefois que les Allemands, les Espagnols et les Britanniques y sont majoritairement favorables, avec d’importants écarts toutefois selon le groupe ou l’acteur appelant au boycott5.

Sources
  1. Rémi Dupré et Samuel Laurent, « Attribution du Mondial au Qatar : Nicolas Sarkozy, Michel Platini et le rachat du PSG au cœur de l’enquête de la justice française », Le Monde, 14 novembre 2022.
  2. Tariq Panja et Kevin Draper, « U.S. Says FIFA Officials Were Bribed to Award World Cups to Russia and Qatar », The New York Times, 6 avril 2020.
  3. Pete Pattisson, Niamh McIntyre, Imran Mukhtar, Nikhil Eapen, Imran Mukhtar, Md Owasim Uddin Bhuyan, Udwab Bhattarai et Aanya Piyari, « Revealed : 6,500 migrant workers have died in Qatar since World Cup awarded », The Guardian, 23 février 2021.
  4. Qatar : Global survey shows overwhelming demand for FIFA to compensate World Cup migrant workers, Amnesty International, 15 septembre 2022.
  5. YouGov – Qatar 2022 boycott, Octobre 2022.